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17 à 20 jours; la seconde période, qui date de Tulcération des plaques muqueuses et qui peut manquer (si celles-ci sont peu nombreuses) présente les allures irrégulières et les complications de l’absorption pyoliémique et septicémique; les courbes de la température indiquent très-bien cette division. » [Ibid.)
Bien des contradictions sur la prétendue irrégularité de la fièvre typhoïde et sur ses durées variables s’éclairent à ce point de vue; on comprend, par exemple, quel est le caractère de ces prétendues fièvres typhoïdes qui peuvent durer six semaines,à deux mois et qui ne sont que des effets d’absorption intestinale; un élève distingué de Strasbourg, Czernicki, a traité cette question avec talent dans sa thèse inaugurale.
/i“ Une élude moins intéressante théoriquement est celle de la chaleur dans les maladies chroniques; simplement effleurée dans l’article en question, elle a été reprise dans tons ses développements par hauteur à l’article Fièvre hectique du même dictionnaire.
Il est aussi des maladies avec diminution de la température normale; l’auteur en a ébauché l’étude dans cet article, à l’aide d’un certain, nombre de faits empruntés à sa propre observation. Cette diminution de la température est tantôt liée à certaines maladies (affections organiques du cœur, hydropisies, urémie, alcoolisme, cachexies) ; d’autres fois elle est le résultat artificiel et temporaire d’une médication antipyrétique.
5” Il est certains symptômes si constamment unis à.toute manifestation fébrile que la conception phénoménale de la fièvre en a toujours paru inséparable ; tels sont le frisson et l’accélération du pouls.
Le stade du frisson, bien loin d’être caractérisé par un abaissement de température, est au contraire le signal de son ascension; de Haen l’avait déjà observé, mais le fait était si contraire aux idées courantes qu’on l’a pris pour une exception. De nos
Jours, Gavarret le premier a signalé cette coïncidence comme une loi. Bien plus, M. Hirtz a fait \oir par ses courbes « que la chaleur augmente une demi-heure ou plus tôt encore avant le frisson». Par une réaction en sens inverse, on a alors pris le frisson pour une sensation purement subjective, n’excluant pas la cbalenr hypernormale de la peau. L’auteur a encore fait voir que ce refroidissement de la surface est une « réalité thermométrique ». Cette étude du frisson donne lieu à bien d’autres observations intéressantes qu’on ne peut indiquer ici et qu’a développées un élève distingué de M. Hirtz, M. Marvaud, actuellement professeur agrégé au Val-de-Grâce, dans sa thèse inaugurale à ce sujet.
Les rapports entre le pouls et la température sont loin d’être constants, comme le croyaient les anciens, qui prenaient le pouls comme mesure de l’intensité de la fièvre. Le travail que nous analysons en fournit la preuve, déjà donnée par d’autres thermographes; « aujourd’hui le thermomètre seul est considéré comme le critérium infaillible de l’intensité fébrile, et Boerhaave ne pourrait plus dire: a Quidquid de fehri nomt medicus^idvero ornm miocitate pulsuum solâ cognoscitur. »,
«Mais cette discordance entre le pouls et la chaleur n’existe surtout qu’à la période ascendante et'stationnaire ; si la maladie s’aggrave ou tend vers la convalescence, les deux éléments séméiotiques marchent sensiblement d’accord» [Dici. de méd., art. Chaleur, p. 795). « C’est au clinicien, quand ce désaccord existe, à. en déterminer la cause et la signification. » Exemples qui le prouvent (êé^W.).
« Lorsque la défervescence est .provoquée par des agents antipyrétiques, le pouls se ralentit d’abord, et reste beaucoup plus longtemps abaissé que la température »
6’ Relation de la température et des phénomènes critiques^ notamment des sueurs. Une exsudation aqueuse, s’évaporant à la
surface du corps, a dû faire naître l’idée toute physique d’une réfrigération produite par ce phénomène, et l’amélioration si fréquemment accompagnée par la sueur a dû rapporter à celle-ci tout le bénéfice de la crise. Déjà les anciens avaient remarqué que bien des fois aucune amélioration ne suit cette sécrétion.
Le tbermomètre a précisé de la manière la plus satisfaisante les rapports de la sueur avec la température, et l’auteur a montré sur ses relevés cliniques,et ceux des autres thermographes [ïbid.^ p. 798), « qu’à l’époque où se termine la maladie, l’abaissement de la température précède la sueur. Bien des fois aussi la sueur, surtout au début, n’est suivie d’aucune rémission durable ; il en est de même, à plus forte raison, des sueurs artificielles. »
Et cependant, l’éruption de la sueur est le fréquent signal de la diminution delà fièvre. «C’est que, si elle n’est pas la cause de la défervescence, elle en est souvent le signal; elle ne la produit pas, mais elle l’annonce et de plus elle la complète et la précipite, en contribuant secondairement à la déperdition de la chaleur» [ibid., p. 799). «Voilà pourquoi la défervescence, avec sueur, est toujours rapide et fortement accentuée. »
L’efîet de la chaleur sur les troubles nerveux a été, dans les derniers temps surtout, attribué à l’excès de la température fébrile. Liebérmeister a consacré un long mémoire à celte démonstration. Les tracés de M. Hirtz (art. Fièvre) montrent le délire coïncidant avec l’acmé de la chaleur pendant l’accès de la fièvre intermittente. Lœderich, un de ses élèves, a fait voir par des observations prises à la clinique, que l’abaissement de la température amené par la digitale dans les fièvres graves fait cesser immédiatement le délire. L’auteur a cru néanmoins devoir établir, que dans certaines affections à haute température, comme le typhus, la scarlatine, la mort rapide doit être attribuée en partie à l’élément infectieux.
7° Le contingent fourni par l’école de Strasbourg fut notable
surtout en ce qui 'concerne l’étude du sang et des urines fébriles, ainsi que des indications thérapeutiques. Déjà Andral et Gavarret avaient montré l’augmentation de la fibrine dans les inflammations fébriles et la diminution des globules dans les pyrexies et les inflammations. La fibrine, par cela seul qu’elle manque dans la fièvre primitive, n’a pu être considérée comme élément causal par ces auteurs ; la diminution des globules se rencontre également dans l’anémie : « 11 fallut donc rechercher dans la com- » position du liquide nourricier quel est l’élément dont Tallé- » ration étant commune aux deux atfections, puisse expliquer » l’élévation de la température, qui leur est également commune. » Cette recherche a été faite, et l’équation a été trouvée, non » dans les éléments primitifs du sang, mais dans les produits de » la combustion, Y urée et V acide carbonique. Un de nos élèves, » Picard (Thèse de Strasbourg\ après avoir établi expérimenta- » lement que le sang humain renfernae 0,016 d’urée pour 100, » a montré que dans l’inflammation comme dans les pyrexies, » on en trouve 0,02:16 pour 100, c’est-à-dire 0^,009 de plus » qu’à l’état normal; si l’on trouve cette augmentation faible, il » faut se souvenir que les reins éliminent incessamment et acti-
ment le surplus d’urée, » (Art. Chaleur, p. 803.) Ces recherches ont été confirmées et développées dans le travail de MM. Coze et Feltz.
8® Quant à Yurine fébrile, après l’exposé des nombreuses recherches faites dans les dernières années et qui, pour la plupart, tendent à établir comme un fait indiscutable l’augmentation de T urée pendant la fièvre et la diminution du chlorure de sodium, l’auteur cherche par ses propres observations à concilier quelques-unes des contradictions qui se sont élevées à ce sujet, en montrant par de nombreuses analyses « que lorsqu’on ne trouve pas l’urée augmentée, elle est proportionnellement remplacée par les matières dites extractives (leucine, créatine, hypoxanthine),
produits d’oxydation intermédiaires accusant une trop rapide désassimilation fébrile » («ôiâ?.).
9“ Yaleur séméiotique de la température. Faute de pouvoir analyser le chapitre, on citera quelques propositions qui, sans être le résultat exclusif des recherches de l’auteur, ont été contrôlées par lui dans une large mesure.
« Toutes les fois que la chaleur du corps dépassera 38 degrés, d’une manière permanente, on peut affirmer qu’il y d. fièvre; toutes les fois qu’elle sera au-dessous de 36 degrés, on sera en présence d’un état algide. »
« C’est donc dans l’étroite limite de deux degrés que se meut la chaleur normale, »
: « La température pathologique n’en parcourt pas 9, et l’on comprend dès lors avec quelle précision se constate la fièvre, et combien chaque degré ascendant ou descendant acquiert de valeur pour déduire la marche et l’intensité de l’état fébrile. Le pouls au contraire parcourt une gamme de 150 pulsations et peut dépasser la normale de 30, sans indiquer sûrement la fièvre {ibid.., p. 807). »
« La valeur diagnostique de la thermométrie n’est pas directe, en ce sens que.le thermomètre ne saurait prononcer à lui seul le diagnostic nominal. Mais étant connue la fixité de la chaleur normale, toute élévation de cette dernière indique que l’homme est malade et qu’il a la fièvre. 'Vice versa., toute constatation de la température physiologique éloigne immédiatement de la pensée un certain nombre de maladies ; et enfin une chaleur hyponormale porte directement l’attention sur toute une série d’espèces morbides. En outre, la mensuration comparée de la marche initiale de la température établit immédiatement le diagnotic différentiel entre plusieurs séries d’aftections fébriles. »
10“ Valeur pronostique de la chaleur morbide. « La fièvre
étant l’élément le plus dangereux dans les maladies, et sa gravité en raison directe de l’élévation de la température, toutes choses égales d’ailleurs, le thermomètre devient dès lors l’instrument le plus subtil du pronostic. Il va de soi que tous les autres éléments de la maladie doivent concourir à ses arrêts, et au besoin les rectifier : car il est des cas, exceptionnels il’est vrai, de température suractivée, sans autre aggravation de la maladie. »
L’auteur en cite quelques exemples remarquables. Ce chapitre renferme de nombreux aphorismes basés sur le pronostic de la chaleur étudiée par le thermomètre.
ir Théorie de la chaleur fébrile. Elle comprend plusieurs questions capitales : l’origine de la chaleur fébrile; est-ce une production augmentée, une déperdition diminuée? vient-elle de l’organe enflammé ou de la rapidité de la circulation ? tient-elle à une fermentation, ou vient-elle d’une combustion ? quelle part y prend le système nerveux? Après une longue discussion, l’auteur conclut que l’origine de la chaleur fébrile n’est et ne saurait être autre que «celle delà chaleur normale, c’est-à-dire la combustion des éléments organiques. Seulement, au lieu d’une oxydation lente, c’est une combustion suractivée ; la part du système nerveux paraît consister dans une paralysie des vasomoteurs raodifiantJa régularisation de la température. »
12“ Indications thérapeutiques. Si la chaleur morbide n’était qu’un signal ou qu’un symptôme, il ne serait pas nécessaire de lui consacrer un traitement ; celui-ci se déduirait logiquement de la lésion causale. L’auteur pose dans les termes suivants la question : « La chaleur morbidé n’est pas, nous le savons maintenant, uniquement un signe pathognomonique de la fièvre ; la fièvre elle-même n’est pas seulement l’expression directe et le résultat immédiat d’un désordre grave dans l’organisme, mais aussi l’agent ultérieur de désordres consécutifs ; en un mot,
la chaleur fébrile n’est pas seulement un symptôme, mais une lésion, mère de beaucoup de complications ultérieures. »
De là l’importance de la médication antipyrétique; l’auteur ayant surtout développé ce point aux articles Digitale et Fièvre, on arrêtera ici cette analyse.
Quant aux agents thérapeutiques indiqués contre la chaleur morbide, l’auteur les divise en trois classes : « 1“ les uns absorbant le calorique par des procédés purement physiques (lotions, boissons fraîches, hydrothérapie, etc.); 2“ d’autres paraissent porter directement leur action sur les éléments chimiques suroxydés (diète, saignées, alcalins, antimoniaux, etc.); 3“ les derniers agissent directement sur le système nerveux en influant sur la calorification ou sur le pouls (digitale, veratrum, quinine, » etc.). Ces details de traitement ne sont pas susceptibles d’analyse.
Quant à la conception générale des effets produits par la chaleur morbide, elle se trouve résumée dans le dernier alinéa de ce travail :
«Nous avons vu que. le sang surchauffé, surmené, chargé » de principes excrémentiliels, altéré en un mot, dans sa compo- » sition et dans sa pression, trouble les organes dans leurs tissus » et leurs fonctions, opprimant et surexcitant le système nerveux, » précipitant le pouls et la respiration, altérant ou suspendant les » sécrétions, troublant profondément la nutrition après avoir été » troublée par elle, et amenant enfin, si la chaleur est trop élevée » ou trop durable, la paralysie du cœur et l’épuisement du sys- » tème nerveux. Comme phénomène constatable, c’est la chaleur » exagérée qui est l’essence capitale de la fièvre, c’est la chaleur » qui est la cause productive de ses ravages ; Galien l’avait déjà » dit : Calor præternaturalis substantia febrium, et les noms don- » nés à la fièvre par les Grecs et les Latins ne signifient pas » autre chose. »
L’élude de la chaleur morbide est en quelque sorte l’inlro-
duction des études pyrétologiques de l’auteur. Dans celles qui vont suivre, exposées dans un sens didactique, ses travaux personnels se trouvent naturellement mariés avec ceux de ses devanciers, et il serait difficile de les dégager sans une analyse trop détaillée qu’il veut épargner au lecteur. On se bornera, dans l’exposé qui va suivre, à détacher fragmentairement quelquesuns des passages qui portent plus complètement l’empreinte personnelle.