CRISTALLISATION
89. Méthodes chimiques. — La plupart des réactions chimiques lentes dans lesquelles il se forme un corps solide donnent naissance à des cristaux : il est impossible de formuler à cet égard aucune règle pratique, nous en citerons seulement un certain nombre d'exemples, choisis parmi les plus nets.
1° Cristallisation du plomb. Arbre de Saturne, — On remplit un bocal d'une dissolution d'acétate de plomb, à demi saturée et légèrement acidulée d'acide acétique, puis oh suspend au bouchon qui ferme le bocal, de manière à ce qu'il plonge à peu près entièrement dans le liquide, un lingot de zinc auquel on a attaché des fils de cuivre, descendant jusqu'au fond.
Au bout de quelques jours, par suite de l'action électrique qui se développe entre les deux métaux zinc-cuivre, ces fils sont entièrement recouverts de lamelles cristallines et brillantes, qui sont formées de plomb pur.
2° Cristallisation de rétain. Arbre de Jupiter. — Dans une éprouvette à pied, on verse jusqu'à mi-hauteur une solution concentrée de chlorure stanneux, puis on ajoute, lentement et sans agiter, de l'acide chlorhydrique étendu, de manière à remplir l'éprouvette jusqu'à quelques centimètres du haut. Dans ce liquide, formé ainsi de deux couches superposées, on plonge une baguette d'étain pur ; après quelques heures, on voit apparaître sur celle-ci, vers le plan de séparation des deux liquides, de petites aiguilles cristallines, blanches et Ijrillantes, qui sont de l'étain cristallisé.
C'est encore une action électrique qui est ici la cause déterminante de la cristallisation ; on arrive d'ailleurs au même résultat en électrolysant une solution de chlorure stanneux.
MANIPULATIONS CHIMIQUES
3^ Cristallisation de V amalgame d'argent. Arbre de Diane. — Dans un flacon rempli d'une solution d'azotate d'argent, on verse une petite quantité de mercure : l'argent déplacé par le mercure se dépose alors à la surface de ce dernier et y forme un amas d'aiguilles cristallines, renfermant à la fois du mercure et de l'argent. La moindre agitation fait tomber ces aiguilles dans le mercure, qui les dissout immédiatement.
Enfin, comme autres exemples de cristallisations dues à des actions chimiques ou électriques, nous rappellerons les dépôts d'alun de chrome ou de chlorure zinco-ammonique qui s'observent dans les piles à bichromate ou à bioxyde de manganèse, la texture cristalline du cuivre galvanique, la formation de soufre octaédrique dans la décomposition spontanée du persulfure d'hydrogène, celle de beaux cristaux d'iode dans les vieilles dissolutions d'acide iodhydrique, etc.