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ARGENT

de charbon, le tout finement pulvérisé. La masse fond et l'argent se réunit en un culot métallique que l'on sépare, après refroidissement, de la scorie qui l'imprègne et que l'on purifie par des lavages à l'acide clilorhydrique et à l'eau.

Par voie humide on traite le chlorure d'argent, dans un verre à expériences, par la grenaille de zinc et l'eau acidulée (d'acide sulfurique ou chlorhydrique) : l'hydrogène naissant s'empare du chlore et laisse le métal précieux sous forme d'une mousse noire, spongieuse, que l'on peut ensuite agglomérer par le martelage ou par la fusion.

221. Préparation de l'azotate d'argent. — Si l'on dispose d'argent pur, comme celui qui provient de la réduction du chlorure, il suffit de dissoudre le métal dans l'acide azotique ordinaire, employé autant que possible en quantité suffisante, mais non en excès, et d'abandonner ensuite à la cristallisation.

Si l'on traite ainsi un alliage monétaire ou d'orfèvrerie on obtient en même temps que l'azotate d'argent une petite quantité d'azotate de cuivre qui colore le mélange en bleu ; pour séparer celui-ci, on évapore à sec, dans une petite capsule de porcelaine, puis on calcine très doucement, de façon à décomposer l'azotate de cuivre sans altérer l'azotate d'argent. La masse noircit et quand elle a perdu toute trace de coloration bleue on laisse refroidir, on reprend par l'eau et on filtre pour éliminer Poxyde de cuivre insoluble. La liqueur filtrée, qui doit être incolore, est enfin concentrée jusqu'à ce qu'elle cristallise.

La dissolution du métal dans l'acide azotique donne lieu à une vive effervescence qui peut occasionner des pertes ; on évite facilement celles-ci en recouvrant la capsule qui renferme le mélange d'un entonnoir ren-

MANIPULATIONS CHIMIQUES

versé, dont on lave les parois avec un peu d'eau quand l'attaque est complète.

L'azotate d'argent fondu et coulé en baguettes dans une lingotière constitue la pierre infernale des chirurgiens.

222. Argenture du verre. — On dissout 5 grammes d'azotate d'argent dans 100 centimètres cubes d'eau, on ajoute goutte à goutte de l'ammoniaque jusqu'à ce que le précipité qui se forme au début ait complètement disparu, puis 225 centimètres cubes d'une solution de ^ow&epure à 4,5 0/0 et encore de l'ammoniaque, en quantité juste suffisante pour redissoudre l'oxyde d'argent qui se précipite.

On étend avec de l'eau distillée jusqu'à 750 centimètres cubes, on réajoute quelques gouttes d'azotate d'argent étendu, de manière à ce que la liqueur devienne légèrement trouble, puis enfin 20 grammes de lactose, préalablement dissous dans 200 centimètres cubes d'eau.

On remplit alors de ce liquide à peu près limpide des ballons en verre, nettoyés avec soin par des lavages à l'acide azotique bouillant et à l'eau distillée, et on chauffe doucement, au bain-marie, vers 60 ou 70 degrés ; peu à peu l'argent se dépose sous la forme d'une couche miroitante, adhérente au verre. Quand l'argenture est complète on décante le liquide et on lave les ballons avec de l'eau distillée.

I^e lactose peut être remplacé par de l'acide tartrique ou de l'aldéhyde, mais la réussite est alors moins certaine, surtout avec l'aldéhyde qui donne lieu souvent à des taches.

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