CHIMIE ORGANIQUE
223. Préparation du méthana. — On chauffe jusque vers 500 degrés, dans une cornue en verre vert ou en grès, un mélange intime d'acétate de soude sec avec 2 fois son poids de chaux sodée et on recueille le gaz qui se dégage sur la cuve à eau.
Le méthane ainsi préparé est assez impur : il contient notamment des vapeurs d'acétone et quelques traces d'hydrocarbures non saturés. Les vapeurs d'acétone peuvent être retenues en grande partie par un flacon laveur à acide sulfurique concentré que l'on disposj immédiatement à la suite de la cornue; quant aux hydrocarbures incomplets on ne peut les éliminer qu'en agitant le gaz, dans un flacon bouché à l'émeri, (Tahoi il avec un peu de brome, avec lequel ils se combinent, puis avec une solution de potasse, qui absoi'be les vapeurs de brome en excès.
méthane pur doit brûler avec une flamme très pâle, ressemblant à colle de Thydrogène, et être sensiblement inodore. On vérifiera qu'il d unie de l'anhydride carbonique en brûlant et qu'il forme avec l'oxygène un mélange explosif.
224. Préparation du chloroforme. — Dans une grande cornue ou dans un gros ballon, de 2 litres au nioinsde
capacité, on introduit d'abord 10 grammes d'alcool, puis 250 centimètres cubes d'eau et un mélange finement pulvérisé de 60 grammes de chlorure de chaux avec 30 à 40 grammes de chaux éteinte ; on agite, puis on relie le ballon à un bon réfrigérant et on chauffe très doucement, en ayant soin d'éteindre le feu dès que la réaction commence, pour que le boursouflement qui se produit n'entraine pas la matière jusque dans le réfrigérant; lé chloroforme distille de lui-même, en même temps qu'un peu d'alcool non attaqué. Quand la réaction est finie, on recharge le ballon comme précédemment, sans le vider, et on recommence;
Finalement on traite le produit distillé par l'eau, pour dissoudre l'alcool qu'il renferme, on sépare le chloroforrhe qui se rassemble au fond à l'aide d'une pipette ou d'an tube à brome (fig. 65), on sèche avec quelques fragments de chlorure de calcium fondu qu'on laisse séjourner dans le liquide pendant quelques heures et on distille à température ) fixe, en recueillant seulement ce qui
Fi"-. 6o. passe à 60-61 degrés.
Tube à brome. En traitant le chloroforme par la potasse alcoolique bouillante, on obtiendra un mélange de chlorure et de formiate de potassium, que l'on pourra caractériser l'un et l'autre par leurs réactions connues.
225. Préparation de l'iodoforme. — Dans 100 centimètres cubes d'une dissolution à 20 0/0 de carbonate (ou bicarbonate) de sodium, on ajoute 25 centimètres cubes d'alcool ou d'acétone, on chauffe près de l'ébullilioii, [)uis on laisse tomber dans le mélange, parpe-
ÉTHYLÉNE
tites parties à la fois, 10 grammes d'iode pulvérisé. Quand l'iode s'est dissous et que le liquide est décoloré on laisse refroidir : l'iodoforme se dépose peu à peu en petites lamelles cristallines, de forme hexagonale.
L'iodoforme est décomposé parla potasse alcoolique de la même manière que le chloroforme.
226. Préparation de l'éthylène. — Dans un ballon de verre de 1 litre de capacité on mélange avec précaution 50 grammes d'alcool et 200 grammes d'acide sulfurique concentré, puis on ajoute un peu de sable siliceux et un fragment de paraffine, pour éviter la production de mousse, enfin on chauffe rapidement jusque vers 200 degrés. Le gaz qui se dégage est souillé de vapeurs d'éther et d'une petite quantité d'anhydrides carbonique et sulfureux qui proviennent de réactions secondaires ; on le purifie en le faisant passer dans deux ou trois flacons laveurs renfermant
Fig. G6. — Préparation do l'éthylène.
de l'acide sulfurique, qui retient les vapeurs d'éther, ainsi que l'alcool qui passe inaltéré, et de la potasse, qui absorljc les gaz acides (fig. GO).
MANIPULATIONS CHLMIQUE^
On doit régler le feu de manière à ce que le dégagement se fasse bulle à bulle, sans jamais devenii' très rapide.
L'éthylène pur doit être très peu odorant : on vérifiera qu'il est complètement absorbé par le brome, à froid.
Pour faire l'expérience sans danger, on remplit d'éthylène un petit flacon de verre bouchant à l'émeri, puis on y fait passer, à travers l'eau de la cuve, un petit tube l)oucbé dans lequel on a versé quelques grammes do brome, on ferme et on agite ; si après quelques instants on débouche le flacon dans la cuve, on voit l'eau s'y précipiter jusqu'à le remplir entièrement. Il faut avoir bien soin, pendant toute cette manipulation, de ne pas se laisser couler du brome sur les doigts ; si par hasard cela arrivait, il faudrait immédiatement se laver les mains avec de l'ammoniaque étendue.
227. Préparation du chlorure d'éthylène {liqueur cl'js Hollandais), — Pour montrer sa production, il suffit de mélanger, dans une grande éprouvette reposant sur la cuve à eau, des volumes égaux d'éthylène et de chlore : peu à peu le liquide monte dans la cloche, indiquant une diminution graduelle de la pression intérieure, et on voit apparaître des gouttelettes opalescentes de chlorure d'éthylène qui, d'abord, sont retenues par capillarité à la surface de l'eau, puis bientôt tombent au fond de celle-ci.
Pour en préparer davantage il suffit d'envoyer simultanément, dans un gros matras de 2 ou 3 litres, portant un bouchon à trois ouvertures, un courant d'éthylène et un courant de chlore, convenablement purihés l'un et l'autre et réglés de manière à ce qu'ils aient à })eu i)rès la môme vitesse : le tube amenant
ÉTHYLÈNE
l'éthylène doit descendre jusque près du fond du matras et celui qui amène le chlore s'arrêter à la Ijase du col, de façon à ce que les deux gaz se mélangent d'eux-mêmes par différence de densité; enlin la troisième ouverture livre passage à un tube qui conduit l'excès des gaz non utilisés dans une lessive de potasse ou dans une cheminée (fig. 07).
Fig. GT. — Piépaïalion du chlorure d'élhylil'ne.
Le clilorure d'éthylène se condense dans le matras ; quand on en a obtenu une quantité suffisante, on l'agite dans- un petit flacon avec une solution de potasse qui s'empare du chlore en excès, puis avec de l'eau pure; alors on décante, on sèche avec quelques fragments de chlorure de calcium fondu et finalement on distille le produit clair à température fixe (84°).
Remarque. — On peut simplifier la dis[)osition ([ue nous venons de décrire en envoyant le courant d'éthylène directement dans l'appareil à chlore, qui doit dans ce cas être à, peine chauffé. Le chlorure d'éthylène qui se forme reste sur place ; quand la réaction est
MANIPULATIONS CHIMIQUES
finie, ce dont on s'aperçoit à ce que le mélange est à peu près décoloré, on distille, puis on décante et on termine comme ci-dessus.
228. Préparation du bromure d'éthylène. — On envoie un courant d'éthylène, jusqu'à décoloration complète, dans du brome maintenu à une température voisine de 30 degrés. Pour ne pas être incommodé par les vapeurs qui se dégagent, on fait la réaction dans un petit flacon laveur, maintenu par un bain d'eau à température constante et communiquant avec un autre laveur à potasse caustique.
I.e bromure d'éthylène est purifié par agitation avec une lessive alcaline et avec un excès d'eau, puis séché et rectifié; à l'état pur il doit bouillir à 131 degrés.
229. Préparation de l'acétylène. — Dans un petit col droit bien sec, de 125 centimètres cubes de capacité et muni d'un bouchon à deux trous^ on introduit 10 grammes de carbure de calcium concassé, sur lequel on laisse couler goutte à goutte de l'eau ordi-^ naire, au moyen d'un tube à robinet. Le gaz est recueilli sur le mercure ou sur l'eau salée (fig. 08).
Si l'on dispose d'un appareil de Jungfleisch on pourra aussi préparer l'acétylène en partant de l'acétylure cuivreux, que l'on décomposera dans un petit ballon par l'acide chlorhydrique étendu, à l'ébullition.
On reconnaîtra la production de l'acétylène dans les combustions incomplètes en versant quelques gouttes de chlorure cuivreux ammoniacal dans une éprouvette mouillée intérieurement d'éther que l'on enflamme au moment même de l'expérience ; ou encore en faisant passer dans le même réactif, à l'aide d'un aspirateur, les gaz contenus dans la flamme d'un bec de Bunsen,