NOTIONS FONDAMENTALES
La matière vivante animale ou végétale a des manifestations qui lui sont propres, forces et propriétés vitales.
Il n'y a chez l'animal vivant aucune manifestation qui ne suppose un substratum, c'est-à-dire un tissu ou un organe.
Tous les phénomènes de la vie dépendent de l'organisation. Les fonctions de l'état sain ne sont que les mouvements des organes dans l'état de santé; les maladies ne peuvent être que le résultat du dérangement des organes : santé, maladie, tout est dans l'organisme. Les altérations des fonctions ne peuvent dépendre que des altérations des organes ou de leurs parties constituantes.
Quant aux propriétés vitales, on ne peut concevoir leur dérangement sans admettre une altération des organes dans lesquels elles résident. Cette altération peut fort bien ne point tomber sous nos sens parce que nos moyens d'investigation sont trop imparfaits.
La matière est inorganique ou organisée.
Les lois qui régissent la première sont, dans son ensemble, la gravitation; dans ses détails, les affinités. Pour la matière organisée, il y a les propriétés vitales qui sont la sensibilité et la contractilité.
La vie se conserve et s'entretient par des éléments d'assimilation. Elle est attaquée par des agents destructeurs.
Les causes qui produisent les maladies sont, ou internes, c'est-à-dire émanant de l'organisation elle-même; ou externes, procédant des innombrables agents qui environnent l'homme et qui peuvent lui être nuisibles.
Plusieurs animaux peuvent se développer ou habiter accidentellement sur la peau de l'homme; les uns croissent, vivent et se reproduisent à la surface des téguments : d'autres pénètrent au-dessous de l'épiderme (cryptes sébacées).
La reproduction des affections est généralement due à une thérapeutique insuffisante.
L'absorption des médicaments toxiques se fait difficilement lorsque la suppuration est en pleine activité. Les téguments se dépouillent de leurs croûtes et se recouvrent d'un épiderme sain.
Un principe contagieux se communique par voie d'inoculation et par contact immédiat.
Sublata causa, tollitur effectus (axiome). La première indication curative est de détruire les causes.
La matière contagieuse peut être reconnue autrement que par ses eff'ets.
C'est l'absorption des fluides altérés parcourant les vaisseaux lymphatiques et sanguins de la périphérie du corps au centre qui occasionne les désordres généraux. Ces fluides contenant des germes reproducteurs sont transportés dans le torrent circulatoire, et produisent, après une période d'incubation qui n'est en réalité qu'une période de propagation et de reproduction, une infection de tout l'organisme.
Le contact de l'air favorise la reproduction des germes, et rend les fluides altérés par eux plus vénéneux. C'est le cas des virus et des fluides vénéneux.
Dans les diathèses, l'intégrité des fonctions plastiques est modifiée et altérée.
Ce qu'on appelle aptitude à produire une maladie n'est pas autre chose que l'état diathésique du malade.
Les maladies doivent être classées d'après leurs causes : affections de causes externes, aff"ections de causes internes et éruptions parasitaires.
Les afl'ections de causes internes sont congénitales ou pathologiques.
Les blessures produites par les animaux, tels que punaises, mouches, se rapprochent des affections parasitaires.
Toutes les causes qui activent la fermentation putride, comme l'air chaud et humide, accroissent l'activité des émanations humaines (développement des acariens) . Une température froide et sèche produit l'effet contraire. Ce que l'on doit surtout redouter, c'est leur concentration dans des lieux circonscrits, ainsi que l'ont démontré tous les entassements d'hommes dans des hôpitaux, des prisons, des casernes, des vaisseaux et à bord des pontons.
La vieillesse serait le résultat de la combustion qui, en laissant des détritus de matières minérales dans nos organes, engorge peu à peu les rouages et les empêche de fonctionner. Il faut nourrir les animaux avec des matières qui fournissent le moins possible de matières minérales incrustantes.
Considérations générales sur les êtres des règnes
de la nature.
Le règne organique diffère du règne inorganique en ce que les êtres qui se classent dans le second cristallisent, et que les êtres qui appartiennent au premier s'organisent. Les cellules, qui sont les cristaux du règne organique, forment à elles seules des êtres organisés qui engendrent à leur intérieur des cellules semblables.
Le règne organisé se divise en deux grands départements, qui semblent se confondre par leur point de contact. Le mouvement n'est point l'apanage exclusif du règne animal : la sensitive, etc.; mais les animaux jouissent de la locomotion; l'huître et le polype n'en ont point.
Absence des viscères dans les plantes; mais on ne peut les voir dans certains animaux.
Le cœur n'est qu'un accessoire dont l'importance diminue en descendant l'échelle des animaux. Nulle ligne de démarcation connue ne sépare encore les végétaux des animaux.
La physiologie est de toutes les sciences celle qui peut le moins prétendre à ce titre. Elle emploie des procédés trop grossiers pour évaluer le jeu des organes, elle interroge des masses de quelques livres sur le mystère de la vie qui se cache dans une molécule. Aussi voyons-nous la physiologie admettre des animaux sans cœur, sans digestion, sans nerfs et je crois même sans muscles, et frapper ainsi les esprits par l'image fantastique d'êtres ou de sylphes qui semblent vivre sans exister.
La chimie, c'est-à-dire la science qui ne s'occupe presque exclusivement que de l'étude des combinaisons brutes de la matière, la chimie, dis-je, a de tout temps cherché à soumettre à ses procédés d'analyse les produits de l'organisation : on ne peut soumettre au creuset et aux réactifs les substances organiques sans les décomposer.
La molécule organique résulte à la vérité d'une combinaison chimique d'éléments inorganiques connus; mais cette combinaison est telle qu'elle donne naissance à une nouvelle classe de phénomènes.
Le type de l'être organisé peut se réduire, dans sa plus simple expression, à une vésicule imperforée, douée de la propriété d'élaborer, au profit de son développement indéfini, les substances gazeuses et liquides qu'elle attire dans son sein par aspiration, et de rejeter, par expiration, ceux des éléments décomposés qui ne peuvent servir à l'assimilation.
L'analogie conduira à établir que la paroi de cette vésicule est elle-même formée de vésicules agglutinées côte à côte et qu'on peut supposer être composées d'autres vésicules, et ainsi de suite jusqu'à l'infini.
Cette molécule organique réduite à ses parois est formée d'eau, de carbone et de sels soit terreux, soit ammoniacaux. Ces corps inorganiques deviennent donc, par leur cristallisation vésiculaire, un centre de vitalité. Mais en même temps ils formeront par leur association des tissus et ties produits qui varieront à l'infini comme les proportions dans lesquelles ils peuvent entrer.
Jusqu'à présent il n'a été donné à l'homme de connaître une loi que par un certain nombre de ses phénomènes. C'est parce ^ qu'elle nous échappe dans la généralité de ses phénomènes, que nous manquons partout d'une théorie complète. {Endosmose et eœosmose. Dutrochet, 1827.)
M. Raspail fait voir que cette loi ainsi formulée par son auteur : « qu'un liquide plus dense, enfermé dans une membrane animale, attire le liquide le moins dense, dont cette membrane le tient séparé », n'est qu'un fait d'imbibition.
Classer les objets ou les faits, c'est les disposer dans un ordre capable d'en faire ressortir les rapports mutuels ou d'aider notre mémoire, quand nous avons besoin de les retrouver.
Le système est l'expression de la théorie. C'est à tort que l'on a voulu étudier séparément la chimie animale et la chimie végétale. 11 y a trop de points d'analogie pour qu'une division puisse être établie.
Les substances organisatrices sont le produit de l'élaboration que la vésicule organique fait subir aux éléments gazeux : oxygène, hydrogène et carbone.
L'organisation n'a plus lieu dans le vide ni dans l'azote. Elle dépérit dans certains gaz délétères. Elle ne prospère que dans l'air atmosphérique.
Le froid arrête le développement des êtres organisés, mais il conserve indéfiniment sans altération les substances organiques, ainsi que le démontrent les mammouths que l'on exhume des glaces du Nord et les cadavres d'Espagnols qu'on a trouvés gisant sans déformation sur le sommet glacé des Cordillères depuis l'époque de la première conquête du Pérou.
Ce n'est point dans le sang que se trouve le foyer de la vie, mais plutôt dans les tissus aspirateurs et expirateurs.
Fermentations. — Pulridité et Antiseptiques.
Il importe de connaître les changements et les altérations que les substances organiques sont susceptibles d'éprouver : ces altérations sont dues à un phénomène que l'on appelle fermentation.
La fermentation est un mouvement spontané. Ce mouvement est propre aux fluides des corps organisés, et il n'y a que les substances élaborées par le principe de la vie végétale ou animale qui en soient susceptibles.
Les chimistes n'ont pas assez insisté sur cette importante vérité, dont l'application aux phénomènes des êtres organisés est singulièrement utile aux médecins.
Circonstances nécessaires à toute espèce de fermentation. — 1° Un certain degré de fluidité : en efi'et, les substances sèches n'éprouvent aucune espèce de fermentation; 2° Une chaleur plus ou moins forte. Les degrés de chaleur varient pour chaque espèce de fermentation 5 mais le froid les arrête toutes.
Les chimistes ont distingué trois espèces de fermentation : la spiritueuse, qui fournit de l'alcool; la fermentation acide, qui donne le vinaigre; la fermentation putride, qui produit l'ammoniaque.
Il y a encore la fermentation panaire, celle des mucilages fades, celle qui développe des parties colorantes.
Beaucoup de substances végétales sont susceptibles de passer à la fermentation acide : les gommes, les fécules; mais cette propriété est surtout très remarquable dans les liqueurs fermentées et spiritueuses. Tous ces fluides exposés à la chaleur et au contact de l'air passent à la fermentation acétique.
Il y a trois conditions nécessaires à la fermentation acétique : 1° une chaleur de 25° au thermomètre Réaumur; 2° un corps visqueux et en même temps acide, tel qu'un mucilage et le tartre; 3° le contact de l'air. On ne peut attribuer le
changement des vins à l'état de vinaigre qu'au mouvement intestin excité dans les fluides par la présence d'une certaine quantité de corps muqueux, non altérés et capables de subir line nouvelle fermentation.
Le contact de l'air est indispensable et il paraît qu'il y en a une portion absorbée pendant cette fermentation, comme l'a prouvé M. l'abbé Rosier. (268, art. imp.)
Lorsque la fermentation s'apaise, la liqueur devient claire; elle dépose un sédiment en flocons rougeâtres, glaireux, qui s'attachent aux parois des tonneaux. On sépare le vinaigre de la lie, qui sans cette précaution le ferait passer à la fermentation putride. Exposé à une chaleur douce dans des vaisseaux mal bouchés, il s'altère, perd sa partie spiritueuse, dépose une grande quantité de flocons et de filaments muqueux, et prend une odeur et une saveur putrides.
Le gluten est azoté; la graisse ne l'est pas. La facilité que présente le gluten à entrer en fermentation n'est-elle pas due à l'animalisation de cette substance, comme porterait à le croire l'azote qui entre dans sa composition et comme le démontrent, d'une manière qui ne laisse rien à désirer, les animalcules en grand nombre qui s'y développent ? Pour étudier convenablement les phénomènes de la vie, il ne faut pas examiner les masses dans lesquelles ces phénomènes se passent bien, à la vérité, mais ne peuvent être aperçus par nos sens. C'est la molécule élémentaire qu'il faut examiner. C'est son mode d'exister et d'agir qu'il faut étudier et connaître.
Le plus frappant des caractères qui distinguent les matières animales des végétales, consiste dans l'espèce de décomposition spontanée qu'elles éprouvent et qu'on nomme putréfaction; quoique les substances végétales ne soient pas exemptes de cette décomposition, la putréfaction est infiniment plus forte et plus rapide dans les composés animaux, ils y sont plus disposés par leur composition même; elle s'y établit, s'y développe et parcourt ses périodes avec une activité beaucoup plus grande.
Le mélange des matières fermentées et pourries avec les substances fraîches accélère le mouvement putride.
Les animalcules se développent dans les substances animales avant qu'aucun degré de putréfaction s'y montre.
L'air renfermé dans le creux d'une plaie augmente considérablement la pourriture. (Godard.) Ce fait qui est devenu une vérité incontestable est dû au développement des animalcules qui est plus Considérable avec le contact de Tair qu'en dehors de ce contact.
De la fermentation 'putride des végétaux. — Stahl et plusieurs autres chimistes ont considéré les fermentations spiritueuses, acides et putrides comme dépendant d'un seul et unique mouvement, qui tend à détruire le tissu des solides, et à dénaturer les fluides; et en effet, on observe que si l'on abandonne certaines substances à elles-mêmes, elles éprouvent les trois fermentations successivement et sans interruption. La matière glutineuse semble passer tout de suite à la putréfaction sans avoir éprouvé l'acescence. Les substances qui éprouvent la fermentation acétique et putride sans passer par la fermentation alcoolique ou celles qui se pourrissent sans avoir donné préliminairement des signes d'acidité, participent de la nature des substances animales. Les substances végéto-animales se pourrissent très facilement.
Dans la décomposition des substances végétales, l'oxygène et l'hydrogène se dégagent et le carbone devient de plus en plus prépondérant.
Conditions nécessaires au développement de la putréfaction. — 1° L'humidité; 2» la chaleur; 3° l'action de l'air. Les substances végétales se conservent très bien dans le vide.
On prévient la décomposition du lait en le faisant bouillir souvent.
La putréfaction est caractérisée par l'odeur ammoniacale, à laquelle succède une odeur fade, nauséeuse, qu'il est difficile de définir.
L'albumine abandonnée au contact de l'air se corrompt et se remplit d'infusoires du genre monade.
Les molécules dans lesquelles un membre qui tombe en
pourriture se résout, sont si ténues, si déliées, qu'elles se communiquent aux parties voisines en pénétrant leur substance, ou, pour mieux dire, en enfilant les routes étroites de leurs pores; elles sont d'ailleurs douées d'une propriété si dissolvante que détruisant la cohésion des éléments, elles font mourir les vaisseaux qu'elles touchent, et pervertissent la constitution des humeurs auxquelles elles se mêlent. Leur abord dans une partie y suspend tous mouvements vitaux, et en substitue d'autres qui sont ceux de la pourriture; ainsi la mortification se communique de proche en proche, la pourriture gagne du terrain.
Lorsque les éléments des substances organisées se décomposent, chaque molécule de matière jouit du privilège de former un être animé : voilà comme la vie naît au sein même de la destruction.
L'accès de l'air favorise les mouvements putrides.
Il se dégage, pendant la fermentation putride, des sels ammoniacaux indéterminés, mais avec excès d'ammoniaque; puis des gaz acide carbonique, acide acétique, oxyde de carbone, hydrogène carboné, hydrogène sulfuré.
Entre les tissus en désorganisation existent des animalcules.
La putréfaction est encore ensevelie dans de profondes ténèbres. Personne n'ignore combien il serait utile de la connaître et de pouvoir y remédier.
Macbride a mis un morceau de mouton frais sous un globe dans lequel il fit le vide, et la viande se conserva pendant quarante-huit heures. Un semblable morceau placé sous un verre renversé s'est trouvé putride au bout du même temps.
Il a placé un morceau de bœuf frais, environné et couvert de suif fondu, dans une tasse. Après trois jours entiers et une nuit, il la trouva en bon état : mais après qu'il fut découvert il devint très putride dans l'espace de huit ou dix heures.
La viande a été rendue inaltérable par le baume du Pérou, le camphre, la gomme ammoniaque, la noix de galle, le quinquina, la chaux, les liqueurs alcooliques.
11 résume ainsi les principaux faits qui ressortent des expériences sur la putréfection et considère que l'action de
l'air est nécesscaire pour opérer la putréfaction ; que s'il n'a pas un libre accès auprès de la substance qui se putréfie, la putréfaction, après avoir fait quelques progrès rapides, demeure comme suspendue; que les gaz sont ammoniacaux; que ces gaz ne se dégagent ni au commencement ni à la fin; que la chaleur accélère la putréfaction ; que le froid la retarde ; que l'humidité la favorise.
Les substances animales qui se putréfient présentent les phénomènes suivants : odeur fétide, ramollissement, acides, teinte pâle ou jaunâtre, alcali; elles tombent en deliquium; coloration noirâtre ou verdâtre; diminution de volume et de poids, dessèchement, matière friable, terreuse; mouvement qui tend à désunir les parties.
Comment la putréfaction décompose-t-elle les corps organisés et les réunit-elle à leurs éléments? C'est ce qu'on ignore ; on ne peut même donner à ce sujet que des conjectures. Haller a démontré que les parties les plus dures des animaux contiennent plus d'air que celles qui le sont moins.
Toutes les parties des animaux tendent continuellement à la putréfaction; l'animalisation ou la sanguification ne peut s'opérer que par un mouvement intestin putréfactif ; l'analogie qu'il y a entre les végétaux frais et le chyle ou le lait, entre les végétaux pourris et le sang, semble le prouver. Les premiers donnent des acides, et les seconds des alcalis.
Le mouvement intestin qui tend à la destruction de l'animal a besoin d'être contenu dans de justes bornes. La nature qui veille sans cesse à notre conservation lui oppose, pour arrêter ses progrès, le mouvement progressif des liqueurs, les différentes excrétions et le chyle. Le mouvement progressif ou vital prévient le mouvement intestin. Par le moyen des différentes excrétions, les humeurs altérées et putrescentes sont expulsées. Un bon antiseptique est l'instrument tranchant.
Dans la cause générale toutes les humeurs sont putrides ou infectées par une matière âcre, particulière, qui les corrompt. Il n'est pas étonnant que dans les maladies qui en sont la suite, comme le scorbut, les fièvres putrides, malignes et pestilentielles;^ les fièvres purulentes et sanieuses, occasionnées
par la résorption du pus des petites véroles confluentes, des suppurations internes, des ulcères externes, dans les maladies cancéreuses, vénériennes, scrofuleuses , après l'usage des poisons, etc.; il n'est pas étonnant, dis-je, que dans toutes ces maladies on voie quelquefois subitement paraître des pourritures, des gangrènes ou des dépôts qui en sont bientôt suivis.
Les fluides corrompus et putrides en abordant dans une partie y produisent plus tôt la gangrène que dans une autre, si elle est plus éloignée du centre de la circulation, si elle esl comprimée, engorgée, ulcérée, enfin si la circulation y esl gênée.
La cause immédiate de la putréfaction et de la gangrène est la perte de l'acide carbonique et l'absorption de l'air.
Si une partie a été exposée à un froid excessif, la putridité ne tarde pas à se manifester, surtout si on la présente brusquement à un feu vif : le froid ayant coagulé les humeurs, ralentit çt même arrête la circulation. Le moyen de parer à un semblable accident est de frotter la partie gelée avec de la glace et de la neige, et d'y ramener peu à peu la chaleur.
Fièvre typhoïde. — I^a digestion ne peut s'opérer que par la fermentation qui peut devenir acide et même putride. Les causes capables de produire ces effets sont : 1° le trop long séjour des matières alimentaires dans les premières voies; 2° la mauvaise qualité des aliments; 3° la putréfaction du suc digestif ^wi devient un puissant ferment putride; dépravation qui peut provenir d'un air putride avalé avec les aliments ou la salive; du défaut d'aliments, de leur mauvaise qualité ou de la corruption du sang qui ne peut séparer que des humeurs corrompues.
Putridité du sang. — L'observation prouve que le sang peut se putréfier. Fernel, Morton, Huscun, Pringle, s'accordent à dire que le sang est fétide dans quelques fièvres putrides. Pringle prétend que l'état de putridité du sang est assez prouvé par la corruption de toutes les sécrétions et de toutes les excrétions que l'on a remarquée dans certains cas par
l'odeur fétide du sang, par la couleur tannée de la sérosité et par la dissolution du coagulum.
Les matières pul rides qui des premières voies passent dans le sang, et celles que la suppression de la transpiration oblige à y refouler, doivent nécessairement corrompre la masse humorale.
Causes qui peuvent produire la pourriture. — Elles altèrent la texture des parties; elles sont internes ou externes. Les premières dépendent des solides ou des fluides. L'état des fluides a le plus grand rapport avec celui des solides; la rigidité et la laxité des vaisseaux sont en raison de la densité et de la dissolution des liquides.
L'alcalinité spontanée des humeurs contribue plus que toute autre chose à la pourriture.
Il y a aussi une acrimonie caustique qui agit avec plus de violence, qui produit ses effets dans quelques parties seulement, qui, déposée dans un lieu, corrode les extrémités des vaisseaux, change subitement la nature des solides et des fluides, forme des escarres et produit quelquefois une pourriture subite, considérable.
Les difî'érents virus, vénérien, scrofuleux, scorbutique, cancéreux, peuvent, par leur trop grand développement, produire la gangrène.
La chaleur dispose à la putréfaction. Boerhaave fit périr un chien en l'exposant à la chaleur d'une sucrerie. La masse des humeurs s'était corrompue à un point tel, qu'elles exhalaient une puanteur insupportable. Sa salive était teinte de sang, et la fétidité était si pénétrante qu'un homme vigoureux qui faisait l'expérience ne put la supporter et tomba en syncope.
L'impression du froid peut suspendre l'action circulatoire des vaisseaux et donner lieu à un engorgement absolu et à la gangrène.
L'usage immodéré des aliments stimulants, acres, salés, rances, de mauvaise espèce, des substances spiritueuses, etc., détermine souvent une acrimonie et une dissolution des humeurs qui produisent des maladies malignes et causent la pourriture.
Les fatigues outrées pourraient concourir aux mêmes effets pour peu qu'il y eût quelques dispositions vicieuses internes.
L'action violente des corps contondants qui produit la stagnation, cause plus tard la dissolution des liquides et entraîne la gangrène.
La chaleur développée dans les parties engorgées cause la putréfaction.
La compression des vaisseaux par des étranglements ou des ligatures peut également produire la gangrène.
Les incisions profondes faites dans les parties contuses et stupéfiées ne servent qu'à hâter la pourriture en introduisant le contact de l'air.
La morsure des animaux venimeux paraît produire des accidents et par le déchirement qui suit la piqûre ou la morsure, et par l'insertion d'une matière pernicieuse.
Les brûlures fort considérables entraînant la stagnation des liquides occasionnent la pourriture.
La pourriture humide plus ou moins étendue est encore différente selon la nature des parties molles qu'elle attaque.
Lapeau, d'une texture plus saine, se dissout plus difficilement que le tissu cellulaire mou et lâche. Les tendons, les aponévroses, les ligaments, ayant une texture plus dense, subissent plus difficilement la pourriture. La pourriture est différente dans les viscères.
La partie couenneuse du sang d'un pleurétique a été le plus promptement atteinte de putréfaction; la partie rouge plus lentement; enfin la sérosité y a résisté plus longtemps. (Pringle, 7^ mém., exp. 42.)
La dissolution et la putréfaction de sang peuvent arriver même pendant la vie et quoiqu'il soit encore contenu dans ses vaisseaux, chez les scorbutiques.
Dans quelques cas, les sels des animaux deviennent alcalins et corrosifs et capables de détruire les globules rouges et les petits vaisseaux, même du vivant de l'animal.
La sérosité pure, • après être devenue trouble, a déposé un sédiment blanc et purulent et a pris une couleur verte. (Pringle, 7« mém., exp. 47.) M. Gabert a observé à peu près les mêmes
changements, en laisani des recherches sur la putréfaction des humeurs. {Miscellanea taurïnensia, 2® vol.)
La couleur du sang ainsi décomposé se communique même à nos parties; on le remarque dans certaines gangrènes et dans la putréfaction des corps remplis de sang qui sont d'abord violets, livides, et ensuite quelquefois verdâtres.
La lymphe n'étant pas abondante en sels alcalescents, et étant susceptible de coagulation, n'est pas aussi susceptible de putréfaction que le sang.
Cependant en croupissant elle n'est pas exempte de putréfaction sourde ; et quand elle se déprave, elle devient fétide, corrosive, et parvient à un degré de corruption auquel les autres humeurs peuvent à peine atteindre.
L'observation suivie a fait voir que les humeurs formées par des sucs lymphatiques dégénéraient souvent en cancers. On sait la fétidité qu'exhalent ces humeurs ulcérées.
Le lait épanché devient d'abord acide et ensuite alcalin. Ainsi dépravé, il porte rapidement la pourriture dans les humeurs.
On connaît les dangers qui attaquent les femmes en couches ; et si elles meurent en cet état, une putréfaction rapide s'empare de leur corps. (P. 172.)
La moelle et la graisse se corrompent lentement. La prédominance des sucs blancs rend la putréfaction plus lente dans l'enfance. Les enfants, les femmes et les lymphatiques sont moins exposés à la fièvre jaune que les sanguins. Par ces raisons, la pourriture doit varier même dans les cadavres. La putréfaction varie selon la nature des humeurs.
Pour que le mouvement qui nous fait vivre ne produise pas la pourriture, il faut que les sucs soient continuellement renouvelés.
La saignée générale et locale s'opposent à la gangrène dans les cas d'engorgement en diminuant la quantité de liquides en stagnation.
La manière d'agir du venin de la vipère n'est point connue. L'usage des caustiques sous la forme liquide n'est pas sans inconvénients : ils pénètrent les tissus trop profondément et portent leur action plus loin qu'on ne s'était proposé.
Les huiles rances ne servent qu'à accélérer la mortification des parties.
Les narcotiques calment à la vérité la douleur, mais ils augmentent l'inertie des vaisseaux, et par là peuvent déterminer la pourriture.
Les incisions font cesser latension des parties membraneuses, tendineuses et aponévrotiques ; elles dégorgent les vaisseaux et rétablissent leur action; elles lèvent les obstacles de la circulation, et facilitent l'issue des liquides.
Le venin de la vipère paraît agir en coagulant. Le gonflement de la partie mordue, la pourriture, la mort, en sont souvent les suites.
Les acides sont neutralisés par la fermentation dans les premières voies. Ils ne peuvent agir comme acides sur toute l'habitude du corps. Ils auraient une action dissolvante sur les os.
Le camphre est un antiseptique très efficace dans les cas de gangrène. L'huile de térébenthine a conservé pendant cinq mois une jambe, qui devint comme celle d'une momie. {Ephém. d'alion. de Cad., 3^ ann., p. 215.)
L'action du feu est très efficace dans les cas de gangrène humide limitée. Fabrice de Hilden conseille d'amputer avec un couteau ardent les chairs mortes.
La cautérisation au moyen de l'huile bouillante a été anciennement très en honneur.
La sécheresse de l'air est en général opposée à la pourriture et l'humidité la favorise. (Boissieu, 1767.) (Septicologie, par Godard.)
Pringle met le sel marin employé en petite quantité au nombre des causes de la pourriture. M. Godard pense que c'est au contact trop fréquent de l'air que l'accélération de la pourriture est due.
On peut retarder la putréfaction en enlevant la pellicule qui se forme sur l'eau. (P. 250.)
La corruption finit par la consomption de son aliment.
Le bouillon en se corrompant commence par s'aigrir. Odeur sub-acide.
La pellicule qui se forme sur l'urine placée en hiver sur une fenêtre est toujours du côté opposé à la vitre. C'est que la portion d'urine la plus avancée dans la chambre est moins refroidie que celle qui avoisine la fenêtre. (P. 268.)
Un morceau de viande non rafraîchi a été corrompu au bout de deux jours, et il a fallu plus de huit jours pour pourrir l'autre.
L'élévation de la température active la putréfaction : le terme de l'ébullition et les degrés qui en approchent sont antiseptiques. C'est au 35° que finissent les qualités sep tiques de l'air. Ce degré est moins septique que le 30°. D'où il suit que le danger de pourriture dont une personne est menacée par la chaleur doit diminuer par l'augmentation de la fièvre.
Le 51° de Réaumur coagule le sang.
La viande cuite est plus dense que la crue : cé que nous appelons ramollissement dans les viandes est moins une diminution de leur densité qu'un affaiblissement de leur ténacité.
La nature offre aux yeux du philosophe un spectacle dont la vicissitude fait le caractère essentiel. Tout y est dans un mouvement perpétuel qui amène des changements sans fin dans les états des corps; de quelque côté que l'on regarde, on n'aperçoit que générations et corruptions. 11 n'y a, en un mot, de repos nulle part, il n'y en a dans aucun temps.
L'univers d'aujourd'hui est celui des siècles passés.
L'instabilité est accompagnée d'une immutabilité qui rend la nature semblable à elle-même dans sa totalité.
La nature est assujettie à certaines lois immuables ; les générations et les corruptions s'opèrent par des mouvements qui, ne changeant pas la nature des parties constitutives, conservent à ces principes la faculté de reproduire, par leur réunion, des corps de même espèce que ceux qu'ils formaient avant leur séparation.
La putréfaction relâche les fibres qui composent les solides : elle divise les petites masses. Ce mouvement s'opère entre les particules élémentaires.
Pringle remarque que les pluies font cesser les fièvres putrides des endroits marécageux.
Les remèdes antiseptiques sont toniques à l'égard des solides, coagulants à l'égard des fluides.
Bertolin rapporte qu'au Spitzberg on trouve des cadavres encore entiers au bout de trente ans.
Les habitants des côtes maritimes font avec le continent un commerce très considérable de poissons rendus incorruptibles par la dessiccation.
Les antiseptiques conservateurs préviennent ou retardent la putréfaction, et les correctifs arrêtent les progrès de la putréfaction et la corrigent.
Les antiseptiques onctueux empêchent le contact de l'air. Les acides et les sels avec excès d'acide sont antiseptiques. (Rière, p. 32.)
Les huiles, le camphre préservent de la putréfaction.
Les sels exercent une action antiputride en attirant à eux l'eau de l'agrégat avec une force supérieure à celle des parties solides, de façon que les particules aqueuses abandonnent celles-ci pour se joindre aux molécules salines.'
Un moyen très efficace de conserver les choses corruptibles, c'est de les exposer à un degré de chaleur capable de les dessécher.
La circulation est un excellent antiseptique. Les chairs , les humeurs se corrompent en très peu de temps, lorsque la circulation est arrêtée. Elles se putréfient encore plus tôt, si elles sont exposées à une chaleur égale à celle qui produit ce mouvement. Elles ont même d'autant plus de disposition à la pourriture que la circulation les échautïe davantage. Les sueurs, les excréments, les urines des fébricitants donnent des marques d'un état très voisin de la corruption.
L'air que la chaleur putride dégage se réunit en masse; recouvrant sous cet état son élasticité, il fait des efforts pour se dilater, sépare les agrégats, écarte les fibres dans l'entredeux lesquels il se trouve, il élargit les mailles de celles qui le renferment, il rompt leur tissu.
L'action des antiseptiques, en tant qu'elle concerne les moyens
d'empêcher l'effet de ces violences, consiste dans la force qu'ils donnent à ces éléments, pour résister à leur écartement mutuels. Les remèdes astringents, les spiritueux, préservent les corps de la pourriture en resserrant leur tissu.
Il y a trois espèces d'antiseptiques : ceux qui diminuent la chaleur des corps putrescibles, ceux qui en écartent l'humidité, et ceux qui raffermissent leurs tissus.
Quelques Idées anatomiques et Expérierîces.
Des solides, des liquides, des gaz, des fluides incoercibles, entrent dans la composition du corps humain. Les fluides sont en quantité huit ou neuf fois plus grande que les solides.
Les éléments solides de notre corps sont en général bien connus, parce qu'il tombent sous nos sens.
Lorsque les observations microscopiques furent en crédit, on reconnut les animalcules dans les humeurs, et chaque maladie fut causée par une espèce particulière d'animal. Dans l'espoir de tuer ces animaux, on administra des remèdes qui ne réussirent qu'à tuer les malades. Ces systèmes ne sont célèbres aujourd'hui que par leur ridicule et les souvenirs funestes qu'ils ont laissés. Ce fut donc rendre un grand service à l'humanité que de purger la médecine de ces chimères stupides ; mais le blâme répandu sur ces abus avec tant de profusion n'a-t-il pas nui à la découverte de la vérité, en détournant les bons esprits de faire des recherches sur les fluides de l'économie animale ?
La quantité des fluides qui entrent dans notre composition est trop considérable pour qu'ils ne doivent être comptés pour rien dans les phénomènes des maladies. Nos solides sont consécutifs à nos fluides ; ces fluides ne peuvent être exempts d'altération primitive dans les canaux où ils circulent, dans les réservoirs où ils séjournent? C'est une vérité au-dessus de toute contestation, que tout corps composé doit se décomposer; par quel étrange privilège nos fluides seraient-ils exempts de cette loi de la nature? La cause qui détermine ces changements doit agir sur les solides. Mais un aliment de mauvaise nature, une boisson détériorée, sont introduits dans l'appareil digestif: ils n'altèrent en aucune manière le tissu des intestins, ils ne sont pas assez délétères pour cela; mais ils fournissent un chyle de mauvaise qualité d'où résulte un sang pauvre et peu réparateur. {Hygiène, 27 ; cours de Magendie.)
Le tact réside d'ans le derme, membrane formée de couches
de tissu cellulaire juxtaposées, riches en vaisseaux lymphatiques, sanguins et en filaments nerveux. De la superficie de la peau s'élèvent une multitude de papilles mamillaires coniques formées par les extrémités pulpeuses des nerfs qui s'y terminent. Les papilles de la peau se gonflent et forment sous l'épiderme, quand on les irrite, une sorte d'érection. La superficie nerveuse ou sensible de la peau est couverte par un vernis muqueux, de nature gélatineuse, qui préserve les papilles. Cette couche, connue sous le nom de corps réticulaire muqueux de Malpighi, contient le principe colorant de la peau.
Les capillaires sanguins et lymphatiques qui environnent les papilles nerveuses aboutissent à l'épiderme par une multitude de filaments vasculaires qui se terminent par des pores absorbants ou exhalants, selon qu'ils appartiennent au système artériel ou lymphatique. Ce sont ces orifices qui permettent l'absorption des venins et des virus introduits par inoculation. C'est dans ce tissu capillaire placé sous l'épiderme que se passent la plus grande partie des phénomènes morbides dont la peau est le siège. L'épiderme est une membrane insensible, sans vaisseaux ni nerfs, formée de lamelles imbriquées, véritable sécrétion physiologique de la peau saine, tandis que les squames sont des sécrétions morbides de la peau malade.
Les vaisseaux exhalants qui existent en si grande abondance dans le derme laissent suinter un suc visqueux albumineux qui contient du phosphate de chaux et qui forme en se desséchant une enveloppe inorganique, l'épiderme. C'est un véritable tissu excrémentitiel qui protège la peau, les tissus organisés et vivants. La pression, par suite du travail, endurcit l'épiderme et le rend calleux. Le même résultat a lieu si une sécrétion trop abondante et trop active, produite par un état pathologique de la peau, accumule sur certaines régions cette sécrétion épidermique. L'épiderme se répare rapidement par l'exsudation des sucs albumineux et calcaires. Les poils et les ongles, qui sont les productions de la même exsudation, ont la propriété de se régénérer comme l'épiderme.
La flexibilité de la peau et sa souplesse se conservent par la sécrétion d'une huile grasse qui suinte de ses pores et que
rejettent les exhalants cutanés. Cette substance grasse est plus abondante chez les nègres. Les peuples primitifs et ceux qui, moins avancés dans la civilisation, font peu d'usage des vêtements, ont l'habitude de se frotter le corps avec des graisses et des substances oléagineuses.
L'alimentation est peut-être le résultat d'une fermentation acide.
Dans l'acte de la digestion, la bile intervient comme dissolvant principal des corps gras. (Beyrani.)
L'albumine se trouve en grande quantité dans le sérum du sang; le chyle, dans les liquides exhalés par les membranes séreuses et synoviales. La soude et la potasse opèrent la dissolution de l'albumine à froid; les alcalis la rendent plus fluide; le sublimé corrosif la précipite en petite quantité; elle devient blanc laiteux, et coagule lentement.
La menstrue de l'albumine est un alcali. C'est de la soude et surtout de l'ammoniaque.
L'excès des boissons alcooliques ou le progrès d'une inflammation sont capables de rendre le sang acide.
Les globules du sang sont composés de fibrine; le caillot est dû à la coagulation de l'albumine dissoute.
La lymphe est alcaline : c'est un chyle ou sang blanc.
La liqueur spermatique qui crée la vie diffère à peine par l'analyse du sang qui conserve la vie; le sperme est alcalin et contient des sels ammoniacaux.
La liquéfaction spontanée de la liqueur spermatique peut s'expliquer par l'action de la soude libre, qui finit par la dissoudre.
L'alcool se produit quand le sucre et le gluten se trouvent ensemble.
L'observation microscopique est impuissante pour faire apprécier les produits liquides des plaies. Les résultats sont les mêmes quel que soit le genre de maladie.
La diff'érence des produits de la désorganisation anormale consiste dans la nature et la proportion des sels qu'on n'a qu'imparfaitement reconnus et surtout des sels ammoniacaux dont l'acide appartient peut-être à la famille du cyanogène.
Coagulation de la fibrine. — Son élasticité est très grande; il n'y a point de chaleur dégagée pendant la coagulation. Le sang se coagule à 14° au-dessous de zéro et ne se congèle pas. L'agitation coagule la fibrine; le sang artériel ne se coagule pas dans une seringue; le sang ne se coagule pas quand on soustrait la fibrine; le sang étant devenu incoagulable détermine la mort de l'animal. Le carbonate de soude rend le sang non coagulable. Par la soustraction de la fibrine, le sang s'infiltre dans les capillaires et forme des altérations locales. A mesure qu'on ôte de la fibrine sur un animal, la quantité de fibrine augmente ; mais cette fibrine obtenue en dernier lieu se rapproche de l'albumine et paraît être une pseudo-fibrine. Le sang mélangé avec des substances putrides en petite quantité ne se coagule pas. Gasparl a fait des expériences semblables et a développé des afi'ections putrides.
Le sang d'une femme enceinte placé dans l'eau sucrée a donné des filaments fibrineux.
Le sang d'une femme qui a eu récemment un avortement et une perte abondante n'a point présenté de fibrine en filaments par son immersion dans l'eau sucrée.
Le carbonate de soude porte son action sur le poumon; l'eau putride sur le canal intestinal.
La section de la 8^ paire s'oppose à la coagulation de la fibrine. L'observation microscopique fait reconnaître que les globules du sang dans cette expérience sont altérés.
Les sections du système nerveux ne sont pas toujours perçues de nos sens.
La paralysie de la 5" paire détermine lanesthésie de la peau et des parties superficielles du visage.
Dans les apoplexies graves, le sang artériel est noir. Cet effet peut être produit également par une apoplexie artificielle, par la compression mécanique du cerveau. Une expérience récemment faite a donné du sang rouge, mais peu coagulable.
Le sang du scorbut est coagulable, mais très noir. Le sérum est alléré et brunâtre.
Tous les acides s'opposent à la coagulation du sang, et cependant l'acide phosphorique et l'acide nitrique coagulent
rapidement l'albumine. Il faut toutefois qu'on trouve au fond de l'éprouvette un précipité dont la nature reste encore à déterminer. L'acide citrique donne le même résultat.
Le sang uni aux alcalis devient fluide par le repos. Les acides le coagulent sur-le-champ et en altèrent la couche. L'alcool le coagule; il en est de même pour le sérum.
La partie fibrineuse du sang est plus animalisée que la matière albumineuse; c'est une sorte de gluten animal qui a beaucoup de rapport avec celui de la farine. On ne peut douter que cette matière, qui n'a point encore été assez distinguée par les physiologistes et les pathologistes, ne joue un rôle particulier dans l'économie animale.
Les acides produisent une action coagulante sur l'albumine; la soude et la quinine produisent sur la même substance une action dissolvante.
Les venins qui tuent rapidement agissent principalement sur le système nerveux, sanguin ou musculaire. Les venins et virus lents dans leur action agissent primitivement sur le système lymphatique et glandulaire.
Le sang et la lymphe sont les véhicules qui transportent dans la trame des tissus ces matières toxiques.
Pour que l'effet délétère d'un venin ou virus se produise, il faut qu'il soit absorbé.
C'est par la voie de l'inoculation que les venins et les virus pénètrent dans l'économie, et ce sont les acariens qui sont les agents d'inoculation.
La dessiccation d'un organe le frappe de mort. Cependant le rotifère et le vibrion du froment ressuscitent dès qu'on les humecte d'eau, après les avoir soumis à une complète dessiccation au soleil d'été .
Certaines substances paralysent ou même font périr les animalcules.
Épispasliques et Venins vésicants.
L'araignée spiden est employée en diverses contrées des Etats-Unis, en guise de cantharides. Cette araignée fait partie du genre tegeneria.
Les acides affaiblis, l'iode dissous dans l'eau, la dissolution du nitrate d'argent produisent une ulcération superficielle précédée du développement de petites vésicules qui, lorsqu'on les presse entre les doigts, projettent des jets d'un fluide purulent.
Nous avons dit que chez plusieurs espèces de la famille des araclmides, il suintait des appendices poilus, dont leurs pattes et leur corps sont couverts, une humeur vésicante. Il suffit de l'application de cette humeur sur la peau pour déterminer le soulèvement de l'épiderme aux points de contact. L'application du fluide vésicant sur l'épithélium détruit cette membrane et produit une exsudation pseudo-membraneuse à la surface de la muqueuse.
Les acariens sont doués de la propriété de sécréter un liquide vésicant, soit par les appendices poilus dont leurs pattes sont armées, soit par leurs glandes salivaires. De là proviennent les vésicules pleines de sérosité causées par la présence du sarcopte de la gale sous l'épiderme, les phlyctènes avec vive démangeaison au pourtour du nez et sur les lèvres produites par les acariens qui occasionnent les herpès labialis, nasalis, et les violents coryzas qui reconnaissent pour cause une inoculation venimeuse identique; et enfin l'insupportable prurit causé par la présence du rouget (synonyme vénézuélien : chiracoa) sur la peau.
Les mygales ou aranéides litrapneumones. — Plusieurs espèces de mygales sont venimeuses : ce sont des espèces nocturnes qui abandonnent leur gîte pendant la nuit pour surprendre les insectes dont elles font leur proie. Elles habitent les cavités des toits, les vieux meubles, etc. La piqûre de cette araignée sur le visage et le front occasionne un érysipèle phlegmoneux violent, accompagné d'un gonflement,
considérable, et de tons les symptômes du charbon, fréquemment suivi de délire, d'un état comateux et souvent terminé pnr la mort. La piqûre de cet insecte sur d'autres parties du corps produit les symptûmes locaux et généraux de Térysipèle plilegmoneux, mais la terminaison est rarement mortelle. Une espèce de ces araignées-crabes qui habitent les troncs d'arbres, les lieux sombres et humides, les écuries, détermine chez les chevaux, les mulets et les ânes, la maladie connue sous le nom de hermosura. Cette affection consiste en une zone ou bande de vésicules éruptives de trois ou quatre pouces de longueur qui se présente sur la peau du cou, du poitrail ou du ventre de ces animaux, mais seulement d'un côté, sur lés parties où ces insectes ont passé et tracé sur la peau le stigmate des crochets de leurs pattes et celui des appendices poilus dont leur corps et leurs pattes sont recouverts. Les symptômes locaux qui caractérisent cette affection sont : le hérissement des poils dans toute l'étendue de la zone malade avec plissement de la peau, une vive douleur des parties malades. Lorsque la maladie cède, les poils tombent et la peau reste à nu sur toute la surface où le mal s'est présenté. Un état fébrile assez prononcé manifeste la part de l'intoxication du sang dans cette maladie. L'animal malade perd ses forces et se maintient couché dans un état de tristesse et d'abattement, l'œil morne, sans toucher à ses aliments.
Les griffes en forme de peigne, dont les pattes de l'araignée sont armées, ainsi que les appendices poilus dont son corps est recouvert, produisent par leur application sur la peau une inoculation pointillée d'un venin vésicant qui produit les vésicules et phlyctènes qui constituent ce genre d'éruption. Le venin détermine le sphacèle de l'épiderme et des poils, et la peau conserve pendant quelque teijfips les stigmates des points inoculés. Cette maladie est peu grave chez les animaux. Elle dure trois ou quatre jours. On la combat avec des frictions de suif fondu ou d'huile de coco sur les parties affectées.
Scorpions. — Ces insectes, de l'ordre des arachnides pédipalpes, sont nocturnes. Leur piqûre dans les pays chauds est
venimeuse, surtout celles des petites espèces, comme le scorpion rouge qui s'abrite dans le tronc des vieux arbres. Le venin tue les petits animaux et détermine chez l'homme une forte douleur locale accompagnée de fourmillement et d'engourdissement de la peau, d'étourdissement, de soif, d'anorexie, de nausée et de réaction fébrile qui durent plusieurs heures et même un ou deux jours, selon l'activité du poison et le degré d'intoxication générale du sang et de la lymphe auquel la piqûre donne lieu.
Chiques (pulex penetrans). — Cet insecte s'attache surtout aux individus d'une constitution lymphatique, et à ceux qui ont, comme les lépreux et les individus attaqués de l'éléphantiasis, la peau infiltrée de fluides albumineux. Le pulex, au moment où il pénètre dans la peau de l'homme et des animaux, est un insecte à peine visible. Sa tête est constamment animée d'un mouvement de va-et-vient qui lui permet d'exercer un choc continu de l'extrémité de son suçoir contre les parties molles dans lesquelles il loge. Ce choc ou cette titillation continuelle appelle l'afflux et le suintement des fluides blancs lymphatiques dont l'insecte se nourrit et qui servent au développement des œufs qui grossissent dans le sac membraneux qui les renferme.
Le prurit que la présence de l'insecte occasionne n'est pas dû seulement à ce mouvement de titillation, mais aussi à l'action d'un fluide venimeux sécrété parles glandes salivaires de cet insecte, et qu'il verso à la surface de la cavité qui le contient, comme le démontre la persistance du prurit plusieurs heures et même plusieurs jours après l'extraction du pulex. Ce fluide venimeux présente une grande analogie avec celui que versent les acariens et surtout l'arachnide à trompe en forme de suçoir qui occasionne dans ces contrées cette pustule maligne qui attaque les animaux et à laquelle les habitants de l'Amérique du Sud ont donné le nom d'ampoUa de ganado (ampoule des bestiaux), affection grave qui peut donner la mort en quelques jours, comme la fièvre pernicieuse, si la plaie dépouillée de son épidémie n'est pas promptement cicatrisée, et si l'infection générale n'est pas combattue à temps par le sulfate de quinine.
Les systèmes et leurs inconvénients pour le progrès
de la science.
Tous les systèmes reposent sur des bases erronées. L'esprit S3''nthétique des hommes de science les a portés, à tontes les époques, à élever des édifices à la science sans se préoccuper si ces matériaux étaient les plus convenables pour ces édifications.
Cependant les connaisances que les siècles ont léguées aux siècles qui les ont suivis, et qui forment le plus précieux trésor de l'humanité, n'ont pas tout embrassé. Il reste encore bien des points obscurs à éclaircir, bien des agents de destruction à étudier, à connaître.
Les maladies ont été étudiées à peu près complètement dans leurs symptômes, leur marche, leur durée, leur pronostic et leur terminaison. Cette œuvre n'est pas complète. Il lui manque deux points capitaux : l'étiologie ou la connaissance des causes qui les produisent; et la thérapeutique ou celle des moyens propres à les combattre. La thérapeutique, sans la connaissance de l'étiologie des maladies, n'est que de l'empirisme.
L'homme est en contact avec le monde entier; tout ce qui existe agit sur lui, depuis les fluides impondérables, ces mystérieux agents de la création, jusqu'aux métaux les plus pesants. L'air et l'eau sont les deux fluides destinés à son éternel allaitement. Son alimentation, il la tire principalement du règne organique végétal et animal. Dans le banquet auquel la nature le convie, elle lui présente les poisons mêlés aux aliments, des puissances de destruction confondues avec des puissances de conservation. A chaque pas qu'il fait dans la carrière de la vie, il est obligé d'employer la force de son intelligence, la plus grande que nous connaissions après celle du Créateur, à éviter les pièges qui lui sont tendus. De simples fleurs, ces brillantes constellations des prairies et des forêts, contiennent, dans leurs corolles parfumées, de subtils poisons qui, mélangés avec les aliments, peuvent donner la mort. La
science nous apprend à connaître, un à un, tous ces agents, à distinguer tous ceux qui servent à notre conservation, et ceux qui peuvent nous être préjudiciables. Le temps seul peut donner à l'homme une parfaite connaissance des éléments qui l'environnent.
L'art de guérir embrasse, pour ainsi dire, toutes les connaissances humaines. Il n'est presque aucune science à laquelle le médecin n'ait parfois besoin de recourir. Il vaut mieux ne rien dire que de parler sur un sujet qu'on n'a pas suffisamment étudié.
Le virus, principe inhérent aux produits de sécrétion morbide, j^omme doué de propriétés germinatives sans perdre aucune de ses propriétés nuisibles, a la propriété de reproduire des affections identiques à celle qui l'occasionne. Cette théorie n'aboutit à rien d'utile pour la pratique. Plusieurs affections virulentes n'atteignent les sujets qu'une fois et semblent imprimer à l'économie une modification qui rend presque impossible une nouvelle atteinte. Non seulement elles déterminent un effet local, mais encore elles amènent, par suite de l'absorption, des effets généraux. Bichot l'a dit : Tout système pathogénique reflue sur la thérapeutique empirique ; ne nous laissons pas entraîner par un courant d'idées qui ne peuvent que conduire à un résultat fatal. Mon sort est d'être exalté jusqu'à l'adulation par les uns, et ravalé par les autres jusqu'au mépris. Ils feront de moi un des plus grands hommes ou le plus méprisable des charlatans. Pour moi aussi, il existe une roche Tarpéienne de l'opinion publique. J'avoue ne mériter ni cet excès d'honneur ni cette indignité.
La nature des virus est inconnue dans l'état actuel de la science. Les virus sont constamment les mêmes à toutes les époques où leur action a pu être observée et les nombreuses transmissions n'ont rien changé à la nature ni à la puissance délétère de l'agent qui les produit : de même que la nature du venin des serpents à sonnettes, et des autres serpents à crochets mobiles, n'a pas varié à travers le cours des siècles. Malgré la différence des temps, ce venin est le même-, et n'a pas souffert plus de variations que celles des espèces de
reptiles qui les produisent : c'est la même identité des causes produisant des effets identiques. Les poisons les plus actifs n'agissent sur l'économie qu'en se décomposant : leur puissance de destruction est limitée au terme de leur action, et s'éteint au milieu des modifications qu'ils produisent. Le virus est introduit par inoculation pendant une période d'incubation, et se reproduit et se multiplie, et suscite des désordres disproportionnés avec la bénignité de la cause originaire.
Des maladies cutanées peuvent exister par elles-mêmes, dépendre d'une application locale, provenir d'une cause extérieure, et devenir, avec le temps, constitutionnelles. Les vieilles idées sont frappées de stérilité : c'est à la condition de les détruire que les nouvelles idées peuvent être cultivées. L'esprit humain flotte de système en système dans l'incertitude. La théorie des miasmes remplaça la doctrine astrologique, qui attribuait l'apparition des grandes épidémies à des causes existantes en dehors de notre planète, aux influences célestes, à la conjonction des astres avec les signes du zodiaque. Ces grands luminaires, qui forment des îles, des archipels et de vastes voies continentales dans la profondeur incommensurable des cieux, et qui selon une expression poétique, déroulant en lettres d'or les annales du ciel, répandent sur notre planète leur douce clarté, furent accusés de conjurer la ruine et la destruction du genre humain, en versant sur notre planète de maléfiques influences, de pestilentielles émanations. Si l'homme était frappé, il l'était du moins de bien haut : il tombait avec une certaine grandeur. Des milliers de lieues le séparaient des causes qui le frappaient, qui troublaient sa sécurité, et qui l'atteignaient dans l'isolement aussi bien que dans l'enceinte de la cité, et au sein du foyer domestique. Devant la magnitude et la puissance de ces causes mystérieuses, tout était impuissant, les larmes des peuples, les prières des éminents prélats, l'autorité des rois et des chefs des nations. Ces fléaux dévastateurs étalaient leur atterrant niveau sur toutes les têtes, frappaient indifféremmnnt les pasteurs et les rois, et s'étendaient sur les populations comme un immense linceul.
Les vérités les plus anciennement reçues sont mises en question, les procédés consacrés par l'expérience des siècles sont modifiés ou rejetés : chaque jour on perfectionne la thérapeutique.
Notre époque incline visiblement à la prophylaxie et à l'hygiène publique et privée. L'âge d'or de la médecine n'est pas encore arrivé.
La science ne vit qu'à la condition de chercher sans cesse : quand elle rencontre le mieux, elle l'adopte, avant mâme de s'enquérir d'où il vient. Les questions de méthodes précèdent et dominent les procédés de recherche. Les procédés de recherche sont destinés à renverser les questions de doctrines.
L'étude donne à l'aristocratie de l'intelligence une légitime et durable popularité. Elle fortifie les âmes à une époque oîi l'on signale comme un des signes du temps les défaillances du sentiment moral.
Le concours paralyse le travail original, éloigne les hommes à idées et donne aux artistes de la parole le pas sur les véritables savants.
Le concours livre l'enseignement aux parleurs, aux avocats de la faculté de médecine : c'est une admirable institution pour stéréotyper la science médicale dans l'ornière de la routine, pour substituer un bourdonnement harmonieux à une instruction solide : le vide des paroles à la puissance de la pensée. C'est l'enseignement qui a retenu jusqu'ici l'art médical dans des langes qui semblent devoir être éternels.
Les médecins se gardent bien de donner aux faits découverts par leurs collègues leur signification réelle. Ils ne manifestent que de l'indifférence pour les doctrines et les écrits de leurs contemporains.
En général, les médecins sont beaucoup trop disposés à faire honneur aux médicaments qu'ils emploient, des guérisons obtenues par les seuls eff"orts de la nature.
L'investigateur a le livre, la plume, la tribune des académies, il doit avoir encore les chaires de l'enseignement.
Le professeur est l'homme qui sait plus que les autres et qui enseigne ce qu'il sait.
Une académie ne devrait pas avoir de système : elle devrait laisser cette prétention aux écoles.
La science est infinie comme la nature. Dans l'avenir, la médecine sera le grand initiateur social.
La sophistication, cette Locuste éhontée, envahit la médecine et l'industrie. Les médecins de notre époque ne sont pas dirigés par une conscience doctrinale bien nette, ils se dérobent volontiers à l'étreinte des systèmes, ils ont raison de ne pas croire à leur infaillibilité personnelle.
Malheur à la médecine actuelle qui, oubliant l'étude de la maladie, va demander ses indications à l'anatomiepathologique. La thérapeutique n'est qu'un ramassis de ce que les théories de tous temps ont produit de plus contradictoire, et c'est ainsi qu'elle est arrivée à compter des succès plus rares dans un des hôpitaux de Paris que l'homéopathie.
Miasmes. — Emanations pestilentielles, épidémiques
et contagieuses.
Ce n'est pas de nos jours que cette théorie des miasmes a été introduite dans la science médicale. Elle remonte à une date plus ancienne et à une époque où l'art médical interrogeait avec une ardente curiosité la nature tout entière, pour pénétrer la cause des maladies qui affligent l'humanité. Ne pouvant rencontrer aucune cause visible à un certain nombre de maladies qui s'étendaient comme un linceul de mort sur les populations et présentaient fréquemment le caractère contagieux, on leur attribuait une cause invisible, une émanation ou fluide miasmatique qui, introduit dans l'économie, occasionnait ce genre d'affection. Le miasme de la rougeole, de la gale, de la variole, de l'angine diphtéritique, du rupia ou pemphigus, delà scarlatine, et d'autres affections, après avoir sévi sur un malade, émanait de son corps pour frapper d'autres organisations saines. Le miasme avait son individualité bien distincte, se décelant par la production des maladies, présentant la même îuarche, le même genre de groupe de symptômes, et n'offrant que des variations d'intensité. Dans la syphilis immédiate, le miasme se propageait par le contact d'une surface ulcérée sur une surface saine : dans la variole, le miasme se propageait par l'inoculation du pus varioliquo à la peau saine et par les effluves émanés des malades et absorbés par les individus sains. La gale, la peste, se propageaient par les inoculations miasmatiques, transmises par contact immédiat ou par les vêtements ou autres objets touchés par les galeux, parles pestiférés; ces mêmes objets pouvaient, après un certain laps de temps plus ou moins long, occasionner, par leur contact sur des corps sains, la contagion miasmatique.
Telles furent les ingénieuses créations que les hommes de l'art imaginèrent à une époque peu avancée de la médecine pour expliquer des phénomènes dont la cause échappait à leur investigation. Presque toutes ces données régissent encore
la science actuelle, à l'exception des miasmes contagieux de la gale, qu'il fallut enfin effacer de l'ancien tableau étiologique, pour lui substituer... quoi? Un insecte, un acarien. Linné, Arenzoar et d'autres médecins avaient signalé le sarcopte de la gale comme producteur de cette maladie. Le culte voué aux opinions adoptées et consacrées par le temps avait conservé les anciens errements. Il a fallu trois siècles pour arriver à établir un fait aussi facile à vérifier et à faire connaître la véritable cause d'une affection aussi élémentaire que la gale. Grâce à Gales, la gale fut enfin effacée du tableau des maladies vésiculeuses pour ouvrir la série des maladies parasitaires, pour établir à grand'peine une vérité que savaient les nègres de nos colonies, les indigènes de toute l'Amérique du Sud, le vulgaire de tous les pays. Ceux qui voulaient avoir plus de génie que la nature, ignoraient seuls ce fait trivial.
Les matières animales et végétales sont composées d'oxygène, d'hydrogène, d'azote, de carbone, de soufre, de phosphore. Chacun de ces éléments séparément, ou leurs combinaisons, acide carbonique, hydrogène carboné, hydrogène phosphoré, hydrogène sulfuré, acide de carbone ammoniaqué, hyposulfate d'ammoniaque, ne produisent aucune maladie dont les symptômes puissent être comparés à ceux des maladies épidémiques. Les progrès de la chimie organique ont fait connaître toutes les combinaisons : leur élaboration s'exécute dans tous les laboratoires. La science possède des procédés fixes de composition et décomposition de ces produits. Tous ces arcanes ont été mis en lumière. Cependant on s'obstine à supposer que dans la réaction chimique de ces éléments il existe des produits mystérieux insaisissables aux meilleures méthodes d'analyse qui, sous le nom de miasmes, produisent les épidémies, les maladies endémiques et les maladies contagieuses.
Les foyers de matières végétales et animales qui causent l'insalubrité de certaines localités,' et développent les épidémies les plus graves, sont : la terre végétale, les marais salants, les cjtes basses et peu inclinées, les marais d'eau douce, la cale des vaisseaux, les eaux stagnantes, les terrains inondés.
Le mélange des eaux de la mer et de l'eau douce détermine une fermentation putride plus considérable que lorsque la fermentation de ces mêmes eaux s'opère dans des conditions isolées. En dehors d'autres causes qui peuvent activer la décomposition putride des eaux mêlées, on peut les considérer comme plus chargées de substances organiques en décomposition. Une multitude de produits organiques qui vivent ou végètent dans l'eau de mer et dans l'eau douce, séparément, meurent par le seul fait du mélange de ces eaux, et constituent ainsi un foyer de fermentation beaucoup plus actif que les eaux douces et salées observées isolément, qui ne reçoivent qu'un tribut, comparativement très limité, de matières mortes ou en décomposition.
Quelques gaz dans certaines atmosphères, et un peu de matière animale dans l'humidité de quelques autres, voilà tout ce que la chimie a pu saisir des produits volatils de la, putréfaction. C'est aussi tout ce qui existe. La chimie ne peulj découvrir des émanations morbides qui n'ont d'existence réelh ' que dans l'imagination des professeurs qui s'obstinent à leu: attribuer la cause des maladies épidémiques et autres. Ce émanations, dont la nature est inconnue, ne sont pas même identiques. Elles occasionnent la peste en Egypte, le choléra aux Indes, la fièvre jaune sur les côtes de l'Amérique du Sud, les fièvres intermittentes et pernicieuses au voisinage des terrains paludéens, la dysenterie, le scorbut, la variole, la rougeole, le rupia : ils sont aussi variés qu'insaisissable. C'est le véritable Protée de la fable : tantôt tigre, tantôt taureau, tantôt serpent, et ainsi à l'infini. C'est sur ce frêle échafaudage que se trouve construit, même de nos jours, presque tout l'édifice médical; et on s'étonne du jugement de ceux qui traitent la médecine de science conjecturale. Sans doute, il serait plus conforme à la saine raison d'avouer, ainsi que l'a fait Sydenham, que les causes des maladies épidémiques sont inconnues, et de ne pas donner pour certaine une opinion hypothétique, sur laquelle le plus grand nombre des médecins se reposent comme sur un oreiller qui favorise le repos et l'indolence de l'intelligence.
Les effluves terrestres ou émanations venant de l'intérieur du globe sont considérés comme la cause inconnue de quelquesunes de ces épidémies dont la source reste ignorée. Jusqu'ici, ce que nous connaissons des exhalations telluriques consiste dans l'échappement des gaz acide carbonique, hydrogène carboné, et accidentellement l'azote, l'acide sulfureux, l'acide hydrochlorique. Aucun de ces gaz n'a produit, jusqu'à présent, aucune maladie qui ait quelque rapport avec les affections épidémiques. Pendant les grands tremblements de terre, les effluves qu'ils occasionnent se composant du gaz hydrogène carboné, du gaz acide carbonique, ne se mêlent qu'en très faible quantité à l'atmosphère et ne peuvent occasionner aucune maladie épidémique, conséquence de ces grands bouleversements. Les épidémies consécutives aux tremblements de terre reconnaissent une autre cause.
On a observé que les grands entassements d'hommes dans les prisons, les camps, à bord des navires ou dans d'autres localités, développent des maladies épidémiques. On a attribué ces fièvres, généralement d'un caractère grave, à la violation de l'air par des émanations humaines : ce sont les acariens auxquelles on a donné le nom de miasmes. On a fait de chaque miasme une entité produisant constamment le même état morbide, la même physionomie pathologique, l'appareil typhique. C'est, en effet, à l'intoxication du sang et des autres fluides de l'économie qu'il faut faire remonter la gravité des symptômes de ces redoutables affections, mais la cause de cette intoxication n'est pas un agent miasmatique idéal, insensible à nos moyens d'investigation. Ce sont des agents imperceptibles à l'œil, il est vrai, mais visibles à l'examen microscopique, qui sont produits et qui pullulent dans toutes les localités où les soins de propreté ne peuvent être observés rigoureusement, comme cela arrive partout où il y a un entassement.
L'absence d'insectes tipulaires pendant l'hiver explique pourquoi dans cette saison le voisinage des marais cesse d'être dangereux. Les marais immenses du nord de l'Europe ne sont point malsains par la même raison. Les marais ne communiquent à l'atmosphère que de l'humidité, et la faible quantité
de gaz hydrogène carboné qu'ils exhalent ne produit chez l'homme aucune indisposition dans les régions équatoriales et intertropicales réputées pour leur insalubrité. Ce n'est pas seulement la corruption des eaux qui les rend insalubres, mais la présence des tipulaires.
Pendant la saison de la sécheresse, défavorable aux tipulaires, les fièvres cessent au Sénégal, dans les plaines de l'Apure, de Caracas et de la Guyane. Elles sévissent pendant la saison des pluies, qui est celle de la production des tipulaires. Les alïections qu'elles occasionnent prennent plus de gravité lorsque les tipulairesjpullulent dans les eaux stagnantes et corrompu'Ssi
Ce n'est pas tout de connaître les altérations organiques, d'en observer la forme, la couleur, les nuances qu'elles offrent, de les décrire minutieusement, d'en présenter les rapprochements et les dissidences, de les comparer entre elles; il faut avant tout en rechercher la cause, interroger non les origines en masse, mais la nature organique dans les modifications qu'elle éprouve. La chimie organique et l'observation microscopique sont appelées à donner la solution de ces problèmes. Ces deux sciences, datant d'hier, ont déjà rendu de grands services. Les progrès de la médecine dépendent de leur développement. Les miasmes sont des êtres chimériques, très nombreux, produisant une méthode spécifique de différente nature. Les miasmes sont impalpables, invisibles, insaisissables par les analyses chimiques les mieux dirigées. Arenzoar avait fait connaître, depuis trois siècles, l'acarus qui produit la gale; il en avait indiqué la provenance. Linné signala de nouveau l'existence de l'acarus scabiei aux médecins; mais l'existence de l'acarus gênait les théories régnantes. A quoi bon admettre une vérité nouvelle, isolée, qui menace de renverser tout un système médical merveilleusement inventé et répondant à presque toutes les nécessités, un peu plus ou un peu moins, de la science? Pourquoi déranger tout un édifice intellectuel pour y introduire une innovation dégradante pour l'art et dangereuse pour les dogmes enseignés par le maître et soutenus par d'innombrables disciples ?
On a fait le reproche à la religion de se donner pour infaillible, et cependant elle est basée sur la morale, qui est la même chez tous les peuples. Elle pourrait, sans trop de présomption, revendiquer cette prérogative; mais que dirons-nous de l'infaillibilité vaniteuse des hommes de l'art, de ceux qui ayant posé des bases erronées à l'édifice scientifique, veillent autour du sanctuaire, par eux et leurs adeptes , pour la conservation de cette œuvre fantastique, créée par leur imagination?
L'attachement aux anciennes idées est toujours protégé par l'insouciance et la paresse. Le culte des erreurs est bien autrement passionné que celui do la vérité. Il faut éloigner de la médecine ces explications erronées qui la défigurent. La vérité ne s'établit que lentement : elle ne peut se faire jour qu'après une lutte, après avoir détruit les erreurs qui occupaient sa place. Ce ne fut qu'après trente ans de polémique qu'Harvey put prouver la circulation du sang, lorsque les preuves étaient si faciles à établir. Les produits de l'imagination, brillant d'un éclat plus resplendissant que les faits réels, sont substitués à la vérité. Échafaudages fantastiques ! Les hommes de l'art, dans l'impuissance de découvrir les causes d'un grand nombre de maladies, imaginèrent une puissance invisible, occulte, insaisissable à nos sens et à nos moyens d'analyse. C'est un entassement stérile de la science, progrès des études étiologiques. L'esprit routinier d'un grand nombre de médecins se contente de cette vague appréciation de la source de la plupart des maladies, et ne fait aucun eff'ort pour approfondir les causes réelles des épidémies et des maladies contagieuses, qui sont encore ignorées. La science a besoin, sous ce point de vue, d'une rénovation complète.
Je me suis renfermé dans les limites des faits afin de ne rien laisser aux interprétations.
L'étiologie des maladies laisse encore beaucoup à désirer; presque tout est à faire dans cette branche de la médecine, qui est loin d'avoir livré tous ses secrets. Combien a-t-il existé de médecins qui, si cette lacune de la science leur eût été signalée, si leur attention eût été éveillée sur l'insuffisance de l'art médical à reconnaître les causes de cette multitude de
maladies, auraient tendu la puissance de leurs facultés intellectuelles à la recherche de ces causes, auraient tenté de nobles efforts pour les connaître et seraient parvenus enfin à doter la science de la véritable étiologie des maladies endémiques épidémiques et contagieuses. L'allaitement scientifique que l'on reçoit sur les bancs de l'école se fait dans des conditions défavorables d'insuffisance et manque de sincérité, en présentant de simples hypothèses pour des faits avérés. Combien d'années perdues avant de pouvoir reconnaître qu'une des bases de l'enseignement est incertaine; et à quel découragement n'est-on pas exposé en faisant cette triste découverte ! N'est-il pas à craindre que, loin de se prêter à ces investigations, l'esprit s'obstine à ne tenter aucun effort et s'enferme dans un scepticisme absolu, qui est l'athéisme de la science ?
Astruc et d'autres auteurs ont signalé comme une vérité établie l'apparition d'épidémies graves à la suite de grands tremblements de terre. La cause de ces épidémies ne doit pas être attribuée aux émanations gazeuses dégagées pendant ces violentes secousses de la couche corticale de notre planète; émanations constituées principalement par l'acide carbonique et l'hydrogène carboné, dont l'action, quoique délétère, ne produit sur l'économie aucun des symptômes qui caractérisent les maladies pestilentielles. Les grands tremblements font périr, dans les grands centres de population, un nombre considérable d'hommes et animaux, dont les cadavres sont ensevelis par les soins de l'hygiène publique. Il est facile de se débarrasser de ces causes de décomposition putride; mais il y a d'autres foyers d'infection beaucoup plus généralisés et difficiles à apprécier, qui proviennent des cadavres de petits animaux, insectes et larves d'insectes, qui vivent dans les excavations de la terre, et sont détruits par les froissements de ces grandes convulsions. Les émanations marécageuses se répandent avec plus d'énergie le soir que dans le reste de la journée. C'est aussi à ces heures que les insectes tipulifères sont plus actifs. Les habitants marécageux des pays sont moins exposés que les étrangers à contracter la fièvre intermittente, comme si les émanations marécageuses sévissaient avec
moins d'énergie sur les organes soumis habituellement à leur influence, que sur ceux qui la ressentent pour la première fois. C'est un fait très exact et dont l'explication est facile. L'inoculation de ces fièvres est, comme celle de la variole, moins grave chez les individus qui ont été atteints antérieurement, et produit des effets moins graves et plus tenaces. L'intermittente de la fièvre provient de l'intermittence des causes qui la produisent. Villis attribue l'intermittence au développement périodique d'une matière en fermentation dans le sang. Pourquoi un simple déplacement de localité suffit-il pour faire cesser la fièvre ou pour mettre le malade à l'abri de son atteinte ?
Considérations générales sur les affections ou maladies.
Dans l'exploration des causes inconnues des maladies, on n'a pu obtenir au complet que la connaissance des influences les plus visibles qui entourent la maladie : les localités, les habitudes, le genre de vie, etc. En dehors de ces causes trop réelles d'influence sur l'économie humaine, il en existe d'autres, telles que l'inoculation d'un principe virulent ou vénéneux sous la forme d'un atome qui peut causer une intoxication des fluides conservateurs de la vie, et donner lieu aux affections les plus graves par l'infection des fluides de l'économie.
Souvent, comme on l'observe dans les épidémies, les troubles qui se manifestent dans les fonctions ne peuvent être rattachés à aucune cause connue, et l'on serait tenté de dire que les malades meurent parce qu'ils doivent mourir.
Dans ces cas obscurs où l'étiologie de la maladie est inconnue, il n'est que trop commun de rencontrer des pathologistes qui n'hésitent pas à assigner à ces affections des causes imaginaires, visibles fantômes de l'imagination auxquels la fantaisie du praticien prête seule une forme. La science des causes des maladies n'est pas faite. Elle attend de nouvelles investigations qui intéresseront principalement l'action des agents extérieurs sur l'enveloppe tégumentaire de l'homme. Les causes prédisposantes sont constituées par des éléments morbides ou morbigènes introduits dans l'organisation, généralement de longue date, par voie héréditaire, sans embarrasser d'une manière notable le jeu des fonctions. Ces causes ayant leur siège dans l'organisme même restent cachées jusqu'au moment où, sous l'action d'agents extérieurs, elles sont mises en évidence, et constituent dans les maladies des complications d'autant plus graves qu'elles sont restées plus longtemps latentes. Je ne m'occuperai pas ici des causes qui agissent sur les voies respiratoires. Mes recherches ont porté sur les causes, visibles au microscope, qui agissent extérieurement
sur la peau, sur l'appareil locomoteur principalement. Il faut chercher les principes des perturbations du mouvement : 1° dans les organes mêmes où les perturbations se manifestent, les muscles, les os et accessoires; 2° dans le centre nerveux qui régit et coordonne les mouvements (cerveau, moelle épinière) ; 3° dans le lien qui unit entre elles les extrémités du cercle locomoteur (les nerfs). Presque tout est mystère dans la nature, le mode d'action ou le mécanisme des agents modificateurs des fluides. Ils portent leur influence sur l'économie entière et déterminent sur les organes des effets spécifiques toujours identiques comme les causes qui les produisent. Ils se soustraient dans la plupart des cas à notre observation et à notre investigation.
Quel que soit le mode d'introduction dans les téguments humains d'un liquide septique, par l'inoculation d'un scalpel ou par la piqûre d'un insecte, le résultat est toujours le même, une de ces formidables affections telles que le tétanos, la rage, etc., qui rentrent dans le cadre des typhus et des fièvres graves.
Les maladies ne sont autre chose que des déviations de l'état physiologique (Max Durand-Fardel) : la cachexie, dernier terme des troubles fonctionnels; les lésions organiques, dernier terme des altérations des éléments organiques. Les maladies chroniques naissent presque toujours chroniques d'emblée. Les maladies aiguës ne sont souvent que la première période apparente d'une maladie chronique constituée. Les maladies chroniques ne dépendent pas, comme dans beaucoup de maladies aiguës, d'accidents sensibles dont tel organe et ses fonctions ont reçu l'atteinte; mais de changements profonds, lentement développés dans notre organisation ; changements dont les causes déterminantes, multiples et éloignées, demeurent le plus souvent inaperçues. Ces changements, lorsqu'ils sont très généraux, constituent des diathèses inconnues dans leur essence, et qui créent la prédisposition. Bien des maladies chroniques ne sont autre chose que la manifestation ou le symptôme d'un état morbide général de l'économie.
Pour analyser le problème pathologique d'une maladie chronique, il faut examiner les phénomènes morbides qui caracté-
risent la maladie en elle-même, et l'ensemble de l'économie qui prédispose à la maladie. Il faut remonter à un acte spontané de l'organisme pour rechercher la cause du développement des maladies chroniques. Les maladies générales sont sous la dépendance des systèmes lymphatique et sanguin.
Quatorze diathèses ou affections générales : goutte, gravelle urique, obésité, herpétisme, scrofules, anémie, leucémie, scorbut, névrosisme, chlorose, rhumatisme, cancer, tuberculose, syphilis. Ces diathèses tirent leur origine des ingestions, de l'inoculation ou de l'hérédité.
Les maladies yiscérales sont le dernier terme des maladies constitutionnelles. L'erreur des médecins est de confondre la maladie avec le symptôme.
Aux affections superficielfes du système tégumentaire se joint l'engorgement des ganglions qui se trouvent dans la sphère des parties affectées.
La deuxième période des scrofules se compose d'affections tégumentaires plus profondes, suivies de cicatrices indélébiles.
Prises dans leur ensemble et dans leur succession, les affections constitutionnelles affectent une marche graduellement envahissante; elles procèdent de la peau et des muqueuses vers les viscères; elles marchent de la périphérie au centre.
Les éléments ou germes parasitaires qui produisent les maladies constitutionnelles syphilitiques, sont les monades et les vibrions. Ceux des maladies constitutionnelles herpétiques sont les acariens.
Les maladies mixtes avec prédominance dans l'élément herpétique constituent les scrofules. Les mêmes maladies avec prédominance syphilitique, l'arthritie.
Ce ne sont pas seulement les différences dans la nature et la cause qui produisent les variétés dans les maladies, mais les modifications apportées dans les organisations par les constitutions et les diathèses. De même, ce n'est pas seulement la somme d'action des agents de destruction qui influe sur la gravité d'une maladie, mais aussi, et plus particulièrement, le degré de nocuité du virus qu'ils développent.
Dans les maladies spéciales se rangent toutes les affections contagieuses. Elles se sèment en quelque sorte et se reproduisent par germination. Elles dépendent de l'agent générateur. Ce rôle est rempli dans un très grand nombre d'affections contagieuses par des insectes de la famille des acariens. Tous ces insectes en apparence semblent les mêmes. Il est difficile d'indiquer dans leur organisation des traits qui spécifient leur individualité; cependant on est obligé d'admettre que la spécialité de l'effet provient de la spécialité de la cause.
L'étude de l'étiologie des maladies contagieuses et épidémiques est d'autant plus importante que ces affections à elles seules remplissent presque tout le cadre nosologique.
La variété des agents détermine la spécialité des maladies ; et quelles que soient les différence des formes morbides, elles appartiennent à un petit nombre de types.
Les maladies contagieuses se transmettent par inoculation.
Un certain temps s'écoule entre l'action de la cause contagionnante et le début d'une lésion visible.
Mode de transmission des maladies contagieuses. — La gale, le favus, contagieux par le contact, sont causés par l'introduction des acariens sous l'épiderme.
La vaccine, la variole, sont contagieuses, comme les venins et les virus, par inoculation. La dartre vive (eczéma) est contagieuse par attouchement.
L'altération du goût démontre que le nerf facial est lésé vers son origine, ou au-dessus de l'émergence de la corde du tympan dans l'aqueduc de Fallope. Tandis que lorsque ce symptôme manque, la paralysie du nerf est produite par une lésion située plus bas. Mais, d'un autre côté, si l'on remarque que dans la lésion concomitante de la cinquième paire, laquelle anime la sensibilité de la peau et de la muqueuse des joues, l'anesthésie ne frappe que la peau, on doit naturellement admettre que la lésion procède de la périphérie vers le tronc. (Raignaud.)
La cautérisation fait disparaître la contracture des muscles paralysés.
Les phlébite, angioleucite , érysipèle, phlegmon diffus, gangrène, fièvres traumatique, hectique, urétrale, péritonéale, puerpérale, etc., à la suite des opérations chirurgicales, ne sont en réalité que des empoisonnements.
M. Grenet a vu l'ulcère mozambique détruire la peau, le tissu cellulaire, les muscles, et corroder jusqu'aux os, tandis que la frambœsia n'atteint pas le derme dans son intégrité. La frambœsia est une plaque muqueuse, une végétation de nature syphilitique.
L'étiologie de la gravelle, du diabète et de l'albuminurie se trouve dans une cause générale, dans une altération du sang. Cette altération est constituée par un produit excrémentitiel en excès, l'acide urique, qui, selon des conditions spéciales qui le forcent à rester insoluble, ou à agir soit sur la glycose, soit sur l'albumine du sang, détermine tantôt la gravelle ou la goutte, tantôt le diabète et l'albuminurie.
Dans l'angine, l'herpès labial, préputial, etc., l'érysipèle, le zona, le furoncle, les éruptions cutanées, pyrétiques, la pustule maligne, la rage, etc., outre l'affection locale il existe une infection générale qui constitue l'état plus ou moins grave de ces maladies. Il en est de même dans les cas de piqûres de guêpes, de scorpions, d'araignées et d'insectes venimeux, de serpents à crochets mobiles, etc. L'affection locale est le point d'introduction, le point de départ du mal; mais n'entre que pour une faible partie dans le développement des symptômes. Le tétanos lui-même, ce typhus larvé si dangereux, présente presque constamment une inoculation locale et une infection générale. Lorsque l'affection locale est enrayée et la cause détruite, les symptômes généraux, tout en persistant encore quelque temps, sont faciles à guérir. Le sang est constamment altéré dans toutes ces maladies, et dans quelquesunes d'entre elles il transsude à la surface des muqueuses nasale, buccale, intestinale et vésicale. C'est surtout dans les maladies épidémiques qu'il devient difficile d'attribuer à l'affection locale la gravité des symptômes : elle dépend constamment de l'infection générale. Dans ce cas, c'est le désordre général qui tue.
On est porté à chercher le mieux en présence des moyens qui agissent lentement. L'existence d'un remède spécifique contre un pareil état de l'économie tout entière me paraît bien difficile à concevoir. Il s'agit non pas seulement de guérir une maladie locale : mais encore de changer la composition des humeurs de tous les tissus, de les ramener aux conditions les plus favorables à l'entretien de la santé. Ce n'est pas trop de la coopération de plusieurs agents pour arriver à ce résultat, qu'on est d'ailleurs loin d'obtenir toujours.
La spécificité du virus morbigène^ bien plus que la nature du tissu infecté, influe sur le trouble que chaque lésion apporte dans les fonctions.
Dans les maladies infectieuses ou se développant par voie d'inoculation, on enraye la marche de la maladie générale en combattant énergiquement sa première manifestation; on arrête ses progrès et on empêche les manifestations ultérieures. Les transformations que subit le mal, l'afifection infectieuse, dépendent de la prédisposition naturelle ou acquise, de la constitution organique des individus affectés et aussi du degré de virulence du venin. La présence de l'albumine dans les urines est l'expression d'une grande perturbation apportée dans l'organisme par le principe morbide qui engendre la mort.
Les nausées, la céphalalgie, les frissons, la fièvre, la courbature, l'inappétence et l'insomnie, sont, dans les cas de l'application d'un caustique^ des phénomènes sympathiques qui sont bien différents dans leur nature, et beaucoup moins graves au point de vue du pronostic, que les mêmes symptômes, lorsqu'ils sont occasionnés par une réaction générale, conséquence d'une infection du sang par inoculation septique, comme dans les fièvres paludéennes, la pustule maligne, le choléra, la peste d'Égypte, les angines diphtéritiques, etc.
Toutes ces maladies, dont le nombre est considérable, reconnaissent pour origine l'inoculation d'un virus septique sur le tégument externe ou à l'orifice d'un tégument interne, ou de la membrane muqueuse.
Les névroses, ces maladies intermédiaires, ne sont que les manifestations des maladies capitales.
Les diathèses sont le produit et non la cause des maladies syphilitiques et herpétiques. Ces deux maladies, la syphilis et l'herpès, doivent être réunies dans un même groupe sous le nom de maladies germinatives ou parasitaires. Ces maladies présentent la plus grande analogie dans leur symptomatologie, leurs produits morbides, leur marche, leur terminaison.
Dans les maladies spéciales se rangent les affections contagieuses. Elles se sèment en apparence et se propagent par germination ou reproduction. Elles dépendent d'un agent générateur. Lorsque cet agent est trouvé, le doute cesse, la maladie doit être réputée contagieuse. La spécialité de l'effet procède de la spécialité de la cause.
Les maladies spécifiques ne proviennent pas d'un virus mystérieux. Elles procèdent de causes d'origine externe : spécialité morbide. Le virus n'est pas éloigné de perdre ce caractère occulte et ontologique sous lequel on l'a connu jusqu'ici. Il est le produit appréciable d'une opération de chimie vivante ayant son siège dans le sang ou dans quelque autre humeur.
Chaque maladie spécifique a son agent spécifique, appelé virus. L'inoculation du produit altéré donne toujours une maladie identique avec celle qui l'a fourni.
La maladie spécifique pourra se développer sous l'influence de conditions extérieures plus appropriées que d'autres à cet effet, mais non spécifiques. Ce sera l'humidité, ou la mauvaise nourriture, ou l'encombrement, etc., ou l'inoculation d'une matière sep tique recueillie sur un cadavre en putréfaction. L'aboutissant commun de toutes ces actions pathologiques sera une affection simple, transmissible ou non, mais ayant constamment ses caractères spécifiques .
L'expérience se soucie peu des théories.
Les dermatoses exsudatives généralisées sont nuisibles à la constitution générale.
L'intoxication est le phénomène qui domine toute la pathologie.
Les maladies virulentes prennent dans l'économie même le germe et les éléments de leur évolution, à laquelle concourent
certaines causes extérieures, véritables agents de la fermentation morbide.
Dans un grand nombre de cas, la peau est le siège d'un travail morbide en quelque sorte latent, qui ne se traduit à l'extérieur que par des signes très peu apparents. Aucun changement de coloration de cette membrane, aucune augmentation de chaleur, aucun prurit, aucune tension douloureuse, seulement une légère hypertrophie et épaississement de la peau. La maladie cutanée existe cependant, mais en quelque sorte à l'état d'incubation, de développement initial ou élémentaire. Cet état pathologique de la peau qui passe inaperçu et n'appelle pas l'attention, ne laisse pas d'avoir une certaine importance : il devient avec le temps le point de départ des afifections dartreuses, des syphilides, d'une masse d'affections sur toute la surface; de là la généralisation même de ces eczémas et autres dermatoses. Dans les cas de guérison des parties où le mal se présente en évidence et où il n'est pas combattu avantageusement^ il donne lieu à des récidives du mal sur d'autres points où existent des germes inaperçus. De là l'impuissance des meilleurs agents thérapeutiques pour débarrasser les malades d'affections dermoïdes sans cesse combattues et sans cesse renaissantes, qui lassent à la fois la patience du médecin et celle des malades. Souvent cet état pathologique latent éclate brusquement, se manifeste à découvert, se traduit par une apparition inattendue en se présentant sous la forme d'une affection exanthémateuse provoquée par l'application d'un caustique, d'une substance vésicante, de l'insolation, d'une brûlure et même d'un simple sinapisme. Le vulgaire caractérise bien ces exanthèmes fortuits en disant que le malade est mal humoré : en effet, nulle affection exanthémateuse ne se développerait de cette manière si la peau était entièrement saine, s'il n'y existait des germes morbides inaperçus qui n'attendaient pour se développer et être mis en évidence qu'une occasion favorable, la modification accidentelle ou thérapeutique de la peau ; élimination du virus.
Les papilles de la peau paraissent spécialement affectées dans les affections squameuses. Leur allongement est remarquable
dans l'éléphantiasis des Arabes, dans la syphilide végétante, dans quelques nœvis, dans l'ichthyose, le porc-épic. La membrane épidermique profonde (couche albide profonde) est distincte dans quelques cas d'éléphantiasis des Arabes. Le pigment est altéré dans la plupart des affections cutanées. L'épiderme éprouve de nombreuses altérations à la suite des affections de la peau ; il devient sec et cassant, se gerce, se fendille, s'épaissit et se détache du derme sous la forme de furfures ou sous celle de squames, de lames et quelquefois en larges lambeaux. Sa couleur peut subir des modifications.
Les virus et les venins ont la propriété de déterminer l'engorgement des ganglions lymphatiques situés au voisinage du point d'inoculation de ces fluides délétères.
L'étude des maladies doit tendre à la synthèse, à faire entrer les variétés de formes dans un cadre général constituant de grandes unités. Cette manière de comprendre les états pathologiques est plus conforme à la nature des causes qui produisent les maladies et embarrasse moins dans le traitement. Les causes d'une maladie étant connues, le rôle de la thérapeutique devient alors facile; il n'est plus nécessaire de tenir un compte ininutieux des nuances diverses que cette maladie présente pendant son évolution. La polypharmacie ainsi que la multiplicité des variétés de cas patholologiques, accusent l'impuissance du médecin à connaître l'étiologie du mal et par suite la thérapeutique qui lui est applicable.
Les virus agissent à des doses microscopiques : cette propriété provient des germes reproducteurs qu'ils contiennent. Toutes les substances destructives des germes appliquées immédiatement après l'inoculation des virus , détruisent leur propriété virulente, et s'opposent à leur reproduction.
La matière contagieuse peut être reconnue autrement que par ses effets.
Les humeurs séreuses (affections vésiculeuses), les humeurs purulentes (affections pustuleuses), sont quelquefois déposées entre l'épiderme et le chorion, ou dans la cavité des follicules.
Les inflammations chroniques se dessinent quelquefois sur la peau sans être précédées ni accompagnées d'aucun trouble dans les principales fonctions.
Plusieurs maladies chroniques sont produites par la malpropreté.
La rougeole, la scarlatine, la variole, etc., sont produites par une cause spéciale. L'inflammation de la peau n'est qu'un des éléments de ces maladies, un symptôme.
La variole et la rougeole provoquent le développement des furoncles et des érythèmes. La convalescence des fièvres intermittentes est souvent accompagnée du développement de la gale.
Plusieurs inflammations internes et notamment des angines se développent à la suite d'un mouvement fébrile et reconnaissent la même cause. Le rupia et le lupus existent souvent avec les scrofules ; l'eczéma impétigineux de la face et du cuir chevelu est fréquemment compliqué chez les enfants de cœcocolite et de gangliites chroniques de l'abdomen.
Il existe quelques rapports entre les maladies de la peau et les exanthèmes des plantes.
La différence de structure apporte des modifications dans le développement et l'apparence des diverses formes de l'inflammation à la surface de la peau.
Les affections vésiculeuses telles que la gale, l'herpès, le zona, le rupia, le pemphigus, caractérisées par le soulèvement de l'épiderme et l'accumulation de sérosité entre cette pellicule et le derme, sont occasionnées par l'infiltration entre le derme et l'épiderme d'une substance ou humeur vésicante.
Partout où il y a du tissu cellulaire, peuvent se développer des germes organiques susceptibles d'une vie individuelle.
L'humeur qui s'écoule de certaines vésications a la propriété de produire des phlyctènes sur des surfaces en apparence saines. Les petits dépôts albumineux sphériques d'une consistance solide qui se forment entre le derme et l'épiderme qu'ils soulèvent légèrement ne tardent pas à produire la suppuration du tissu cutané qui les entoure; alors ces petites concrétions se ramollissent, deviennent fluides, purulentes, et sont versées au dehors par la déchirure de la pellicule épidermique. En soumettant ces petits sphéroïdes irréguliers à l'examen microscopique, on n'observe dans leur structure aucune organisation
ni trace de vaisseaux lorsque ces petits dépôts sont écrasés entre deux verres. La substance albumineuse ne tarde pas à se couvrir de filaments organiques cryptogames présentant des globules sphériques très petits, noirs, qui constituent leur fructification. Les sphéroïdes albumine ux donnent naissance à des acariens très vifs, très actifs (acariens replets), sans filaments notables, la tête peu séparée de l'abdomen. Les œufs de ces acariens sont globuleux, presque sphériques, distincts des mêmes productions chez d'autres acariens qui se présentent avec une forme oblongue.
Les considérations générales doivent suivre et non précéder l'examen des faits. Les diathèses syphilitique et herpétique en aboutissant à la peau font subir à l'absorption de grandes modifications. Se servir de l'expression de perturbation thérapeutique pour exprimer le frisson, l'état fébrile, la céphalalgie, les nausées, occasionnés par la cautérisation d'une grande surface cutanée. Dans ce cas les troubles généraux survenant dans l'économie ne présentent aucun état grave comme celui qu'on observe, avec symptômes identiques, dans les infections générales à la suite de l'introduction d'un principe toxique dans les grands systèmes de circulation lymphatique et sanguin.
Etudier les maladies delà peau par les symptômes extérieurs qu'elles présentent, c'est s'exposer à méconnaître indéfiniment leur origine, à prendre les produits morbides pour les causes qui les occasionnent.
Presque toutes les maladies de la peau sont occasionnées par l'action des causes extérieures. Ce sont les causes accidentelles de ces aff'ections. Si elles agissent sur une organisation à l'état physiologique, à l'état sain, sans mélange morbide, elles produiront des affections cutanées simples sans complications. Ces sortes de maladies seront faciles à connaître et aisées à détruire à leur début; mais il n'en sera pas de même avec une organisation déjà viciée par une infection générale acquise ou transmise par voie d'hérédité. Ces causes accidentelles agissant alors sur des tissus modifiés par un état pathologique existant, détermineront des aff'ections simples mais complexes. Elles présenteront un aspect spécial diff'érent. Il faudra alors tenir
— es-
compte non seulement de la cause externe, mais aussi de l'infection générale dans l'étude de ces affections mixtes.
La maladie revêtira un masque différent, sera plus difficile à reconnaître sous cette nouvelle forme et présentera également plus de difficultés dans son traitement.
Les tissus modifiés par un état pathologique constitutionnel acquis ou transmis par voie d'hérédité constituent dans la formation de ces maladies mixtes une prédisposition, c'est-àdire un germe morbide sans l'existence duquel la maladie mixte ne pourra se développer.
Les éruptions sont des excrétions dépuratives dont il convient constamment de favoriser la sortie par la voie de l'exsudation. Les éruptions qui aboutissent à la peau da,ns le cours des maladies et qui déterminent une crise salutaire donnent une solution de ces maladies en rejetant par voie d'excrétion des produits dont le séjour dans l'économie peut occasionner un grave préj udice.
La disparition de ces mêmes éruptions, leur rétrocession, en opérant le transport des fluides morbides de la périphérie à l'intérieur, occasionnent les plus graves affections.
L'hérédité d'un grand nombre de maladies et en particulier celle des affections cutanées est un fait pathologique des mieux établis.
Chez quelques individus sujets à des éruptions cutanées continuelles, on peut considérer la reproduction des éruptions comme causée par une constitution ou diathèse impétigineuse.
Un changement continuel s'opère dans l'intimité de nos tissus; il y a une destruction et une réparation perpétuelles dans le sein de nos organes, un départ et un apport continuel de molécules nutritives. Il y a des parties du corps qui se laissent pénétrer de matériaux hétérogènes, et alors arrivent des altérations morbides.
La phtisie pulmonaire, les engorgements glandulaires, les affections squirreuses, toutes les dégénérescences organiques qui s'opèrent dans la texture des tissus blancs affectent plus fréquemment les individus lymphatiques. La maladie peut être héréditaire comme procédant d'un principe spécifique. Chez les
individus atteints de diatiièso syphilitique ou herpétique, la peau est plus impressionnable à l'action des agents morbides extérieurs. Le calorique, même appliqué à un degré peu élevé, 40° à 50% y détermine des phlyctènes, bulles, pemphigus; le frottement et la pression y occasionnent des soulèvements identiques de Tépiderme et épancliements d'un fluide albumineux. Des piqûres d'insectes,, puces, niguas, ixodes, acariens, fourmis, qui, dans l'état sain de la membrane tégumentaire, n'occasionnent qu'une faible douleur et un érythème à peine notable et très passager, détermine sur les personnes atteintes de ces diathèses une douleur plus vive et des tubercules dont la résolution est plus difficile.
Il y a autre chose dans la pneumonie que la stagnation et l'accumulation du sang.
Les phénomènes morbides sont causés principalement par le trouble des fonctions d'aspiration et d'expiration.
L'organisme reçoit du monde extérieur les matériaux qui entretiennent la vie et rejette les produits inutiles. Dans l'état physiologique normal des organes, ces fonctions observées d'une manière générale se réduisent à l'absorption, à l'assimilation et à l'excrétion. S'il existe dans l'économie une diathèse morbide qui affecte les tissus l'assimilation ne s'exécutera pas^ dans les conditions ordinaires : il y aura une modification, une altération de cette fonction, qui aura pour principal résultat de troubler les fonctions d'absorption d'une part et, à un degré plus prononcé, celles d'excrétion. Ce travail perturbateur s'exécutera lentement, graduellement, selon les modifications imprimées aux organes par l'état cachexique. Nulle diathèse ne peut exister dans l'organisme sans y causer des désordres. Le phosphore combiné avec l'albumine dans l'économie passant à l'état d'acide doit produire la coagulation de ce produit. Dans cet état de concrétion, l'albumine ne peut être éliminée des tissus, ni rejetée comme à l'état de fluide par les voies d'exhalation; sa détention donne lieu à un état d'engorgemen des tissus, à la formation de couches plus ou moins épaisses d'une matière excrémentitielle envahissant les tissus organiques et s'interposant entre leurs fibres dans les cavités des cellules.
La métastase est produite par le déplacement d'une matière morbifique d'un tissu sur un autre. Affections métastasiques : la goutte, l'érysipèle, la rougeole, la variole, la teigne, la gale, les dartres, parotidites, blennorragie, tarissement du pus, suppression du flux hémorroïdal, sécrétion laiteuse, syphilis, scarlatine, névroses, maladies miasmatiques et contagieuses. Les maladies présentent un principe morbifique différent pour chacune d'elles. Les métastases consistent dans le transport de ce principe d'un premier foyer sur un autre point. L'absorption s'empare de ce principe et le transporte par les vaisseaux lymphatiques sur un nouveau siège. C'est une véritable invasion, favorable lorsque le déplacement s'opère d'un organe intérieur sur la peau ; défavorable lorsqu'il a lieu de la périphérie vers le centre. Dans le premier cas, ce sont des produits morbides qui tendent à être rejetés de l'organisme par voie d'excrétion; dans le second, ces mêmes produits envahissent des organes plus importants et troublent leurs fonctions. Ces métastases constituent ainsi ou des crises heureuses ou des complications dangereuses.
Epidémies. — La Peste. — Epidémies calarrhales.
L'ensemble des conditions extérieures auxquelles l'homme est assujetti détermine en lui un certain nombre d'états morbides qui durent et passent avec ces conditions mêmes et sont souvent insaisissables à nos moyens d'investigation. Ces conditions, ditSydenham, sont inconnues : affection épidémique, constitution, génie épidémique.
On a vainement cherché les causes des épidémies dans l'atmosphère et dans les substances que reçoivent les voies digestives. On a exploré inutilement les phénomènes météorologiques, les variations de pesanteur, de chaleur et d'humidité, de lumière et d'électricité de l'atmosphère. Rien de satisfaisant n'est sorti de ces recherches : cette voie est restée stérile , bien qu'elle ait été parcourue par des intelligences de premier ordre et par d'infatigables explorateurs.
Ce ne sont pas les modifications de l'atmosphère qu'il nous importe d'étudier, mais les hôtes qui l'habitent pendant ces modifications, pour arriver à la connaissance des causes qui occasionnent les diverses épidémies. Il est question, dans > le voyage de Pérou , d'une diarrhée épidémique qui cessa brusquement dès que l'équipage eut regagné la mer.
L'homme, dans le milieu qui Fentoure, est en contact avec des agents qui n'ont pas été suffisamment étudiés jusqu'ici, et qui incontestablement peuvent lui occasionner de grands préjudices. Quand ces agents existent en petit nombre, les affections qu'ils produisent ont un caractère sporadique; lorsqu'ils sont très multipliés, ils constituent des affections épidémiques qui durent ce que durent ces agents, et s'éteignent avec eux .
Pour arriver à la cause de ces maladies générales, il ne suffit pas d'interroger les phénomènes visibles qui se passent dans l'océan aérien qui nous entoure : il devient indispensable de descendre à la connaissance d'êtres invisibles à l'œil nu, mais visibles au microscope ; ne pas interroger la fermen-
tation putride et les produits qu'elle engendre, seulement sur les grands animaux que les soins de l'hygiène privée ou publique séparent si facilement de la demeure de l'homme et des centres de population; mais il devient également important d'étudier les accumulations de débris organiques en fermentation, immondices, cadavres de petits animaux, chenilles, reptiles, etc. C'est dans ces petits foyers, trop négligés, que le microscope permettra de découvrir des êtres élémentaires et dont quelques-uns, comme les acarus qui généralement pullulent, sont doués de la dangereuse faculté d'inoculer sous la peau de l'homme et des animaux les fluides corrompus dont ils s'alimentent. Introduits sous le volume d'un atome, ces virus fétides pénètrent dans la double circulation lymphatique et sanguine, et portent dans l'économie des germes reproducteurs qui, après une période plus ou moins longue d'incubation, donnent lieu à l'infection du sang et occasionnent, par l'intoxication septique de ce fluide, les affections les plus graves.
Les conditions hygiéniques du climat de Cumanâ varièrent peu de jours après le grand tremblement de terre du 15 juillet 1853. Un élément formidable se développa dans les régions basses de l'atmosphère : la putréfaction des cadavres d'hommes et de gros animaux qui n'avaient pas été ensevelis, et qui gisaient sous les décombres, infectait l'air. Une cause de nature moins perceptible, mais en réalité plus générale, provenait de la décomposition putride d'une innombrable quantité d'animaux fouisseurs, ou vivant dans les excavations de la terre, tels que lapas (paccas calogenis), lézards, couleuvres, miollusques, insectes et larves d'insectes, qui furent écrasés par les violentes convulsions qui agitèrent l'écorce terrestre. Ce foyer d'infection s'étendait autour des populations de la ville et de la campagne, et les enveloppait en quelque sorte dans un réseau morbide, les menaçant d'une destruction générale. Non pas que j'attribue à l'action des émanations telluriques et aux effluves putrides la production de la grave maladie qui nous occupe. Cette maladie provient, d'après mes recherches, de l'inoculation dans l'économie humaine d'un
germe septique destructeur, que cette inoculation soit, confiée à des insectes tipulaires, comme il arrive dans les cas de fièvres paludéennes et de typhus ictérode, ou qu'elle procède d'insectes microscopiques du genre des acariens , comme dans les affections pestilentielles.
Par une loi constante de la décomposition putride, on trouve, sur les cadavres des petits animaux, des myriades d'acarus imperceptibles, mais parfaitement visibles au microscope. Ces insectes sont transportés sur les corps sains par les mouches domestiques et autres petits diptères qu'attirent ces substances en putréfaction, et qui servent de véhicule à ces dangereux agents d'inoculation. On reconnaît ces mouches malades à leur maigreur et à leur persistance importune à déposer sur les ouvertures des membranes muqueuses les acariens ou germes d'acariens qui les tourmentent. En soumettant les cadavres de ces diptères pendant plusieurs jours à l'examen microscopique, on voit sortir de leur abdomen les acarus à l'état adulte qui occasionnent leur état maladif. Ces observations sont faciles à faire et ne demandent qu'un peu de pratique. Il faut chercher les acariens en mettant successivement en relief les différents organes du diptère que l'on examine.
C'est là la véritable cause des pestes signalées depuis les époques les plus éloignées, comme conséquence des tremblements de terre et des grandes multiplications de chenilles, sauterelles et autres insectes.
Les soins de propreté influent d'une manière notable sur la conservation de la santé, surtout aux époques où régnent des maladies épidémiques. Les bains se pratiquaient en Espagne bien avant les guerres puniques. Les anciens, dont le corps était plus exposé aux influences extérieures, et moins garanti par les vêtements, faisaient un grand usage de bains et d'embrocations huileuses sur la peau pour se garantir des souillures que l'usage du linge blanc fréquemment lavé rend moins fréquentes dans les temps modernes. Cette cause do propreté contribue à rendre les pestes plus rares en Europe.
L'histoire nous a conservé la relation de maladies pestilentielles qui vient à l'appui des opinions que nous présentons.
La seconde année de la guerre du Péloponèse, une peste générale, qui commença dans TÉthiopie, étendit ses ravages sur toute la terre. Cette maladie fut occasionnée par la sécheresse excessive qui, en desséchant un grand nombre de cours d'eau et de marais, causa la mort des troupeaux qui succombaient à la soif, couverts de gale, et elle s'étendit des animaux aux hommes. Ceux qui étaient le moins vêtus succombaient en plus grand nombre.
Annibal, pour préserver son armée, campée sur les bords du lac de Trasimène, des ravages d'une affection épidémique qui attaquait les hommes et les animaux, prescrivit les frictions de liquides oléagineux sur le corps, comme un moyen préservatif.
A toutes les époques, les inondations, les famines et les tremblements de terre ont été la cause occasionnelle des maladies épidémiques.
Acclimatement.
Parmi les questions qui attendent encore une solution satisfaisante, on doit placer en première ligne l'acclimatement. M. le D"" Lagasquié demandait à un Arabe, habitant d'une oasis, quelles étaient les causes qui rendaient son pays malsain pour les étrangers. « C'est, répondit l'Arabe , que cette terre ne les connaît pas pour ses enfants. » Cette réponse, empreinte d'un esprit de patriotisme exclusif, explique mal un phénomène dont la cause est encore mystérieuse.
Peut-être ne doit-on voir dans l'acclimatement qu'une inoculation. Ce n'est pas que le virus fébrile introduit sous la peau de l'homme le préserve des fièvres; mais il diminue l'action pernicieuse de ces maladies et leur fait perdre une grande partie de leur gravité. Il agit à la manière de l'inoculation variolique qui, si elle ne préserve pas toujours des affections pustuleuses, possède incontestablement l'avantage de diminuer la virulence du fluide contagieux. Cette analogie est encore plus frappante en ce qui concerne la fièvre jaune qui généralement n'attaque qu'une seule fois le même individu. Après avoir suM l'attaque de cette grave puissance épidémique, l'Européen n'est plus impressionné que faiblement par les causes qui la produisent et n'est plus attaqué que par les petites épidémies : c'est-à-dire, les fièvres intermittentes et rémittentes.
Cette question de l'acclimatement a pour solution celle de l'inoculation, qui modifie lentement, et en quelque sorte d'une manière insensible, l'ensemble de l'économie, produit une plus grande fluidité de l'élément sanguin, décolore la peau, et introduit dans les organes l'ensemencement des germes anémiques, dont l'état de chlorose nous offre, dans le plus haut degré de développement, le type morbide. Cette modification salutaire, véritable vaccination, diminue l'intensité d'action du virus tipulaire sur l'économie, et modifie profondément la constitution des fluides sanguins.
Indications générales sur le traitement de quelques
maladies.
La teinture d'iode peut modifier très avantageusement les altérations do la peau autres que des scrofulides, telles que l'eczéma impétigineux, l'ecthj^ma, le prurigo, les furoncles, les boutons, les érythèmes, les érysipèles, les angioleucites, les éphélides. L'action de l'iode est caustique et insecticide.
La farine de froment développe une réaction acide et neutralise une partie de la quantité d'alcali nécessaire pour la formation du sang.
La modification que le mercure imprime à tous les épithéliums en fait un merveilleux médicament dans les manifestations secondaires. L'iode uni au mercure est indispensable dans les accidents tertiaires lorsque ces accidents sont localisés dans les tissus connectifs.
Les onctions huileuses sur la peau étaient journellement mises en pratique chez les anciens, comme moyen hygiénique. Cette pratique unie à l'usage fréquent des bains était d'une grande utilité à des peuples dont le corps n'était que très imparfaitement abrité contre l'atteinte des agents extérieurs. Ces onctions, en garantissant la peau contre la piqûre d'insectes visibles, et contre celles encore plus dangereuses d'insectes invisibles, tels que les acariens, préservaient ces populations d'un grand nombre de maladies cutanées, contagieuses et épidémiques. Le nombre de ces maladies s'est augmenté à des époques historiques où l'usage de cette pratique était tombé en désuétude et pendant lesquelles l'état de misère des populations et la cherté des étofi'es de laine ne permettaient pas le renouvellement fréquent du linge de corps. L'hygiène publique a beaucoup gagné depuis que la fabrication des toiles de coton s'est généralisée. Les soins corporels de propreté sont devenus plus faciles à observer avec le rabais du prix des vêtements et la plus grande facilité de lavage.
Les lotions de sublimé sont les spécifiques de la démangeaison. Il se passera encore longtemps avant que ma méthode soit adoptée et triomphe de la routine.
L'huile de foie de morue introduit dans le sang des éléments plastiques et fibrineux.
Similia similibus curantur. Un grand nombre de maladies externes guérissent par l'application des moyens irritants : vérité d'expérience. Suivant Broussais, il n'existe qu'une seule cause morbifique. L'état organique n'est pas identique chez tous les hommes. Les différences dans la nature de la cause apportent dans les maladies des différences aussi grandes que la variété des organisations elle-même peut en apporter. La qualité de l'agent morbigène détermine la forme de la maladie. Il pourrait être semé sur la surface des membranes sous la forme d'un point à peine perceptible, qu'il continuerait, en vertu de sa puissance de vitalité, à produire des désordres que sa puissance de propagation continue à augmenter et à étendre. Les fièvres catarrhales, la grippe, la coqueluche, et presque toutes les variétés d'angines, se transmettent de l'homme malade à l'homme sain. Juger les maladies par leurs phénomènes locaux et généraux. L'absorption du venin du crotale, de la mapanare, de la cuaima, de la vipère, de l'élaps coralinus, du scorpion, des araignées venimeuses, du typhus rabique du chien, de l'acarien qui produit la pustule maligne, de l'insecte du choléra, des guêpes, des insectes tipulaires, etc., donne lieu à des accidents divers qui permettent de spécifier chaque genre d'affection que cette absorption occasionne et de reconnaître leur effet spécial, bien que toutes ces variétés de venins puissent être considérées comme des individualités d'un même genre; et leur part d'influence sur l'intensité des effets, bien qu'elle ne puisse changer leur nature intime. La cause bien connue, il devient facile de la combattre. Les maladies naissent, croissent et se terminent en un temps déterminé. Elles ont une vie comme les êtres organisés. Le grand problème de la thérapeutique consiste, les maladies ayant une vitalité qui leur est propre, à détruire la cause de l'affection dans la localité où elle se présente, alors surtout qu'elle n'a pu atteindre tout son
développement, sans négliger de combattre les symptômes généraux qui accompagnent constamment, dans des proportions plus ou moins menaçantes, l'affection locale. On ne peut troubler la maladie dans sa marche, abréger sa durée, que par la destruction de la cause qui la produit, et si cette cause existe dans des germes doués de vie et de la faculté de reproduction, la meilleure médication et la plus urgente sera de les atteindre et de les détruire, d'occasionner, si cela est nécessaire pour obtenir ce résultat, une ustion plus ou moins superficielle, mais dont l'action limitée soit de facile guérison. Cette médication aura pour but de substituer un mal léger et passager à un mal plus grave et durable. Similia similibus curantur. Ce qui revient à énoncer cette vérité triviale, que des germes de destruction ne peuvent être combattus victorieusement que par des moyens destructeurs. Après quelques jours de traitement, les malades déposent le masque pathologique imposé par la maladie, et leurs traits reprennent leur régularité habituelle.
Les acides minéraux étendus d'eau, les eaux minérales, Feau de chaux, le muriate d'or, l'iode et ses préparations, l'usage interne des cantharides, les huiles, les graisses, l'alun, les sels de cuivre, les topiques rendus vésicants par les cantharides, les bains, l'opium, la ciguë, le nitrate d'argent, de mercure, la méthode ectrotique.
Nettoyer le cuir chevelu des croûtes ou squames qui le recouvrent.
Parasites.
Il résulte des expériences de Spallanzani, de Lavoisier et de Furine, que la surface cutanée absorbe une partie de l'oxygène de l'air et rejette une partie correspondante d'acide carbonique. Cette respiration de la peau, ou plutôt cette combustion de produits excrétés par cette membrane aux dépens de l'oxygène de l'air, favorise considérablement le développement ainsi que la reproduction des germes parasitaires, surtout au visage et aux mains, parties du corps qui, n'étant pas couvertes de vêtements, sont en contact avec des molécules atmosphériques plus fréquemment renouvelées. De là résulte que la tuberculisation est plus prononcée sur ces parties et présente une plus grande résistance à l'emploi des moyens curatifs. Les onctions huileuses, en lubrifiant l'épiderme et interposant un corps gras entre cette membrane et l'air, diminuent l'absorption de l'oxygène avec le concours des causes déterminantes d'origine externe et enlèvent ainsi aux germes parasitaires le gaz favorable à leur conservation et à leur propagation. Si une de ces conditions manque, les tubercules ne sauraient se former. Cela explique pourquoi un très grand nombre de personnes sont préservées de l'éléphantiasis, dans les pays où cette affection est endémique. Dans les contrées où les causes externes de l'éléphantiasis n'existent pas ou ne sont douées que d'une faible activité, les affections tuberculeuses ne sauraient se reproduire, même chez les individus dont la peau offre un état d'engorgement albumineux prononcé ; mais si ces individus, préservés en raison des circonstances que présentent les climats qu'ils habitent et où les causes extérieures du mal n'existent pas, viennent à se déplacer et à habiter dans des climats moins favorisés où les causes externes du mal sont endémiques, ils pourront être atteints de l'affection tuberculeuse, après un séjour plus ou moins prolongé dans ces nouvelles contrées.
En 1839, Scha'iilené faisait connaître le champignon de la teigne. On a constaté la présence des parasites végétaux dans six affections de forme différente : la teigne, le porrigo décalvant, l'herpès tonsurant, la mentagre, le pytiriasis versicolor et la plique. Ces parasites végétaux sont analogues, pour leur constitution organique, leur développement et leur génération, aux champignons ou productions mucédinées : tous sont composés de spores ou organes do reproduction (sporules), de tubes simples ou ramifiés, contenant des spores, et de tubes vides sans spores, offrant d'ailleurs l'aspect de chapelets articulés ou non articulés. La maladie se propage par les spores. Les naturalistes admettent : 1° que la matière fécondante est transmissible par l'air ambiant; 2° qu'elle n'est fécondée qu'à la condition de trouver un sol propre à sa germination. On rassemblerait tous les faits les plus probants en faveur du développement spontané des champignons parasitaires, qu'on viendrait constamment se heurter contre ces deux hypothèses trop commodément établies pour avoir raison et pour faire prévaloir l'opinion opposée.
On se demande si certaines maladies ne peuvent pas faire naître spontanément des cryptogames, et si' en détruisant ces maladies par des moyens généraux qui ont action sur le tempérament, la constitution, sur le sang, et, en un mot, sur tout l'organisme, on ne pourrait pas aussi détruire la production cryptogamique qui n'a été que la conséquence de la maladie elle-même, née sous l'influence de l'état du sang.
Les productions cryptogamiques se montrent dans les végétaux d'une même manière épidémique, et dans certaines conditions données : ce qui est contraire à la propagation absolue des cryptogames par des germes ou des spores, attendu que plus il y aurait dé végétaux atteints, plus il devrait y en avoir, et cela indéfiniment; or, le contraire a eu lieu pour la maladie des pommes de terre et pour la maladie de la vigne, qui ont décru et se sont éteintes spontanément. Il ne faut pas être aussi absolu au point de vue de la spontanéité; les cryptogames peuvent n'être qu'un accident et non la cause absolue de la maladie.
Les vaisseaux lymphatiques et les masses ganglionnaires sont envahis par les germes parasitaires qui vivent aux dépens du fluide lymphatique et se multiplient. Le foyer parasitaire situé dans le voisinage d'un cordon ganglionnaire en produit l'engorgement, ou, pour parler un langage plus en rapport avec les faits, lui transmet les germes reproducteurs qu'il contient sans appréciable altération des tissus intermédiaires. Ces germes étendent leur action de proche en proche dans les canaux lymphatiques où ils puisent leurs éléments de vitalité et de propagation. La nature même de la cause du mal permet de concevoir le grand développement que peuvent prendre dans l'économie de semblables foyers morbigènes.
Les lésions spontanées, artificielles et accidentelles, de la peau et des membranes muqueuses ; les suppurations, dégénérescences et productions hétérogènes développées dans tous les viscères, peuvent être la source ou l'occasion de ce parasitisme, du gonflement des ganglions lymphatiques situés dans leur département ou chargés de recevoir les vaisseaux qui ont pour office principal le transport de la lymphe. Tous ces canaux et leurs aboutissants sont les conduits de propagation et de transport de germes parasitaires. La suppuration n'expose pas à un développement plus considérable de suppuration ; le pus ne fait le pus que par la raison que les germes parasitaires produisent des parasites.
Les vaisseaux et ganglions lymphatiques ainsi envahis par parasitisme peuvent continuer à recéler ces germes après la guérison de l'affection qui a été le point de départ. Souvent la lésion qui remplit le rôle de cause, ou plutôt de foyer, point de départ des germes propagateurs, se réduit à si peu de chose qu'on n'en tient aucun compte dans le principe, et la lésion génératrice passe inaperçue.
Dans tout parasitisme, les vaisseaux lymphatiques et leurs aboutissants, les masses ganglionnaires, sont les premiers envahis par les germes reproducteurs; c'est après une période d'incubation plus ou moins longue, qui n'est à vrai dire qu'une période de reproduction, que la propagation se fait dans les autres tissus.
Il faut, pour qu'une affection pai-asitaire se développe, un état particulier de l'organisme, l'aptitude ou la prédisposition, qui n'est autre chose que l'état diathésique.
Les prédispositions individuelles hâtent ou retardent la maladie. Ce n'est pas tout de détruire les parasites, il faut aussi détruire les diathèses qui favorisent leur développement.
Un parasite produit simultanément une succession de vésicules, de pustules, de tubercules, selon l'état diathésique des régions de la peau. L'acarus produit des vésicules sur une peau peu infiltrée de fluide albumineux malsain; il produit, dans un état diathésique plus prononcé, des pustules et même des tubercules si la diathèse est très avancée.
Les démangeaisons soiit un des signes les plus constants du parasitisme.
Les parasites animaux peuvent se développer sur les organismes sains; mais il n'en est pas de même des parasites végétaux : ils ne peuvent se développer que sur les organismes malades. Aussi, ne sont-ils pas la cause des maladies qu'ils accompagnent, mais les effets de ces mêmes maladies. S'ils agissent mécaniquement, leur action est très faible et ils ne doivent occasionner aucune lésion suppurante de la peau. Il faut, pour que cette suppuration se produise, que ces spores soient doués d'une action vésicante qui, molécule par molécule, détermine l'exsudation de fluides pathologiques, la suppuration, la formation de squames, etc. Alors toutes les efflorescences de la peau rencontrent une cause qui les explique.
Cachexie parasitaire. — L'infiltration des produits albumineux dans la peau tend à la disjonction des éléments du tissu cutané et introduit dans leur vitalité un élément amorphe qui, au fur et à mesure qu'il s'étend et envahit, enlève aux tissus "vivants leurs propriétés sensitives.
Killiker n'admet que des bulles d'air dans le canal central des cheveux.
Les altérations des poils sont un signe certain de la germination des parasites.
Le parasite occasionne le développement d'affections scrofuleuses ou dartreuses.
Acarus. — Sarcopte de l'ibis rouge de Cayenne. Animalcules. — Mouches.
Cet insecte existe dans le tissu cellulaire sous-cutané de ces oiseaux, particulièrement dans celui qui existe de chaque côté de la partie inférieure du sternum. L'insecte est oblong, en partie transparent comme les insectes qui s'alipientent de sucs blancs; il occupe l'intérieur des vaisseaux lymphatiques ; ses pattes sont des instruments imparfaits de locomotion : dépourvues d'appendices épineux, elles se cramponnent sur la surface des vaisseaux où l'insecte baigné dans le fluide lymphatique se nourrit et se propage.
Les oiseaux qui sont la proie de ces parasites sont constamment maigres, et ont les vaisseaux et ganglions lymphatiques très développés. J'ai rencontré ces insectes non seulement dans les vaisseaux lymphatiques des cidras ou ibis^ mais chez le gavano, les hérons et autres oiseaux des marécages. J'ai déjà signalé que ces oiseaux sont sujets au ténia, tandis que les oiseaux frugivores sont généralement atteints d'ascarides. Je regrette que le peu de facilité qu'on trouve dans ce pays pour faire des autopsies, ne m'ait pas permis de faire des observations sur le système lymphatique des individus qui succombent à des leucophlegmasies. La répugnance des peuples à la mutilation des cadavres est un fait universel, inhérent à la nature de l'homme, qui veut que ses dépouilles mortelles soient ensevelies dans la terre dans leur intégrité.
Les animalcules sont doués d'une force très grande. On les voit s'emparer des globules du sang, les remuer en tous sens et même les traîner avec la plus grande facilité : ces globules servent à leur nourriture. Aussi rencontre-t-on un très grand nombre de globules déchiquetés dans les liquides animaux qui contiennent des animalcules.
Le froid plonge les animalcules dans un état d'immobilité ; aussi, doit-on placer le vase qui contient ces êtres élémentaires
dans une eau dont la température soit analogue à celle du corps humain, si l'on veut les voir exécuter des mouvements,
La mouche commune et autres petits diptères qui s'attachent aux plaies, aux ulcères, aux substances excrémentitielles et putrides, sont sujets au parasitisme des acariens : c'est un fait d'une grande généralité. Les mouches communesqui s'attachent avec une ténacité si incommode aux lèvres et aux orifices du nez, sont des insectes malades, comme l'atteste leur état de maigreur : elles cherchent leur soulagement en déposant les germes de leur affection sur les téguments, à l'origine des membranes muqueuses. Après avoir pressé ces insectes entre deux verres de manière à leur ôter la vie, on les soumet après trois ou quatre jours, dans ces climats, à l'observation microscopique : on ne tarde pas à apercevoir des acarus adultes qui s'échappent de leurs cavités abdominales et se fixent aux organes extérieurs. Ces observations sont faciles à faire et ne demandent qu'un peu de soin.
Les mouches se posent sur les plaies non seulement pour s'alimenter des sucs viciés, mais aussi pour se débarrasser des parasites qui les incommodent en facilitant leur transport sur les plaies. C'est par le temps chaud et humide, quand leur contact devient plus importun, que les parasites sont plus nombreux et se développent plus facilement.
Les piqûres de certaines mouches peuvent occasionner une forte tuméfaction avec douleur, des ophtalmies, etc.
Les Acariens.
tchiqui-tchiqui — sabanon — engelure (autres espèces de sabanon)
Les longues recherches microscopiques auxquelles je me sais livré durant plusieurs années dans les régions voisines de l'Équateur, m'ont démontré l'existence de nombreuses espèces d'acariens. Toutes les substances organiques qui, sous les influences climatériques habituelles à cette zone, sont sujettes à la putréfaction, donnent naissance à ces insectes : ils pullulent dans la farine, le fromage, les poissons en fermentation, la pourriture des cadavres des mouches, des coléoptères, petits sauriens, annélides, chenilles, etc., etc. Ce phénomène, dont la science ne tient aucun compte, est très étendu, en quelque sorte universel. Ce sont des agents qui nous entourent et avec lesquels nous sommes fréquemment en contact, mais qui, en raison de leur extrême petitesse, fixent peu ou point notre attention.
J'ai remarqué, en outre, que ces êtres microscopiques varient suivant les saisons de l'année, les conditions du climat et la topographie des lieux. Plusieurs vivent, comme Vacarus scabiei, aux dépens de la peau de l'homme qui leur sert d'asile, y effectuent leur ponte et s'y reproduisent; d'autres attaquent également la peau, et soulevant l'épiderme, y déterminent des vésicules et occasionnent des accumulations de matières séreuses et purulentes, produisant des squames, etc. D'autres, enfin, attaquent la peau superficiellement, sans s'y fixer et sans s'y introduire : ces dernières espèces sont beaucoup plus dangereuses ; ce sont celles dont le venin ou le virus, selon les cas, cause les accidents les plus funestes, les fièvres les plus pernicieuses.
Plusieurs espèces ne semblent exister que dans certaines localités : tels sont les acariens ou arador^es, qui produisent des échauffures aux pieds et, par suite, de petits ulcères,
connus sous le nom de tchiqui-tchiqui à Maturin et dans les terrains noyés de la Hormiga. Ces êtres élémentaires se développent sur les excréments des animaux ; ceux qui naissent sur les excréments de l'homme et du tchigûire sont les plus dangereux
Le tchiqui-tchiqui attaque les personnes qui, sans être chaussées, marchent sur les immondices contenant de ces insectes : les ulcérations qu'ils occasionnent à la plante du pied et entre les orteils ont les bords taillés à pic, le fond grisâtre ou jaunâtre, et sont, particulièrement la nuit, le siège d'un prurit insupportable; elles durent pendant plusieurs mois, sont difficiles à guérir, résistent à l'emploi des émoUients, cataplasmes, narcotiques, liniments oléagineux et laudanisés et aux préparations mercurielles, ne cédant que lentement aux escarrotiques. Ces plaies, dont généralement les foyers ont peu d'étendue, peuvent être facilement confondues avec les ulcères syphilitiques auxquels elles ressemblent en effet, bien que n'ayant pas la même origine. Le plus grand nombre de ceux qu'elles atteignent, tels que les enfants, n'ont jamais eu de chancres, de bubons, ni aucun autre symptôme d'infection vénérienne. Le tchiqui-tchiqui est endémique pendant la saison des pluies.
Une autre affection occasionnée et entretenue également par des aradores ou acariens, est le sabanon. Elle consiste en de vastes ulcérations, siégeant sur la partie supérieure du pied et inférieure de la jambe; détruisant la peau et le tissu cellulaire sous-cutané, envahissant fréquemment les malléoles et les orteils, et mettant à découvert les muscles sans les entamer. Cette maladie diffère du tchiqui-tchiqui en ce que les ulcérations qu'elle produit sont beaucoup plus étendues et leur envahissement des parties saines très rapide et très notable d'un jour à l'autre. Ces plaies ont les bords généralement taillés à pic, le fond rouge, les parois grisâtres. Tandis que les points taillés à pic sont en proie à une rapide destruction, d'autres points aplanis se cicatrisent avec une grande rapidité. Le mal présente ce singulier phénomène de céder dans une partie de sa périphérie et de progresser en même temps dans
d'autres, au gré des caprices, semblerait-il, des agents producteurs.
Le sabanon se contracte pendant les marches prolongées dans des terrains marécageux et fangeux, situés au voisinage de la mer, comme le chemin de Cariaco et les abords de la lagune de Campoma. Cette affection est endémique dans ces localités pendant la saison des pluies. Durant les guerres civiles, malheureusement si fréquentes dans ce pays, les soldats, qui généralement vont pieds nus, sont presque toujours atteints de ces infections, lorsqu'ils séjournent quelque temps dans ces contrées basses et humides, tandis que le sabanon est presque inconnu sur les hauteurs quelle que soit l'humidité du terrain.
Des individus infectés de ce mal peuvent le communiquer, par leur déplacement, à d'autres atteints de plaies simples ou de blessures. Ce sont dans ce cas, les mouches à malingres, petites diptères s'attachant aux plaies et aux linges des pansements, qui transportent les germes de l'ulcère du sabanon sur d'autres ulcérations ne présentant pas cette complication, et y introduisent un élément reproducteur de difficile guérison.
La peau à l'état sain n'est pas susceptible d'être entamée par l'insecte du sabanon. Il faut pour cela que cette membrane soit dépouillée du vernis épidermique qui la recouvre ou qu'elle présente des fissures, excoriations ou toutes autres solutions de continuité. Ces ulcérations se présentent le plus fréquemment à la suite de légères incisions aux pieds et aux jambes, produites par les feuilles rigides et tranchantes du bambou, du carice, des herbes coupantes, etc.
Pendant plusieurs années, le sabanon se généralise au point de présenter un véritable caractère épidémique ; les moindres lésions de la peau se convertissent alors en ulcérations difficiles à détruire.
Cette affection ne peut être combattue par l'application des topiques; astringents, narcotiques, toniques, antiseptiques, tous ces moyens échouent ; mais le remède qui produit le meilleur résultat est la cautérisation par le suc de citron, réduit, sur le feu, à la consistance sirupeuse. L'application, deux fois par jour, de cet acide végétal sur les bords de la plaie au
moyen d'un pinceau ou d'une plume, occasionne, il est vrai, des douleurs atroces, mais aussi elle arrête le progrès du mal et guérit. Lorsque les acariens sont détruits, ces vastes surfaces dénudées se cicatrisent avec une surprenante rapidité.
Nous aurions donc ici la preuve irrécusable de la présence d'un parasite, quand bien même le microscope ne nous démontrerait pas son existence. Le bon sens le plus vulgaire se refuserait à comprendre qu'une inflammation qui serait causée par un sang vicié pût se guérir par la simple application d'un acide à l'extérieur. Qu'est-ce qu'un médicament qui détruirait l'effet en laissant subsister la cause ? Rien n'empêcherait le mal de se reproduire indéfiniment. D'un autre côté, comment s'expliquerait-on un miasme s'introduisant dans l'économie par les voies respiratoires; une sul^stance, complètement inerte à l'intérieur, se faisant jour, après avoir parcouru l'organisation, précisément par la plus petite lésion de la peau, soit que cet accident se présente au bout du doigt ou à la cheville du pied ? Arrivé à la surface du corps, après avoir accompli un si étrange parcours, sans révéler sa présence, ce miasme, au lieu de s'évaporer ou de continuer dans l'air sa course vagabonde, reste attaché à une petite écorchure de la main et y occasionne des phénomènes extraordinaires ! Un miasme, toujours le même, transporté sur le pouce à vingt lieues de là, allant, par une fatalité inconcevable, communiquer justement le sabanon à un malheureux bûcheron qui s'est blessé à la jambe, la veille, en coupant du bois ! Un miasme, enfin, qui ne peut être qu'un principe éthéré, produisant des effets matériels, guéris par un acide !...
Sous l'impression du froid humide, se développent des engelures aux doigts des pieds et des mains chez les individus scrofuleux.
C'est principalement dans l'engelure que l'on reconnaît l'utilité d'une médication générale : les ferrugineux, l'huile de foie de morue, la cautérisation avec le nitrate d'argent.
Divers animaux articulés et vers qui produisent certaines maladies.
Tarentule. — Le tarentisme, maladie endémique dans la Fouille, est occasionné par la piqûre de la tarentule qui excite une vive douleur, prurit, évacuations alvines, météorisme avec stupeur, développement d'une tumeur livide et plus tard noirâtre avec phlyctènes, insomnie, cardialgie, lassitude et douleur dans les membres et les articulations comme dans la pustule maligne. Cette maladie est due à l'inoculation du venin d'une arachnide, c'est-à-dire à une infection locale, quiagissant sur les systèmes nerveux, sanguin et lymphatique, détermine les symptômes d'une infection générale.
Chilopodes (bêtes à mille pieds ; synonyme espagnol : cïenpiés). — Ces insectes nocturnes, qui vivent sous les pierres, en dessous des vieilles caisses, dans les endroits humides et obscurs, ont la bouche armée de deux forts crochets canaliculés et perforés à leur extrémité, livrant passage à un venin qui occasionne, par inoculation sous la peau de l'homme, une vive douleur avec coloration de la peau, phlyctènes, nausées, etc.
Une de ces espèces, dont le corps est noir, a plus d'un pied de longueur. Sa morsure tue les animaux de petite taille, et elle est redoutable même pour l'homme.
lœode (tique, ricin, garrapata). — Cet insecte, de la famille des acariens, vit en parasite sur la peau des animaux : bœufs, chevaux, mulets, ânes, chiens, etc. Le venin del'ixode commun est peu actif dans les circonstances ordinaires; mais il n'en est pas de même quand l'ixode, fixé à la peau du chien ou d'autres animaux, éprouve lui-même une altération dans les fluides dont il se nourrit, soit à la suite d'une forte piqûre, soit que son corps soit frotté d'une substance irritante, un insecticide comme l'onguent mercuriel, ou en conséquence d'autres altérations. Dans ce cas, le venin de l'ixode acquiert des
propriétés septiques. Les fluides altérés, inoculés dans le sang des mulets et des chevaux, occasionnent chez ces animaux la maladie connue sous le nom de derrengadera, qui est un véritable typhus promptement mortel, et, chez les chiens, le typhus du chien qui est la rage : affection qui infecte le sang et les humeurs de cet animal au point de rendre leur inoculation contagieuse. Si le virus rabique, au lieu d'être produit chez l'homme, après une période souvent de quarante jours, par la morsure d'un chien enragé, était occasionné par la piqûre d'un insecte (et la nature de ce venin qui se propage sous la forme d'un atome peut bien légitimer cette supposition), on ne serait pas aujourd'hui encore réduit à chercher la cause de la rage et à la considérer comme mystérieuse.
L'ixode à raies argentées, plus petit que l'ixode commun à corps plat, qui vit dans les champs et les terrains secs, qui s'attache aux animaux sauvages et aux ophidiens, élabore dans ses glandes salivaires un venin très actif. La piqûre de cet insecte détermine une vive douleur locale avec rougeur vineuse de la peau, phlyctènes, épanchement d'une sérosité d'un rougeâtre obscur, prurit dans la partie blessée, engorgement des ganglions du pli de l'aine. Si la piqûre se trouve sur le pied ou entre les orteils, céphalalgie, étourdissements, frissons, nausées, vomissements de matières jaunâtres ou verdâtres, soif vive, anorexie, courbature et lassitude dans tous les membres, enfin tous les symptômes d'une inoculation venimeuse locale et d'une infection générale. Ces affections, pour lesquelles j'ai été plusieurs fois consulté, se guérissent.
Ce même insecte attaque fréquemment les oreilles des chevaux, des ânes et des mulets : son venin, instillé dans les petites plaies qu'il occasionne, détermine des ulcères d'un mauvais caractère, difficiles à guérir et produisant le sphacèle de l'oreille malade. C'est un fait connu des agriculteurs et de tous ceux qui se livrent aux soins des troupeaux et des bestiaux.
Fourmis. — Je pourrais faire mention de l'action vénéneuse de plusieurs espèces de fourmis, telles que la cumanagota dont le venin réside dans les mandibules, et la fourmi rayée de noir
et de vert dont l'abdomen est armé d'un aiguillon venimeux. Les piqûres de ces deux espèces déterminent une vive douleur locale avec rougeur, chaleur et gonflement des parties, et une réaction fébrile qui dure de douze à vingt-quatre heures.
Chenilles. — Plusieurs espèces de chenilles dont les téguments sont garnis de pointes, d'épines et d'appendices rameux, telles que la chenille de Valmendron, celle du bucare et la belle chenille à soies blanches et lustrées du mancenillier, ont la propriété de causer l'érythème de la peau sur laquelle elles s'appliquent avec sensation de chaleur, d'ardeur et réaction fébrile éphémère. Les appendices poileux ou épineux qui recouvrent leur enveloppe tégumentaire ne présentent à la vue, ni au microscope, aucun orifice de canaux excréteurs. Il faut admettre que le venin, quel qu'il soit, qui rend dangereuse la piqûre de ces chenilles, existe à l'extérieur et lubrifie les extrémités terminales des appendices dont ces insectes sont armés pour leur défense.
Tous les faits que je viens de citer et beaucoup d'autres qu'il serait trop long d'énumérer, mais qui sont généralement connus dans les régions intertropicales, viennent se ranger sous une même loi. Ils établissent cette donnée générale, que toute inoculation de venin ou de virus, quel que soit l'instrument qui le produit, donne lieu à deux ordres de phénomènes dans l'économie animale : une aff'ection locale et une aff'ection générale. Ce dernier ordre de phénomènes est, de beaucoup, le plus grave. Il résulte, comme corollaire de ces prémisses, que le traitement doit se proposer de détruire le mal local. par le fer, le feu et les escarrotiques ; et l'infection générale, par les antiseptiques, parmi lesquels le quinquina et le sulfate de quinine occupent le premier rang.
La chenille épineuse verte, qui vit sur le mocomoco, produit par les piqûres de ses rameaux épineux une démangeaison et une fièvre avec frissons qui dure quarante-huit heures; vues au microscope, les épines de cette chenille sont aiguës^ renflées près de leur extrémité, et contiennent un liquide venimeux qui s'instille au moyen de la pression. Ces épines sont
formées d'une gaine cornée extérieure qui enveloppe un tube transparent, flexible, lubrifié par un fluide lymphatique.
Entozoaires. — Les entozoaires se forment primitivement par génération spontanée dans le corps de l'homme. Leurs espèces varient selon le milieu dans lequel sont placés les animaux aux dépens desquels ils vivent, et aussi selon le genre d'alimentation. Les ascarides lombricoïdes se trouvent fréquemment dans les intestins des oiseaux granivores et frugivores ; le ténia dans le tube intestinal des oiseaux paludéens. La formation des entozoaires par génération spontanée est aussi admissible et aussi inexplicable que celle des zoospermes. Ce phénomène est dans le premier cas pathologique, et physiologique dans le second. La reproduction des entozoaires se fait par gemmes chez les acéphalocystes dont l'organisation est tellement simple que l'on a mis en doute leur animalité; et par marcottes chez les cysticerques. D'autres sont ovipares, hermaphrodites ou à sexes séparés.
Quelquefois la prédisposition aux affections parasitaires constitue une véritable diathèse.
Les vermifuges ou anthelminthiques sont les substances qui agissent comme toxiques contre l'animal.
Les acéphalocystes sont des vésicules dont l'enveloppe est membraneuse, mince, homogène, transparente ou blanchâtre, sans fibres distinctes ni vaisseaux. Le liquide que renferment ces vésicules est clair, légèrement albumineux.
D'autres observateurs considèrent les hydatides comme une enveloppe protectrice renfermant des échinocoques.
Observations principales sur les
de la peau.
Le développement des maladies cutanées est favorisé par la malpropreté. En Europe, pendant le moyen âge, les maladies cutanées étaient plus fréquentes que de nos jours.
La plupart des maladies cutanées non parasitaires sont des manifestations d'une maladie constitutionnelle. Le traitement local ne joue en pareil cas qu'un rôle secondaire et doit consister dans l'emploi des topiques modificateurs.
Sous l'influence des causes déterminantes, c'est le degré de l'état diathésique de la peau qui détermine la nature de la manifestation externe de l'aff'ection cutanée.
Les affections exanthématiques chroniques se lient à l'existence des diathèses acquises, comme la syphilis, ou originelles, comme les affections herpétiques, scrofuleuses, etc. Dans les maladies diathésiques, ces manifestations exanthémateuses se font heaucoup plus lentement et surtout persistent beaucoup plus longtemps. Dans la diathèse herpétique, dans la diathèse scrofuleuse, les manifestations peuvent ne se produire que cinq, dix, vingt, quarante ans même après, et, pendant toute cette période d'incubation, demeurer silencieuses. Les affections herpétiques des muqueuses se développent aussi primitivement et sont les premières manifestations de la diathèse.
Pour guérir les maladies de la peau, il ne faut pas s'en tenir aux efflorescences cutanées, mais poursuivre au fond de l'organisme les dispositions acquises ou innées, dont les lésions cutanées ne sont que les expressions symptomatiques. Il y a des maladies qui ne sont pas une manifestation nécessaire d'un état constitutionnel permanent. Somacétiques , zymotiques.
Les éphélides sont formées par des amas de pigment. Le détachement prématuré des croûtes laisse des cicatrices Ce fait a besoin de la sanction de l'expérience.
La forme des affections cutanées varie selon l'état diathésiqiie du sujet. Elle peut être vésiculeuse, papuleuse ou tuberculeuse. La nature du mal est la même. Classer les affections de la peau selon leur forme, c'est subordonner l'état diathésique au seul fait d'une excrétion cutanée avec formation de squames, etc.; c'est prendre l'effet pour la cause.
La cause interne, c'est l'aptitude (morbidisme végétal). Les éruptions produites par l'application des topiques irritants mettent le plus souvent en relief le caractère diathésique de la maladie.
L'infiltration albumineuse provenant des diathèses herpétique et syphilitique constitue dans la peau un terrain fertile qui favorise l'implantation des germes parasitaires. Les régions de la peau les plus garnies de glandes sébacées sont également celles qui se prêtent le plus au développement des parasites. La matière sébacée est une sorte de substance caséeuse qui les attire et les nourrit.
Les éruptions dartreuses reproduites sur un même point de la peau, ou sur des points différents, accusent l'existence de la diathèse herpétique. Le parasite existe dans la partie profonde du follicule pileux. Les poils flétris, rares, décolorés, et cette couronne rougeâtre ou gris souris qui entoure les parties affectées de favus ou de teigne tonsurante, sont un signe certain de la germination du parasite sur les parties du corps où on observe ces affections. Les insectes produisent des éruptions impétigineuses plus ou moins confluentes. Dans ces diathèses, le parasite occasionne le développement d'affections scrofuleuses ou dartreuses qu'ensuite il entretient et au milieu desquelles il est difficile de le trouver. L'abus des topiques irritants amène des poussées impétigineuses et dénature l'affection primitive.
Les parasites végétaux occupent cette partie de la peau connue sous le nom de corps muqueux de Malpighi. C'est la couche profonde de l'épiderme formée de cellules molles ou pigmentaires. Ce sont des moisissures régulières ou irrégulières, remarquables par leur sécheresse, leur couleur jaune paille, leur odeur comparée avec raison à l'odeur des souris.
Les éruptions parasitaires comprennent les huit ordres de Willan.
Les exanthèmes, l'érythème, la roséole, sont souvent parasitaires.
Les papules de la mentagre et de la gale. Vésicules : l'herpès circinatus, eczéma.
Pustules de gale, de mentagre.
Les bulles de la gale.
Dans le sycosis existent des tubercules .
Affections squameuses. — Le pytiriasis alba, le pytiriasis versicolor, les macules, le chloasma, le vitiligo, furoncles parasitaires. Ils peuvent produire des angioleucites et des adénites.
Les éruptions symptomatiques viennent par poussées successives, poussées vésiculaires pustuleuses.
Les démangeaisons, sentiment de brûlure, sont causés par les affections parasitaires. Phénomènes sympathiques; le prurit est causé par le trouble de l'innervation cutanée. Ce prurit est-il produit directement par le parasite?
Les parasites végétaux existent dans les squames et sur les poils malades, non comme cause des maladies cutanées, mais comme conséquence de ces maladies.
Phénomènes sympathiques : l'inappétence, l'insomnie, la lassitude. Marche progressive. Le prurit, à mesure qu'il prend de l'extension, absorbe l'individu aux dépens duquel il vit. Il y a une période d'incubation qui peut varier d'un jour à six semaines. Le prurit paraît plus lié aux éruptions qu'aux parasites.
Le tempérament et la constitution jouent un rôle dans les affections cutanées. Les sujets lymphatiques ont une prédisposition aux affections vésiculeuses ou pustuleuses; les sujets bilieux et nerveux ont plus souvent des éruptions papuleuses.
Certaines conditions physiologiques, comme la grossesse, ont de l'influence sur le développement du chloasma et du pytiriasis versicolor, produits par un seul et môme champignon (microsporon fur fur).
La scrofule et la syphilis prédisposent aux teignes : la scrofule, au favus, et la syphilis à la teigne tonsurante; l'acidité de la salive prédispose au muguet {oïdium albicans).
La malpropreté a une grande influence dans le développement des maladies parasitaires.
Verrues (épithélioma papillaires). — M. Bazin rattache à la scrofule primitive, à titre d'accidents, les excroissances ou végétations qui portent le nom de verrues.
Les verrues sont des hypertrophies du derme et en partie des papilles vasculaires.
Généralement l'existence de ces infiltrations dartreuses n'est pas observée. Elle ne se révèle qu'à un examen très attentif. Il ne faut pas attendre pour débarrasser la peau de ces produits que l'engorgement de cette membrane les contraigne à faire leur manifestation au dehors par des éruptions vésiculeuses, formation de croûtes et desquamation ; en opérant hâtivement l'élimination de ces humeurs, on assainit la peau dans des conditions bien plus favorables que lorsque ce travail reste confié aux seuls soins de l'économie. C'est surtout de ces affections qu'il est vrai de dire que le but de la médecine dans les maladies est devenir en aide à la nature.
Lorsque la peau est offensée par une violence quelconque, la nature fournit aussitôt une sécrétion qui couvre la plaie ou la contusion, jusqu'à ce qu'un travail réparateur lui ait rendu sa forme et sa souplesse.
Une indication importante est de combattre par les émollients les éruptions inflammatoires produites soit par les parasites, soit par les parasiticides. Ces éruptions proviennent générale- ' ment de l'existence de diathèses et de produits excrémentitiels retenus dans le tissu cutané, qui tendent à se faire jour au dehors par la voie de l'excrétion, soit naturelle, soit provoquée par les topiques. La médecine antiphlogistique, en appliquant des cataplasmes, des lotions, des bains, des émollients et des résolutifs sur ces efflorescences cutanées, retarde l'assainissement de la peau et ne produit qu'une guérison apparente et de peu de durée dans les cas diathésiques. Ces produits
excrémentitiels albumineux, qui passent à l'état de matière purulente, de croûtes ou de squames, ne constituent pas l'affection herpétique lorsqu'ils sont rejetés au dehors de la peau, et desséchés, sous la forme de croûtes épaisses, par l'air, mais ils constituent au contraire un modo de guérison par l'élimination des produits morbides. On les a considérés à tort comme la maladie ; c'est au contraire le moyen employé par l'organisme ou par l'art pour guérir le mal.
On ne guérit pas la dia thèse herpétique en faisant disparaître au moyen des émollients les éruptions salutaires qui se présentent à la peau et qui s'accompagnent d'exsudation, de suppuration et de formation de squames, éruptions symptomatiques d'un état morbide général, loin de constituer une affection locale, et qui sont le seul moyen quepossède l'organisme de se débarrasser partiellement de ces fluides excrémentitiels. Une affection ne change pas de nature parce qu'elle change de siège. L'affection est si peu guérie par les émollients, qu'elle ne tarde pas à présenter de nouvelles manifestations qui, combattues par les mêmes moyens, produisent, après un temps généralement assez court, encore d'autres manifestations, soit les mêmes, soit d'autres. Après l'herpès tonsurant viennent des syphilides ou des dartres.
Les malades atteints d'affections cutanées sécrétantes guérissent de ces affections lorsqu'une maladie aiguë vient à naître en affectant l'économie en général. L'affection cutanée paraît de nouveau après la guérison de la maladie générale. La sécrétion peut en effet être suspendue, mais la cause du mal n'est pas détruite, puisqu'il y a persistance de l'état diathésique et de l'infiltration albumineuse. Le favus du corps disparaît en quelques jours avec un traitement convenable. Les godets se montrent dans la teigne tout le temps que l'infiltration albumineuse du cuir chevelu persiste.
L'hypersécrétion de l'épiderme ou de la matière sébacée nécessite l'usage des lotions savonneuses. La crasse membraneuse qui succède à l'emploi des pommades, et dont parle Lotion, est produite par l'infiltration albumineuse.
Hébra considère, ainsi que Haller, professeur à léna, que l'herpès et le favus sont produits par la même cause.
Il est probable que réléinent parasitaire, soit monades et vibrions, soit acarus introduits dans le tissu cutané, agit non seulement en isolant les uns des autres les éléments qui constituent la trame des tissus, mais introduit un fluide ou produit de sécrétion doué de propriétés stupéfiantes, qui énerve ou émousse la sensibilité des tissus. Il suffit de la séparation de ce produit et de son élimination hors des tissus qu'il a envahis, pour obtenir le rétablissement de la sensibilité d'une manière plus ou moins complète.
La syphilis constitutionnelle, la gale, le virus herpétique, rendent les éléments organiques de la peau propres à développer les éruptions chroniques. En combattant ces diathèses dès le principe, avant que l'infection cutanée soit très développée, par une médication interne appropriée à la nature du mal, et aussi par des moyens extérieurs qui assainissent la membrane tégumentaire et rétablissent son état normal, on prévient une désorganisation plus avancée dans cette membrane.
Les exanthèmes cutanés se développent sous l'influence d'une exagération dans les sécrétions normales et surtout d'une viciation de ces sécrétions.
Les maladies cutanées sont généralement locales et dépendent d'un virus de la partie même où siège le mal. Il suffit de se rappeler avec quelle promptitude se propage l'inflammation, ou en d'autres termes l'infection, dans les vaisseaux lymphatiques ou veineux, pour comprendre que les aff'ections cutanées n'ont généralement qu'une cause très limitée ou purement locale. Il sufflt en effet d'une piqûre, d'une simple excoriation des téguments du pied ou de la jambe, pour déterminer l'engorgement des ganglions inguinaux et une réaction générale : la fièvre est le premier symptôme.
L'étiologie des maladies de ce système repose sur l'absorption des fiuides altérés (de germes reproducteurs) qui parcourent les vaisseaux lymphatiques de la périphérie au centre et empoisonnent tout l'organisme. Lorsque ces germes reçoivent l'impression de l'air qui active leur vitalité et leurs facultés reproductrices, ils déterminent des phénomènes généraux plus grands et une infection plus délétère. Il semble qu'il serait
possible de réduire les affections cutanées à un petit nombre de types principaux en remontant à leur étiologie.
La plupart des affections exanthématèuses, la rougeole, la scarlatine, l'urticaire, etc., atteignent à la tois les deux divisions des membranes tégumentaires. La rougeur de la membrane muqueuse est suivie d'une desquamation de l'épithélium, qui est l'analogue de la chute de l'épiderme observée pendant la convalescence de cette maladie.
Un certain nombre de maladies sont communes aux deux grandes divisions des téguments.
L'érysipèle, étant occasionné par l'inoculation dans le tissu cellulaire sous-cutané d'un venin septique, ne peut se développer dans le tissu celluleux du tube intestinal, parce que l'agent d'inoculation ne peut porter son action dans le tégument interne.
Les exanthèmes internes ne sont accompagnés d'une desquamation analogue à celle que l'on observe à l'extérieur du corps, que dans les régions où ils sont pourvus d'un épithélium : dans la bouche, le pharynx, l'œsophage. Cette sérosité se forme et s'accumule entre le derme et l'épiderme. Ensuite se produit l'écoulement de la sérosité.
Les matières vésicantes appliquées à la surface des membranes muqueuses pourvues d'épithélium, y développent une inflammation couenneuse et non bulleuse. Toutefois cette concrétion pseudo-membraneuse diffère de la diphtérie par un caractère spécifique propre à cette dernière qui est la contagion.
Il y a quelque analogie entre l'angine couenneuse et la pourriture d'hôpital développée sur la peau enflammée; indépendamment de la ressemblance de leurs caractères anatomiques, ces deux inflammations sont toutes deux contagieuses. Les taches de la peau dans les points cautérisés, qui sont du reste des téguments, sont plus claires chez les nègres et les métis, ce qui permet de soupçonner une action du caustique sur la membrane pigmentaire de Malpighi; chez les individus de la race blanche, la couleur de la peau est rosée, ce qui est dû probablement au rapprochement du lacis
des vaisseaux capillaires et du tissu papillaire de la surface externe.
Le zona peut se propager dans l'intérieur de la bouche.
Les aphtes paraissent analogues à l'herpès.
Le coryza s'accompagne parfois d'un prurit nasal développé chez des individus attaqués antérieurement d'eczéma. Les plaques couenneuses et pseudo-membraneuses sont formées par l'épithélium épaissi et décollé. En comprimant la peau entre les doigts, en fait suinter le pus à la surface par une multitude de petits pores percés à la surface extérieure du derme.
Les tubercules de l'éléphantiasis des Grecs se montrent non seulement à l'extérieur du corps, mais encore sur les lèvres, dans l'intérieur des fosses nasales, sur la voûte palatine et même sur la face dorsale de la langue.
Les diverses formes des maladies de la peau ne peuvent être considérées comme les degrés d'un même principe d'irritation. La cause spéciale en vertu de laquelle l'inflammation de la peau se manifeste plutôt par une vésicule . que par une papule, ou se présente sous la forme squameuse, est encore inconnue.
Les ulcères ne constituent jamais une ulcération primitive; ils succèdent constamment à des abcès sous-cutanés, ou à des inflammations vésiculeuses , pustuleuses, tuberculeuses, etc. Avant d'être crotîteuses, les maladies sont vésiculeuses, pustuleuses, huileuses, etc.
Les taches pigmontaires, formées parle dépôt d'une certaine quantité de sang dans le tissu de la peau ; la desquamation furfuracée de l'épiderme, produite par certaines inflammations papuleuses ou vésiculeuses, offrent des caractères qui décèlent leur origine à l'œil d'un praticien exercé. La tuméfaction apparente de la peau est due en partie à celle du tissu cellulaire sous-cutané correspondant.
La perspiration cutanée peut être diminuée ou suspendue. La sécrétion de l'humeur huileuse est tout à fait suspendue dans les inflammations squameuses sur les parties affectées. La sécrétion de l'humeur sébacée peut être suspendue, modifiée ou remplacée par celle d'une humeur contagieuse dans le favus. La sécrétion de l'épiderme est modifiée dans presque toutes les
inflammations, particulièrement dans celles désignées sous le nom de squameuses. Des humeurs séreuses (vésiculeuses) ou purulentes (inflammations pustuleuses) sont quelquefois déposées entre cette membrane et le chorion, ou dans la cavité des follicules. La fièvre érysipélateuse précède le développement du mal.
Maladies chroniques susceptibles de se transmettre par inoculation : gale, favus, syphilis, hydrophobie, etc. Antagonisme de la sécrétion urinaire et de la transpiration cutanée. Les inflammations chroniques de la peau se dessinent souvent sur la peau sans être précédées et sans être accompagnées du plus léger trouble dans les principales fonctions. Dans la plupart des maladies cutanées, le derme ou au moins la couche fibreuse et profonde est peu affectée.
Le réseau vasculaire et les papilles de la surface extérieure du chorion, les follicules sébacés et les follicules pileux sont le siège de presque toutes les maladies inter-aréolaires.
L'infection morbide du réseau vasculaire de la surface interne du derme s'observe dans les inflammations tuberculeuses.
L'hypertrophie du derme peut être la suite de quelques inflammations chroniques, du lichen, de la lèpre, etc. Cette hypertrophie est remarquable dans l'éléphantiasis des Arabes et dans le premier degré du cancer.
Le derme se ramollit dans quelques inflammations cutanées profondes, et cette altération précède les perforations de la peau indépendantes de la gangrène. L'infection morbide du réseau vasculaire de la surface externe du derme est le principal caractère anatomique des exanthèmes. Cette infection a lieu aussi au-dessous de l'épiderme soulevé par un dépôt de sérosité ou de pus, dans les affections vésiculeuses, bulleus,es, pustuleuses et squameuses, ainsi que dans les affections tuberculeuses.
Les follicules sébacés ont des maladies propres ainsi que les follicules pileux.
Teigne.
Acarus de la teigne. — Cet insecte est oblong, globuleux, à quatre pattes antérieures, très rapprochées des mandibules, et quatre pattes postérieures; ces pattes sont articulées, épineuses; le quatrième article est fascicule et terminé en pointe. Le tégument est garni de longs poils, filam.ents ou poils disséminés flexibles. La pression du verre a déterminé la sortie et l'épanchement, au dehors de l'insecte, des fluides et des viscères. Les mandibules sont au nombre de deux, de forme conique. La manducation s'opère par un mouvement de frottement alternatif opéré dans un sens vertical.
Première espèce de cet acarus. — Une variété présente sur les parties latérales et inférieures de l'abdomen deux taches oblongues transparentes qui paraissent des trachées ou sacs pulmonaires. On leur distingue quatre articles bien distincts à chaque patte.
Vacarus commun de la teigne ou acarus tordu, mesuré au micromètre, a 8/25 de millimètre de longueur et 4/25 de millimètre de- largeur (1/3 de millimètre en longueur et 1/6 en largeur) .
L'acarien adulte a huit pattes sans crochets; les jeunes en ont seulement six (deux paires de pattes antérieures et une paire de pattes postérieures).
Céphalothorax. — Le thorax porte une impression en forme de Y. Les pieds sont composés de sept articles, le dernier terminé par deux crochets ordinairement dentelés en pique. Ces insectes ne pondent qu'un œuf oblong. Dans les conditions favorables de chaleur (27" centigrades) et d'humidité atmosphérique, l'éclosion ne se fait pas attendre; elle s'opère au troisième jour. Les oeufs placés dans des conditions d'empâtement de matières animales desséchées, peuvent se conserver longtemps sans
— lOB —
éclore. Les œufs libres sont généralement enveloppés et recouverts de parties excrémentitielles. Cette condition pourrait bien être favorable à leur éclosion.
L'acarus de la teigne change de peau après sa mue, comme on l'observe chez les autres arachnides. Ce n'est pas sans quelque surprise que l'on observe l'accomplissement de cette loi générale chez un insecte microscopique qui semblerait, en raison de la petitesse de son volume, devoir se soustraire à cette règle d'organisations plus développées. J'ai souvent trouvé sous le microscope les dépouilles dermoïques de ces insectes, bien reconnaissables par la forme des pattes et des appendices poilus, abandonnées sur un objet quelconque, comme un vêtement usé.
La variété faucheuse ou élégante, plus globuleuse, est ornée de filaments soyeux dont les barbes sont terminées en appendices aigus et tranchants. Cette variété paraît être destinée par son organisation à se cramponner dans l'intérieur des vaisseaux lymphatiques et des glandes ganglionnaires, à y déterminer ces engorgements qui, développés dans l'enfance, prédisposent aux affections scrofuleuses et tuberculeuses, si difficiles à détruire.
On découvre facilement ces insectes acariens par le moyen de l'éclosion des œufs d'acarus qui se trouvent empâtés dans les croûtes de la teigne. Ces croûtes doivent être d'une faible épaisseur, de manière à être translucides à l'examen microscopique. Les insectes broient les substances dont ils se nourrissent en opérant un mouvement de friction des mandibules l'une contre l'autre, dans un sens vertical. Ils ont deux paires de pattes thoraciques et deux paires abdominales.
Observation microscopique. — Vus à sec, les débris épidermiques sont transparents et présentent peu de globules. Ces mêmes débris humectés montrent une multitude de globules sphériques, peu irréguliers, blanchâtres, plus petits d'un quart environ que les globules de sang qui se détachent de la membrane épidermiquc; pas de traces de tubercules, de filaments, do champignons; quelques globules sphériques noirs
(monades) semblables aux globules du pigmentum et doués de mouvements très faibles de translation et de latéralité. Le bulbe des cheveux est détruit; ces appendices sont cassants, cependant leur canal intérieur est libre, la couche extérieure présente de loin en loin des renflements dans toute la circonférence ou sur les parties latérales.
Le favus scutiforme se change en favus urcéolaire après une première épilation de la tête.
Le cuir chevelu est le siège de prédilection du favus.
Des affections constitutionnelles, dartreuses, scrofuleuses, accompagnent l'éruption cryptogamique.
Les croûtes faveuses sont du pus desséché, ou un produit altéré de sécrétion folliculaire.
Il n'y a pas, selon Deffis, de différence entre le favus scutiforme et le favus urcéolaire. Les godets dans l'un et l'autre cas sont réunis et déformés par suite de la pression qu'ils exercent les uns sur les autres dans leur développement.
On croit guérir par les émollients : les éruptions symptomatiques disparaissent; mais la diathèse persiste et le mal se reproduit souvent sous une forme différente.
On ne doit pas croire à la guérison d'un malade affecté de la teigne, tant qu'il portera au cuir chevelu ou ailleurs des éruptions dartreuses ou scrofuleuses.
Des théories fausses ne peuvent engendrer autre chose qu'une thérapeutique impuissante. On sait combien ces guérisons proclamées définitives sont éphémères et ne tardent guère à se démentir. On fait tomber les croûtes; la peau, momentanément assainie, ne présente aucune trace extérieure de l'infiltration albumineuse; mais lorsque cette infiltration augmente, l'affection présente ces caractères extérieurs qui la font reconnaître et qui constituent, pour beaucoup de médecins, non des symptômes de la maladie, mais la maladie ellemême. Ce sont des émonctoires dont la nature se sert pour débarrasser les malades des produits excrémentitiels détenus dans la peau.
Selon J. Hogg, les parasites se trouvent dans presque toutes les maladies de la peau; ils sont le produit et non la cause
de la maladie; les parasites existent dans tous les produits morbides.
Toute méthode thérapeutique, pour avoir chance de durée, doit être fondée sur des indications précises. Une médication ne peut s'établir lorsque son rôle est méconnu. Les moyens curatifs qui ne s'appuient sur aucune raison scientifique ne peuvent trouver de nombreux partisans parmi les médecins.
On a cru longtemps que la teigne était produite par la pourriture des cheveux, par un vice spécial des humeurs, par une altération de certains produits de sécrétion. La nature du mal étant inconnue, le rôle de la médication devait l'être aussi. Arrivée à un certain point, l'infiltration albumineuse soulève l'épiderme qui se ramollit et cède à la pression, un suintement s'établit d'un liquide albumineux transparent qui détache et déchire l'épiderme, une véritable suppuration s'établit dans la couche muqueuse, il y a formation de croûtes impétigineuses plus ou moins épaisses qui se concrètent sous l'action de l'air et se détachent par desquamation ; la peau est assainie de toute l'exsudation et de toute la suppuration produite, et se recouvre d'un épiderme de nouvelle formation. Elle paraît dans le plus grand nombre de cas saine sans l'être cependant.
L'engorgement des glandes lymphatiques de l'occiput ou du cou est un des symptômes de la teigne.
La teigne a son siège dans le tissu réticulaire qui s'engorge; les papilles nerveuses, qui sont comme enchâssées dans le tissu réticulaire, sont vraisemblablement le siège des démangeaisons et des cuissons qui tourmentent les malades.
Teigne faucheuse, achorion Schœnleinii, teigne tonsurante, trichophyton tourneur, pelade, microsporon Auduini. Le trichophyton tonsurans produit tantôt des vésicules, tantôt des pustules ou des papules.
La papule achromateuse est confondue avec le vitiligo. Période de germination : le champignon est alors visible'; symptômes : prurit, éruptions fugaces, vésiculeuses, pustuleuses, érythémateuses, avec hypersécrétion d'épiderme, altération primitive des poils, cheveux secs, ternes; ils portent des nœuds et des rétrécissements, ils changent de couleur, sont
rougeâtres, gris souris, blanc d'argent. Sur des surfaces où la peau ne paraît pas altérée, on voit des bouquets de poils, les uns rougeâtres et ternes, les autres fins et sensiblement décolorés.
Période d'état : prurit; le végétal parasite paraît au dehors et se développe; ce sont des croûtes jaunes dans le favus, des lamelles blanches et nacrées dans la teigne tonsurante, un léger duvet blanchâtre et grisâtre dans la pelade. Tantôt le champignon est seul, tantôt il se trouve mêlé à des débris épidermiques, à la matière pigmentaire. En même temps se manifestent d'autres éruptions symptomatiques, ordinairement accompagnées de prurit et de cuisson; elles dépendent d'une altération plus profonde de la peau, aussi disparaissent-elles moins rapidement que les éruptions primitives. Altération plus avancée des poils qui sont friables, lanugineux, tortillés, décolorés, cassants. La calvitie est temporaire ou permanente.
Période de déclin caractérisée par une calvitie définitive, résultant de la destruction de la papille pileuse et de l'oblitération du canal pilifère. Souvent le champignon disparaît avec les éruptions symptomatiques et le malade se trouve guéri.
Les éruptions artificielles compliquent les affections parasitaires. Les topiques irritants amènent des poussées impétigineuses.
Les éruptions impétigineuses plus ou moins confluentes ne peuvent dépendre des poux, mais elles sont causées par l'état diathésique de la peau.
Les sporules du parasite pénicellien produisent sur le sang, l'albumine, etc., les mêmes effets que Tachorion.
Hallien, en 1864, essaya de s'inoculer sur les bras des sporules du pénicellien pour avoir l'herpès ou le favus, et sans réussite. Il déduit de ce fait qu'une prédisposition de la peau est indispensable pour que le parasite se développe. Cette prédisposition, pour moi, est l'infiltration albumineuse qui favorise le développement du parasitisme, soit végétal, soit animal.
L'inoculation du favus réussit à produire l'affection parasitaire .
Le D' Stark a fait la même expérience, et dans deux cas il a obtenu une éruption herpétiforrae. Il considère que chez les individus dont les cheveux ne peuvent être envahis par les favus, cette affection ne peut produire l'herpès. Lorsque le favus est modifié avantageusement par des causes favorables, l'affection est modifiée en herpès tonsurant. (Pick.)
Le pénicellien glaneur, selon Pick, peut produire le favus et l'herpès tonsurant selon les circonstances, c'est-à-dire selon l'état diathésique.
L'aspergille est la cause du pityriasis versicolor qui accompagne quelquefois l'herpès et le favus. La cause du prurit est inconnue.
Plaques lichenoïdes, cercles herpétiques. On prend l'aspect des croûtes impétigineuses, c'est-à-dire la forme d'une substance excrémentitielle, pour caractériser une maladie et les variétés de cette maladie.
Les véritables teignes sont dues à des parasites.
La teigne est une maladie spéciale de l'homme. La teigne n'est pas une affection spontanée chez l'homme; elle lui est transmise. Ses agents de transmission sont les mêmes qui opèrent dans les affections contagieuses et propagent la plupart des fluides contagieux. C'est une question à l'étude de laquelle je me suis livré depuis un grand nombre d'années, et dans des contrées favorables. Je me propose de faire connaître les résultats de mes recherches lorsque je serai parvenu à les rendre plus complètes.
Il suffit d'un atome, d'un fluide contagieux, pour occasionner la propagation de ce principe, après une période plus ou moins longue d'incubation.
Une lésion occasionnée par la piqûre d'un pulex, etc., favorise le développement de la teigne en appelant sur cette partie l'application du véhicule d'un mal contagieux et en établissant une disposition qui permet la facile inoculation de ce mal.
Les vaisseaux lymphatiques aboutissant à ces petites plaies absorbent le pus ou servent de véhicule à ces insectes euxmêmes qui, pénétrant dans ces vaisseaux et dans les glandes.
produisent leur inllaniinaLioii, et occasionnent des engorgements qui se prolongeant à l'état chronique, deviennent la source d'un grand nombre de tumeurs et le prélude trop fréquent de la phtisie pulmonaire.
Quant à l'existence des acariens parasites dans les vaisseaux et ganglions lymphatiques, j'en prouverai la possibilité non chez l'homme, mes recherches n'ont point été dirigées de ce côté, mais chez les oiseaux, etc.
Quand l'ulcère commence à se cicatriser, c'est l'époque la plus favorable à l'absorption du pus.
La nature contagieuse de la teigne faisait soupçonner que cette maladie reconnaissait la même étiologie que le scabies. La malpropreté favorise le développement de la teigne. On ignore quelle est la cause prochaine d'un grand nombre de maladies cutanées.
L'engorgement des glandes lymphatiques de l'occiput, du cou, est un des symptômes de la teigne.
L'altération et la chute des poils sont les conséquences ordinaires du favus. Le favus du cuir chevelu provoque souvent une inflammation chronique des ganglions lymphatiques du cou et de l'occiput. Cette gangliite n'est pas constante. Le favus ne se développe pas sur le cuir chevelu des personnes chauves dont les follicules pilifères sont atrophiés ou ont disparu. La plante des pieds et la paume des mains privées de follicules sont aussi à l'abri de cette affection.
Les bains de mer prolongés suffisent pour guérir la teigne et la gale.
L'invasion des vaisseaux et des ganglions lymphatiques par l'agent producteur de la teigne rend difficile la guérison de cette maladie par des moyens purement extérieurs et locaux. Il faut également avoir recours, pour obtenir une guérison complète, à l'application des remèdes intérieurs. Chacune de ces méthodes prise isolément est incomplète. C'est de leur concours que le praticien peut espérer un résultat complet.
Le mercure et les préparations sulfureuses, arsenicales, antimoniales, réussissent en détruisant les sarcoptes.
Découverte des spores de l'achorion dans l'air qui entoure les malades atteints de favus.
Gale. — Dartres.
L'expérience nous apprend que la connaissance de l'étiologie d'une maladie a toujours eu pour eifet sa guérison. L'empirisme des moyens cède, dans ce cas, la place à l'application raisonnée des médicaments. La polypharmacie, produit inévitable des tâtonnements en thérapeutique, accuse constamment l'impuissance de l'art devant une cause ignorée; mais du moment que le mystère est dévoilé, toute hésitation cesse dans l'emploi des remèdes; ceux-ci deviennent alors moins nombreux et plus efficaces, et leur influence sur les maladies n'est plus un problème insoluble pour le médecin comme pour le chimiste.
Le traitement de la gale, par exemple, s'est perfectionné facilement, après la découverte de l'acarus qui produit cette aff'ection cutanée. Cet insecte, observé depuis longtemps par plusieurs savants, découvert de nouveau par Gales en 1812, n'a été reconnu définitivement, dans le monde médical, comme une cause productive du scabies, qu'après que son existence fut démontrée d'une manière évidente par Rennecé en 1834. Il a bien fallu, dès lors, séparer la gale des phlegmasies et la classer comme affection narasitaire. Aujourd'hui personne n'ignore que les préparations sulfureuses et autres qui guérissent cette maladie, n'agissent qu'en détruisant ce parasite, et ne doivent leur efficacité qu'à leurs propriétés insecticides.
De temps immémorial, l'acarus de la gale, sous le nom (ïarador, était connu des populations de l'Amérique méridionale. Les Indiennes, naturelles du pays, et les femmes du peuple savaient, à l'aide de la pointe d'une épine, poursuivre et extraire l'arador du fond des cellules où il s'abritait, et le détruire ensuite sous la pression de leurs ongles. Tandis que les hautes conceptions de la science classaient cette affection superficielle de la peau, si simple dans sa nature, dans la
catégorie des inflammations vésiculaires, il était démontré qu'il n'était nécessaire, pour en obtenir la guérison, que de soins de propreté et d'un simple nettoiement débarrassant l'épiderme des insectes qui le salissaient. C'est ce fait trivial qui est venu remplacer, relativement au scabies, les opinions qui le comprenaient dans le vaste cadre des doctrines régnantes.
Un pareil exemple est bien propre à rendre modestes ceux qui, placés sur les hauteurs de la science, s'en constituent les interprètes, et semblent parfois se proposer d'avoir plus de savoir que la nature elle-même, qu'ils sont chargés d'étudier et de bien connaître.
Malgré l'évidence du mode d'action de l'acarus, une tentative désespérée fut faite par un éminent dermatologiste de l'école de Paris pour étouffer cette vérité naissante et conserver l'erreur que le temps avait consacrée. Le sarcopte fut présenté par lui, non comme cause, mais comme effet de la gale. Ce fait et beaucoup d'autres encore, qu'il serait trop long de citer, offrent un utile enseignement et démontrent combien il est difficile de mettre en lumière des vérités nouvelles et de leur faire accorder le droit de cité dans le monde médical. Ils me rappellent également que Fontenelle, une des grandes célébrités de son époque, étant arrivé au terme de sa longue et laborieuse existence, disait avec beaucoup de prudence : « Si j'avais les mains pleines de vérités, je me garderais bien de les ouvrir. »
Acarus des dartres. Acarus elegans. — Cet acarus, semblable à l'acarus de la teigne (variété faucheuse) pour ses dimensions et sa forme, présente sous les parties latérales et inférieures de l'abdomen deux taches oblongues, transparentes, qui paraissent des organes pulmonaires. Il est globuleux ; le poil de la première paire de pattes est très long et très raide; les deux appendices poilus caudals sont également longs ; les mandibules sont garnies de poils très courts. Quelquefois un peu de lumière fait apercevoir une plaque brune entre le thorax et l'abdomen, l'acarus étant vu par dessous et dans l'eau. Cette apparence est due à une petite couche d'air retenue dans cette
partie au-dessous de l'eau. Cette couche ne tarde pas à se dissiper et la tache à disparaître.
Les éruptions dartreuses sont des efflorescences qui indiquent une affection plus générale et plus profonde, l'existence d'un filon morbide. Ces éruptions sont le résultat d'un travail élémentaire, conséquence d'une loi de l'organisme malade, comme les fonctions des organes s'exécutent d'après les lois qui régissent les organes à l'état physiologique. Cette loi consiste en ceci, que la peau hypertrophiée par des produits albumineux ne décèle son état maladif que dans certaines conditions, telles que la pression de la peau, son insolation, le contact d'un corps chaud, l'impression d'un froid vif, l'ingestion d'une substance épicée, l'usage des boissons alcooliques, etc., ou simplement un excès ou surabondance des produits excrémentitiels infiltrés dans l'intérieur de la membrane cutanée; alors des vésicules se forment; l'épiderme soulevé se crève, laisse suinter à l'extérieur un fluide albumi neux qui se concrète en croûtes impétigineuses, lesquelles se détachent, tombent sans laisser de cicatrice; la membrane tégumentaire se revêt d'un épiderme de nouvelle formation et paraît jouir de tous les attributs d'une membrane saine. Cependant la peau assainie imparfaitement renferme encore des germes morbides que la première élimination n'a point épuisés, et qui ne tardent pas à produire un nouvel état d'intumescence hypertrophique qui, sous l'action des mêmes causes extérieures ou intérieures, produit de nouveau une vésication suivie de croûtes.
Les efflorescences des dartres mettent en évidence l'existence de la diathèse herpétique. Elles sont dues à l'accumulation en excès sur des points déterminés de la peau des produits excrémentitiels albumineux. Cette exsudation, en rejetant une partie de la matière excrémentitielle, assainit la peau de toute la quantité qui a été rejetée. Ma méthode de traitement tend à l'assainir entièrement et sur de grandes surfaces, en renouvelant fréquemment ces exsudations sur les mêmes points, par la cautérisation superficielle répétée de cette membrane.
Le virus dartreux est caractérisé par l'élément reproducteur
de l'affection herpétique, qui propage la maladie, et par son développement détermine l'état diathésique.
Les dartres contagieuses sont des affections parasitaires et non des affections constitutionnelles. La syphilis constitutionnelle n'est pas elle-même contagieuse, à proprement parler.
Inflammation. — Oreillons. — Eruption miliaire. Rougeole. — Phlyctènes.
Boutons de chaleur. — Erysipèle. — Excroissances.
L'ichthyose. — Zona.
On a désigné en médecine sous la dénomination d'inflammation l'état des organes de la peau, par exemple dans l'érysipèle, présentant rougeur, chaleur, tuméfaction et douleur ; c'est-à-dire qu'on a caractérisé les maladies par les symptômes les plus notables et visibles qu'elles présentent, sans s'occuper de l'état intime delà maladie. Dans l'état inflammatoire le sang est plus riche en fibrine. L'albumine fait constamment la base de la suppuration, - des croûtes, suintements, sérosité concrétée. Les affections cutanées, pour la plupart, sont transmissibles et contagieuses. Les maladies de la peau provoquent fréquemment l'engorgement des ganglions lymphatiques sous-jacents. Les affections cutanées n'ont presque jamais de gravité par elles-mêmes. Le mucus se concrète, s'étend en nappe sur la muqueuse, prend le plus ordinairement une apparence membraneuse et finit même par s'organiser quelquefois au moyen de vaisseaux en communication avec la membrane muqueuse.
Le gonflement douloureux des ganglions lymphatiques précède généralement les symptômes d'inflammation cutanée.
Les oreillons consistent en une simple fluxion du tissu périglandulaire, et cette fluxion ne se termine jamais par suppuration.
Une éruption miliaire occasionnant une vive démangeaison est produite par des larves d'acariens développées sur le blé altéré par les grandes pluies. Ces parasites épizoaires ne produisent qu'une maladie fugace et non transmissible.
Les éruptions de rougeole disposent aux gangrènes.
Il existe des animaux et des végétaux qui produisent sur la peau une vésication en inoculant à cette partie un venin sécrété par eux; telles sont la taxentule (lycosa tarentulà), la. segestrie [segestria ullaria), qui donnent lieu par leur morsure à une enflure de couleur livide avec phlyctène.
Les alfections exanthématiques chroniques se lient à l'existence des diathèses acquises, comme l'est la syphilis, ou originelles, comme les affections herpétiques, scrofuleuses, etc. Dans les maladies diathésiques, ces manifestations exanthémateuses se font attendre beaucoup plus longtemps. Dans la diathèse herpétique, dans la diathèse scrofuleuse, elles peuvent n'arriver que cinq, dix, vingt, quarante ans même après, et pendant toute cette période d'incubation demeurer silencieuses. Les affections herpétiques des muqueuses se développent aussi primitivement, et sont les premières mani festations de la diathèse.
La diarrhée ou catarrhe intestinal accompagne fréquemment les cautérisations étendues de la peau. Je les combats avec l'usage du sulfate de quinine. C'est un effet de simple dérivation. Des manifestations diathésiques, syphilitiques, herpétiques et scrofuleuses, peuvent avoir lieu en même temps vers la peau et vers la membrane intestinale.
Les affections catarrhales ne sont que des exanthèmes de la muqueuse.
Une bronchite chronique est-elle survenue d'un refroidissement, le refroidissement n'a été que la cause occasionnelle.
Les exanthèmes cutanés se développent sous l'influence d'une exagération dans les sécrétions normales et surtout d'une viciation de ces sécrétions.
Boutons de chaleur, petite gale morbilleuse. — La peau est légèrement infiltrée et érythémateuse, l'épiderme est soulevé par une sérosité transparente qui devient blanchâtre et enfin purulente. Cette sérosité se manifeste par des points agminés disséminés. Bains, frictions sulfureuses; prurit provoqué par la sueur et la chaleur du soleil.
L'énjsipèle est contagieux, non par inoculation, mais par infection (c'est tout le contraire qu'il aurait fallu dire) ; seulement, il faut pour contracter la maladie une prédisposition ou une aptitude spéciale de l'économie, et souvent aussi une plaie préalable, qui sert de porte d'entrée à l'élément infectieux.
L'érysipèle se développe sous l'influence de la malpropreté, l'attouchement des plantes vénéneuses, le contact de certains insectes ou des humeurs qui s'échappent de leurs corps, les piqûres d'instruments imprégnés d'humeurs animales en putréfaction, l'inoculation de la vaccine, de la variole, etc.
Lorsque les produits de sécrétion morbide séjournent à la surface des membranes muqueuses, ils produisent des e^rcrozssances. Le tissu cellulaire qui les double s'engorge de même, s'épaissit et devient dur ; alors leur volume augmente ; ils s'avancent en dehors, plus ou moins en saillie; tantôt ils s'aplatissent, tantôt ils prennent une forme globuleuse; avec le temps une sécrétion morbide s'établit sur leur superficie, des ulcérations surviennent sur les portions qui sont les plus soumises aux froissements, aux tiraillements, aux déchirures.
Rugosités saillantes et dures comme la peau de l'éléphant. Dans certaines circonstances il n'y a pas de sécrétion. Ces tumeurs sont formées d'une peau épaisse et dense, adhérente au tissu cellulaire, dont les lames sont appliquées et pressées les unes contre les autres, de telle sorte qu'il est difficile de reconnaître la structure des parties et que l'excroissance présente une apparence de couenne de lard. Les ulcérations qui se montrent à la surface paraissent commencer par des inflammations et des suppurations partielles des lollicules sébacés; elles s'étendent sous l'influence des causes qui les ont produites.
Les parties hypertrophiées perdent leur sensibilité morbide; elles augmentent peu ou restent stationnaires.
L'ichthyose est caractérisée par un développement morbide des papilles et un épaississement des couches épidermiques. C'est toujours aux endroits où la peau est naturellement plus épaisse et l'épiderme plus rude, autour des articulations, à la
partie antérieure et externe des membranes inférieures, au devant de la rotule, à la partie postérieure de rolécrâne,etc., que l'épiderme altéré acquiert le plus d'épaisseur. Elle manque aux aines, aux aisselles, sur tous les points oii la peau est douce et d'une grande finesse. On l'observe aussi très rarement à la plante des pieds et à la paume des mains.
Zona; virus psorique, dca-treuœ, syphilitique^ scrofuleuœ, etc. — L'éruption plus fréquente du zona sur un côté du corps que sur l'autre dépend du décubitus des sujets qui en sont atteints. Le zona ne peutdéterminer qu'un demi-zona. Toute la partie du corps qui, dans le sommeil, est en contact avec les garnitures du lit ne peut être atteinte par la cause qui le produit. Pour former un zona complet, il faudrait qu'un mouvement de déplacement du corps du sujet plongé dans le sommeil s'exécutât dans le même moment et dans le même sens que celui de la progression de l'insecte, livrant ainsi à son contact successivement toute la circonférence du corps ; signaler la possibilité de cette coïncidence, c'est démontrer qu'elle ne doit se présenter que très rarement. On retrouve dans ce pays l'opinion vulgaire, mais très généralisée, que lorsque la tête de la culebrilla (zona) se réunit avec la queue^ la mort est inévitable. Il y a près de deux mille ans que Pline émettait cette même opinion. Ce fait prouve avec quelle fidélité se conservent les traditions populaires à travers le cours des siècles. Cependant, cette opinion offre ce côté vrai que, dans le zona circulaire, s'il s'en présente quelquefois, l'affection embrassant une étendue plus considérable, doit être plus douloureuse, et l'infection générale doit occasionner des symptômes plus graves. 11 ne faut pas perdre de vue que ce n'est pas une affection éruptive qui sort, mais une affection inoculée qui entre. L'éruption des vésicules sera plus prompte dans les points où l'inoculation aura pénétré plus profondément, et vice versa. Les parties recouvertes de cheveux et de poils abondants, telles que la tête et le pubis, seront rarement atteintes de zona. L'interposition de ces tapis pileux entre l'insecte et la peau préserve en totalité ou du moins en partie
cette membrane du contact des appendices vésicants, et si des vésicules viennent à se développer sur ces parties insuffisamment garanties du contact de l'insecte, elles seront constamment moins nombreuses, moins volumineuses et leur éruption sera plus tardive. Le venin de l'insecte agit à la fois sur le système nerveux local et produit des symptômes d'infection générale qu'il convient de combattre par des neutralisants et des purgatifs. Cette affection a une grande analogie avec les vésicules qui se développent sur les lèvres et au pourtour des fosses nasales et qui sont produites par des acariens. Les vésicules contiennent, en se desséchant, de petits fragments de tissu cellulaire entièrement séparés de la peau, frappés de sphacèle ou de taches; ces fragments vus au microscope offrent l'aspect d'une petite éponge imbibée d'un fluide huileux. L'esprit de l'homme est très limité, le moindre insecte se joue de notre perspicacité. Il est probable que cette propriété vésicante des griffes et des appendices poileux de cet insecte n'est pas constante, qu'elle se développe soit dans un état maladif, soit dans un état de gestation des femelles.
La science regorge de faits ; les efforts doivent être maintenant dirigés vers le lien synthétique qui portera la lumière dans ce chaos.
Contagion.
Herpès labialis, praepulialis, nasalis, etc. Coryza. — Variole. — Vaccin.
La contagion résulte du développement des germes reproducteurs introduits dans l'économie humaine par inoculation tégumentaire. L'humidité, en favorisant l'éclosion et la propagation des germes, favorise la contagion. L'importation des maladies contagieuses procède généralement par les voies maritimes.
Les seuls intermédiaires susceptibles de recéler et transmettre la contagion sont les matières végétales et animales hygrométriques qui favorisent le développement et la propagation des acariens. Exclure de ces substances celles qui sont insecticides, telles que le camphre, les huiles, les essences, le goudron, les aromates, etc. L'importation mystérieuse, à longues distances, de la contagion au moyen des substances animales et végétales, s'explique par l'existence des acariens à la superficie ou dans l'intérieur de ces substances, aux dépens desquelles ils vivent. Tous les moyens de désinfection sont des préparations insecticides, telles que les fumigations aromatiques, les chlorures, le vinaigre, l'acide sulfureux, etc.
Les substances qui exhalent une odeur fétide, et que l'on considère avec raison comme le siège des atomes pestilentiels, sont fréquemment recouvertes d'une multitude d'acariens ou agents d'infection qui inoculent, sous la forme d'un atome, un venin septique dont les germes reproducteurs propagent, après une période plus ou moins longue d'incul)ation, dans l'économie, le principe des plus graves affections.
Grâce aux recherches microscopiques, les acariens, ces agents d'infection imperceptibles à l'œil nu, et qui pendant si longtemps ont échappé aux investigations de la science, sont désormais connus, et leur action délétère cesse d'être un mystère.
Il semble que les fièvres des camps, des prisons, et celles qui se développent au sein des grandes agglomérations d'hommes, ou par suite de leur entassement dans les lieux humides, malsains et étroits, reconnaissent pour origine une semblable cause. N'est-il pas dans la nature des fluides viciés et des principes virulents, capables, introduits dans l'économie humaine sous la forme la plus infime, de déterminer les symptômes les plus effrayants, les fièvres du plus mauvais caractère? Ici nous trouvons tout à la fois l'agent de l'inoculation et le virus qui occasionne le mal.
Les acariens se transportent sur l'enveloppe tégumentaire de l'homme et des animaux par locomotion ; mais cette voie est la moins ordinaire. Ce sont les mouches domestiques, auxquelles ils s'attachent, qui leur servent le plus habituellement de véhicule. Ces diptères, attirés par les matières en décomposition sur lesquelles vivent les acariens, sont fréquemment envahis par eux et les transportent, soit sur l'homme, soit sur les objets qui l'entourent. On reconnaît les mouches atteintes de ces parasites à leur apparence maladive, à leur importunité et à l'obstination qu'elles mettent à se poser au pourtour des ouvertures des membranes muqueuses de l'homme et des animaux. Elles transportent sur ces orifices les acariens qui les tourmentent et s'en débarrassent au préjudice du nouvel hôte qui les reçoit. La présence de ces insectes sur les lèvres et au bord des narines occasionne une vive démangeaison et des boutons vésiculeux, semblables à des boutons de gale, dont l'éruption s'accompagne d'une réaction fébrile éphémère. Ces éruptions phlycténoïdes partielles sont connues sous les noms d'herpès labialis, prseputialis, nasalis, etc.
Lorsque leur action s'exerce plus profondément, dans l'intérieur des fosses nasales, elle détermine un coryza plus ou moins violent, avec état de réaction fébrile catarrhale qui cède * à l'application, plusieurs fois par jour, des oléagineux sur la memljrane pituitaire, et plus rapidement encore à l'emploi de l'huile essentielle d'orange ou de citron. Ces moyens très simples détruisent le parasite et déterminent presque instantanément la cessation du mal local. L'état fébrile cède, dans ces
légères affections, à l'usago do quelques grains de sulfate de quinine.
Dans un grand nombre de cas, on doit attribuer la contagion de la variole, pendant ses périodes de suppuration et de desquamation, à ces mêmes agents d'inoculation et aux diptères qui leur servent de véhicule. Aussi parvient-on à réduire considérablement la contagion de la variole en soumettant promptement au lavage les linges des varioliques et en leur frottant le corps, deux fois par jour, avec l'axonge cicutée récemment préparée. Ces essais ont été faits par moi dans le but de garantir de la contagion des troupes entièrement composées d'individus non vaccinés et habitant le môme local. Parmi eux se trouvaient plusieurs de leurs camarades, arrivés depuis peu de jours, et atteints d'éruptions varioliques, contractées dans la ville de Cariaco, où cette épidémie régnait alors. J'obtins le succès le plus complet. Pour des raisons qu'il serait oiseux de faire connaître ici et qui ne tiennent qu'aux mœurs locales et aux exigences du moment, il fut impossible aux généraux de séparer les malades du reste des troupes, et je dus traiter les courriers de Cariaco au milieu des autres soldats en bonne santé. Tous guérirent et je n'eus pas un seul cas de contagion à regretter. Plus tard, dans une occasion pareille et des circonstances identiques, j'employai les mêmes moyens, qui me donnèrent les mêmes résultats.
Il sera facile de répéter ces expériences dans les hôpitaux des grandes villes où la variole se trouve, en quelque sorte, à l'état endémique. On pourra arriver à enrayer la contagion dès l'apparition du mal et même à localiser complètement celui-ci.
Le principe virulent du vaccin ne réside pas dans les substances dissoutes qui forment la base du plasma de lasérosité vaccinale, mais bien dans les éléments solides flottants dans cette sérosité.
Chancre. — Cancer. — Squirre et Tumeurs composées.
Affections charbonneuses.
Pustule maligne. — Une variété de Pustule maligne.
Âmpolla de ganado.
Bubon. — Affections angineuses. — Furoncle.
L'induration du chancre, la pléiade ganglionnaire qui suit l'accident primitif, n'est que l'effet de l'intoxication de l'économie. Tout chancre qui se développera sur un individu atteint de diathèse syphilitique et herpétique, sera toujours induré, quelle que soit la malignité du virus.
Le chancre me paraît avoir pour point de départ la couche de Malpighi. Le bubon virulent ou la généralisation du virus se forme, non par les lymphatiques, mais par l'intermédiaire des cellules plasmatiques.
Le cancer est une tumeur qui tend à s'accroître indéfiniment, à envahir tous les tissus avec lesquels elle est en contact; qui tend à s'ulcérer, à infecter l'économie tout entière; qui se reproduit sur place ou ailleurs. (Nélaton.) Pour le chirurgien, les tumeurs fibro-plas tiques sont des cancers plus favorables que les autres.
Les tumeurs cancéreuses dépendent d'un vice interne préexcitant au développement des tumeurs. Le cancer du sein est quelquefois dû au développement d'une dartre du mamelon et de son aréole, ou à la suite d'un érysipèle. Généralement les douleurs cancéreuses sont vespertines ou nocturnes.
Cancer : Altération et stase de la lymphe; altération géviérale. — L'affection cancéreuse éclôt et réside primitivement sur le système tégumcn taire intérieur ou extérieur, à l'exclusion de tout autre. Tout cancer est primitivement local comme la cause qui lui a donné naissance, et par conséquent,
c'est consécutivement aux désordres locaux et aux effets d'absorption que l'affection revêt une forme générale (cachexie cancéreuse).
Cancer : Productions anormales; masses fibreuses; ulcère cancéreux. — Les productions cancéreuses se développent généralement lentement et sans fièvre.
Action délétère de la matière morbifèque sur l'économie animale. — La premièrê série des symptômes dépend du seul fait du développement du produit morbide au milieu d'un tissu vivant, et de la somme d'activité que consume ce développement. Altération du mouvement nutritif général ; diminution graduelle de l'embonpoint et des forces. L'ulcération est le dernier terme du progrès des affections cutanées. L'ulcération peut marcher à la cicatrisation, ou au contraire s'étendre de plus en plus. Il peut y avoir repullulation du produit morbide, soit dans le lieu môme où il existait, soit ailleurs. La repullulation du cancer sur place, ou sur des points éloignés, procède des germes et de la faculté qu'ils ont de se multiplier, c'est-àdire d'étendre les limites de l'affection primitive. Il est évident que l'existence dans l'économie humaine d'une cause douée de facultés de transport, de déplacement volontaire et de propagation, rend presque impossible la localisation limitée de l'affection que cette cause occasionne. Il devra en résulter au contraire la disposition presque constante du mal à se généraliser. C'est en effet ce qui arrive pour l'éléphantiasis. Cette affection étant constituée par des germes animés produit une accommodation des tissus envahis à l'action de la cause qui les envahit. Nous ignorons les actions moléculaires qui s'opèrent au sein de la matière vivante, soit à l'état normal, soit à l'état anormal.
Squirre; matière encéphaloïde ; végétations animales. — Le caractère de l'ulcération parasitaire sera de tendre constamment à s'agrandir en tous sens au lieu de marcher à la
cicatrisation. Ici la connaissance de l'étiologie du mal retlue sur la thérapeutique à suivre et lui impose ses déductions logiques.
Tumeurs composées. Infection du sang et des autres liquides. — Le foyer de l'infection doit être détruit. L'efficacité de la pâte arsenicale dans le traitement du cancer est due à la propriété dangereuse qu'elle possède d'être absorbée par les tissus. Non seulement l'arsenic détruit en masse les tissus où siègent les insectes, mais il atteint encore ceux qui, placés à une certaine distance dans le rayonnement de la tumeur cancéreuse, paraissent devoir se soustraire à l'action d'agents de cautérisation dont l'action est purement locale.
Les prédispositions héréditaires au cancer resteraient sans effets sans l'action des causes déterminantes. Le virus vénérien produit des fongus dans la dure-mère. Les tissus vivants sont dévorés par le cancer. La diaphorèse est activée par la chaleur, par l'ingestion des aliments fortement condimentés et des boissons alcooliques, l'outrance des exercices violents, etc.; elle est contrariée dans ses fonctions éliminatrices par le froid humide, les topiques réfrigérants, l'humidité appliquée sur les téguments extérieurs ; alors des métastases plus ou moins dangereuses s'opèrent de la périphérie vers le centre et donnent lieu à des névralgies, à des douleurs rhumatismales et à d'autres phénomènes morbides selon le siège occupé par l'affection parasitaire. La guérison est complète quand la peau malade, débarrassée et nettoyée de tous les germes morbigènes, a repris sa souplesse normale. Il faut savoir oser. La timidité est mauvaise conseillère, et ne saurait être que funeste dans les cas de grande gravité à des hommes plus autorisés, à ceux qui, placés sur les hauteurs de la science, embrassent tous les faits, et sont appelés à les unir par un lien synthétique.
On a dit que le cancer n'était que des hydatides altérées.
Des germes déposés dans nos tissus et y trouvant toutes les conditions de leur développement s'y multiplient.
Le tissu cellulaire ambiant subit une transformation qui le rend fibreux.
L'affection charbonneuse est produite par la présence dans le sang de vibrions et de bactéries.
Première phase d'apparition du mal : Elaboration du virus; sa résorption, sa diffusion dans le torrent circulatoire.
Le phénomène primitif fondamental de la pustule maligne est l'altération septique ou fermentation putride. '
Le charbon ou la septicémie qui le constitue. Le cadavre est un organisme charbonneux.
M. Davaine attribue la pustule maligne à l'inoculation de bactéridies déposées dans les tissus, et se généralisant après une période d'incubation. La sérosité des pustules est pleine de bactéridies.
Acarien d'une variété de pustule maligne : ampolla de ganado. — Cet acarien est un insecte de 4 à 5 millimètres de longueur, assez semblable à une punaise quand il est repu de sang. Il a huit pattes à tarses articulés, terminés par deux crochets ; tête angulaire, abdomen ovalaire tuberculé sur les bords, d'un blanc sale; corps plat. Il est nocturne; il court avec une grande rapidité, se tient dans les fentes des masures et dans les interstices des bois de lit. Sa piqûre se présente au début comme une petite tache rouge, lancinante à la pression ; après vingt-quatre heures, elle développe une phlj'-ctène semblable à la vésicule soulevée sur la peau par la morsure du sarcopte de la gale, mais plus étendue, remplie d'une sérosité brunâtre, puis violacée, et qui devient le siège d'une vive démangeaison; les parties voisines forment une tumeur arrondie d'une couleur généralement mate.
Cet acarien pond de 20 à 24 œufs sphériques, transparents, d'un tiers environ de millimètre de longueur; transparents au moment de la ponte, ces œufs ne tardent pas à prendre une teinte brune au contact de l'air. Ils contiennent un liquide albumineux présentant des globules allongés d'un vingtcinquième de millimètre dans leur plus grand diamètre, et des traces d'un tube intestinal, premier développement de l'embryon.
L'examen microscopique appliqué aux humeurs renfermées
dans la, pustule inaligne montre des globules do sang aplatis, déchiquetés, irréguliers, mous, jaunâtres, pas un seul intact; globules monadaires sphériques en grand nombre, beaucoup plus petits que ceux du sang.
Bubon. — Le bubon scrofuleux suppure ; le bubon adénique ne suppure pas. L'adénie est un état cachectique avec hypertrophie ganglionnaire généralisée, sans autre altération du sang que oelle désignée sous le nom d'anémie. Cette maladie a trois stades caractérisés : r par le développement des ganglions du cou; 2° par l'extension de l'hypertrophie ganglionnaire aux autres régions et par le développement du foie et de la rate; 3° par une cachexie profonde et un alanguissement des plus prononcés, abcès ossifluent sur la face antérieure du sacrum.
Examiner l'acidité de la plupart des produits de sécrétion chez les individus scrofuleux. La peau est souvent le siège d'indurations indolentes. Le tissu du derme acquiert plus de densité et les aréoles sont gorgées d'un liquide. Cette maladie est corn'plexe . Les diathèses syphilitique et herpétique ne sont pas seulement produites par une surabondance des fluides blancs dans l'économie. Cette prédominance ne donnerait lieu qu'à un fait physiologique, le développement du tempérament lymphatique; mais il y a en outre une altération, une détérioration des fluides blancs occasionnée par les virus syphilitique et herpétique dans l'économie.
Dans les fièvres, les corpuscules rouges du sang se détruisent et dans les formes graves, la mélanémie se développe avec la production caractéristique de granulations pigmentaires. La diphtérie généralisée apparaît sur toutes les surfaces à vif, prête à fixer son siège partout où la peau est accidentellement transformée en une sorte de membrane muqueuse.
L'herpès labial s'accompagne souvent d'ulcérations blanches, agminées, douloureuses, des piliers et des amygdales (herpès guttural). A la peau, la lésion appelle souvent une éruption similaire. Ainsi, un furoncle sera l'occasion d'une poussée de vésicules ou de pustules qui naîtront, soit dans son voisinage, soit dans une région plus éloignée.
Il est nécessaire do distinguer doux temps dans toute éruption angineuse : l'éruption proprement dite et l'éruption générale consécutive, dont elle est l'origine. Par l'accomplissement d'une loi générale, les éruptions de la muqueuse gutturale accomplissent leur évolution avec plus de rapidité que les exanthèmes correspondants. L'épiderme et les poils sont des matières très hygroscopiques; la peau recouverte de son épiderme n'absorbe ni l'eau ni les solubles.
L'application de l'huile essentielle d'orange sur les amygdales détermine la prompte résolution de cette affection. Cessation de la fièvre et des symptômes généraux. Les germes qui occasionnent l'angine sont détruits tout à coup et il ne reste plus à combattre que l'affection simple sans intoxication générale.
L'acide phénique est employé comme agent thérapeutique. Comme son action escarrotique est généralement limitée aux couches superficielles des parties sur lesquelles on l'applique, il devient préférable, dans quelques cas, aux autres caustiques : dans des cas d'angine et de diphtérie, dans le traitement du lupus et des affections tuberculeuses, eczéma rubrum (une surface rouge infiltrée et humide). Moyens parasiticides.
Le furoncle provient de la gangrène d'un ou de plusieurs bourbillons ou prolongements celluleux coniques des aréoles du derme. Cette modification est due, comme la gangrène, à une cause spécifique qui agit directement sur la peau. La piqûre d'un acarus occasionne une inoculation sphacéleuse correspondant au point entamé par l'insecte. Si plusieurs acarus se sont attachés à la peau sur un point et par un travail simultané ont déterminé une plus grande viciation des humeurs, la tumeur développée constituera l'anthrax. Si les acarus disséminés - sur une petite périphérie opèrent leurs attaques isolément, essaim de petits furoncles constituant Vavispe?-o des Espagnols, l'anthracoïde de quelques auteurs.
Les débridements opérés dans les tumeurs furonculeuses ont pour résultat de donner un libre écoulement au virus et aux tumeurs converties en gangrène.
Le mode de développement du furoncle démontre que
cette affection reconnaît pour cause un agent extérieur. C'est le point primitivement attaqué qui offre le premier le changement de coloration, le ramollissement et l'apparition de la saillie purulente (phlyctène). La perforation est dans l'origine très petite comme la cause qui la produit. La mortification du cône celluleux suit ses périodes de développement du dehors au dedans dans la même progression que l'agent d'infection qui par son infiltration a détruit les tissus.
Fièvres.
Le typhus, la fièvre jaune, la peste, les fièvres paludéennes, les maladies épidémiques et infectieuses, sont liées entre elles par la même chaîne de symptômes; ce sont des causes originelles d'un même processus morbide qui sont mises en œuvre.
Si l'on n'avait pas considéré les émanations miasmatiques comme les causes d'un grand nombre de maladies épidémiques et contagieuses, les observateurs, au lieu de se tenir pour satisfaits sur la foi d'un nom, eussent cherché les causes do ces affections dans l'étude plus approfondie du mal.
Les fièvres paludéennes produisent un épuisement général des forces qui prédispose à d'autres maladies.
Les fièvres intermittentes, rémittentes et pernicieuses, ainsi que 'la fièvre jaune, le choléra morbus et les accidents causés par les serpents et autres animaux venimeux, reconnaissent /pour cause un virus animal ou végéto-animal dont l'introduc- /tion dans l'organisme humain se fait par voie d'inoculation. Les fluides ou virus inoculés déterminent, après une période d'incubation plus ou moins longue, des symptômes nerveux dans le principe, et plus tard une infection putride du sang et des autres fluides de l'économie, portant le trouble dans la circulation, la respiration, la digestion et toutes les autres fonctions.
Les fièvres intermittentes sont graves en raison du développement des insectes tipulaires, et ces fièvres cessent d'exister ou perdent beaucoup de leur intensité dans les forêts qui par suite de leur altitude nourrissent peu de ces insectes, quelles que soient les masses de matières végétales qui y sul)issent la décomposition putride.
^ Les Indiens, pour se garantir des fièvres, font usage de . certains préservatifs, et, lorsqu'ils habitent leurs vallées malsaines, de brasiers allumés à l'entrée de leurs cabanes pendant la nuit. Ce moyen est très efficace pour chasser les
insectes tipulaires. Ils le négligent lorsqu'ils voyagent dans d'autres localités.
De tous les moyens en usage pour se préserver de l'action énervante occasionnée par les piqûres des insectes tipulaires, le plus efficace est celui qu'emploient les Indiens, consistant à se frotter la peau avec des substances huileuses. Il est vrai que leur peau reste sans défense contre l'introduction de l'aiguillon de ces insectes; mais le contact d'une substance grasse dans l'intérieur du tube capillaire qui sert à l'inoculation du venin, suffit pour obstruer ce conduit et s'opposer à l'instillation du virus sécrété par les glandes salivaires de l'insecte : la piqûre alors perd toutes ses propriétés délétères et se réduit à une simple incommodité qui n'a rien de préjudiciable pour la santé et n'altère en rien la composition du sang.
L'expression de serpents ailés employée par Hérodote est fort applicable aux insectes tipulaires et à l'action de leurs piqûres sur l'économie humaine. Tant il est vrai de dire que la vérité apparaissait aux anciens jusque dans les fables.
La fièvre éruptive constitue plus la maladie que l'éruption elle-même. La cause préexiste à l'éruption qui n'est qu'un des symptômes de l'afi'ection générale.
Dans les fièvres éruptives simples, tout peut être prévu et calculé.
La tuméfaction apparente de la peau est due au moins en partie à celle du tissu cellulaire sous-cutané correspondant.
Le trouble général des fonctions doit être pris en grande considération dans l'appréciation des phénomènes de ces maladies et dans les règles de leur traitement. La fièvre cesse quelquefois et diminue toujours au moment de l'éruption. Plusieurs inflammations internes, et notamment des angines, se développent de la même manière à la suite d'un mouvement fébrile.
L'inflammation de la peau n'est, dans une foule de cas, qu'un des éléments des fièvres éruptives et quelquefois un des moins graves.
Les fièvres éruptives et un grand nombre d'autres affections ne présentent à leur d('l)ut que des caractères généraux