NOTICE SU» LES ESTAIT DOU ROYAIME DE FRANCE
Notice sur les Estatu dou Royaume de France et sur le Livre de Justice et de Plet.
C'est un fait désormais avéré que le pouvoir législatif des rois était extrêmement limité au moven âge. Ce pouvoir eût -il été plus étendu, l'empire de la coutume en rendait l'exercice à peu près inutile pour les questions de Droit civil.
Aussi fallut -il toute la préoccupation où les jurisconsultes et les historiens des deux derniers siècles étaient de la prérogative ro va le, et de l'activité législative en matière civile sous Louis XIV7 et Louis XV, pour faire envisager les Etablissements de Saint -Louis comme le code officiel des ordonnances et institutions de ce prince. Nos grands jurisconsultes du seizième siècle ne s'v trompaient point : témoins Chopin et Charondas, qui appellent les Établissements un vieux livre sans nom d'auteur, le livre d'un ancien praticien français, une ancienne coutume de France, cl Montksqliei incline à partager leur opinion.
Dans ces temps où le respect des textes était immense et la critique à peu près impossible, le nom du saint roi. sous le patronage duquel l'anonvrae qui les composa plaça son œuvre, valut aux Établissements une grande faveur, et les fit respecter des copistes un peu plus que les autres coutumiers de l'époque. De là vient qu'il reste des Etablissements un assez grand nombre de manuscrits parfaitement concordants entre eux.
Il ne parait pas néanmoins qu'ils aient échappé tout à fait à la destinée commune; eux aussi subirent quelques remaniements. En effet, L* Thal-massikrk eu possédait un nu-
nuscrit qui devait présenter de grandes divergences avec le texte des imprimés , à en juger par la prodigieuse différence qu'il indique ' pour Tordre des matières. C'est ce dont on pourra s'assurer par le petit tableau ci-joint du numéro des chapitres dans le manuscrit de La Tbaumassière comparé à l'édition de Ducange.
La Thaum.,
Ducange,
La Thaum.,