‹ Travaux sur l'histoire du droit françaisChapitre 224 sur 250 · D'APRÈS LE POINT DE VUE HIST. PAR M. STAHL · texte numérisé non relu

D'APRÈS LE POINT DE VUE HIST. PAR M. STAHL

ment impossible d'aliéner complètement et à toujours leur force individuelle. Que s'ils le pouvaient, le pouvoir ne serait plus tenu de bien gouverner, parce que rien ne le porterait plus à le faire.

Ainsi , ce qui se fait par la force même et la nature des choses est juste, au gré de Spinoza; et la nature des choses n'est pour lui que la nécessité logique.

Le rationalisme objectif est la négation de toute morale, de tout droit. Mais par cela même on voit qu'il ne répond point au motif originaire de la philosophie abstraite, qui est un besoin d'individualité, de liberté. Le rationalisme subjectif, qui prend pour point de départ l'existence réelle du sujet pensant, est, sous ce rapport, dans des conditions plus favorables. 11 ne déduit de la raison pure que les prescriptions morales, et admet la liberté des actions. Mais celles-ci pouvant alors être contraires aussi bien que conformes à la raison, l'unité de principe est perdue. Au reste, le droit naturel, fruit du rationalisme subjectif, s'est produit sous deux aspects distincts, soit comme théorie isolée, depuis Grotius jusqu'à nos jours, soit comme partie intégrante de systèmes philosophiques complets, dans Kant et dans Fichte.

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