DÉDUCTION GENERALE DU DROIT NATUREL
l'éthique.
Si dans Platon l'idée du bien a une existence objective et indépendante, dans la philosophie abstraite, l'éthique ne peut avoir d'autre source que la raison. La notion du devoir, la distinction du bien et du mal, ne sont rien, si je puis en faire abstraction sans détruire en même temps mon existence réelle et les formes logiques de ma pensée.
La scolastique avait préparé les voies à la philosophie moderne. Le christianisme reconnaissait à l'éthique une cause indépendante de la raison : les philosophes scolastiques commencèrent par distinguer en Dieu, comme cause du bien, une loi éternelle el sainte, antérieure à la volonté divine (comenj'tnùc cum sanctitate divina antecedenter ad voluntaiem d/\ i~ nam); les philosophes modernes substituèrent à la sainteté de Dieu la raison , et déclarèrent que la distinction du bien et du mal subsisterait en vertu de la raison, quand bien même il n'y aurait pas de Dieu (perseitas honestatis et turpitudinis). Grotiis adopte ce système; Leibnitz le soutient expressément , et \\ ou relègue les lois divines dans le droit positif, les opposant au droit naturel, qui a dans la nature humaine sa raison suffisante. D'autres prolestent, il est vrai, contre cette manière de voir, mais ils raisonnent comme s'ils la partageaient eux-mêmes. Suivant Prr-