‹ Travaux sur l'histoire du droit françaisChapitre 226 sur 250 · D APRES LE POINT DE VUE 1IIST. PAR M. STAHL · texte numérisé non relu

D APRES LE POINT DE VUE 1IIST. PAR M. STAHL

fendorf, la sociabilité el la raison humaine dérivent de la volonté de Dieu (non ex immutabili quadam necessitate, sed ex beneplacito divino) ; et il n'y a de bien et de mal qu'en vertu du commandement (impositio) d'un souverain : mais celui-ci doit à son tour avoir de bonnes raisons (justas causas et rat Zones) pour chaque commandement ! Thoiasius affirme que la raison n'est point la cause de l'éthique (principium obligationis); qu'elle en est seulement la mesure (principium cognoscendi) : mais c'est là une subtilité vaine. Ou le bien a une cause en dehors de la raison , et alors celle-ci ne suffit point à le connaître; ou la raison donne la connaissance complète du bien , et alors que devient cette cause étrangère? Cette cause, diton, est Dieu; et comme Dieu nous a donné la raison, il ne peut vouloir que ce que la raison nous dicte. Mais Dieu ne nous a-t-il donné que la raison? et les enseignements de l'histoire, par exemple, ne viennentils pas également de lui? Aussi Dieu n'est- il, dans les systèmes de Puffendorf et de Thomasius, qu'un Deus ex machina , dont le rôle est de suppléer à l'insuffisance du système el d'en masquer l'inefficacité. Après Thomasius, le Dieu disparaît de plus en plus, et dans Kant la raison est déclarée expressément la cause de l'éthique.

La notion première dont la raison déduit l'éthique (principium , dit Wolf, ex quo continuo raciocinationis filo deducuntur omnia), est , pour le rationalisme subjectif, l'existence réelle du sujet pensant, autrement 11. 30

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dît , la nature humaine. La nature humaine est déterminée eu réalité par l'individualité, par la situa tion et les destinées de chacun, par les circonstances de temps, de lieu, de nationalité; en un mot, par l'histoire : mais ainsi déterminée, elle manque de nécessité logique; et le rationalisme, impuissant à comprendre la variété féconde d'une unité vivante, repousse de toutes ses forces l'association purement syncrétique de principes multiples non ramenés à l'unité. Voilà pourquoi on adopta d'abord un seul des caractères de la nature humaine comme principe exclusif de l'éthique : Piitendouf , la sociabilité; Hobbes, la crainte1; Thohasus, le bonherfr; Leuwitz, le perfectionnement; jusqu'à ce que Kant montre enfin que ces divers principes ne sont encore qu'empruntés, et qu'il n'y a de rigoureusement nécessaires, dans la définition de l'homme, que les caractères de la rai sou et de la sensibilité. Hoffbauek a poussé encore plus loin l'abstraction; il ne déduit de la notion d'être sensible et raisonnable que le droit uaturel appliqué : le droit

1. IloBfiKs passe pour avoir nie le Droit naturel : il nVn r>t rien ; seulement il définit l'homme un être craintif, et la |>eur fait reehercher la protection, la défense, la sûreté, la riait, dominent doit se conduire un être peureux qui veut se mettre en sùrelé? tel est le problème posé par Hobris : ainsi d'autre* se sont demandé comment l'homme devait se conduire |»onr être heureux. IIokhks se rapproche de Snkoju |»ar plusieurs résultats communs; mais il m diffère essentiellement en cr qu'il admet la liberlé humaine.

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