THÉORIE DU DROIT, SUIVANT KANT
La théorie du Droit a dans Kant un double caractère : elle est l'accomplissement du Droit naturel comme théorie rationaliste , mais en même temps elle est un point d'arrêt dans le développement du principe subjectif du rationalisme.
Les devanciers de Kant empruntent encore, sans s'en rendre compte à eux-mêmes, plus d'une prémisse à l'expérience. Kant n'admet rien dont il n'ait démontré, ou dont il ne se persuade avoir démontré la nécessité logique. La liberté extérieure est dérivée de la notion de l'absolu , du général , du nécessaire. La raison veut qu'elle-même et elle seule détermine toutes nos actions; toute détermination étrangère doit donc être écartée : en nous , la passion , le désir; hors de nous, la violence extérieure. De là la loi morale ou la coercition de nous-mêmes, et la loi juridique ou la coercition d'autrui , autrement dit la liberté extérieure. Celle-ci devient alors le critérium de toutes les institutions particulières : une institution n'est justifiée que lorsque son contraire serait destructif de la liberté extérieure. Aussi Kant n'admet- il que comme moyens pour le maintien de cette liberté toutes les institutions qui, réellement, n'en dément point , et dont néanmoius aucun Etat ne saurait se passer, telles que les finances, l'instruction publique, les lois de poliee, etc. Depuis Kant, le Droit naturel, déduit jusque-là logiquement, il est vrai, mais de