V. — ANONYME. Manus tuae Domine fecerunt me
Par ces paroles, tirées du Psaume CxVIII, 73, commence un verset du répons Paucitas dierum, aux matines du premier dimanche de septembre, et la troisième leçon des matines des morts. Le texte complet du verset est le suivant : « Manus tuae Domine fecerunt me et plasmaverunt me totum in circuitu, et sic repente praecipitas me ? » Sur ce texte devait se dérouler un motet à cinq voix, original de notre transcription, qu’il nous a été impossible de retrouver.
Par un procédé inverse de celui qu’employaient les auteurs de transcriptions instrumentales, nous avons tenté pourtant de reconstituer le début du motet. Nous inspirant de la technique qu’ils appliquaient à l’ornementation d’un original vocal, mais en la retournant, nous avons découvert sous les fleurons des lignes plus simples qui dessinent, à peu de chose près probablement, la figure que révélera le Manus tuae quand on aura réussi à le découvrir. Il s’agissait simplement de « décolorer » l’adaptation instrumentale, de dénuder l’ossature cachée sous ces ornements. Nous donnons en appendice le début de ce motet hypothétique.
Les compositions connues écrites au xVI® siècle sur le même texte ne sont pas nombreuses. Un Manus tuae d’Orlando Lasso à quatre voix est conservé à la Bibliothèque de Vienne (ms. 18744) et l’on en trouve encore d’autres, anonymes, en divers manuscrits.
VI. — LOYSET COMPERE. O vos omnes qui transitis per viam, attendite et videte s1 est dolor sicut dolor meus. Audite, obsecro, universi populi, videte dolorem. Vocavi amicos et spreverunt me.
Le texte de ce motet reproduit, avec quelques changements de mots et l’adjonction de la phrase finale, qu’on ne rencontre pas dans la liturgie, un répons du samedi saint.
1. Missarum musicalium quatuor vocum cum suis motetis, liber tertius. Le motet sur lequel s’appuie Certon ne diffère qu’infiniment peu de celui du ms. Laborde, Il est reproduit par P. Wagner, Gesch. der Messe, I (1913), p. 246.