‹ Trente années dans les déserts de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 107 sur 143 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

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aussi dans quel but il essayait, avec beaucoup d’adresse, de me déterminer à le suivre au lac de la Pluie. Voyant enfin que ses insinuations et ses demi-confidences manquaient leur but, il m’avoua hautement sa résolution de tuer lord Selkirk partout où il le rencontrerait ; puis il appela. ses canots et me les fit voir : chacun d'eux portait dix hommes vigoureux, résolus et bien armés. Il revint encore à la charge auprès de moi, mais je résistai à toutes ses tentatives.

Après m'avoir quitté, il se rendit au lac de la Pluie, au comptoir de M. Tace ; ce dernier, moins enclh: ae lui à des mesures violentes, l’engagea à retourner immédiatement dans son pays. Je ne sais quels arguments employa M. Tace ; mais, deux jours après, M. Harshield se dirigea vers la rivière Rouge, laissant caché dans les bois le soldat qui, l’année précédente, avait concouru, avec Maveen, au meurtre du gouverneur. Nous ne sûmes pas bien quelles instructions avaient été données à cet homme ; il paraît que le séjour des bois ne fut pas de son goût, car il revint au fort quatre jours après.

Sur ces entretaites, lord Selkirk avait pris le fort William, que tenait alors M. Mac Gillivray pour le Nord-Ouest. De là il envoya un officier avec quelques troupes prendre possession du comptoir de M. Tace, où l’on trouva le soldat qui avait tué le gouverneur Macdolland. Cet homme fut envoyé à Montréal avec quelques autres qui avaient tenté un soulèvement après la reddition du foit William. J’ai entendu dire, depuis, qu’il avait été pendu.

Vers ce temps, je pris la résolution de quitter le pays des indiens pour les Etats. La mauvaise volonté excitée contre moi par Aiskawbawis parmi les Indiens, et surtout dans la famille de mon beau-père, me livrait à de continuels désagréments. M. Bruce, que je rencontrai alors, me donna des renseignements utiles et de bons avis. Il avait beaucoup voyagé et vu bien plus d'hommes blancs

que moi. $es récits m’encouragèrent. La guerre de 18172 était alors terminée, et je ne prévoyais plus aucun obstacle insurmontable à mon retour vers ma terre natale,

J'avais du riz sauvage en abondance et une bonne récolte de blé. Comme je voulais me rendre au lac de la Pluie pour y passer l'hiver, M. Bruce, qui allait suivre la même direction, consentit à preudre vingt sacs de mon blé, et je me mis en route avec ma famille. À peu de distance du comptoir de la Pluie, où je croyais trouver M. Tace, car j'ignorais encore les derniers changements, je rencontrai le capitaine dont j'ai parlé plus haut, qui se nommait Tussenon.Il me témoïgna beaucoup d’égards et le regret de ne pouvoir me faire aucun présent, parce que tous les objets trouvés dans les magasins du Nord-Ouest étaient déjà distribués aux Indiens.

Après plusieurs entretiens, il réussit à me convaincre que, dans cette uuerelle, le bon droit était du côté de la compagnie de la baie d'Hudson, ou plutôt que c'était elle qui agissait avec la sanction du gouvernement britannique. I1 me promit de faciliter mon retour aux Etats, et à force de riches présents, de bons traitements, de belles promesses, il me fit enfin consentir à le guider avec ses troupes vers le comptoir de la compagnie du Nord-Ouest, à l’'embouchure de l’Assinneboin. L'hiver commençait à se faire sentir ; mais le capitaine Tussenon dit que son parti ne pouvait pas vivre auprès du lac de la Pluie, et qu’il était nécessaire de partir sur-lechamp pour la riv'ire Rouge.

Je marchais avec vingt hommes à l'avant-garde ; nous gagnâmes Begwionusko-Sahgiegun (le lac des Joncs) d’où les chevaux furent renvoyés. Le capitaine vint nous y joindr* avec cinquaute hommes. Là nous préparâmes des raquettes à neige. Shegwawkoosink, Mezhickkonaum et d’autres Indiens furent en::2gés pour nous accompagner comme chasseurs.Nous avions beaucoup

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