‹ Trente années dans les déserts de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 123 sur 143 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

le Grand Esprit se souviendraïit aussi de moi pour me faire du bien et me récompenser de ma conduite. Aujourd’hui, quoique j'aie bien peu fait pour cet homme, quelle grande et honorable récompense je viens de recevoir ! »

I1 voulait me persuader de prendre son cheval, plus que payé selon lui par la valeur de la selle ; et, malgré mes refus, toujours il revenait à la charge. Enfin je l’acceptai, à condition qu’il le garderait jusqu’à ce que je revinsse le lui demander. Le gouverneur me donna des effets d’une valeur de cent vingt dollars ; et, comme il me restait un long trajet à parcourir, j’achetai un cheval au prix de quatre-vingts dollars, payés en marchandises sur ce que j'avais reçu. Il y avait à l'assemblée deux hommes du Kentucky, connaissant plusieurs de mes parents ; l’un d’eux avait vécu depuis son bas âge dans la famille de l’une de mes sœurs.

Je me mis en route avec ces deux hommes, quoique ma santé fût bien chancelante encore. En peu de temps, mon état s’aggrava tellement que je ne pouvais plus me tenir à cheval. Ils se décidèrent alors à acheter un petit bateau, et l’un d’eux se chargea de me conduire par la rivière, tandis que l’autre suivrait, avec nos chevaux, la, route accoutumée. Dans cette partie du Big-Miami, cn rencontre beaucoup d’écluses, de moulins, et d’autres obstacles qui, à cause de ma mauvaise santé, me rendaient extrêmement pénible même ce mode de voyage.

Enfin, je fus réduit à un tel état de faiblesse, qu’il me devint à peu près impossible de me mouvoir, et je m’arrêtai dans la maison d’un pauvre homme, qui vivait sur le bord de ia rivière. Comme il semblait me prendre en graude pitié, et très disposé à me donner tous les soins nécessaires à mon état, je résolus de rester auprès de lui.L/homme avec lequel j'avais voyagé si loin me fit entendre qu’il allait se diriger vers l’Ohio, et qu'il reviendrait lui-même ou enverrait quelqu'un me chercher.

L’indigène sous le toit duquel je m’arrêtai savait quelques mots de la langue des Ottawwaws, et ne négligea rien pour rendre ma situation confortable, jusqu’à l’arrivée de mon neveu, envoyé par mes amis du Kentucky. J'appris de lui que mon père était mort, en I8I1, trois mois après le grand tremblement de terre qui détruisit New-Madrid. Il me fit aussi connaître quelques particularités relatives à mes parents encore vivants.

Notre voyage fut très ennuyeux et très pénible jusqu’à Cincirnati, où nous nous arrêtâmes un peu. Nous descendîmes ensuite l’Ohio dans une barque. Ma fièvre revenait régulièrement tous les jours, et, quand le frisson commençait, nous étions forcés de nous arrêter quelque temps ; aussi n’avancions-nous pas rapidement. Nous étions accompagnés d’un homme qui aidait mon neveu à me mettre dans le bateau et à m'en tirer, car j'étais devenu un véritable squelette, et je n’avais plus la force n1 de manger ni de me teuir debout sans appui.

Comme la nuit approchaïit, à la suite d’un jour très sombre et très nuageux, nous arrivâmes auprès d’une belle ferme, où se faisait remarquer une maison de bonne apparence. Il était nuit close, lorsque nous pûmes sortir du bateau. Mes deux compagnons me prirent par les bras et me guidèrent, ou plutôt me portèrént jusqu’à la maison. Mon neveu exposa notre situation au propriétaire, en lui disant que, dans l’état douloureux où je me trouvais, il serait très difficile, peut-être même dangereux pour ma vie, d’essayer d’aller plus loin ; maïs il nous refusa un abri, et, malgré les instances de mon neveu, il nous mit brutalement à la porte.

La nuit était avancée, et il y avait un mille et demi de distance jusqu’à l'habitation la plus voisine ; comme elle était dans l’intérieur des terres, notre canot devenant inutile, mon neveu et son compagnon me portèrent à bras. Il devait être plus de minuit quand nous arrivâmes à une grande maison construite en briques.

1es mots ndre ma

envoyé re était terre qui particu-

à Cincirs ensuite t tous les s de nous idement.

| neveu à evenu un iger ni de

sombre et où se fainuit close, gnons me èrent jusbpriétaire, ais, il sevie, d’essalgré les rte.

mi de distait dans | neveu et de minuit

h briques.

Page 1