CHAPITRE QUATORZIÈME
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Français m'avait quitté peu après notre départ de Chicago, et je n'avais pour m'aider qu'un vieil Indien, nommé Gossokwawwaw (le fumeur). Il se trouvait alor: un peu d'eau dans la rivière; je me décidai à mettre mon canot à flot pour essayer de a descendre, mais l’eau n’était pas assez haute pour nous porter ; nous pûmes seulement y traîner les eniants, en nous mettant l'un à l'avant, l’autre à l'arrière dus canot, |
Après trois milles d’une marche aussi lente que pénible, il fallut renoncer à cette méthode, et je préférai conclure un ar Co avec un Potawatomie qui se trouvait en cet endroit. Au prix d’une couverture et d’urie paire de mitasses, il consentit à porter, sur ses chevaux, mes bagages et mes enfants jusqu’à une distance de soixante milles, à l'embouchure de l’Annummunnesebe, ou rivière d’'Ocre jaune. L’Annummun vient de par-devers le Mississipi, et au-dessous de lui, il y a toujours dans l'Illinois assez d’eau pour les canots. J'étais un peu effrayé de confier au Potawatomie mes enfauts et des bagages d’une valeur considérable ; mais le vieux Gossokwwawaw pensait qu’? serait honnète.En mettant les enfants à cheval, ti dit : « Dans trois jours, je serai à l'embouchure de !’Annummunne, et là je vous attendrai. »
Nous nous séparâmes sans plus de paroles; et nous continuâmes, le vieux fumeur et moi, notre route fatigante et difficile le long du lit e l’Illinois.De Chicago à la rivière d’Ocre jaune, il n’y a guère sur les deux rives que des prairies où l’on pet t conduire, sans au-
cun embarras, les chevaux et les chariots. À notre arrivée au
rendez-vous, nous trouvâmes le Potawatomie fidèle à tous ses
engagements.
Tout fut embarqué dans le canot, et nous descendîmes au fort Clark, élevé sur une étroite langue de terre entre deux lacs Indiens l’appellent Kagahgunmiug (l’isthme
. Les \ ; là je trouvai quelques hommes de ma connaissance et même de mes parents, par
leur alliance avec la famille à laquelle j'avais appartenu parmi les Indiens. Il s’y rencontrait un Tawgaweninne, fils de l’homme du même nom, qui était mort mari de Netnokwa ; il y avait aussi plusieurs parents de ma femme, et, entre autres, une vieille Indienne qui me donna un sac de grain.
A trois milles de là, comme je descendais la rivière, je vis un homme debout sur ie pont, et quand je passai devant lui, il me cria : « Mon ami, aimez-vous la venaison ? » Je lui répondis que je l’aimais, et je dirigeai vers le bord mon embarcation. Il y mit un daim très gras en me disant : « Peut-être serez-vous bien aise de manger un peu de ce daim que je viens de tuer à l'instant même. » Comme à ces mots il s’éloignait, je le rappelai ; mais il ne voulait rien en échange de la venaison, et j'eus beaucoup de peine à lui faire accepter un peu de poudre, quelques balles et des pierres à fusil, dont il parut fort reconnaissant.
Vers ce temps, un jour que je m'étais échauffé au travail, je tuai une grue et me jetai à l’eau pour alier la prendre. Bientôt après, j'éprouvai un léger malaise ; mais, sans réfléchir à la cause de ma souffrance, je rentrai encore ans l’eau pour chercher une autre pièce de gibier : je tombai malade aussitôt, et me trouvai hors d’état de poursuivre ma route. La fièvre me reprit avec une violence telle que, croyant ma fin prochaine, je donnai des iustructions au vieux fumeur pour conduire mes enfants au gouverneur Clark, qui, j'en avais la confiance, les aideraïit à aller rejoindre mes parents ; mais, contrairement à mon attente, ma santé se rétablit rapidement, et en peu de jouis je me vis en prendre mon voyage.
Nous rencontrâmes un grand nombre de Pota mies, dont les cabanes agglomérées s’élevaient presque continuellement sur les bords de la rivière ; plusieurs d’entre eux naviguaient comme
moi et nous fa:sions route ensemble Un jour, un homme accourut
caionbulitaesbte pepe LS Ha La a M trempe !
CHAPITRE QUATORZIÈME 2ÿs irmi les ’ de sa cabane sur le rivage et me demanda qui j'étais. Sur ma rénme du ponse, il s’informa si mes enfants pouvaient manger du miel ; je it aussi é lui dis que je le croyais, et aussitôt, sur son ordre, deux jeunes ille In- À hommes vinrent à gué m'apporter chacun un grand vase de bois
plein de miel.
e vis un Je descendis ainsi l'Illinois, en tuant beaucoup de gibier, et je ui, il me 2 gagnai Saint-Louis toujours assez pourvu de vivres et ma santé is que je 7 se rétablissant de plus en plus. Là, le gouverneur Clark témoigna y tait un 7 sa bonté accoutumée, non seulement à moi et à mes enfants, mais n aise de É même au vieux fumeur, que j'avais trouvé si serviable dans mon - même. » 1 voyage. Il fit à ce vieillard un très beau présent, et ne le laïssa pare voulait ‘ tir qu'après lui avoir procuré les moyens de regagner son pays. eine à ui fè Je me vis retenu à Saint-Louis plus longtemps que je ne l'aurais pierres à 4 voulu, parce qu'il fallait faire des habits neufs pour mes enfants. pe Plusieurs de ces vêtements n’étant pas achevés encore au moment ravail, je p de mon départ le gouverneur eut soir de les envoyer au Kentucky. , Bientôt CA De Saint-Louis, je me rendis, dans mon canot d’écorce, au cap à la cause L Girardeau, avec une lettre du gouverneur Clark pour l’agent in- Lrcher une ° dien de cette résidence.
Le trouvai ; J'y laissai mon canot, et, pendant un séjour de courte durée, avec une à j'eus occasion d'y voir plusieurs personnes de l'expédition du i des ins- # major Long, qui revenaient alors des montagnes Rocheuses. C’éau gouvet- x tait à la fin de l’année 1820, près d'un an après ma première arriler rejoin- 1 vée sur l’Ohio, en 1810. Depuis mon enlèvement par Manitoo- 1a santé se 4 geezhik et Kishkauko, trente ans tout juste s'étaient écoulés jusqu'au t de mon départ du lac des Bois au printemps de i 1819. C’est donc probablement au prititemps de 1789 que j'ai es dont été fait prisonnier. J'ai aujourd’hui quaranit pt ans. lement sut | Je passai quatre mois, près de œuts, à Jackson, à dix nt comme milles du cap Girardeau ; j’allai ensuite à Kentucky, et, à la chute
le accourut À des feuilles, je retournai à Saunit-Louis pour voir le gouven
Clark ; mais il était absent, et, comme beaucoup d'habitants de Saint-Louis mouraient de la fièvre, je n ; -éjournai que très peu. Moi-même, à mon retour, je tombai malade d’une fièvre violente, à la Grande-Prairie, à quatre-vingts milles de l'endroit où j'avais laissé mes enfants. Par bonheur, il se trouva là une femme qui me traita avec beaucoup de bonté, et bientôt je commençai à me tétablir. J'appris alors que mes enfants étaient dangereusement atteints à leur tour des fièvres qui régnaient dans la contiée entière, et, tout affaibli que j'étais alors, je partis en toute hâte. Un seul de mes enfants mourut ; les autres, quoique bien malades, guérirent enfin ; mais ce fléau ne s’appesantit pas sur moi seul ; sept de mes plus proches parents, chez lesquels je vivais alors, succombèrent au mal et la mortalité fut effrayante dans toute cette partie des Etats.
Au printemps suivant, une tentative fut faite pour recouvrer à mon profit quelque chose du bien de mon père ; mais ma bellemère fit vendre dans l’île de Cuba plusieurs nègres que l’on croyait devoir m’appartenir. Cette affaire resta en suspens.
Au printemps de 1822, peu satisfait de mes amis du Kentucky, je me dirigeai de nouveau vers le nord. Je pris ma route par la Grande-Prairie, et laissant mon canot à mon frère, je me procurai des chevaux que montèrent mes enfants. Je me rendis d’abord à Saint-Louis et ensuite à Chicago par l'Illinois.
L'agent indien du fort Clark résidait alors un peu au dessous de ce point, dans un endroit nommé Elkheart (cœur d’élan). Dans mon voyage, il s'était montré bienveillant pour moi et disposé à m'aider dans tous mes besoins. Je crus pouvoir, cette fois, m'arrêter à Kikheart ; et, quoiqu'il ne se trouvât point chez lui, mes chevaux furent nourris, et je reçus, ainsi que mes enfants, tous les soins et tous les vivres nécessaires sans avoir rien à débourser. le lendemain, je rencontrai l'agent qui revenait du fort Clark, et
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