‹ Trente années dans les déserts de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 15 sur 143 · LIRE LE · texte numérisé non relu

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Indiens débarquèrent la nuit au milieu des cèdres, et la vieille K femme me conduisit dans la ville chez un marchand français, qui MN

consentit, par égard pour elle, à me cacher dans sa cave pendant MM

plusieurs jours. Sauf la privation de liberté, je fus fort bien traité ; mais cette p’’ ution était inutile, car ensuite, au moment de M continuer notre voyage, les vents contraires nous ayant retenus

près de la pointe occupée aujourd’hui par les missionnaires, on M

me laissa entièrement libre.

Pendant ce séjour forcé, les Indiens s’enivrèrent. Mon père, ls dans ce triste état, causait avec deux jeunes hommes qui se pro- M menaient ensemble, lorsque, arrêtant l’un d’eux par la manche de sa chemise, il la déchira sans le vouloir. Ce jeune homme nom- F

mé Suggutta wgun se fâcha, et donnant à mon père un coup vio- li

lent, le fit tomber à la renverse puis prenant une grosse pierre, il ll

la lui lança droit au front.

A cette vue, je craignis pour ma propre sûreté,car je savais que

Metosawgea, chef ojibbeway, était dans l’île avec un parti marchant contre les blancs, et avait cherché l’occasion de me tuer. Je M courus donc me cacher dans le bois, où je passai le reste du jour &

et toute la nuit. Le matin, pressé par la faim, je me rapprochai de notre cabane à travers les jeunes cèdres, pour observer ce qui

se passait, et m'assurer si je pourrais rentrer. J'aperçus enfin ma

mère qui m’appelait et me cherchait de tous côtés ; j’accourus à

elle, et elle me dit de rentrer pour voir mon père que l’on avait

blessé à mort.

Tawgaweninne, en me voyant, me dit : « Je suis tué. » Il me fit asseoir auprès de lui avec les autres enfants, et nous parla beau coup. Il nous dit : «Mes enfants, je vais vous quitter, je regrette de vous laisser si pauvres.» Il ne nous ordonna point, comme l’auraient fait beaucoup d’autres, de tuer l’Indien qui l'avait frappé d’un coup de pierre. C'était un homme trop bon pour voir

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