‹ Trente années dans les déserts de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 17 sur 143 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

anot ; nous avions passé deux portages et nous arriviuns au roisième, appelé le portage du Moose, quard il nous dit : « Je vais ourir ici, je ne puis aller plus loin. » Netnokwa se décida à s’arêter, et le reste de notre bande continu sa route avec une partie

de notre famille. Il ne resta que la vieille femme, une autre emme, Kewatin et moi, le plus jeuue des trois frères. C'était vers le milieu de l'été, — car les petites baies étaient

res, — que nous nous arrêtâmes aux bords du lac Moose, dont 'eau est fraîche et claire comme celle du lac Supérieur. Ce lac st petit et circulaire ; un canot peut se distinguer facilement d'une rive à l’autre, dans la partie la plus large. Nous n’étions que deux en état de travailler ; et comme j'étais bien jeune et ayant

core peu d'expérience de la chasse, nous craignions, dans cet at d'abandon, de manquer bientôt de tout. Dieu parut nous

venir en aide : nous avions apporté un des filets dont on se sert À Mackinac ; en le jetant la première nuit, nous primes quatrepingts truites et poissons blancs.

Quel'jue temps après, nous rencontrâmes des castors ; nous en âmes six, ainsi que quelques loutres et rats musqués. Il y avait ussi dans nos provisions un peu de blé et de graisse ; avec les roduits de la chasse et de la pêche nous vécûmes confortablenent. Mais, aux approches de l’hiver, la vieille femme nous dit u’elle ne risquerait pas de prolonger son séjour aussi loin de tout eu habité par des blancs ou des Indiens pendant une saison ribureuse. Kewatin était si souffrant et si faible, que notre marche nt très lente ; quand nous arrivâmes au portage, les eaux comjençaient à geler ; il vécut près de deux mois encore, puis il sucbmba à ses souffrances. La vieille femme le fit enterrer auprès k son mari et plaça un de ses paviilons sur la tombe.

L L'hiver devenait rude ; nous commencions à sentir la pauvreté.

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Il nous était impossible, à Wamegonabiew et à moi, de tuer tout Ma

le gibier dont nous avions besoin ; il avait seulement dix-sept ans, 3h ee. moi treize, et le gibier n’était pas commun. À s voyan Le froid augmentait tous les jeurs, nous transportâmes notre ‘ Be con cabane dans les bois pour avoir plus facilement ie moyen de nous te chauffer ; 1à, nous eûmes, mon frère et moi, d’incroyables efforts Fe Éetit à faire pour éviter la famine ; nous allions chasser jusqu’à la dis. bord d tance de deux et trois journées de notre toit, et souvent nous nel neige. rapportions que peu de chose. Daas un de nos sentiers de chasse Mi brique: nous avions un camp construit de branches de cèdre, au milie nous n duquel nous avions si souvent fait du feu que toute l’encc'nte ii qu’ils f

# # , ; . . . A7 desséchée, s’enflamma ure fois pendant notre sommeil. Les 14, er

meaux de cèdre pétillaient avec une sorte d’explosion comme de, uit

la poudre ; grâce à Dieu, nous sortîimes à peu près sains et sauh| Aque no

de cet incendie. heureu:

A notre retour, à une grande distance de la cabane, r1ous eûmeshi

Aup de dist:

des vêt

à passer une rivière si rapide, qu’elle ne gelait jamais entièrement le terips était si froid que les arbres craquaient sous le poids de

la gelée ; nous tentâmes cependant le passage, moi le premier, MOIS tte v

frère ensuite ; mais, en tâchant de glisser sur la glace, il se mouillk s > , Menuit, cr

avions à

presque entièrement, tandis que j'avais seulement les jambe

trempées. Nos mains étaient si engourdies, qu'il nous fallut longs,

Telle morts dé Fumeur

temps pour nous débarrasser de nos raquettes (1) à neige, ct 4j peine é*ions-nous sortis de l’eau, que nos mitasses {2) et nos mic

cassins devinrent tout raides de glace ; mon frère perdit couragt

(1) Sorte de patins. « Ces raquettes ont dix-huit pouces de long sur huit de large ; de for pauvret. ovale par devant, elles se terminent en pointe par derrière ; la courbe de l’ellipse est de bi Dour n de bouleau plié et durci au feu. Les cordes transversales et longitudinales sont faites de li 0 nières de cuir ; elles ont six lignes en tout sens ; on les renforce avec des scions d’osier. raquette est assujettie aux pieds à moyen de trois bandelettes. Sans ces machines ingénieus il serait impossible de faire un pas l'hiver dans ce:, climats ; mais elles blessent et fatigue d’abord, parce qu’elles obligent à tourner les genoux en dedans et à écarter les jambes

Chateaubriand, Voyage eu Arrérique).

(1) Sorte de chaussés.

châmes loge, en Al nous

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