CHAPITRE TROISIÈME
ment pas si nous avions été effrayés par trois hiboux ou par une bande de guerriers.
Nous rétrogradâmes de plusieurs milles pour attendre les marchands qui devaient passer environ dix jours après nous. Pendant cette station, nous prîmes beaucoup d’oies, de cygnes et de canards. Je tuai un élan. Comme c'était le premier, une fête fut célébrée encore, quoique notre famille n’eût personne à inviter.
Les marchands arrivèrent comme ils étaient attendus, et nous les suivimes jusqu’à leur comptoir du lac Winnipeg, près duquel nous restâmes deux mois. Quand ils repartirent pour les bords de l’Assinneboin, nous les accompagnâmes encore dans un canot d’écorce acheté à cet effet. Nous avions une bonne provision de peaux de castor, et Netnokwa n'avait point oublié la recommandation de Peshauba. Elle donna six peaux pour un quart de rhum. J'avais pris la plupart de ces castors ; j'en avais tué cent au moins dans un seul mois ; maïs je n’en connaissais pas alors la valeur.
Sur les bords de l’Assinneboin, à une ou deux journées plus loin que le portage de la Prairie, est un endioit nommé Kenewkauneshewayboant (lieu où l’on abat l'aigle gris) ; les Indiens s’y arrêtent souvent. Nous y vîmes, en passant, de petits jalons fixés à terre, et portant des morceaux d’écorce de bouleau, sur deux desquels étaient dessinés des ours. On voyait sur les autres diverses figures d'animaux. Netnokwa reconnut sur-le-champ les totems (1) de Peshauba, de Wausso et de leurs compagnons. Ces signes étaient destinés à nous apprendre qu’ils avaient passé par là et à
| nous indiquer les moyens de les rejoindre. Nous quittâmes donc
les marchands, et, suivant la direction désignée par Peshauba, nous le trouvâmes avec son parti à deux journées de la rivière. L'expédition pour laquelle les Mandans cherchaient si loin des
(1) Le blason.
alliés avait manqué, faute d'accord entre les différentes bandes : plusieurs se trouvaient en état d’hostilités héréditaires avec le reste ; des que’elles s’élevant, le projet avait avorté, et les Agutchaninnes étaient restés en paix dans leur village ; nos guerriers, revenus immédiatement au comptoir de Mouse-River, avaient achevé leurs canots, et descendant la rivière jusqu’au lieu où nous avions reconnu leurs totems, ils s'étaient arrêtés dans le bon cantonnement de chasse où nous les rejoignions.
Nous trouvâmes dans leur camp une grande quantité de gibier ; ils avaient tué aussi beaucoup de castors ; les élans abondaient dans les environs. Un jour, Peshauba m’envoya avec les deux jeunes femmes chercher quelques quartiers d’un élan qu'il avait tué. Les femmes, le trouvant grand et gros, se décidèrent à rester pour en boucaner la chair avant de le rapporter, et moi je repris le chemia de nos cabanes avec un quartier de viande fraîche, J'avais apporté mon fusil, et, voyant un grand nombre d’élans, je le chargeai, et, me cachant dans un petit hallier, j’imitai le cri de l’animal ; aussitôt un énorme élan accourut vers ma cachette si directement et avec une impétuosité telle, qu’alarmé pour ma propre sûreté, je pris la fuite : l’animal, à son tour se mit à fuir dans une direction opposée. |
Réfléchissant alors que les Indiens se moqueraient de moi, je
résolus de faire une nouvelle tentative et de ne céder, cette fois
à aucun sentiment de pusillanimité ; je choisis mieux ma cachette, et répétai à plusieurs reprises mon cri d’appel, jusqu’à ce qu’enfin un élan fût attiré ; je le tuai, mais une grande partie du jour s’était écoulée, et je m’'aperçus qu’il était temps de regagner nos cabane avec ma charge.
Au moment où je sortais d’un petit bois, au milieu d’une prai rie, je vis un ours s’avancer vers moi ; je crus d’abord que c'était
un ours noir de l'espèce comn une, et je résolus de le tuer ; mafk
malg
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bois, porta voyat de vit j'ente:
l'ours
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