XIV PRÉFACE
représentants de tant de belliqueuses peuplades ! Non ; elles sont décimées par l'eau de feu et les maladies européennes nées d'un esprit mercantile, si heurzusement inconnu de leurs pères !.… Ah ! combien les choses seraient dijjérentes si, au lieu des suppôts du dieu Plutus, ces pauvres Indiens n'avaient jamais connu mi écouté, en fait d'étrangers, que les missionnaires, depuis l’immortei Las Casas, leur intrépide défenseur contre l'oppression de leurs conquérants, jusqu'aux Jésuites du XTX® siècle !
Quel compte terrible devra rendre un jour au tribunal de l'histoire La république anglo-américaine qui, placé: entre deux races d’hosmes et appelée par la Providence à les civiliser par le christianisme, les a écrasées, cherchant même à les détruire l'une et l'autre ! Et, dans cette œuvre d'extermination, elle a voulu encore mentir à l'univers ; elle a voulu, aux yeux des nations, se parer du semblant de la relrgion et de l'humanité ! La déposition de John Tanner, dans ce grand procès historique, est et restera décisive. Cet homme qui a tan: souffert, est un témoin intègre, incorruptible : la parfaite sincérité est le mérite souverain de ses Mémoires.
Lis n’en sont pas moins d'un poignant intérêt pour les lecteurs plus jeunes, étrangers encore à ces graves questions. Ce que Cooper ei Chateaubriand décrivent d'imaginaire, Tanner Va vécu : ici, ce n'est plus le roman, c'est la réalité, et chacun suivra avec sympathie le malheureux habitant des bois parmi les mille péripéties de soi
existence sans cesse traversée par de cruelles épreuves ; chacun S'aitachera à sa destinée, à sa famille et partagera les émotions si diverses de joie, de crainte, de désespoir, d'angoisse, qui furent la trame ae
cette vie si bizarre et si tourmentée.
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l'histoire F ’hosnmes nds pi ir : É isme, les Ë Et, dans R f . F4 HAPITR R R. fe univers ; WA TRE PREMIE h Je La reli- | ñ sl L'évasion. — L’enlèvement. — En face de la mort. — Voyage affreux. — ë eee à Combat. — Dangers sans cesse renaissants. — L'adoption. — Les preans souf- pe miers temps passés au milieu des sauvages. — La femmr-chef. — | rité est le s Souffrances et humiliations. — Une nouvelle mère. — Traitements
plus humains.
eurs plus WA | | SN
ooper el E premie: événement de ma vie dont j'aie : Act, ce conservé quelque souvenir, c’est la mort de ympathe ma mère. J'av:is deux ans, et plusieurs ciros de so | constances de cette perte firent sur moi une Lcun s’at- impression si forte qu’elles sont présentes
j diverses M Cucore à mon esprit ; je ne retrouve pas dans ma mémoire le nom
du lieu que nous habitions ; on m'a dit que c’était au bord de la Ain
rivière de Kentucky, fort loin de l'Ohio.
John Tanner, mon père, quitta la Virginie, peu de temps après
la mort de ma mère, et alla s'établir dans un lieu nommé E/k-
Horn (x). Là était une caverne ; je la visitais souvent avec lui ; Le
trame @e | ;
(1) Ce mot signifie : Bois d’élan.
nains persiste Soiagténees crime mes: 1
rous portions deux chardelles ; l’une était allumée en entrant,
et nous marchions en avant jusqu'à ce qu’elle fût consumée ; ! alors nous retournions sur nos pas, et la seconde n'était pas encore ‘al
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entièrement brûlée lorsque nous regagnions l'entrée de 14 caverne.
Elxk-Horn était quelquefois attaqué par des Indiens Shawneeses qui tuaient les blancs et massacraient ou enlevaient les troupeaux et les chevaux. Une nuit, mon oncle paternel, accompagné de quelques autres hommes, s’approcha du camp de ces cruels Indiens jusqu’à une portée de fusil ; il en tua un dont il rapporta la chevelure, tous les autres s’élancèrent dans la rivière et par- si vinrent à s'échapper.
Pendant notre séjour à KE1k-Horn, survint un événement à l'influence duquel j'ai attribué la plupart des malheurs de ma
vie. Mon père, partant un matin pour un village assez éloigné, recommanda expressément, à ce qu’il paraît à mes sœurs Agathe et Lucy de m'envoyer à l’école. Elles n’y songèreut que dans
l’après-midi ; le temps était devenu pluvieux, et j'insistai pour M eure rester à la maison. Le soir, à son retour, mon père, apprenant que PN jour je n'étais pas allé à l’école de toute la journée, m'envoya chercher M qu'a une poignée de petits roseaux et, ies prenant dans sa main, me dan: fustigea beaucoup plus rudement que je ne croyais lavoir mérité. MS de ! Je gardai rancune à mes sœurs pour avoir fait peser toute la DS 1inèr faute sur moi, tandis qu’elles ne m’avaient rien dit dans la ma- SN sém tinée. Depuis ce jour, la maison paternelle me déplut ; je pensais À T et disais souvent : « Je voudrais aller vivre avec les Indiens. » NN ave
Je ne sais combien de temps dura notre résidence à Elk-Horn. SF le pl Quand nous en partîmes, deux jours de marche avec des chevaux pas et des charrettes nous conduisirent à l'Ohio ; 1à mon père se pro- } crie: cura trois bateaux plats, où l’on voyait plusieurs trous de balles + del et des traces de sang ; c'était du sang de quelques hommes tués DS enfi
par les Indiens. Dans l’un des batezux, nous embarquâmes les
entrant, nsumée ; As encore caverne. awneeses oupeaux Jagné de ruels Inrapporta > et par-
emeñt à s de ma éloigné, s Agathe ue dans tai pour nant que hercher ain, me mérité.
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k-Horn.
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