‹ Trente années dans les déserts de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 41 sur 143 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

sance. Te vois encore l’éclat d’un foyer brillant se réfléchir sur la glace qui revêtait notre demeure ; j'entends encore ma mère me dire qu’elle avait entretenu un grand feu dans l’attente de mon arrivée, et que, ne supposant pas une aussi longue chasse, elle avait cru que ie connaîtrais son déplacement bien avant la nuit. Je restai un mois sans pouvoir sortir ; ma figure, mes mains et mes genoux avaient été fortement gelés.

Le temps commençait à se radoucir, et Ja neige à fondre,lorsque je me remis à chasser. Un jour que je suivais, avec Wawbebenaissa, les bords de l’Assinneboin, nous découvrimes ur bande de deux cents élans dans une petite prairie presque entièrement entourée par la rivière ; nous nous plaçâmes tous les deux au point de joïction avec la terre ferme ; c'était un espace d'environ deux cents toises de large. Les élans effrayés, ne voulant pas s’aventurer sur la glace unie, se mirent à tourner autour de la prairie ; quelques-uns passèrent à notre portée, et nous en tuâmes deux ; dans notre empressement de les approcher, nous nous avarçâmes trop près du centre de la prairie, et le troupeau se divisa en deux bandes ; l’une voulut passer sur la glace, et l’autre s’échappa vers les hautes terres. Wawbebenaissa poursuivit la dernière, et moi je m’élançai sur la glace.

Les élans très effrayés, et glissant sur cette surface unie, se serrèrent tellement les uns contre les autres, que leur poids l’enfonça ; et comme ils essayaient tous ensemble de sortir de l’eau dans la direction du bord opposé, ils se frayèrent un passage à travers la glace rompue. Je marchai rapidement à côté du troupau ; l’eau n'étant pas assez profonde pour noyer les élans, je croyais pouvoir prendre tous ceux que je tuerais. J'épuisai toutes mes balles, j'en tuai deux encore à coups de couteau ; mais en peu de minutes les élans frappés dans l’eau furent entraînés sous la glace ; je n’en conserva: qu’un seul, atteint au moment où il gra-

vissait le bord ; de ce troupeau de près de deux cents têtes, quatre seulement étaient restées en notre pouvoir. Wawbebenaissa me quitta aussitôt, sous prétexte d’aller avertir les traiteurs, et leur vendit les quatre élans comme sa propre chasse, quoiqu'il n’en eût tué que deux.

Wamegonabiew était, à cette époque, hors d’état de chasser ; dans une débauche d’ivrognerie, il s'était si cruellement brûlé, qu'il ne pouvait pas même se tenir debout. Peu de jours après, je retournai, avec Wawbebenaïssa, à la chasse des élans : il s’en trouvait plusieurs dans la prairie, et protégés par une petite inégalité de terrain, nous parvinmes, en nous traînant, à nous en approcher à peu de distance. Il y avait un mâle gros et gras que je voulais tuer ; mais Wawbebenaissa me dit : «Non, mon frère, vous pourriez le manquer ; comme c’est le meilleur du troupeau, je vais le tuer, et vous tâcherez d’en frapper un autre. » J’en choisis donc un qui était couché ; nous fîmes feu ensemble, maïs il manqua son coup, et moi j'avais visé juste. Le troupeau se dispersa ; je me mis à sa poursuite sans achever mon élan, et sans même le regarder.

Je continuai ma chasse toute la journée, et je tuai encore deux élans ; car ils étaient si fatigués, que l’on pouvait facilement les approcher. Comme la nuit arrivait, je regagnai notre cabane, où Wawbebenaissa avait rapyorté un peu de viande. Je le trouvai racontant à la famille comment il avait tué un élan. « Je suis bien aise, lui dis-je, que vous en ayez tué un, car moi j’en ai tué trois, et demain nous serons dans l’abondance. » Mais comme il me restait quelques soupçons, je le pris à part, et il m'avoua bientôt que, n'ayant rien tué, il avait rapporté seulement une partie de la chair de l'élan que j'avais laissé. Ce fut lui qui alla prévenir les traiteurs de faire prendre les trois élans, et il les leur vendit encore comme

sa propre chasse.

La si vif qui, | OïjibE père.

petite ninne vis po famille campa tué be:

vivres ct iver

Par :

je déte la hutt

qu'ils é

leurs, l

quelque

même

Wawbel

cabane petite fi En re

reuse ch

des cenc

était cot

Sieurs Co

Nous res

{1} Conten

Heux t les e, où vai bien rois, B resque, chair teurs mime

Page 1