CHAPITRE CINQUIÈME
jeune homme et un très petit vieillard. Le lendemain, le jeune Indien revint avec une peau de bison fraîchement préparée et une belle paire de mocassins neufs : il nous raconta qu’il avait trouvé sur son chemin sept huttes de Crees, dont il avait eu beaucoup de peine à se faire entendre ; mais qu’ensuite reçu dans une de ces huttes, nourri et traité avec bonté, il y avait passé toute la nuit. Le matin, il pliait la peau de bison sur laquelle il avait dormi, et se disposait à la laisser, mais on lui dit qu’on la lui avait donnée ; et une des femmes, remarquant que ses mocassins n'étaient pas très bons, lui en présenta de neufs.
Cett: hospitaiité est très commune chez les Indiens qui n’ont eu que pu de rapports avec les blancs, et c’est la première vertu que les vieillards enseignent aux enfants dans les conversations du soir ; mais les Naudoways avaient été peu accoutumés à un pareil traitement dans les contrées d’où ils venaient.
Peu d’instants plus tard, le vieillard revint aussi : il nous dit avoir rencontré cinquante cabanes d’Assinneboins, dont il avait reçu un bon accueil ; ces Indiens avaient d’abondantes provisions et des mœurs hospitalières. Quoiqu'il ne fournît aucune preuve de ses assertions, il nous persuada que nous ne pouvions mieux faire que &’aller rejoindre ces Assinneboïins. Le lendetain matin, comme nous nous disposions à le suivre, il nous dit : « Je ne suis pas encore prêt, il faut d’abord que je raccommode mes mocassins. » Un des jeunes chasseurs, pour éviter un retard inutile, lui donna ne paire de mocassins neufs. Il dit alors qu'il voulait couper un morceau de sa couverture pour se faire des milaines ; un de nos compagnons avait des morceaux tout coupés, et vint à son aide ; le vieillard nous exposa ensuite divers autres motifs de retard, qui eurent pour résuitat de faire subvenir, par l’un et par l’autre, à ses divers besoins. Mais, enfin, nous commençêmes à mettre en doute sa véracité ; quelques-uns de nous, suivant sa
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