CHAPITRE CINQUIÈME
oire nant à votre cabane, vous pourrez vous en servir encore et nous le je ‘4 donner une autre nuit. »
que, Le jour parut enfin, et je ne fus pas médiocrement satisfait de ivé), voir que ces terribles apparitions s’évanouissaient avec les ténèrtre, bres. Mais ma longue résidence parmi les Indiens, et les fréquents npé- exemples que je connaissais de songes vérifiés, me firent sérieusepou- ment penser au cheval que m'avait donné le mort. Je me dirigeai mais | donc vers le sommet du coteau, où je Gécouvris des traces et d’aucou- É tres signes, et à peu de distance, je trouvai un chevai que je reji un 4 connus pour appartenir au traiteur auprès duquel je me rendaïs. Comme il y avait un trajet &e plusieurs milles à gagner en allant er et : par terre de cet endroit à l’Assinneboin, j'abandonnai mon canot, t at- 4 je pris le cheval, et, le chargeant de mon bagage, je le dirigeai vers t ne le comptoir, où nous arrivâmes le lendemain. Dans tous mes >yer. ; voyages postérieurs, j'évitai soigneusement la plage des deux oTra- L: Morts, et le récit de mes visions et de mes souffrances accrut les que à terreurs superstitieuses des Indiens.
ren- | À mon retour du comptoir de la rivière Rouge, j’allai m’établir sans , à Naowawgunwudju (le coteau de la Chasse des bisons), près du était : Saskawjawun. C’est une haute colline rocheuse où l’on découvriveux rait probablement des mines, car on voit, dans les rocs, des masses près | d'un aspect singulier. Là nous trouvâraes des arbres à sucre en ent, abondance, et un bon site pour passer le printemps. Le gibier était tou- si commun et emplacement si favorable, que je résolus d’y res- ’es- à ter, au lieu d'accompagner les Indiens au lac d'Eau claire, où e la 3 ils s’assembiaient pour s’enivrer selon leur coutume. J'avais tres fait avertir Wamegonabiew, et il vint nous rejoindre avec un S re- 1 cheval. Vers ce temps, je tuai le plus beau moose que j'aie jamais i me vu: il était si gras, que, pour transporter sa chair, il fallut en bnne charger nos trois chevaux, toute notre famille et tous nos chiens,
out- Quatre jours après son arrivée, Wamegonabiew alla voir Wage-
tote, sans me faire part de ses intentions. Peu de jours après, il revint et me dit que le but de sa visite avait été de voir la jeune fille que l’on m'avait si souvent offerte en mariage, et qu’il dési- Trait savoir si mon intention était de la prendre pour femme. Je lui répondis que non, et que j'étais très disposé à contribuer de tout mon pouvoir à l’accomplissement de son projet, de la demander pour lui-même. I1 me pria de retourner avec lui pour assurer aux parents que je n’épouserais jamais leur fille, et pour accompagner sa nouvelle femme lorsqu'il la conduirait à notre cabene.
J'y consentis sans réflexion, et, comme nous faisions nos préparatifs de départ, je vis, à la contenance de Netnokwa, bien qu’elle ne dît rien, que notre manière d’agir la blessait. Je me souvins alors qu’il était contraire à l’usage que les jeunes hommes amenassent eux-mêmes leurs femmes dans leur famille (1), et je représentai à Wamegonabiew que tout le monde se moquerait de nous si nous persistions dans notre projet. «Voici, lui dis-je, notre mère ; c’est à elle de nous trouver des femmes quand nous en avoris besoin, de nous les amener et de leur montrer nos places dans {a cabane. Il est convenable que les choses se passent ainsi. » La vieille femme fut évidemment satisfaite de mes paroles, et voulut aller aussitôt chercher la fille de Wagetote, qui revint avec elle.
A la chute des feuilles, j’allai, avec mon frère et plusieurs familles indiennes, à la récolte du riz sauvage ; j'avais alors un peu plus de vingt et un ans. Tandis que nous ramassions et préparions le grain, beaucoup d’entre anus furent saisis d’une violente maladie qui commençait par de la toux et de l’enroucment, quelque-
(1) « Les premières démarches doivent être faites par les matrones ; maïs il n’est pas ordinaire qu’il se fasse aucune avance du côté des parents de la fille. Ce n’est pas que, si quelqu’une tarduir trop à être recherchée, sa famille n’agît sous main pour faire penser à elle, mais on y apporte de grands ménagements ». (Le P. CHARLEVOIX).
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