‹ Trente années dans les déserts de l'Amérique du Nord [microforme]Chapitre 69 sur 143 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

Le point d'honneur indien. — Tambour et crécelle des Indiens. — Les prouesses d’un jongleur. — Salamandre végétale. — Jalousie de chasseurs.— Opinions des Indiens sur la foudre. — Le poteau des prisonniers, — Retour d’une campagne sans résultats. —- Incidents mémorables. — Représailles. — Vols de chevaux. — Vaillance et poltronnerie.

OUS séjournâmes quelque temps près de l’embouchure de l’Assinneboin. Beaucoup d’Indiens étaient rassemblés autour de nous et, entre autres, plusieurs parents de ma femme,

Je ne les avais jamais vus. Parmi eux se trouvait un de ses oncles, Indien perclus, qui n’avait pas marché depuis bien d':; années. On lui avait seulement dit que j'étais un homme blanc, et il en concluait que je ne pouvais pas chasser, Quand il vit ma femme : » Eh bien ! ma fille, votre mari tue-t-il quelquefois du gibier ? — Oui, répondit-elle, quand un moose ou un élan a perdu sa route ou veut mourir, s’il vient s’offrir arrêté sur son chemin, mon mari ne le manque pas toujours. — N’est-il pas allé chasser aujourd’hui ? r2prit-il ; s’il tue quelque pièce de gibier, j'irai la chercher,je la rapporterai, et vous me donnerez la peau pour faire des mocassins.» Il croyait plaisanter, mais je lui Date donnai,en effet la peau d’un élan que je tuai ce jour-là.Mes chasses NE continuant à être heureuses, je donnai du gibier à tous ies parents de ma femme, et je n’entendis plus parler de leurs moqueries. Quelque temps après, le gibier devenant très rare, nous crûmes devoir nous séparer dans diverses directions. Je remontai l’Assinneboin jusqu’à une distance de dix milles, et là nous trouvâmes, sous le commandement d’un homme appelé Pokotawga-

maw (le petit étang) deux huttes habitées par des Indiens, parents de ma femme. Au morent de notre arrivée, la femme du chef faisait cuire une langue de ;noose pour son mari, qui n’était pas encore rentré de la chasse ; elle nous la donna sur-le-champ, et ne s’en serait probablement pas tenue là, si son mari n’était pas arrivé. Dès ce moment, ils ne nous donnèrent plus rien, quoique nos petits enfants criassent de faim et qu’il y eût dans leur cabane des vivres en abondance. Il était trop tard et j'étais trop fatigué pour pouvoir chasser ce soir-là ; cependant je ne voulus point permettre aux femmes de leur acheter de la viande.

A la première lueur du crépuscule, je pris mon fusil et debout sur la porte de ma hutte, je dis à haute voix : « Pokotawgamaw est-il le seul qui puisse tuer des élans ? » Ma femme sortit aussitôt, et me présenta un morceau de viande boucanée, à peu près grand comme ma main, en me disant que sa sœur l'avait dérobé pour le lui donner. Beaucoup d’Indiens étaient déjà sortis de leur cabane, je lançai le morceau de viande au milieu des chiens en m’écriant : « Peut-on offrir une pareiïïle nourriture à mes enfants, lorsque les élans abondent dans les bois ? »

Avant midi, j'avais tué deux élans gras, et j'étais rentré dans ma hutte avec une lourde charge de vi....de fraîche. T’eus bientôt tué un grand nombre de bisons, et nous nous dispersâmes pour en boucaner la chair avant de quitter nos familles, pour l’expédition contre les Sioux. Nous alilâmes ensuite dans les bois chercher de bonnes peaux d’élans et de mooses pour les mocassins. Les peaux des animaux qui vivent dans les prairies ouvertes sont tendres et ne font pas de bon cuir.

Un jour, comme nous marchions à travers les prairies,en nous retournant par hasard, nous aperçûmes, à quelque distance, un homme chargé de bagages et portant deux grands tawaegunnums, ou tambours usités dans les cérémonies du wawbeno.

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