CHAPITRE SEPTIÈME
duré trois mois ; trois mois de marches L gues et pénibles sans aucun résultat.
Il me fallut aller aussitôt à la chasse, et ccpendant mes pieds avaient tellement souffert, que je ne pouvais me tenir sans beaucoup de peine ; mais j'eus le bonheur de tuer un moose dès ma première sortie, dans la matinée qui suivit mon arrivée. Le même jour, la terre fut couverte de deux pieds de neige, ce qui me permit de tuer du gibier en abondance.
Peu de temps après mon retour, j’appris que les Assinneboins s'étaient vantés de m'avoir pris mon cheval. Comme je faisais mes préparatifs pour aller le reprendre, un Ojibbeway qui avait cherché sruvent à me dissuader âe toute tentative de ce genre me donna un cheval, sous condition de renoncer à mes projets ; aussi n’en parlai-je plus pendant quelque temps.
Ayant passé l’hiver à l'embouchure de l’Assinneboïn, j'allai récolter du sucre aux bords de la rivière du Grand-Bois. Là, on me dit que les Assinneboins se vantaient encore de m'avoir enlevé mon cheval ; et j'obtins enfin que Wamegonabiew m’accompagnât dans une course entreprise pour le reprendre. En quatre jours de marche, nous arrivâmes au premier village assinneboïn, à dix milles du comptoir de Mouse-River. Ce village se composait d’une trentaine de cabanes de peaux. Nous fûmes découverts avant d'y parvenir, parce que les Assinneboïns, étant une bande révoltée des Sioux alliée aux Ojibbeways, craignent sans cesse d’être attaqués par leur ancienne nation, et tiennent toujours des éclaireurs pour surveiller l’apprache des étrangers.
Au nombre des hommes qui vinrent à notre rencontre, était Mamenokwawsink, celui-là même qui avait eu une querelle à mon sujet avec Peshauba, quelques mois auparavant ; il nous demanda en s’approchant ce que nous venions faire. « Reprendre, lui ré-
pondis-je,les chevaux que nous ont volés les Assinneboins.Il vau-
drait mieux, reprit-il, vous en retourner comme vous êtes venus : car, si vous allez au village, vous y laisserez votre peau. » Sans faire attention à ces menaces, je m'informai de Bagiskunnung, dont la famille avait volé nos chevaux : on me répondit qu’on ne pouvait me rien dire de positif ; mais, ajouta-t-on, après le retour du parti de guerre, Bagiskunnung et ses fils étaient allés chez les Mandans, et n’en étaient pas revenus encore. À leur arrivée chez les Mandans, l’ancien propriétaire de ma jument l’avait reconnue et reprise au fils de Bagiskunnung, qui, pour s’indemniser, avait volé un beau cheval noir, et s'était enfui : l’on n’en avait pas entendu parler depuis cette disparition.
Wamegonabiew, découragé, intimidé peut-être par cet accueil, voulut me dissuader d'aller plus loin, et voyant que ses avis ne m'ébranlaient pas, retourna seul vers sa famille. Te n'avais pas perdu courage, et j'aimais mieux visiter tous les villages tous les camps des Assinneboins que de revenir sans mon cheval. J’allai
au comptoir de Mouse-River où, sur l'exposé des motifs de mon D |: voyage, on me donna deux livres de poudre, trente balles, plu- L re sieurs couteaux et divers petits objets avec des instructions sur EL + la route à suivre jusqu’au village le plus prochain.En traversant D
une prairie trè aste, j’aperçus à terre, assez loin de moi, quelque k la
chose qui ressemblait à un tronc de bois ; comme je savais qu'il
ne pouvait y en avoir à cefte place, à moins que quelqu'un n'en cl eût apporté, je pensai que c'était plus probablement un vêtement D D ou même le coïps d’un homme mort soit en voyage, soit à la | € chasse. Te
Je m’approchai avec précaution et je reconnus enfin que c'était el un homme couché sur le ventre, un fusil à la air, à l'affût des 1 P oies sauvages ; son attention se fixait en sens inverse de mon ap- r. u: proche, et j'étais arrivé tout près de lui sans avoir été découvert, sc
lorsqu'il s° leva et fit feu sur une bande d’oies. Je m’élançai aussi-
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