CHAPITRE PREMIER
Petite chaudière et divers autres objets. Ils m'y firent ensuite Entrer à quatre pattes, et bouchèrent l'ouverture ; je les entendis Quelques minutes, puis tout devint calme, et le silence dura longemys ; si je n’avais déjà renoncé à tout espoir de m'enfuir, il n'aurait bientôt fallu reconnaître l'impossibilité de sortir de ma Drison.
Au bout de quelques heures, j'entendis soulever les pièces de bois qui me tenaient enfermé ; le jour allait paraître. J'aperçus travers l'obscurité une grande jument, gris de fer, et deux petits evaux bais, amenés par les Indiens ; ils me firent monter sur un, placèrent leurs bagages sur les deux autres,et chacun de nos ommes montant à cheval tour à tour, nous voyageâmes rapidement ; trois jours, au plus, nous conduisirent à Saugerong. Là, deux Indiens nous quittèrent encore ; c'était le village du vieil-
Mlard et du jeune homme ; au lieu de se rendre en droite ligne chez
feux, ils laissèrent leurs chevaux et empruntèrent un canot qui nous déposa devant la maison du vieillard, espèce de cabane
Miconstruite en bois, comme plusieurs de celles du Kentucky. Une
vieille femme accourut aussitôt vers nous ; le vieillard lui dit quelques mots, et elle se mit à pousser des cris en me serrant dans ses bras et m’entraînant vers la cabane.
Le lendemain, je fus conduit près d’un petit enclos, entouré de piquets, des deux côtés duquel s’étendait un espace de terrain ide et uni. Là, tous les Indiens s’assirent ; la famille et les amis
Pidu vieillard d’un côté, les étrangers de l’autre ; les amis avaient
le pporté des présents, du sucre, du blé, diverses espèces de grains, du tabac, et d’autres choses encore. Bientôt les Indiens qui { ’avaient amené se mirent à danser, me traînant avec eux autour du petit enclos ; leur danse était vive et gaie, à peu près
comme celle de l’escalpe. De temps en temps, l’on m'offrait quel-
ques-uns des présents apportés ; mais lorsque le tour de la danse 1
me ramenait de l’autre côté, on m'arrachait tout ce qui m'avait \ été donné. Nous passâmes ainsi une grande partie du jour, jus-! ne qu’à ce que les présents fussent épuisés ; alors chacun s’en alla he: chez soi.
Je venais d’être adopté par la famille du vieux Manitoogeezhik. 4 Il avait perdu, peu de temps auparavant, le plus jeune de ses fils, V et sa femme lui avait dit qu'elle ne pourrait plus vivre s’il ne lui M ramenait pas son enfant : c'était lui demander un jeune prison- ii \ nier pour l’adopter. Manitoogeezhik, avec son fils aîné, Kiskauko, Miles enf et deux autres hommes de sa nation, demeurant au lac Huron, Mn M€ s'était aussitôt mis en marche, uniquement pour la satisfaire. MM Les Vers la partie supérieure du lac Érie, trois jeunes hommes, de } oif et ses parents, s'étaient joints à lui, et ils avaient marché tous les Migrands sept vers les établissements de l'Ohio. La veille de mon enlève- MMPTEnat ment, les Indiens, parvenus à l'embouchure du Big-Miami, avaient ienne passé l'Ohio et s'étaient cachés en vue de la maison de mon père, ait tri
Plusieurs fois, dans la matinée, le vieillard avait eu teaucoup is aig de peine à contenir l’ardeur des jeunes guerriers qui impatients de Mile tête ne point voir paraître d'enfant, voulaient faire feu sur les ouvriers. ik, m C'est dans ces circonstances qu’eut lieu mon enlèvement, suivi du Moup d long voyage dont je viens de parler. JB avait
Ma nouvelle famille me donna le nom de Shawshawwanebase Piimené : (le faucon), et je fus ainsi appelé pendant tout le temps que je Indie passai parmi les sauvages. Ma mère indienne se nommait Nekeek- fs uelque woskecheemekwa (la loutre) ; cet animal était son fofem (1). nes côt
Le printemps commençait à peine à notre arrivée à Saugenong ; DS Sen je me rappelle que les feuilles étaient petites encore et que les By En p Indiens semaient leurs grains. Moitié par signes, moitié par le peu IR? me de mots anglais que savait Manitoogeezhik, il me fut enjoint de Be € D
favau) (1) Emlème, blason. 1
le ses fils, M s’il ne lui h 1e prison- M <iskauko, # c Huron, k satisfaire.
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