CHAPITRE DIXIÈME
ou sortirait. Leur coup avait frappé le cheval du Français, et les deux hommes avaient fui vers la rivière, bien probablement sans savoir s'ils avaient tué homme ou bête. Ces ennemis s’éloignèrent et nous restâmes en paix.
Au commencement du printemps, je me mis en marche pour un rendez-vous que m'avait donné Shagwawkosink à la dernière chute des feuilles : jy arrivai au temps convenu, et peu après, le vieillard, seul'et à pied, vint m'y chercher. Il était campé, depuis deux jours, à deux milles de distance, et son camp était abondamment pourvu de venaison fraîche ; circonstance qui me fut particulièrement agréable, car, depuis quelque temps, j'avais tué bien peu de gibier.
Je passai l'été près de lui. Shagwawkosink était devenu trop vieux et trop faible pour chasser ; mais il avait avec lui quelques jeunes hommes qui ne le laissaient manquer de rien tant qu’on pouve i trouver du gibier. A la fin de la saison nos alentours se trouvèrent épuisés ; la température était très froide et la terre profondément gelée ; mais la neige ne tombait pas ; aussi était-il devenu bien difficile de suivre les mooses ; le bruit de nos pas sur la terre durcie et sur les feuilles sèches avertissait toujours les animaux Ge notre aprroche. Cet état de choses se prolongeant, nous nous vimes tous réduits aux pires ex.rémités de la faim.
La neige étant survenue, tous les hommes de notre bande, Shagwawkoosink, Wawzhekwawmaishkoon, Bapowash, Gishkauko, plusieurs autres et moi, nous allâmes, à quelque distance, former un camp de chasse pour y boucaner de la venaison. Aiskawbawis resta seul ainsi que les femmes. Nous tuâmes beaucoup de gibier, car il est très facile d'atteindre les mooses et les élans dans cette saison, lorsque la surface durcie’de la neige, qui peut encore porter un homme, les prive presque entièrement de la faculté de se mouvoir.
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