‹ Trente ans de critiqueChapitre 26 sur 42 · THÉRÈSE RAQUIN · texte numérisé non relu

THÉRÈSE RAQUIN

1$ octobre 488a.

Ce drame terrible de Zola n'eut pas de succès, quand il fut représenté à Paris pour la première fois, en 1873, au théâtre de la Renaissance. Thérèse Raquin est le premier des « trois échecs successifs » de Zola au théâtre. C'est ainsi qu'il qualifie lui-même, dans la préface de VAssomr moir découpé et arrangé par M. Busnach, le sort pareil de Thérèse Raquin^ des Héritiers Rabourdin et du Bou» ton de rose. Et, dans cette préface, Zola semblait faire bon marché~de son drame de Thérèse Raquin, lorsqu'il disait : « Fatalement, lorsqu'on transporte un roman au théâtre, on ne peut obtenir qu'une œuvre moins complète, inférieure en intensité ; en un mot, on gâte le livre, et c'est toujours là une besogne mauvaise quand elle est faite par l'auteur lui-même. » La sentence est dure. Nous ne la reprendrons pas à notre compte. Cette question de la possibilité ou de l'impossibilité de faire une bonne pièce avec un bon roman revient sans cesse, les écrivains d'un temps où la vie est chère ûnant beaucoup que leurs œuvres

soient, aoiu deax espèoest d'un doaUe rapport. On peat donc ne s'y plus arrêter et se borner à dire Timpression produite par ThérUe Raquin, drame en quatre actes.

On annonce qu*on va refaire i Paris pour Thérèie Raquin^ ce que î'Odéon a fiât déjà, avec succès, pour la HènrieUe Maréchal des Concourt et pour FArlérienne de Daudet. Le moment est bon. Ces revanches d'auteurs jadis contestés, ^ arrivés i leur pleine célébrité, paraissent une justice, même i ceux qui ne les admirent pas tout entiers. Puisqu'on les a mis trop bas autrefois, il y a un entraînement naturel i les mettre trop haut aujourd'hui. Et puis, les audaces que Zola n'était pas encore en posture d'impo* ser au théâtre, en 1873, sont acceptées maintenant comme des marques de sa manière et de son talent, qu'on ne peut plus rejeter, sous prétexte qu'elles nous déconcertent ou nous déplaisent. Zola a maintenant une prise vigoureuse sur tout le monde, même sur les gens qu'il choque le plus, et tout ce qu'il fait est assuré d*ètre lu, écouté, vu, examiné, n est donc probable que Thérèse Raquin aura en 1888 une toute autre destinée qu'en 1873.

Ce drame est pourtant bien noir. Et le public actuel souhaite évidemment que le théâtre lui soit un lieu de distraction. De l'émotion, des larmes douces, cela se peut supporter. Mais de la terreur, selon la méthode antique, c'est bien rude pour nos goûts et notre tempérament. Si Zola attire longtemps la foule à ce drame sinistre de Thérèse Raquin^ le nom de l'auteur y contribuera tout autant que la force de l'œuvre.

Les événements sont encore plus simples dans la pièce que dans le roman. Bien des soènes terribles, qui avaient été décrites par leurs détails matériels» ne pouvaient être transportées au théâtre. Il reste les vraies scènes du sujet : le remords et l'épouvante du crime que la passion a fidt c(»nmettre empèdiant la passion de se satisfaire. Thériie Raquin^ qui a la fotalité d'une tragédie antique, en a aussi l'énergique sobriété. Le premier acte fait connaître les personnages, et conmient l'idée du crime pénètre peu i peu l'homme et hi femme qui ne peuvent, sans ce crime» être l'un à l'autre.

Thérèse Raquin a été mariée à son cousin Camille, pauvre gargon maladif, en&nt gâté par sa mère, égoiste naïf, qui fait â sa femme une existence pesante et vide. Elle aime l'ami de son mari, Laurent, un être de passion vive, qui la désire ardenmient, et â cause de l'esclavage de sa vie et de ses craintes, eUe ne peut lui appartenir. C'est ainsi que Thérèse et Laurent en viennent â vouloir la mort de CamiUe, et le noyent dans une promenade en canot qu'ils ont arrangée. Le premier acte montre bien l'intérieur bourgeois de la mère Raquin, les impatiences et les mauvaises humeurs de son fils Camille, les révoltes de Thérèse en ce milieu étouffant. Il y a là un type de vieux célibataire, H. Grivet, dont les manies et la nullité s'accusent en des phrases d'une parfaite justesse, qu'on a certainement entendues. Tout ce premier acte est d'une vérité excellente ; rien n'y est appuyé; c'est bien la vie plate de petits bourgeois. Et dans ce tableau tranquille, on a déjà l'anxiété du drame qui va suivre.

- iSi -

- .'*£:-=» £s s 3^^ -•.-. C iç îcr: q-j'à amener arr-r ^ 'Ifi^ ^ Œ Lii-z:. :f =37:5^ des deux «LJ=i -isi 1 aj? ic zjT. z:.;.-^ 5c pr^te avec sa i« La. « UCT ^2*11? .r:.:-Tl"f . sa brj qui ne se -« -îass* ^ -4^ it^^ - fs: j s:érr Raquin qui unit =i 'îiP'ï* "« -ar'^zr. :;:t^r Lvnsidére comme ses ijca iif . f: .'f canque de tact et de :s Iiry^ j fs f rcore montré dans sa ^Ktc s^soe "» T-^s. JL 5 et le sont là que Jes épi- .^ wr rsrarr a •■^.•f 5.r^-Jo2 Je la pièce : les deux ^s- ^::L.si :i:^ i ?*i:r.fr. et que leur crime .^- . rf .^:* -7- :- ^'.fiirr.; à se hair, tellement . .. -... r - fzJi-tàSci: i«ro ir rtinords qui les hante

.2 rz'i if< :.-£^!q'jr5 anciens auraient

--.de. I-J -i ^•'?. ^ ^a Sillon, qui n'est pas

; »« is ;rnil/.cs e: if s détails modernes. Ce

-siifiK jf a i;«w- i^ r}o.:veT.ents et des paroles

^-*tia^ ss^xbr iir voir ce qi:e l'idt^ dramati-

j^ic TCî«sï r:'r^'r rit. peut avoir de voulu et

■ç.-». *: "'** ** s^prrbe, et rendue avec tant de

Page 1