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L'AMI DES FEMMES

iO novembre 4867.

Nous commencerons par féliciter la direction du théâtre du Parc de son audace intelligente. Poursuivre auprès da public de Bruxelles, et à propos d*une œuvre littéraire, la révision d'un jugement prononcé par le public parisien, c'est une entreprise courageuse, intéressante et méritoire. M. Letellier avait déjà tenté pareille aventure avec la Rdne de Saba, de Gounod. Mais on se hasarde plus facilement i applaudir un opéra qu'une comédie. La musique s'adresse plus aux sens qu'à l'esprit.

Dès que les sens sont touchés, ils sont reconnaissants. Un ouvrage dramatique ne peut devoir son succès qu'aux décisions de l'esprit. Or, l'esprit a ses lenteurs et ses incertitudes; il pèse, il examine et quand ce qui lui est soumis n'a pas eu une destinée bien nette, il a des défiances qui l'embarrassent. Il est bien entendu que nous ne parlons pas de l'esprit de ceux qui savent et qui jugent. Ceux-ci, au contraire, sont charmés de n'avoir pas été devancés dans leurs impressions, et ils les manifestent comme ils les

ressentent, avec vivacité, avec sûreté. Nous parlons de l'esprit du public ordinaire, de cette moyenne de Tesprit, dont on ne peut pas dire qu'elle est fermée aux choses neuves et délicates, mais qui a besoin d'un guide pour s'y reconnaître et les distinguer.

Si Y Ami des femmes avait été joué à Paris récemment, si les critiques du lundi avaient eu maintenant occasion de mettre en relief les mérites et les originalités de la pièce, nous aurions vu un peu plus d'abandon chez ces honnêtes spectateurs qui ont si peur d'être dupes. Avertissez ces bonnes gens-là qu'on va leur donner une œuvre très hardie, mais essentiellement parisienne et d'une fantaisie très raffinée, ils s'y jettent à corps perdu. Nous avons remarqué ces enthousiasmes à propos de certaines bouffonneries contemporaines. Il suffisait de les signaler comme faisant la joie du public parisien, pour que les natures les plus tranquilles et les plus bourgeoises se missent en frais afin de nous prouver que rien de ce qui est grotesque, ou fin, ou violent, ne leur est étranger. Ah ! vous annoncez que telle scène étrange ou insensée est faite spécialement pour les fidèles du boulevard des Italiens : j'en suis, de ces fidèles-là, et je prétends m'amuser prodigieusement de ce qui les amuse ! Ainsi raisonne le spectateur naïf qui veut être au courant des excentricités et des subtilités du comique à la mode. Servez-lui tout ce qui vous passera par la tète dans le vaudeville ou dans l'opérette en vogue, il rira de confiance, il accepte tout, il aime tout.

Mais une comédie qui n'a pas réussi à Paris, ce doit être plein d'embûches. L'auteur l'a revue, dit-on, et modifiée ;

raison de plus pour être sur ses gardes : méfions-nous, dit le public prudent. Et il se méfie, en effet ; il n'a point d'initiative, il ne sait s'il doit considérer comme plaisante ou comme sérieuse telle ou telle scène ; il observe, il attend, il a des impatiences qui viennent de son indécision, il a des révoltes qui viennent de son ignorance. Que voulez-vous? le nombre est encore grand de ceux qui pourraient répéter après Béranger :

Pour que je jouisse, Quand c'est du Mozart, Que Ton m'avertisse.

C'est précisément à cause de ces dangers qui entouraient l'Ami des femmes que nous félicitons la direction du théâtre du Parc de les avoir bravés. Il fallait s'attendre, non pas â une hostilité absolue : l'ouvrage a des qualités si briUantes et si vives qu'elles désarment forcément, en mainte rencontre, Thostilité. Hais il fiadlait s'attendre à une réserve firoide, â une sorte d'embarras qui ne saurait pas faire les parts exactement, et se méprendrait sur la valeur de certains mots ou de certains détails. Nous avons assisté à cette piquante comédie d'un public qui a peur de son auteur, qui se demande â chaque instant s'il doit suivre cet auteur aventureux, qui hésite à prendre gaiement ce qui le foit rire, qui n'ose être touché de ce qui l'émeut. Encore une fois, étant donnée cette moyenne des intelligences médiocres qui forment ce qu'on appelle la foule, tout cela était facile à prévoir, et c'est parce que tout cela n'a point fait reculer M. Letellier que nous le louons très sincèrement.

Avons-nous besoin de dire que ce préambule ne préjuge rien ni pour ni contre Y Ami des femmes î On peut condamner la pièce, et on peut la défendre avec des arguments ingénieux. Nous connaissons des hommes très distingués qui la rejettent absolument. Rien de meilleur et de plus avantageux pour une œuvre d*art que de produire ces impressions contradictoires. Hais ce qui nous paraît la marque des intelligences lourdes, c'est de n'avoir aucune opinion arrêtée sur une pièce oti la personnalité d'un rare esprit s'accuse si fortement, c'est de flotter entre les sentiments les plus opposés, c'est de ne manifester ni colère ni satisfoction à propos de scènes si originales et si vivantes, c'est de s'arrêter à tel personnage ou à tel épisode malheureux et d'oublier tous les autres personnages et tous les autres épisodes.

Nous aurions pu dire simplement que le public avait été atteint par la plupart des traits acérés de Y Ami des femmes; nous avons préféré reprocher ses gaucheries et ses timidités à ce public qui est parvenu à mêler tant de maussaderie à tant de bonne humeur. Maintenant, il faut venir à cette pièce fameuse et controversée.

Ceux qui aiment les actions compliquées et un tissu solide et entrelacé d'événements trouveront l'Ami des femmes d'une construction bien frêle et d'un intérêt bien mince. Il n'y a pas de coups de théâtre dans ces cinq actes, pas de mouvements fiévreux, pas de combinaison mystérieuse. Nulle audace d'arrangement, nul entassement d'aventures. Deux portraits, une curieuse peinture physiologique, et voilà toute la pièce. Le peintre, si vous

Que de biens perdus et que de spectacles inconnus peur ces natures médiocres qui ne se croient éprises que des bonheurs solides et positiâ I

Ombre de bonheur, bonheur vain, que leur prétendu bonheur positif! Gela vient du libertinage chez les uns; cela touche â l'hygiène che^ les autres. Et voilà tout ce qu'ils demandent à cet être compliqué, délicat, vigoureux, généreux, perfide, et si curieux, qu'on appelle la femme.

Aimer véritablement les femmes, c'est aimer leurs révoltes et leurs abandons, leur innocence et leurs roueries, leurs trames et leurs dévouements, leurs traits, leurs formes et leurs gestes, leurs toilettes et leur esprit, leur caractère et leur voix. Connaissez-vous rien de plus délicieux, même quand on a le cœur tranquille, que de vivre auprès de femmes vraiment femmes, dont toutes les paroles ont du prix, parce qu'elles sont toutes un sujet d'étude ou d'inquiétude 7 Rien d'elles n'est indifférent pour qui les connaît bien, ni les mouvements de la physionomie, ni le son de la voix, ni le frôlement de la robe. Les choses les plus simples ont un sens, qu'on invente parfois, qu'on éprouve souvent. Auprès d'elles, et auprès des plus pures, les initiés devinent un certain sous-entendu. Il y a des hommes à claire- voie pour ainsi dire et qu'un seul regard traverse. Pas de femme véritable sans un coin de mystère. Et pas de mystère f&minin qui ne soit piquant. Que le mystère soit dans leur vie ou dans leur caractère, il n'importe. Qu'elles cachent telle de leurs actions ou tel de leurs sentiments, cela ne fait rien. Le problème n'est pas moins

intéressant, la difficalté n'est pas moins engageante. H ne s'agit pas, pour l'ami des fenunes, de dérober un secret, il s'agit pour lui de ne rien ignorer de la femme qui l'intéresse, et de bien voir ses lignes obscures comme ses traits lumineux.

L'ami des fournies, évoqué par H. Dumas fils, H. de Ryons, explique lui-même son rôle en ces termes : a Autant les femmes sont redoutables dans l'amour, autant elles sont adorables dans l'amitié, avec les hommes, bien entendu. Plus de devoirs, partant plus de trahisons ; plus de droits, par conséquent, plus de tyrannie. On assiste alors comme spectateur et même comme collaborateur à la comédie de l'amour. On voit de près les trucs, les machines, les changements â vue, toute cette mise en scène éblouissante à distance, et si simple de près. On se rend compte des causes, des contradictions, des incohérences, de tout ce va-et-vient fantastique du cœur de la femme. Voilà qui est intéressant et instructif! On est consulté, on donne des avis, on essuie des larmes, on raccommode les amants, on redemande les lettres, on rend les portraits. »

C'est charmant, mais ce n'est pas tout. Et H. de Ryons, dans son ingénieuse énumération, oublie plus d'un trait qu'il n'oublie pas dans sa conduite. Cet ami des femmes, s'il était peint tout entier dans ce morceau spirituel, serait surtout le complaisant des femmes. M. de Ryons est plus que cela, et le véritable ami des femmes ne les sert que pour les mieux connaître. H veut qu'on se confie â lui, c'est vrai; mais ce qu'il étudie dans ces confidences qu'on lui feit, c'est le caractère qui se livre ainsi, c'est la nature qui

se découvre. Que voulez-vous? Dans l'amour des femmes, dans leurs aveux, dans leurs audaces, dans leurs timidités, dans tous leurs gestes et toutes leurs façons, ce qui l'attire, c'est le parfum féminin, c'est cette odeur subtile, si douce et si pénétrante à la fois, qui s'exhale de tout ce qu'a touché une vraie femme. Qu'dle ait touché à l'amour, à l'art, à la politique, aux convenances sociales, aux préjugés du monde; dès qu'elle est femme réellement, elle a mis pour nous autres, amis des femmes, un petit problème dans ses moindres phrases.

Combien d'hommes nous inspirent la curiosité d'aller chercher sous leurs déclarations la raison maîtresse qui les guide? Nous tâchons de discerner le vrai du faujL, et nous passons. Hais les femmes, celles qui comptent, on s'inquiète de toutes leurs paroles, on poursuit leur âme, leur existence, leurs goûts, dans toutes leurs opinions. Pourquoi celle-ci aime-t-elle le Roméo de Gounod? Pourquoi celle-là blâme-t-elle \ Affaire Clemenceau de H. Dumas fils? Pourquoi celle-ci a-t-elle raillé l'amour, et comment Ta-t-elle raillé, avec quel accent? Pourquoi celle-là a-t-elle parlé de ses enfants? Pourquoi celle-ci aime-t-elle mieux M. Octave Feuillet que M"* George Sand? Pourquoi cellelà se prononce-t-elle en politique? Sont-ce des regrets et de l'amertume qu'il y a dans la sévérité de celle-ci? Est-ce de la vertu qu'il y a dans l'indulgence de celle-là? Pourquoi cet œil plus brillant, pourquoi ce parler plus lent, pourquoi ces toilettes modestes, pourquoi ces manières bruyantes, pourquoi cette indifférence, pourquoi cette fièvre?

Et toutes ces questions qu'on se pose à propos des faits.

gestes et devis des femmes, toutes font passer devant vos yeux quantité de dessous qui s'éclairent, d'épisodes qui s'animent, de remarques détachées qui se complètent. L'étude des infiniment petits dans la science et dans l'art est rebutante et sèche. Les infiniment petits de la science et de l'art féminin ont une grâce qui ne s'émiette pas.Dans les moindres parcelles d'événements, dans les moindres fragments de causerie, l'ami des femmes sait retrouver une indication, une coquetterie ou une séduction.

H. de Ryons est fait pour goûter ces plaisirs délicats. Hais, surtout, il veut être mêlé aux aventures du cœur, écouter des aveux, panser des blessures, être une sorte de confesseur bon enfant , qui a des indulgences pour les péchés véniels et des secours pour les vertus défaillantes. Ce qui prouve qu'il aime les femmes, c'est qu'il s'attache â remettre dans le droit chemin celles qui ne sont pas nées pour les détours et les sinuosités de la route ; c'est qu'il s'efforce de garantir de tout faux pas celles qui sont appelées à marcher d'un pas ferme et sûr. Il aime la régularité, sans doute, et les principes solides, et les femmes pures. Mais il tient surtout à ce qu'une vraie femme soit bien ce qu'elle devait être; une femme qui était destinée à une vie fière et transparente perd quelques-unes de ses qualités originales quand elle s'abandonne à une existence d'accommodements et de ténëbres.Elle ne fait pas bien ce qu'elle n'était pas appelée à faire. Elle gagne peu, elle perd beaucoup à ce changement de rôle. Par conséquent, pour un ami des femmes, pour qui veut les voir se développer harmonieusement avec tous leurs dons naturels.

telles qu'elles étaient, il importe de ne les point laisser s'égarer, de les aider à éviter tout mauvais pli, toute attitude fausse. Un véritable ami des femmes a des dévouements ardents pour maintenir dans sa chasteté séduisante une femme diaste. Il aurait une tentation non moins ardente de voir aux prises avec tous les orages et toutes les menaces de la passion une femme passionnée. Qu'elle ne se travestisse pas, tel est le plus vif désir de ce curieux ami. Et tant mieux si la vertu y trouve son compte.

H. de Ryons a rencontré une de ces fenunes qu'il faut aimer pour leur finesse et leur charme, quand on ne les aime pas pour leur âme et leurs traits. M"^ de Simerose est une de ces natures exquises que rien de vulgaire ne peut effleurer. Elle est assez étrange et malaisée à raconter, l'histoire de M'^^de Simerose. Et pourtant rien de plus réel et de plus délicatement observé. C'était une jeune fille ignorante, pleine de rêves éthérés et de pures aspirations; elle épouse l'homme qu'elle aime, et elle a un instant d'épouvante quand elle voit les tendresses nuageuses se transformer brusquement en d'impérieux désirs. Elle ne savait rien, tout sommeillait encore dans son cœur, préparé peut-être pour ces troubles et ces flammes. Mais pour passer des émotions songeuses de la jeune fiUe aux sensations ardentes de la femme, il y a un monde nouveau à traverser. C'est quand ce monde-là vous attire qu'il vous fiiitpeur.

H"^ de Simerose a eu peur. Hélas I M. de Simerose qui est un galant homme, un homme d'esprit, s'est ici trompé lourdement, n faut tant de tact pour se bien reconnaître

dans ces mouvements insaisissables et ces subtilités des femmes I M. de Simerose a cru qu'on ne l'aimait pas, il s'est cru repoussé, il a eu du dépit, de la colère ; il a porté son amour qu'il jugeait dédaigné, ou l'apparence de son amour, à la première venue.

De là, séparation de deux êtres faits pour s'unir, et ce malentendu, composé d'un effarouchement et d'une maladresse, cette pique oti ils s'obstinent va briser ces deux vies qui pouvaient se compléter et se fondre.

N'est-ce pas que voilà une situation tout à fait neuve et très vrais^nblable? Que de mystères pareils et que de problèmes aussi délicats dans les mariages qui rassemblent non pas deux intérêts, mais un homme et une femme véritables! Que de drames et que de com^ies a fait naître ce dénoûment immuable, simple formalité pour les natures vulgaires, complément de l'intervention du maire et du curé, pas décisif pour les natures choisies, et qui doit les attacher ou les séparer pour jamais !

M. de Ryons a flairé un secret dans l'existence de M^ de Simerose, et, pour lui, les secrets d'une pareille femme sont une admirable matière et une bonne fortune précieuse. Il met un peu de violence à s'introduire dans ce secret-là; il pénètre avec effraction dans la confiance de MT* de Simerose ; il viole un peu la réserve de cette vierge fière. Hais il entoure ses indiscrétions et ses tyrannies de tant de caresses, d'un dévouement si prompt, d'une gaieté si cordiale, d'une habileté si sûre, qu'on ne lui résiste pas et qu'on lui pardonne ses brutalités de détail et ses menues meurtrissures.

n est temps, du reste, que H. de Ryons vienne au secours de M"^ de Simerose. La pauvre femme ne sait où aller ni quel parti prendre. Elle est dans une impasse et n*en peut sortir seule. Elle est jeune et elle veut mettre un intérêt dans sa vie. Elle a trop de hauteur et se croit trop offensée pour se rapprocher de son mari. Elle écoute les déclarations brûlantes d'un M. de Montëgre et se persuade qu'elle en est touchée. L'isolement, Tennui, une vague conscience d'avoir mêlé de la gaucherie à de la dignité, une amertume qui veut être adoucie, une soif qui veut être étanchée, tout cela la dispose favorablement pour les appels de la passion et les protestations de sacrifice. Les jeunes filles, a-t-on dit, aiment l'amour ; les femmes aiment Tamant. M"^ de Simerose est encore une jeune fille. Et avec le besoin de réparation qui la tourmente, le dépit qui l'obsède, l'inquiétude qui la trouble, elle aime l'amour comme une revanche de sa vie perdue, comme une reprise de son bonheur compromis.

M. Dumas fils, sans indication laborieuse, sans appuyer, nous a révélé clairement Tétat du cœur et de l'esprit de H^ de Simerose. On voit les fibres, les entrelacements, les embarras, et l'auteur n'apparaît pas, et ne semble pas avoir fait son métier d'anatomiste. Rien de plus délicat ni de plus réel pour bien peindre cette femme, amoureuse seulement de M. de Simerose, que de la montrer aimant l'amour de M. de Montègre et n'aimant pas M. de Montègre. L'idée d'appartenir à ce Montègre la révolterait : « Je vous adorerai », lui dit-elle, parce qu'il s'engage à ne jamais toucher un pli de sa robe. Pauvre niais, qui ne se

sent pas condamné par ce seul mot ; pauvre aveugle, qui ne se sent pas indifférente à ce seul cri !

Heureusement, H. de Ryons est là, et il voit tout, il entend tout, il comprend tout. Nous ne dirons pas comment il parvient à jeter dans les bras l'un de l'autre ces deux époux qui sont trop spirituels pour porter éternellement le poids d'une maladresse. A vrai dire, les savants manèges de H. de Ryons ont besoin d'être aidés par les imprudences et les violences de M. de Hontègre, par les machinations de M"^ Leverdet, par l'indulgente philosophie de H. Leverdet. Hais c'est le talent des vrais généraux d'user de tous leurs auxiliaires et, surtout, de ceux qui sont involontaires, pour atteindre le but et se débarrasser de tous les obstacles. M. de Ryons, l'ami des femmes, veut que cette charmante M"^ de Simerose n'échappe pas à son sort, qu'elle soit bien la femme distinguée, aimante, fière, heureuse qu'elle doit être. Il ne consent pas à se priver du spectacle de cette existence sereme ; il ne permet pas à un hasard, à un accident de changer et d'altérer cette destinée souriante. Il aime véritablement les femmes, puisqu'il les aime avec leurs vertus comme avec leurs défauts.

Nous n'avons pas essayé d'analyser la comédie de M. Dumas fils. Quelques notes sur les deux personnages principaux, quelques indications sur leurs traits et leur caractère, voilà tout notre jugement. D y a bien autre chose que la peinture physiologique de M. de Ryons et de M*"* de Simerose dans l'œuvre de M. Dumas fils. Les irritations sourdes et les lassitudes rancunières de M. des Targettes

et de M^ Leverdet, deux natures sèches, unies par le caprice de deux êgoîâmes ; la cûmplâisânce de M. Leverdet qui se sâuve de la bassesse par la bonté et, du ridicule par l'esprit; les désespoirs coquets de M^ HackendorfiT; autant de scènes excellentes, où se joue et s'accuse im art trte savant, très ferme et très délié.

Dire que le dialogue de VAmi des f ment spirituel, c'est une formule qu'au de plus éblouissait que cette succesaion \ qui reluisent, qui pétillent, qui flamt cellea pour toutes les pbrases, qui joie. Les amateurs de conclusions que la photographie tle rintérieur de que les agitations et .^fs roui

sont d'irrésistibles n la fidélité et des ( contester Tutilité i surtout M. Dumas n'avait rien de commun ^ actions compliquées du [Uk^ main ferme et souple, d*avoir du public pour lui offrir une étu subtile de caractères rares et i nous plaît dans ïAmi des fe\ blâme : Taudace des recherches el ] Ce que nous aimons, c'est que vow repasse pas, avec plus ou moins d'| dissimulation, par tous tes sentierâ du nouveau enfin dans ces cinq

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talent est universellement reconnu, et nous n'avons pas à le proclamer ; ces mérites si personnels, si vigoureux et si fins, d'une trempe si sûre, d'un relief si net, d'un tranchant si afiSlé, ont une empreinte particulière. Ils sont faits pour la main qui les emploie, et cette main seule peut en user avec aisance et dextérité.

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