‹ Trente ans de théatre (volume 2)Chapitre 2 sur 33 · A MUNICH J · texte numérisé non relu

A MUNICH J

grand argument des directeurs de théâtre de Munich...

Ces Messieurs objectent également qu'alors que les théâtres d'été tendent choz nous à disparaître, TAllemagne, au contraire, crée des salles d'été, des répertoires d'été, des orchestres d'été et aussi des publics d'été...

L'Allemagne a bien, en efTet, ses théâtres d'été. « Partout, écrivait malicieusement J.-J. Weiss, où il existe une garnison suftisante pour fournir avec ses officiers, ses sous-olficiers, ses porte-épées et ses soldats avaritafjeux un premier fonds de spectacle, le Théâtre d'Eté, le Sommeriheater^ n'est pas long à construire et à s'installer : des planches sur deux paires de tréteaux avec une toile de fond forment la scène : une vieille cour d'auborge plantée d'arbres est la salle. Quant au répertoire, il est composé de vieux vaudevilles français dont l'action est transportée d'un côté des Vosges à l'autre et donnent la matière d'un Liitspi^l et d'une Posse tout neufs. Aux entractes Tbrcheslre exécute plus souvent du Dclibes, du Lecocq que du Brahms ou du Ralf. On paye soixante kreutzers : on s'attable sous un platane

devant une chope de bière et Ton s'en va vers dix heures... »

Voilà le Soimnertheater. Est-il bien supérieur à nos cirques et à nos cafés-concerts, et si Ton excopte le Krolltheater ^ le Sommertlieater possède-t-il deux e^randes scènes qui, comme l'Opéra et la Comédie, restent ouvertes toute Tannée? Ici encore, à l'exemple de M. Engel, les impresarii de Munich proclament que la victoire est à nous...

J'élais rassuré... Le théâtre immensément populaire, le théâtre répondant à la pensée du peuple, le théâtre qui circulerait dans les moindres villages, le théâtre-roulotte de M. Catulle Mondes, existe moins encore en Allemagne que chez nous. Oh ! je ne nie point Funité musicale allemande... Je sais, pour ravoir appris dans nos classiques, que le génie des grands musiciens d'Allemagne pénètre dans tous les rangs Je la population... Mais les Volkstheater parfaits, tels qu'on me les avait décrits, je ne les trouvai ni à Strasbourg ni à Munich, et, d'après les renseignements donnés par les Allemands eux-mêmes, il y avait bien des chances pour que je n eu9S€

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