ET DU GANT ROUGE
Juin 1908,
Si je n'étais, depuis trois longues semaines, livré aux mains de la chirurgie, j'aurais sans doute présenté ma modeste déposition en cette amusante affaire du Gant roucje qui, d'après lés çom muniqués officiels, doit s'arranger. Certes, mes révélations n'auraient pas jeté un jour bien nouveau sur ce petit dram^; mais je n'en reste pas moins le premier, — oui, le premier, vous entendez ! — qui prit connaissance du manuscrit de MM. Marot, Henri Lee et Edmond Rostand .
C'est quelque chose...
Je venais alors de faire mes débuts à la Censure, et la tradition exigeait que le plus jeune
Travaillait-il pour Paulus? le général devenait le plus sublime des héros! Et, très naïvement, Delormel s'excusait de son insincérilé :
— Que voulez-vous, répétait-il. A TAlcazar, ils sont contre le général. Aux Ambassadeurs, ils sont pour ! Il faut bien marcher avec le public !
Des cafés-concerts, je passais aux petits Ihéâlres. J'attendais anxieusement le jour où je pourrais faire mes preuves de grand Caton et montrer, dans un rapport substantiel, que j'étais très capable de discerner le bien du mal, le moral de l'immoral. Mais, hélas! je ne voyais rien venir. Mes anciens, en cette môme année, avaient eu au Châtelet G^;77ima/etlaMouquetle; ils reçurent même — ah! que je les enviai! — à propos de Skobeleff^ une pantomime représentée à l'Hippodrome, des réclamations diplomatiques extraordinaires, tandis que moi, pauvre débutant, je n'avais comme pâture que le Coq rouge j de Louise Michel, au théâtre des BatignoUes.
Ce Coq passa inaperçu, et je restais toujours le censeur de Delormel... Quelques jours après la représentation des BatignoUes, j'eus une lueur d'espérance: les Folies-Dramatiques soumet-