‹ Trente ans de théâtre (volume 3)Chapitre 11 sur 17 · LE SOUS-PRÉFET DE GHATEAU-BUZARD · texte numérisé non relu

LE SOUS-PRÉFET DE GHATEAU-BUZARD

Septembre 1903.

Le Sous-Préfet de Chàteaii-Buzard^ que le Palais-Royal vient de reprendre avec un grand succès, a son histoire.

C'était il y a dix ans : je me trouvais à Bruxelles. La Comédie-Française, suivant un usage aujourd'hui aboli, donnait, pendant les jours saints, trois représentations à la Monnaie. M""* Jane Hading, qui venait de débuter brillamment dans la marquise des Effrontés et Clorinde de V Aventurière., jouait pour la première fois Mademoiselle de Belle-Isle; nous nous préparions à fêter, en compagnie du duc de Richelieu, de d'Aubigny, de la marquise de Prie et

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de quelques autres seigneurs et seigneuresses de théâtre, le triomphe de la nouvelle Gabrielle de Belle-Isle, quand une dépêche m'annonça , l'arrivée de Léon Gandillot. A cette époque, le pauvre Raoul Toché ne manquait jamais, le lendemain d'une première représentation de ; l'auteur de Ferdinand le Noceur, de consacrer, dans une jolie soirée de Gavroche, quelques lignes malicieuses, jamais méchantes, à l'ami de Gandillot. Cet ami, c'était moi, en 1893, depuis nombre d'années déjà; et c'est toujours moi en 1903...

11 me fallait donc renoncer au souper en l'honneur de Madejnoiselle de Belle-Isle et aller à la rencontre de mon ami. Je savais qu'il venait de lire aux artistes du Palais-Royal le Sous-Préfet de Château- Bu zard et je voulais avoir des nouvelles. Gandillot, qui ne déteste pas le doux paradoxe, déclarait alors — il lo déclare encore — que le succès d'une pièce devant le public est en raison inverse de l'effet de lecture devant les comédiens; il ajoute que les artistes se préoccupent avant tout de leurs rôles, des effets qu'ils pourront y faire et ne se soucient ni des autres personnages ni de la

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