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— J'ai au moins trois petits canons chez moi, me dit Grivot. Ce sont mes seules reliques de ces soirées de la guerre !
Il a préparé tant et tant de bénéfices, le « pelit » Grivot, il a rendu de tels services comme membre de ce Comité de l'Association des artistes, dont il est un des appuis, il a été si profondément bon que son directeur, M. Albert Carré, et ses camarades reconnaissants lui offrent une belle représentation... Un bénéfice? Non! Le brave homme, laborieux comme pas un, n'a jamais touché de gros appointements : il n'en a pas moins su faire, pour lui et les siens, de sages économies qui lui permettront de vivre tranquille et heureux. Aussi n'est-ce pas sans un légitime orgueil qu'il répète en s'en allant :
— C'est ma représentation de retraite que je donne! oui, de retraite, comme dans le bon temps du Vaudeville de la place de la Bourse! Bites-le bien! De retraite!... Et voulez-vous me faire un vrai plaisir? Parlez surtout de la petite Laurence !
Furtivement, le brave homme essuya une larme. J'ai parlé de Laurence cl du « petit »
Grivot. J'ajoute que ces deux artistes furent l'honneur de leur profession. Et c'est encore très rare et très consolant de pouvoir résumer, par cette simple phrase, deux honnêtes existences qui, en réalité n'en firent qu'une...