SARCEY ET L4 CONFÉRENCE
tait enlongs applaudissements... Le conférencier conlinuait, parlant selon sa nature, s'apphquant à ce qne le spectateur le suivît et le comprit. Toujours, il voulait qu'on retrouvât l'homme dans la conférence et c'est ce qui lui permette de dire que ses familiarités, ses phrases inachevés et torrentueuses n'étaient ni des procédés ni des trucs, mais faisaient corps avec lui-même, avec sa personne, son caractère. Etre soi, rester soi, c'était, pour lui, l'important...
Comment ouhlierai-je, pour ma part, que o est Krâce au maître conférencier, dont j'eus 1 honneur d'Être l'ami durant de longues années, que je quittai la Censure, les chansonniers et le brave garçon de bureau Desmolière?
Mon pauvre ami Henry Régnier venait de mourir et, naturellement, les candidats à sa succession étaient nombreux. Sarcey, qu. ne se prodiguait guère et avait l'art de savo.r faire une
démarche, alla bien vite trouver son ann Spul- ,,.,, Il venait de faire «ne conférence a 1 Odcon , il était en habit...
— Tu constateras, mon cher ministre, que je n'ai pas hésité à endosser l'habit pour te présenter une requête ! Il faut croire que j'y tiens... Tu me promets de dire oui et de nommer mon candidat?
— C'est promis, reprit aimablement le grand maître de l'Université. Je n'ai rien à te refuser, puisque tu es en habit !
Le lendemain, j'étais nommé... Sarcey, m'apprenant la nouvelle, ajouta, s'esclaffant de rire :
— C'est à mon habit que vous devez tout ! Si j'avais eu ma redingote, je n'aurais rien obtenu!
Ceux qui ont, comme moi, vraiment connu et aimé Sarcey savent ce qu'il cachait de tendresse délicate. Nul ne rendit service avec plus de discrétion et de bonté; nul ne fit plus souvent et mieux le bien. Nous avons tous, en ces soirées de galas populaires, beaucoup pensé à lui, et moi peut-être un peu plus que les autres, car je lui devais plus que les autres... Voilà trois ans, presque jour pour jour, qu'il nous a quittés. Pendant vingt ans de ma vie, je l'ai toujours trouvé là, fidèle, aux heures de joie et de tristesse. Son successeur, M. Gustave Larroumet, qui fut un de ses meilleurs amis, savait tout cela ,