XXVIHI XXX CHANSONS BOURGUIGNONNES
Comparez ce diagramme aux figures [2] et [2 bis|, page iv, équivalentes. Il suffit de traduire la première strophe. La seconde se passe de truchement.
A la fête d'Echarnant
J'en ai mangé du bon flan !
Il était fait de prunelles,
De senelles et de groseilles ; Des gratte... tout par dessus.
Tout le monde en fut bien repus.
Il était si bon, si bon
Qu'je n’me suis ôté d'son long
Echarnant est un hameau de l’Arrière-Côte et dépend de la commune de Montceau. Edme Grandpré chantait la seconde strophe sur la variante ci-dessous, que les philologues de la chanson me reprocheraient de ne pas leur offrir :
Et pour lors de mai bedaine, Ai giclé tot d'eune ailaine,
Pa ta pan ! eun coup d'cainon Que petot jeusqu'ai Chailon.
La seconde chanson (la Mèr' Godichon) est en mode de RE, mais en ton de sol, avec un
seul bémol à la clef : 5
L'air est celui d’un des Noëls de la Monnoye, le troisième :
Guillô, pran ton tamborin, Toi. prantai fleute, Rôbin :
Au son de cés instruman, Turelurelu, patapatapan ; Au son de cés instrumun Je diron Noei gaiman Etc.
(Ai Dioni, ché Abranlyron de Modène ; traduisez : A Dijon. chez Bernard de la Monnoye, 1767.)
Au dire de l'auteur. l'air est emprunté à la chanson : Ma Mère, mariez-moi. Il a été impossible de reproduire le texte intégral : on ne peut ni l’abréger ni... l'atténuer.
* CE
L'identification musicale de ces deux chansons à des Noëls Dijonnais m'a été signalée par le chanoine Stephen MoreLor (né à Dijon en 1820 ; mort le 7 octobre 1899), un puissant érudit, précurseur de Coussemaker, habile avant lui à déchiffrer les textes musicaux mensuralistes du Moyen Age, et qui ayant vécu sans ambition, est mort sans gloire, contre toute justice : il est un des hommes dont Dijon peut le plus légitimement s’enorgueillir. Docteur en droit, élève diplômé del'école des Chartes, il entratardivement danslesordres,