IT'AIRAI, MAI BRUNETTE JE T'AURAI, MA BRUNETTE
Mode d'UT défectif. Majeur moderne.
Chanson dunsée (Sauteuse) de l'Auxois, composée vers la fin du xvi: siècle. Bigarne écrit: « Un registre des archives de Beaune constate un envoi de canons, fait en 1574 pour la guerre en Dauphiné. »
Les silences mesurés qui si drôlement coupent, à plusieurs reprises, le discours musical, sont des corrections apportées par Charles Bigarne au texte de 1891. Je vois encore mon vieil ami sautillant cette chanson suivant la manière indiquée pour la pièee V, et figurant, à lui tout seul, toute une bande de danseurs. Il s'arrêtait net pendant les silences et reprenait de plus belle son trémoussement, à la mesure d'après, avec une mimique extraordinaire.
Le sens des paroles est : « Si je ne t'ai pas, ma brunette, je m'en irai à la guerre... Si je ne t'ai pas, je perdrai le sens commun et m'habillerai tout à l'envers: je mettrai ma chemise par-dessus mon gilet. »
{Patois et locutions du pays de Beaune, page 51. Air 5.|
GUILLENLÉ, BIA GUILLENLÉ
Mode d'UT défectif. La mélodie tient tout entière dans la quinte modale.
Chanson de Santenay, village de la vallée de la Dheune (canton de Nolay; à 15 kilomètres sud-ouest de Beaune, et qui maintenant s'appelle, glorieusement, Santenay-les-Bains.
Plusieurs corrections apportées au texte de 1891.
C'est une complainte, ou mieux une supplique, analogue à la complainte de Chorey, et qui a pour but d’apitoyer les gens : le chanteur demande l'aumône. C'est le Jour de l'An qu’il débite ses strophes, à la porte de chaque maison. Guillenlé, vraisemblablement, est une corruption du Gui lan neuf de mainte province. Cf. Tiersot, H. de la Chanson populaire, chap. vu.
Le bré est un berceau. Saint Batholmé est saint Barthélemy, le guérisseur des malades,