XXX CHANSONS BOURGUIGNONNES XLI
interrogé au sujet de ce cousinage, différencia cette chanson-ci (XX VII) d après ses plus lointains souvenirs et il indiqua une autre correction très importante, à la mesure 8 du soliste ; cette version fait apparaître le mode, en évoquant le VI: degré. Elle impose le mode de RÉ. Grandpré avait fourni aussi à Charles Bigarne la preuve que la mélodie est empruntée à un noël beaunois.
Quant à la polyphonie appliquée à cette chanson, elle se défend comme il suit : Edme Grandpré nous fit observer, nprès l’apparition du livre de Bigarne, qu'anciennement on accompagnait « grossièrement » cette vicille mélodie en quintes, bourdonnées sur des assonances que fournissait la dernière rime de chaque strophe. Il entendit chanter de la sorte, vers 1840, cette pièce curieuse. J'ai essayé de produire, sous la mélopée, un accompagnement choral qui rappelât ce mode d'exécution. Mais je n'ai pu résister au plaisir de le rendre musical : le beau mode de RÉ se prête complaisamment à des combinaisons harmoniques, à la fois simples et piquantes. :
Larré — sommets incultes et broussailleux.
Feugner — remuer la terre avec le museau ; aussi : renifler bruyamment.
Queuches — cuisses.
Forgonner = fourrager dans.
(Patois et locutions du pays de Beaune, page 147, air 18.]