‹ Trente-deux ans à travers l'IslamChapitre 2 sur 63 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

les ministres n'ont point acquiescé à cette demande et ont prescrit au maréchal de charger de cette tâche importante quelques officiers de Farmée d'Afrique.

c( Le maréchal a jeté les yeux sur vous et a daigné

m' associer, moi pauvre ouvrier, à ce travail pour lequel

' vous avez déjà tant de matériaux, que vous seul pouvez

réunir, car, dans cette histoire, devra figurer la brillante

épopée d'Abd-el-Kader.

<r Quant à moi, mon bon ami, je me sens le courage de piocher, piocher tout ce qui a été écrit de si lumineux par le maréchal, pour faire un exposé de ce qui a rapport à la partie militaire, et je vous assure que je le ferai de grand cœur. Mais il faut pour cela que vous vous associiez avec un égal plaisir à cette œuvre, car, sans cela, je perdrais tout courage, toute espérance de réussir.

« Je suis expressément chargé, par le maréchal, de vous dire combien il lui serait agréable que nous nous chargeassions de cela. Il est bien entendu que nous travaillerions sous ses yeux, d'après ses conseils et ses inspirations. Voyez- vous tout le beau côté d'un pareil travail ? Non seulement nous seconderions les désirs de notre patron bien-aimé, mais nous associerions notre nom à une œuvre patriotique qui ne serait pas sans gloire y>

Bivet se mit à l'œuvre et, dès 1847, il me lisait quelques cahiers qui dénotaient chez lui les qualités d'un historien militaire. Quant à moi, ma mission au Maroc m'avait tellement absorbé, que c'est à peine si j'avais

INTRODVCTION. 3

esquissé les événements qui avaient précédé et suivi l'apparition du jeune sultan des Arabes.

La révolution de 1848 et la mort de notre maréchal

(1849) suspendirent notre travail Enfin mon camar-

rade préféré, mon frère par le cœur, le général Bivet tombait glorieusement devant Sébastopol.

Il m'était désormais impossible de reprendre l'œuvre à laquelle le maréchal avait eu la bienveillante pensée de m'associer; j'avais même perdu complètement souvenance du désir qu'il en avait exprimé, quand, à quarante ans de distance, je me suis décidé à publier mes souvenirs.

Avec la collaboration de Rivet et sous la direction de mon illustre chef, j'aurais pu faire, je crois, V histoire de la conquête de l'Algérie ; livré à mes seules ressources, je me suis borné à raconter simplement quelques épisodes où apparaissent les deux héros de ce grand drame.

■^VAAA/^

KAÏROUAN ET l'ÉGYPTE.

Page 1