CHAPITRE XLIII
Lettre d'nn chef arabe à M. Léon Roches 1872, faisant snite au chapitre
de Beanmont et de Corcelles.
On a pu se rendre un compte exact, en lisant le chapitre précédent, des sentiments intimes et de Topinion vraie des musulmans à Tégard des chrétiens en général, et des Arabes de TAlgérie à Tégard des Français en particulier, à l'époque où j'avais l'honneur d'accompagner dans la Métidja MM. de Beaumont et de Corcelles, députés et amis du maréchal Bugeaud (1843).
Quoique je commette un anachronisme en citant ici une lettre que m'adressa, en 1872, un de ces mêmes chefs indigènes que nous visitâmes alors, je n'hésite pas à la transcrire, car elle donne, en quelque sorte, la mesure des progrès faits par notre domination dans l'esprit des indigènes durant cette période de vingt-neuf ans.
Quelques mots pour expliquer la cause de cette communication.
Diverses accusations avaient été lancées de la tribune de l'Assemblée nationale^contre les populations musulmanes de l'Algérie. Il me parut équitable de porter ces accusations à la connaissance des accusés et de leur donner la facilité de se défendre.
Je traduisis les discours accusateurs ; je les transmis à mon ancien ami et j'adressai cent exemplaires de sa réponse, éga-
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lemenfc traduite par moi, aux membres les plus éminents de l'Assemblée.
Voici cette lettre :
« Louanges à Dieu unique.
d A l'ami des premiers et des derniers joars, de l'heure malheureuse comme de l'heure fortxmée.
a A celui qui est absent de notre pays, mais dont les actes sont présents à notre mémoire.
<î Au Sid Liounejih de Roches.
n Que Dieu prolonge tes jours pour le bien de tous. Amen.
« J'ai reçu ta lettre, émanation de ta chère personne.
ce Je vais répondre à son contenu, ainsi que tu me le demandes, article par article.
« Suivant quelques orateurs de l'Assemblée, la France serait en droit de se méfier du dévouement et de la fidélité des musulmans habitants de TAlgérie, surtout depuis la dernière insurrection.
« Je pourrais retracer ici avec des détails plus nombreux et plus frappants les causes déplorables du dernier soulèvement des tribus arabes et kabyles, causes qui ont été exposées éloquemment dans le sein même de l'Assemblée, mais loin de moi la pensée de soutenir que ceux qui ont pris part à l'insurrection étaient dans leur droit. Non, je tiens à prouver qu'ils^étaient coupables, car, loin d'autoriser la révolte des musulmans de l'Algérie contre la France, notre religion leur commande l'obéissance et la soumission. Les commentateurs du Coran les plus vénérés de l'Islam sont précis à cet égard.
« Ils ont posé des principes, fondés sur la parole même de Dieu, qui doivent servir de règle aux musulmans dans leurs
rapports avec les chrétiens, et je pourrais remplir un volume des citations de leurs textes.
« Je me bornerai à en résumer le sens général :
« Les musulmans doivent exécuter scrupuleusement les « conditions des traités conclus entre eux et les chrétiens. »
« Le meurtre d'un chrétien, si ce n'est dans une bataille « ou dans un combat singulier, est aussi condamnable que le « meurtre d'un musulman. »
« Un peuple musulman doit résister autant que possible « à la domination d'un peuple chrétien ; mais quand il est cer- « tain que la résistance ne peut plus amener que la ruine et « une effusion de sang inutile, le peuple musulman doit se « soumettre à la domination du peuple chrétien et le servir « fidèlement. »
« La trahison, dans ce cas, envers le gouvernement chré- « tien, est aussi condamnable qu'elle léserait envers un gou- « vernement musulman, »
« La révolte des musulmans ne deviendrait un devoir que CL si le peuple dominateur, chrétien ou idolâtre, voulait les « forcer à renier leur religion ou à ne plus en observer les « préceptes. Dans ce cas, ils devraient mourir plutôt que « se soumettre. »
« Telles sont les règles établies, je le répète, par les docteurs les plus vénérés de l'islamisme, et quand elles sont transgressées, c'est que des musulmans, ambitieux et mécontents, profitant de l'ignorance du peuple arabe, le surexcitent par la prédication de textes religieux apocryphes et le poussent à la révolte (1), qu'ils décorent du titre de guerre sainte (2).
« Punissez donc les coupables, mais ne concluez pas de leurs fautes que tous les musulmans sont traîtres et que leur religion leur commande la trahison.
(1) Nifak.
(2) Djihad.
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c Un des honorables orateurs a mis dans la bouche de Tillustre et magnanime Sidi-El-Hadj-Abd-el-Kader un langage qui convenait au fils bien-aimé de Si Mahhi-el-Din, alors qu'il aspirait à la mission de régénérer l'islamisme (Que Dieu nous fasse participer aux grâces répandues sur cette sainte famille!) (1).
Qi La foi ardente du jeune émir lui cachait alors les obstacles insurmontablesdevant lesquels devaient échouer ses nobles projets î Qu'on interroge aujourd'hui l'homme éprouvé par l'expérience et éclairé par les lumières de la science, qu'on l'interroge, dis- je, comme il m'a été permis de le faire moimême, et on ne recueillera sur ses lèvres bénies que renonciation des préceptes dont j'ai résumé plus haut le sens invariable.
<r Un membre de l'Assemblée a avancé que les Arabes attendent chaque jour l'occasion de chasser les Français de l'Algérie.
« C'est nous croire, vraiment, dépourvus de sens, et admettre que nous ignorons les notions les plus élémentaires de la politique et de l'histoire des peuples.
« Comment, malgré les luttes redoutables qu'il avait à soutenir contre toute la chrétienté, malgré les guerres intestines qui le déchiraient, l'Islam a maintenu sa domination en Espagne pendant près de huit siècles, et nous nous leurrerions de l'espoir que la France abandonnerait l'Algérie, le lendemain de sa conquête, et quand elle vient de nous prouver pour la centième fois que, malgré les désastres qu'elle a subis, elle peut toujours opposer des bataillons invincibles à tous nos guerriers réunis !
<r Certes, Dieu est tout-puissant et il lui est facile de ren-
(1) Dans une de ses proclamations, l'émir avait dit entre autres : d n ne peut exister de paix entre les croyants et les infidèles tant que ceux-ci fouleront le sol des musulmans. j>
verser les trônes les plus solides, comme d'abattre l'orgueil des peuples les plus formidables, mais l'histoire sacrée et l'histoire profane nous enseignent que les décrets impénétrables du Très-Haut sont soumis, par sa justice, à des règles aussi immuables que celles qui dirigent la marche des astres !
« Ah ! si nous avions la possibilité de vous chasser de notre pays par nos propres forces, certes nous n'y manquerions pas, car, tu le sais bien, la haine du chrétien existera toujours au fond du cœur de la masse des musulmans; mais si vous abandonniez l'Algérie, c'est que vous en seriez évincés par des puissances européennes : or, chrétiens pour chrétiens, nous préférons vous garder, car, de tous les conquérants , celui dont la domination est la moins dure, ce sont les Français, nous le savons.
« Voilà la vérité.
« Le même orateur a accusé les chefs arabes de n'avoir pris aucune part à la guerre contre l'Allemagne, et de ce fait il a conclu que, chez les musulmans, le peuple vaut mieux que la noblesse.
« Dieu est trop juste pour ne pas répartir également les dons de sa miséricorde sur toutes ses créatures, et devant Lui, peuple et noblesse, pauvres et riches sont égaux.
« Mais les défauts de l'homme sont d'autant plus remarqués que la position qu'il occupe est plus élevée et qu'elle suscite plus d'envieux !
c( Je crois que, dans cette circonstance, les chefs arabes ont agi avec discernement ; ils ont pensé que leur présence serait plus utile à la France dans le pays où ils exercent leurs commandements que sur un champ de bataille où leur personnalité n'exercerait aucune influence.
« Vous admirez avec raison l'élan courageux de nos enfants qui sont allés partager les dangers de vos braves soldats et
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mourir glorieusement avec eux. Dieu me préserve de diminuer le mérite de leur détermination, mais il ne faut pas l'attribuer seulement à leur dévouement à la France. Les Arabes de notre époque, quoique fils dégénérés des djouêds (1) qui, il y a douze cents ans, conquirent l'Afrique et l'Espagne, ont conservé pourtant, de leur noble héritage, l'amour des combats et l'esprit d'aventure. Ils ont d'autant plus facilement cédé à ces penchants qu'ils accompagnaient vos soldats, considérés par eux comme des frères, car, chez les Arabes, la fraternité de la poudre égale la fraternité du sang. Et puis enfin, te l'avouerai- je confidentiellement, la perspective de tuer du chrétien sans trahir son serment de fidélité n'est-elle pas un puissant attrait pour un fils de l'Islam ?
a: A propos des chef s arabes, quelles réflexions puis-je faire qui n'existent pas déjà dans ton esprit ?
« Je comprends que certains hommes compétents, parmi vous, repoussent l'idée de confier encore de grands commandements aux descendants des nobles familles arabes dépositaires, depuis des siècles, d'un pouvoir incontesté.
« Je comprends également que, devant la régularité apportée en France dans la perception des impôts, vous voyiez avec peine les exactions commises par nos chefs à l'égard de leurs administrés.
« Mais parce qu'un ami ne vous est plus utile, devez-vous oublier les services qu'il vous a rendus et l'abandonner ?
« N'est-ce pas avec ces chefs que vous avez d'abord traité de la soumission des tribus qui formaient leur clientèle ?
a N'ont-ils pas pris part à la longue lutte que vous avez soutenue contre Abd-el-Kader ?
« N'ont-ils pas organisé et gouverné le pays alors que vous ne pouviez le faire vous-mêmes ?
(1) De sang pur (noble).
Qi Et s'ils commettent des exactions à Tégardde leurs administrés, leurs tentes ne sont-elles pas constamment ouvertes aux hôtes de Dieu ? et la solde que vous leur donnez représente-t-elle la dixième partie des dépenses que leur imposent rhospitalité et les aumônes?
« Toutefois, je le répète, des hommes honorables et compétents peuvent différer d'opinion sur l'utilité ou Tinconvénient de confier de grands commandements aux familles nobles de l'Algérie, mais nul homme juste et raisonnable ne comprendrait que la France ne tînt pas compte des grands services rendus par les divers chefs de ces familles.
« Témoin de cette marque d'oubli, le peuple, qui aime ses seigneurs plus que les Français ne le pensent, ne manquerait pas d'en conserver un pénible souvenir.
€ Toi, qui connais les musulmans et notre pays mieux que nous-mêmes, dis donc à ceux qui vous gouvernent de ne pas détruire sitôt l'œuvre du grand chef qui a vaincu Abdel-Kader, qui avait su si bien se faire craindre et se fadre aimer qu'aujourd'hui encore son nom est vénéré par tous les musulmans du royaume d'Alger, ce maréchal Bugeaud qu'ils appelaient Bou-El-Nassr et Bou-El-Saâd («le Père de la victoire » et « le Père du bonheur »).
« Dieu me préserve d'avoir l'audace de répondre à la question que tu me fais : « Quel gouvernement préfèrent les Arace bes ? le gouvernement militaire ou le gouvernement civil ? >
« C'est le maître de la tente qui doit choisir le serviteur auquel il en confie la garde, et c'est le capitaine qui doit diriger son vaisseau. Tout ce que je puis te dire à ce sujet, et tu le sais mieux que moi, c'est que là où vous n'aurez pas d'insurrection soudaine à redouter, là où vous aurez un grand nombre de chrétiens cultivant la terre, conservez des agents civils.
ce Mais là où n'habiteraient que des musulmans, Arabes ou
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Kabyles, là où une insurrection serait possible, n'ayez que des militaires qui seront en même temps guerriers, administrateurs et magistrats. Nous les avons vus à l'œuvre et, la part étant faite aux défauts inhérents à l'humanité, nous les avons jugés capables et dignes de nous gouverner.
<r Que les parties du pays administrées par les fonctionnaires civils et celles gouvernées par les militaires soient nettement délimitées et entièrement distinctes, afin que tous ceux qui iront s'y établir, musulmans ou chrétiens, sachent, préalablement, quels y sont leurs droits et leurs obligations.
« Et, à propos d'administration, je crois devoir attirer ton attention sur les kadhis, qui, tu le sais comme nous, occupent dans la société musulmane la position sinon la plus élevée, du moins la plus importante, puisqu'ils sont tenus de connaître notre loi et d'en assurer la juste application.
« Nous nous sommes souvent demandé pourquoi legouvernement français, en choisissant et en nommant lui-même les kadhis, consentait à assumer ainsi la responsabihté des injustices et des prévarications qu'ils commettent chaque jour, à la honte de l'islamisme ?
« Pourquoi ne laissez-vous pas élire ces magistrats par les tribus elles-mêmes, qui seraient alors seules responsables du choix qu'elles auraient fait ?
« Votre kadhi, à vous, c'est le tribunal composé de juges intègres appUquant la loi française ; nous avons appris à les respecter.
c Les musulmans qui ne seront passatisfaitsdeleurskadhis, dans les questions civiles, sauront bien s'adresser à votre tribunal.
« Quant aux questions religieuses, dans lesquelles sont compris le mariage et le divorce, pourquoi vous en mêler, même indirectement ? Je vous dirai, à ce sujet, que nous avons été grandement surpris de voir que vous vous préoccupez de
notre culte bien plus que vous ne semblez vous occuper du vôtre.
« Il est bien entendu que, dans le cas où vous renonceriez à choisir vous-mêmes les kadhis, les actes rédigés par leurs soins n'en seraient pas moins soumis à votre contrôle.
« Un autre orateur, ww ds nos amis sans doute, aurait avancé qu'il n'existe pas d'antagonisme entre le peuple arabe et les colons européens.
« Hélas ! afl&rmerun fait semblable, c'est voir la situation avec l'œil du désir, mais non avec l'œil de la réalité.
« Oui, il y a et il y aura toujours antagonisme ; oui, il y a et il y aura toujours des conflits entre les Arabes et les Français juxtaposés sur la terre d'Afrique. Et cette situation ne provient pas seulement de l'antipathie du musulman pour le chrétien, de la diversité des races ou de la différence de religion, elle est la conséquence logique, inévitable, des sentiments de haine que nourrit tout peuple conquis à l'égard du peuple conquérant.
« A ces causes permanentes d'antagonisme et de conflits inhérents à une situation créée par les événements viennent se joindre des mesures administratives qui portent atteinte aux intérêts matériels des Arabes.
ce Ainsi, depuis des siècles nous avons ou possession ou jouissance de la totalité du territoire de la régence d'Alger. Lorsque vous en avez fait la conquête, vous nous avez promis de respecter nos biens. Plus tard, vous avez pris possession des terres du Beylik (terres domaniales), c'était votre droit, et vous y avez établi des colons européens. Le nombre de ceux-ci ayant augmenté, vous les avez successivement installés sur les teiTitoires dont nous avions la jouissance. Quand nous exprimions aux chefe des bureaux arabes les craintes que nous inspirait l'arrivée de nouveaux colons, ces ofliiciei's, qui étaient nos frères d'armes, tranquillisaient nos esprits en
nous aflBrmant que les colons ne pénétreraient pas plus avant dans le pays et que nous ne serions jamais dépossédés des terres cultivées par nos pères. Leur affection pour nous les engageait sans doute à nous tromper, ou peut-être se trompaient-ils eux-mêmes ; ce n'est point une accusation que je formule contre eux, c'est un fait que je constate.
« Tant est-il que, chaque jour, de nouvelles atteintes étaient portées à nos droits de jouissance et de possession, et chaque jour pourtant on nous renouvelait l'assurance qu'on entendait les respecter.
« Comment la méfiance ne serait-elle pas née dans l'esprit des Arabes en face du contraste qu'ils constataient entre vos actes et vos promesses ?
« Quelles terreurs ne devait pas leur inspirer l'avenir quand ils étaient témoins de l'instabilité de vos décisions et du changement incessant de vos fonctionnaires, dont le langage et la conduite variaient en raison du système en faveur!
<£ Eh bien, je crois qu'une grande nation, comme la France, ne doit pas donner heu à ce qu'on puisse même la soupçonner de vouloir arriver au but par des voies détournées.
(c II y a, ici-bas, des obstacles inévitables que le plus fort doit aborder avec franchise et fermeté, et des situations fatales que le plus fidble doit subir avec dignité et résignation.
ce Vous êtes les plus forts, et je dois à la vérité d'ajouter, les plus justes et les plus généreux; dites-nous donc franchement :
€ Il nous faut la terre nécessaire pour y établir nos cul- « tivateurs, afin de justifier et d'utiliser notre conquête. Nous ce prendrons d'abord celle qui nous appartient comme succes- « seurs des Turcs, qui la possédaient, et celle que les lois de la « guerre nous ont autorisés à confisquer. Puis, au fur et à me- « sure de l'arrivée de nouveaux cultivateurs français, nous vous « achèterons les terres dont nous vous avons reconnu et dont
€ nous VOUS reconnaissons définitivement la possession. Genx « d'entre vous qui désireront rester voisins de nos colons de- « vront se soumettre aux obligations qui leur seront imposées « et respecter les mêmes lois et les mêmes usages. i>
« Alors nous saurons à quoi nous en tenir et, conmie la terre de Dieu est large, nous prendrons telle détermination que nous jugerons convenable. En tout cas, nous n'aurions pafl le droit de nous plaindre, car vous auriez usé avec sincérité et avec justice de votre droit de conquérants.
« Eépète donc aux membres de ton gouvernement la sentence que j'ai entendue sortir mainte fois de ta bouche et que tu nous disais tenir toi-même du vénéré Mustapha Ben Ismael, chef des Douaîrs et Smalas :
« Le sabre du sultan doit être toujours tiré du four- « reau!
« Sa main doit être sans cesse ouverte ! « Et sa parole, une fois sortie de sa bouche, ne doit plus y « rentrer (1)! »
« Ce vieux guerrier, grand conducteur d'hommes, n'avaitil pas raison de donner pour bases au trône des sultans électifs d'Alger, la force, la générosité et le respect de la foi jurée ?
« Que Dieu te tienne en sa sainte garde et permette que nous nous rencontrions dans une heure fortunée...
« Signé : Ali. »
Le langage si modéré et en même temps si précis de mon vieil ami me dispense, il me semble, de plus amples commentaires au sujet de l'administration des indigènes en Algérie.
En tout cas, je tiens à répéter qu'en comparant les réflexions contenues dans cette lettre aux opinions émises par le khalifa
(1) ElSifelMedjboud.
El iid el Memdouâ.
El kelma min ghair Merdoud.
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Oul'd Sidi Lekhal devant MM. de Beaumont et de Corcelles, si on constate que nos chefs arabes apprécient mieux qu'autrefois notre situation et la leur, ils s'accordent encore à affirmer qu'admettre l'assimilation des musulmans de l'Algérie aux Français, c'est regarder les choses avec f œil du désir et non avec Tœil de la réalité.