POT-POURRI DE LA BOUCHE ET DU NEZ
Dialogue nocturne.
ÀlR: lion père était pot
Jugez si je fus étonné ,
Lorsque, la nuit dernière.
Je sentis ma bouche et mon ne»
S'agiter en colère !
Qui donc en sursaut^ Me dis-je aussitôt,
Si matin me réveille?
Le nez se moucha^ La bouche craeha,
Et je prêtai l'oreille.
LA BOUCHE, bâillant,
Àin : Je «ui» né natif de Ferrare.
Maudit nez ! le diable t'emporte l Konfla-t-on jamais de la sorte 1
LE NEZ
Morbleu ! quel démon m'installa Près de cette Ixivarde-là?
LA BOUCHE
Et c'est au milieu du visage Qu'on loge un si sot personnage?
LE NEZ
Tout sot que je suis, je me croi Encor moins mâchoire que loi.
LA BOUCHE, piquée.
AIR de la fanfare de St-Ctoud.
Que m'importent ta colère Et tes sarcasmes mordants!
LE NEZ
Est-ce pour me faire taire Que tu me montres les dents ?
LA BOUCHE
Va, je ris de les sottises ; Entends-tu? vilain camus!
LE NEZ
Quelque chose que tu dises^ J'aurai toujours le dessus !
LA BOUCHE
A.IR t Réfeillez-rous, belle endormie.
Nécessaire autant qu'agréable, Je sers Tenfant et le barbon ; Et de toi, qui fais le capable.
On ne peut rien tirer de bon.
LE NEZ
AIR: La bonne aventure, o Gué.
De quelque titre plâtré Que tu t'autorises^
22 LIVRE r.
Jamais je ne souffrirai
Que tu me maîtrises > Si tu le veux, fùche-toi...
Je n'ai jamais craint, ma foi !
D'en venir aux prises , Moi. . . .
D'en venir aux prises.
LÀ BOUCHE
AIR : Si Dorila*.
Je suis utile à mille choses.
LE NEZ
De ses dons le ciel m'a comblé.
C'est pour moi qu'on plante les roses,
LA BOUCHE
C'est pour moi qu'on sème le blé. {Bi$.)
LE NEZ
Par moi l'on respire sur terre.
LÀ BOUCHE
C'est moi qui préside aux repas»
LE NEZ
L'komme» sans moî^ ne vivrait guère. {B%$.)