‹ Trésor de la chansonChapitre 92 sur 102 · CHANSON DE ROLAND · texte numérisé non relu

CHANSON DE ROLAND

AIR: Soldati^ Fnaf ai*, chaotoM IMa«J.

Où vont tous ces preux chevaliers»

L'orgueil et Tespoîr de la France ?

C'est pour défendre nos foyers, Que leur main a repris la lance.

Mais le plus brave , te plus fort , C'est Roland, ce foudre de guerre :

S'il combat, la faulx de la mort Suit les coups de son cimetei^re.

Soldats français, chantons Roland, L'honneur de la chevalerie i^ Et répétons en combattant Ces mots sacrés : Gloire et Patrie !

Déjà mille escadrons épars Couvrent le pied de ces montagnes ; Je vois leurs nombreux étendards Briller sur les vertes campagnes* Français, là sont vos ennemis :

Que pour eux seuls soient les alarmes^ Qu'ils tremblent! Ils seront punis !

Hol^ud a demandé ses ^^YmesV

Soldats français, chantons Roland, etc.

L'honneur est d*imiter Roland; L'honneur est près de sa bannière.

Suivez son panache éclatant ; Qu'il vous guide daus la carrière.

Marchez, partagez son destin ; Des ennemis que fait le nombre?

Roland combat: ce mur d'airain Va disparaître comme une ombre.

Soldats français, chantez Roland^ etc.

Combien sont-ils? Combien sont-^ils?

C'est le cri du isoldat sans gloire.

Le héros cherche les périls:

Sans les périls, qu'est la victoire?

Ayons tous, d braves amis.

De Roland Tâme noble et fière.

Il ne comptait les ennemis Qu'étendus morts sur la poussière.

Soldats français, chantez Roland, etc.

Mais j'entends le bruit de son cor Qui résonne au loin dans la plaine. • . .

Et quoi ! Roland combat encore !

11 combat !.. .0 terreur so\iàa\w^\

200 LIVRE tX.

J'ai vu tomber ce fier vainqueur ; Le sang a baigné son armure.

Mais toujours fidèle h l'honneur.

Il dit , en moiltrant sa blessure :

Soldats français, chantez Roland, Son destin est digne d'envie.

Heureux qui peut, en combattant, Vaincre et mourir pour sa patrie !

AtEXAÏœRfi buVAL.

LA DÉFAITE DE RODRIGUE, LE DERTtlER ROI DES GOTHS.

àXK noateaik

C'est la huitiènie journée De la bataille donnée Aux bords du Guadaleté ; Maures et Chrétiens succombent.

Comme les cédrats qui tombent Sous les flèches de TÉté.

Sur le point qui les rassemble Jamais tant d'homme «iâ«ii&&&

N'ont combattu tant de jours ; C'est une bataille immense Qui sans cesse recommence Plus formidable toujours.

Enfin le sort se décide,

Et la victoire homicide

Dit : Assez pour aujourd'hui.

Soudain l'armëe espagnole

Devant TArabe qui vole

Fuit. . • . Les Espagnols ont fui/

RH^drigue, au bruit du tonnerre, Gomme un vautour de son aire»

S'échappe du camp, tout seul»

Sur son front, altier naguère.

Jetant son manteau de guerre, Ciomme on ferait d'un UnceuU

Son cheval, tout hors d'haleine, Marche au hasard dans la plaine.

Insensible aux éperons.

Ses long crins méconnaissables^ Ses pieds traînant sur les sables.

Ses pieds autrefois si prompts.

Dans une sombre attitude^ Mort de soif, de lassitude «

Le roi sans royaume allait, Cherchant des cœurs qui le plaignent , Broyant, dans ses mains qui saignent, Les grains d'or d'un chapelet.

Les pierres, de loin lancées, Par son écu repoussées.

En ont bosselé le fer ; Son casque déformé pèse Sur son cerveau que n'apaise Signe de croix, ni Pater.

Sa dague, à peine attachée.

Figure, tout ébrèchée. Une scie aux mille dents; Ses armures entr'ouvertes Rougissent, de sang couvertes.

Comme des charbons ardents.

Sur la plus haute colline Il monte, et sa javeline Soutenant ses membres lourds.

Il voit son armée en fuite Et de sa tente détruite Pendre en lambeaux le velours.

Il voit ses drapeaux sans gloire Couchés dans la fange tvoue.

Et pas un seul chef debout;

Les cadavres s amoncellent ,

Les torrents de sang ruissellent. • • •

Le sien se rallume et bout.

Il crie : Ah ! quelle campagne !

Hier, de toute l'Espagne J'étais le seigneur et le roi :

Xérès, ïplède, Séville, Pas un bourg, pas une ville , Hier, qui ne fut à moi.

Hier, puissant et célèbre.

J'avais des châteaux sur l'Ebre, Sur le Tage des châteaux.

Pans vingt cités qni me bravent^ Sur Tor^ où mes traits se gravent.

Retentissaient les marteaux.

Hier, j'avais trois cents mules,

Des vents rapides émules ;

Douze cents chiens haletants ;

Trois fous , et des grands sans nombre ,

Qui, pour saluer mon ombre,

Restaient au soleil longtemps.

Hier^ j'avais douze armées, Vingt forteresses fenyiéea,

Trente ports, trente arsenaux Aujourd'hui, pas une obole.

Pas une lance espagnole, Pas une tour à créneaux /

Ah ! que Dieu m'entende et m'aide !

€e fer est mon seul remède. . . .

Hais Saint-Jacques le défend , Ce que je veux« je ne l'ose, Car l'évéque de Tolose, Qui m'a béni tout enfant,

Promènerait sur la claie Mon cadavre avec sa plaie.

Aux regards de totfs les mieîis.

Puis, sur une grève inculte.

Le livrerait à l'insulte Des loups et des Bohémiens.

Hais les trahisons ourdies, Les chagrins, lies maladies , Sauront bieii me secourir.

Assez de honte environne Un front qui perd la couronne Pour espérer d'en mourir.

EMILB DESCHAXPS.

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