LES ESPAGNOLS
Origines d£ V Ecole espagnole » Velasquez.
L'histoire de l'art italien ^ à le considérer dans ses grandes lignes, et quoiqu'il ait rayonné successive* ment en divers lieux, est tout d'une pièce. C'est un être homogène, qui naît avec une. destinée bien dé^ finie, la poursuit sans distraction» l'accomplit avec gloire, et, une fois l'œuvre faite, meurt.
Il n'en est pas de même de l'art espagnol ni des autres arts des diverses nations de l'Europe : Us ont des coupures, et plusieurs périodes tout à &tt distinctes.
L'art espagnol a quatre phases. — Une première, qpii est commise, avant le xvi« siècle, à tonte l'Europe catholique , el durant laquelle chaque nation a imaginé ses idées et les a exécuUes chez elle , à sa nnnièffe, selon son génie autochtone, sans beaucoup se préoccuper des autres nations. — Une seconde,, où ses peintres vont perdre leur individualité en Italie; cela
£COLES pu MIDI. III
aussi est arrivé chez presque tous les peuples. — Une troisième, où son propre génie se redresse et fait éclater sa véritable nature dans des chefs «d'ceuvre; après quoi, il s'affaisse et s'éteint.
On ne trouve guère qu'en Espagne, dans ses monu* ments religieux, des relûtes de la première période, où TinQuenee mauresque s'allie au caractère des artistes indigènes.
A l'Exhibition de Manchester, comme dans toutes les autres galeries de TEvrope, l'école espagnole ne commence qu'au xvi* siède, à Luis de Yargas, 1502- 1568, qui alla en Italie étudier Raphaël et n'en conserva pas moins un sentiment dévot et mystique. Nous indiquerons sommairement les œuvres de cette seconde époque, réunies à Manchester, et celles des contemporains de Velasquez et de Murillo, pour concentrer notre examen sur ces deux coloristes extraordinaires. Aucun musée, excepté le musée de Madrid, n'offre une aussi splendide collection de leurs tableaux K
A cdté de Yargas vient Gampana, qui n'est pas^ à proprement parler, un maître espagnol, puisqu'il est né à Bruxelles et qu'il a longtemps habité l'Italie ;
Puis Morales, qui n'alla point en Italie et resta dans la pure tradition espagnole : un Christ mort, de la galerie Soult, et trois autres tableaux;
Pois Juan Yicente Juanes « qui chercha à ûmter Raphaël ;
Pois Navarrete le Muet (el Mvdo), qui travailla dans
1. « Jamais , dit M. Waagen, dans la Revue universelle des Arts y . lamtû OD Q'a réuni , excepté en Espagne , tant de productions d« Veiasquez et de Murillo. »
l'école du Titien : son propre portrait, de la collection Soult, peinture aussi étrange et aussi vigoureuse que la tête du personnage ;
Puis Theotocopuli (el Greco) : le portrait de sa flUe et celui du grand sculpteur Pompeyo Leoni, provenant tous deux de l'ancien musée espagnol formé par le roi Louis-Pbilippe ;
Puis Ribalta, qui étudia en Italie Raphaël et Sébastien del Piombo, et qui fut le premier maître de Ribera ;
Juan de las Roelas, qui fut le maître de Zurbaran ;
Pacheco , qui fut le maître de Velasquez et d'Alonso €ano;
Herrera le vieux : un Saint Pierre, de Tancien musée espagnol ;
Vicente Carducho, né à Florence, mais qui fut peintre de Philippe III et de Philippe IV : son propre portrait, aussi de l'ancien musée espagnol;
Ribera : Jacob gardant les troupeaux de Laban, toujours du musée espagnol ;
Zurbaran : huit tableaux, dont la Sainte Catherine, de la collection du maréchal Soult ; — un Saint Suaire , du musée espagnol; — une Reine des Anges, de la galerie Standish, autrefois au Louvre. Ces trois collections, qui ornaient Paris il y a dix ans, ont passé presque entières dans les collections britanniques.
Alonso Gano : quatre tableaux, dont un du musée espagnol et un de la galerie Standish ;
Pedro de Moya , qui , après avoir été en Angleterre étudier la manière de van Dyck , ne fut pas sans in- Huence sur le style de Murillo, son ancien compagnon dans l'atelier de Juan del Gastillo ;
Juan Garreno : deux portraits : l'un , de don Juan d'Autriche; l'autre, de Charles II, provenant de la collection particuhère du palais de l'Ëscurial , et qui est presque aussi beau qu'un Yelasquez;
Enfin, quelques autres du xvir siècle, comme Pedro Orrente; Ignacio Iriarte, dont les paysages ressemblent à ceux de Murillo; Juan Simon Guttierez, etc.
Vingt-six Velasquez! Commençons par les portraits, qui sont au nombre de dix-huit.
Portrait de Henry de Halmale, debout et de face; grand chapeau de feutre noir, à plumes rouges ; pourpoint et surtout bigarrés, d'un ton intraduisible, mêlé d'or, d'argeaS et de perles, du gris au blanc, en passant par le jftune; grandes bottes molles; une main est appuyée -sur Hot béton. A gaudie, sur le même plan, cheval blikdc, de fieree, taiu |mr un serviteur. Fond de paywige wee des arbres» Sur toile. 9 pieds de haut sur 7 de la^gê* Provenant de la collection Purvis, et appartesant à M> T. P. Smy th.
Portrait d'Adrian PuMo Pareja, avec. l'Inscription :