‹ Trésors d'art en AngleterreChapitre 14 sur 52 · CAPITAN 6BNEBÀL DE LA AEMADA T FLOTA IH NUEVA ESPADA · texte numérisé non relu

CAPITAN 6BNEBÀL DE LA AEMADA T FLOTA IH NUEVA ESPADA

et la date 1060, année de la mort du peintre, qui avait soixante et un ans.

Le terrible capitaine est debout, dans une fière pose, qui va bien à sa tète fortement caractérisée et couronnée d'une sauvage chevelure noire. Il a^ comme type et comme couleur, quelque chose de M. Diaz de la Pena. Il est tourné de trois quarts à droite, portant dans une main le bâton de commandement; dans l'autre main son grand chapeau da feutre gris, à plumes blanches. Costume noir, manches de satin

blanc, col ricbement dentelé, ceinture pourpre, il se détache sur un rideau rouge, qui sert de foi^ à gaudie; mais, à droite, il y a une échappée de yue sur la mer couverte de navires. Appartenant au duc de Bedford.

Ce portrait de Pareja ressemble, en plusieurs de ses parties, à un TUien. Le portrait dq Philippe TV est d'une exécution tout autre, et il rappelle beaucoup van Dyck par la finesse harmonieuse de la couleur. Le roi est debout, de trois quarts à droite; il tient d'une main son chapeau noir, et de l'autre main un papier. Il est tout vêtu de noir, et ses jambes grêles, en bas des<»e, semblent trembloter . dans des demi-teintes transpa* rentes qui régnent sur un parquet gris perle. Le fond et Tentourage sont absolument simples et neutres» sauf on rideau ros&tre, doni ies grands plia se perdent au milieu des ombres derrière la pAle figure.

Ce portrait si distingué est, je crois bien, «celui qu'on voyait à l'ancien musée espagnol de Louis-Pliilippe , où, avec l'Homme au gros chien^ de Murillo (aujourd'hui chez M. Thomas Baring), et quelques autres, U soutenait l'honneur de cette collection un pe« mé* langée. Peut-être est-il une répétition du portrait analogue du musée de Madrid ^

Près de ce fantôme de roi est sa compagne, femme assez vivante, et qui a du sang pour deux. De la main gauche, die joue avec un éventail ; la droite est appuyée sur le dos d'un fouteuil. Haute fraise, corsage et man-

1. N* 93 de raacien catalogue. Je n'ai pas sous la main le nouveau catalogue, depuis qu*on a réuni au musée tous les tableaux de r£settri&l.

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idie$ grises» jupe»! noir, bordé de palmes d'or. Poar fond, un lideau d'un rose Ul«eé. Tous deux appartien* ueut à H. Henri Farrer, de Londres.

PhiUppe IV a aussi là son maître, le fiuneux comteduc d'Olivarez, le même tableau qui lui servait de pendant au musée espagn<^. L'exécution de ce portrait, les artifites, français peuvent s*en aouvenir, est dâfis une mani^ très-différente du portrait royal. Le dessin en est fi^me et le moddé presque dur.

Les peintures précédentes faisaient songer à van Dfck et au Titien; celle-ci fait songer ali Caravaggio et à son portrait du grand maitre de MaUe, Alof de Yignacourt (n* 85 du LoufreJ.

Olivarez est debout, tout en noir, avec une grosse cha&ie d'or en sautoir. Il a les mains nues, tandis que les naains délicates et débiles du roi sont gantées de fin chamois, gris, sans doute parfumé; la main droite est posée sur une table couverte d*un tapis rou^e. Parquet et fond gris ferrugineux. En haut, à dr<âte, un bout de draperie rouge.

Tous ces porti*aits sont en pied et de grandeur naturelle.

Mais il f a du comte-duc un autre portrait, bien plus fier, et d'une qualité bien supérieure; portrait équestre, moins grand que nature. Le comte, vu de dos, sur un énorme cheval blanc pommelé, qui se cabre, retourw de profil à gauche sa tète impérieuse; il porte son armure au corps, avec une écharpe rouge ; il est coifiEê d'un chapeau gris, à plumes. Le paysage qui reotoure est violemment te-oasé, et dans le fond daekl il y a comme des tempêtes. C'est un des tableaux où le ma(*

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tre a prodigué ses qualités les plus fougueuses, en conservant sur ces touches brusques une singulière finesse de coloris. N'est-ce point un premier jet, une vive étude d'après nature pour le grand portrait équestre du musée de Madrid ?

Yelasquez est, à mon sentiment, 4e plus peintre qui ait jamais existé, plus peintre que Titien, que Gorr^e, que Rubens, que Rembrandt, ces vrais peintres^. Le chevalier Raphaël Mengs, qui n'était gTière pehitre, loi» a dit de Velasquez un mot très-juste : <i II semble peindre avec la volonté plutôt qu'avec la main. » Et, chose étonnante cependant, on sent mieux la touche dans la plupart de ses tableaux, dans celui-ci par exemple, que dans les tableaux de n'importe quel maître. On pourrait compter les coups de brosse et en suivre les directions dans tous les sens. C'est ce que Tancien catalogue du musée de Madrid appelle à tout propos « peint de premier coup. » Mais, pour employer une expression populaire, sa peinture a l'air d'être venue au monde comme ça.

Cet artiste est une fée qui évoque toutes les apparitions instantanément en apparence, mais après de mystérieuses conjurations dont personne tf a le secret.

Dans quelques autres Velasquez , au contraire, la touche ne se trahit plus; ce pinceau, si brave, produit, on ne sait comment, une dégradation insensible et prodigieuse de la lumière, et le peintre arrive au même résultat que Léonard dans la Joconde, obtenant le modelé le plus parfait et le relief le plus réel, sans la ressource des contrastes au moyen d'ombres prononcées. Oh l'incompréhensible !

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C'est en ce sens-là peut-être qu'il faut entendre le mot prétentieux et obscur de Luca Giordano, s'écriant que la célèbre composition où Velasquez s'est représenté faisant le portrait de l'infante Marguerite était « la théologie de la peinture. » Si c'est là de la théologie^ elle est bien naïve et bien claire ; elle n'a aucun rapport avec la Théologie, de Raphaël.

A droite et à gauche du portrait de Halmale ont été placés les portraits en pied, très-hauts et Irès-étroits, de Philippe IV et de l'infant don Ferdinand d'Autriche, tous deux en habit de chasse, avec yn fusil et un chien. Figures de grandeur naturelle, très-librement posées et très-vivantes. Je crois qu'il y a les mômes au musée de Madrid.

De rinfant don Balthazar Carlos , si souvent reproduit par Velasquez, Manchester offre trois portraits : un en buste, grandeur naturelle, assez bon, et appartenant au colonel Hugh Baillie, propriétaire du grand portrait d'Olivarez, du Philippe et du Ferdinand d'Autriche en chasseurs ; — un autre , aussi de grandeur naturelle, mais en pied, et tout vêtu de belle soie gris d'argent; il vient, je pense, de la galerie Standish, dont il était un des meilleurs morceaux ; — un troi* sième, appartenant, comme le précédent, au marquis de Hertford, et qui est de la plus charmante qualité.

Cette fois, le petit Balthazar, âgé de quatre ans tout au plus, est juché très-crânement et bien en équilibre sur un gros cheval noir qui caracole dans le Jeu de paume du palais; il a le poing sur la hanche, et ses petites jambes bien ramassées aux flancs du cheval. On pourrait lui appliquer le mot qui inspira, dit-on, le

lit LES MÂtTRBS ANCI^S.

eêlèbre portrait équestre peint par Louis David, et représentant je ne sais quel guerrier passant les Alpes : « Calme sur un cheval fougueux. »

Le fond est un triste mur uni, sans aucun caractère, avec un bout de toit et un pigeonnier; dans cette sorte de cour en plein air, qui sert de jeu de paume, s'agitent, à divers plans, beaucoup de figurines à peine frottées sur la toile; mais c'est ce vague de Tentourage, qui donne tout son effet au petit cavalier ; c'est là ce qui produit cette perspective aérienne , si justement vantée dans la peinture de Yelasquez. Ce petit tableau, large de 2 pieds et demi seulanent et haut d'environ 4 pieds, exprime à merveille le talent du mattre.

Lord Hertford a encore envoyé deux autres Velasquez : un Boy (petit garçon) inconnus un peu sombre ; — et la délicieuse Femme à l'éventail, qui était le chef-d'œuvre de la galerie Aguado. Ceux qui l'ont vue en ce temps-là se la rappellent assurément; elle est de celles qu'on n'oublie point.

De dessus sa tète à cheveux bruns frisottants retombe jQsqu'aux coudes une mantille en soie. Sa j'obe, décolletée carrément, laisse voir la moitié du sein qui palpite, et sur cette peau d'un brun chaud éclate un collier de grenat. Des gants longs, d'un gris cendré , montent à mi-bras. Dans la main droite l'éventail ; au bras gauche pend un chapelet, avec un nœud de ruban. Où va-t-eUe? au sermon? Mais d'où vient-elle? n'a-t-elle point un billet doux caché dans son gant? Oh ! la bonne dévQte espagnole , avec ce feu dans te

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