‹ Trésors d'art en AngleterreChapitre 35 sur 52 · Ce tableau a appartenu autrefois à l'acteur Betterton · texte numérisé non relu

Ce tableau a appartenu autrefois à l'acteur Betterton

la touche, on prendrait ce tableau pour un van Dyck. J'ai vu des artistes qui s'y sont trompés.

Sept autres portraits de Dobson : sir Charles Lucas, fusillé, après le siège de Golchester, par ordre de Fairfax ; en buste ; à lord Ly ttelton ; — le même, à mi-corps ; à M. Kgou ; — sir Clément Cotterell, maître des cérémonies de Charles !•', et sa femme; en buste , sur loile octogone; à M. C. Cotterell Dormer; — Edwards Montaigu, comte de Manchester, général des troupes du parlement; lady Brooke, femme Ae lord Brooke, tué au siège de Lichfield en 1642; tous deux au duc de Manchester; — le prince de Galles (depuis Charles II), à mi-corps; au camte Craven.

On sait peu de chose sur Robert Walker, si ce n'est qu'il fut attaché à Cromwell et à la Révolution. Il a bissé quantité de portraits de Cromv^eU. Le plus beau est celui du British Muséum , en cuirasse, et vu jusqu'aux genoux. Derrière le Protecteur, un page, en pourpohit rouge, lui arrange son écharpe; la composition, la tournure, la couleur, tout rappelle van Dyck. Le British Muséum possède un second portrait dje Cromwell, une copie peut-être , avec un page qui noue un ruban au bras de soa maître.

Le Cromwell de Manchester est à ini-^carps, ea arnaLure, tenant dans la main droite le bâton de commandement. Son casque près de lui La peinture est un peu noircie, mais l'eaiisemble a de la force et un caractère très-sérieux. « Solide et honoéte tête , » dit le critique d'un Journal anglais.

Ce précieux portrait appartient à M. J. ToUemache. • On voit dans la coUection des miniatures plusieurs

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antres bons portraits de Gromwell, qui a d'aQIeurs été représenté iion**seulemeiit sur toile, sur parchemin^ sur papier, mais en marbre, em bronae, en piwre, en méda^s, etc., etc.

Il a eu ceia de commun ayec Charles !«*, et aussi d'hsd!>iter après tui le château de-Hampton Gtowt.

Trois autres Walker : lord Brooke, en armure, i im^-eorps; au cottite de Warwick; — l'amiral Blake, le seul portrait qui existe de ce grand guerrier de mer; au Wa&am Collège; — et sir Thomas ftrowne; à la Bodleian Gallery.

Àtrtour de Gromvell sont les portraits de la plupart des hommes qui ont concouru à la Révolution anglaise : Ichn Hampden, sir John Eliot, John Py m, le général Pairfax, etc.

Chose singulière, je rfai point vu de portrait de Milton et te catalogue n*^i mentionne point. On ne trouve ' qu'un marbre de ce grand poète. Walker aurait pu fiôre te portrait de Myton, ou même van Dyck , mais, au temps de van Dyck , Milton n'était pas encore célèbre.

Nous tfouchoAs à la Reslauration, où Leiy et Kneiler nous montrent les beautés de la cour, qui « rient des héros de te guerre civile, * dit M. Fêter Cunningham ; ceci» RestoraHony sous Charles II, fut, en effet, une époique tout affiolëe, comme en France le Direetoire.

Lely était venu tout jeune à Londres , Fannée même de k mort de van Dycki el il se trouvait être sans compondson le meilleur pcmtre en Anglet^re, lorsque Charles Stimrt, en 1660, restaura la nnonarchie; son talent est u«e sov^ de vBÀ)iexx entre van Dydk et Mignard. Lely a fourni plus de ^nle portraits à la Ga-

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lerie historique, outre un Charles P' et une délicieuse lady Byron , classés dans la série des maîtres anciens.

Ici, la belle Hamilton, comtesse de Grammont, est. aussi une des plus charmantes en peinture : contre sa goi^e mi-nue , elle rapproche avec sa main gauche une écharpe de gros damas rouge à bouquets d'or; cette petite main est adorable et digne de vanDyck; l'autre main lient une palme — la palme de beauté sans doute. La robe est d'un rose tirant sur la flamme. Gravé par Mac.Ardell, et appartenant à la reine, ainsi que lady Byron.

Le comte de Stamford est de ceux qui possèdent le plus de Lely, une dizaine, je pense, — des hommes principalement, — et une très-belle rouge, lady Delamere.

Après lui, le comte de Portland, neuf, dont la duchesse de Newcaslle (Margaret Lucas), qui a écrit des mémoires, des pièces de théâtre, .des traités philosophiques; — la flère duchesse d'Albemarle; — un Charles IL

Le duc de Richmond, trois ou quatre, dont la belle Stnart, duchesse de Richmond» en Bellone; — la duchesse de Portsmouth; — le duc d'York (depuis Jacques II), avec sa première femme, et ses deux filles, qui devinrent la r^se Mary, femme de Guillaume d'Orange, et la reine Anne, etc.

Deux autres des plus remarquables portraits de Lely sont Catherine de Bragance (femme de Charles lï), dans son costume portugais; gravé par Pailhorne; à lord Dillon; — et la belle Nell Gwynn , avec son agneau favori; au colonel Meyrick.

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Ceux qui oui lu les annisants Mémoires du cbevidier de Grammontrecoimaissettt là les Beautés de Windsor, les ladies spirituelles et galantes , les seigneurs étourdis, qui oubliaient tous en^^nble, dans le luxe et les voluptés, le souvenir encore récent de Cromwell et de la République.

Godfried Knetter n'arriva, en Ângletforre qu'en 1674; mais il eut encore le temps de peindre onze ans sous Charles II. Il traversa ensuite, en qualité de peintre officiel, les règnes de Jacques II, de Guillaume III, de la reine Anne, et il continua même de travaUler après Tavénement de la maison de Hanovre, puisqu'il ne mourut qu'en 1723, à Londres. Aussi compte-t<^n de lui à Manchester, comme du chevaUer Lely, environ trente portraits.

Peu de peintres au monde ont eu la faveur de faire poser devant eux autant de grands hommes que le chevalier Kneller.

Wi&iam Russell, le Patriote; le grand duc de Maribarough , immortalisé par ses exploits — et par une chanson ; le comte Stanhope, chef de l'armée anglaise en Espagne durant la guerre de succession ; Guillaume III et sa femme, la reine Mary; Henry Bentinck, le favori de Guillaume; Newton, Locke, Pope; sir Christopher Wren, l'architecte de Saint-Paul; Gibbons, le sculpteur, etc., etc.; voilà quelque»*une des personnages dent Kneller a laissé des images.

Mais ce n'est pas tout. On doit aussi k Kneller la plupart des fameux kit-kat portraits. Ces fameux kitkat portraits ne sont pas très-connus sur le continent, et les étrangers obarcb^raient YÂsa vainement dans les

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dietioiiiiairei» ee mot baroque. Les AngbMeiix-nèiiies,

9*i)s ne sont isîtiés à leur Msloire littértHre et aux arte, ne le cennaiseent guère. Voici Forigioe de eette appel* )ati(Hi :

Il 7 avait en ce teinp&<-]&, au oommencemeBt du xvni* siècle, à Londres, sous le règne delà bonm reine Anne, une sorte de taverne, on elnb, fréquenté par les beaux esprits de la lUtératore et par des «*tistes. Addi* son, Steele, William Gongreye, »r J^m Yanbrugh et antres en étaient les habitués. H arriva que les artistes firent en buste les portraits des gens de lettres, et qu'on décora le club avee ces peintures. Or, le mattre de la taverne s'appelait Rit (Christophe) Gat ou Kat, d'où rétaUissement ayait pris le nom de MU^iai CM, d*o6 les portraits de ces hommes illustres furent appelés les kif-kat portraits, d*où ensuite on appliqua même le mot à tout portrait de cette proportion intermé^ diaire, peu usitée jusque-là.

Akifii, on dit /WZ Imfth pour un pcMrtrait en pied, hme^fkcê pouru» portrfiit j usqu*aux genoux, Mflen§^k pour un portrait a mi^orps, hêod po«r une tête; mm9, pour un portrait avec les épaules et le buste, un peu Hioins qu'à mî-eorps, on a dit dans les ateliers • A;t#-

Les kit-kat portraits passèrent m secrétaire du ckib, au riefee éditeur Jacob Tonson, et par transmission héréditaire ils se trouvent aujourd'hui dies un descendant de Tonson» cèei M. Baker de Bayfordbury, qui, sur les quarante q«'il possède, en a prêté sh à rSxbibition de Manchester: Addison, Steek, Gongreye, Yanbrugh, le dMneelîer Somers, qui éMt, ft c^u'il paratt.

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de la bande liUéraire, et le brave éditeur hd-mème, maître Tonson , tenant en main on exemidaire ée son édition du Paradis perdu , avec lequel il gagna tant d'argent, et Ifilton si peu.

On a ajouté à cette pléiade un portrait de John Drydeu près de son hml Gongreve , qu*il avaK instfliiê « gardien de sa réputation. » Ce Drydea tenant une couronne ée laurier a été gravé par Edelinck.

Parmi les portraits du xvii* siède on en trouve deux par des pdnti*es français : Henriette-Marie, fiUe de Charles I<^, <fid devint ducbesse d*Orléai» et belle -soeur de Louis XI?; peinture attribuée à Migtiard et appar* fenatft am duc de Ricfamond; — et le poêle anglais Matthew Prîor, peint à Paris en 1669 par Rigaud ; il a été gmvé pmt les ancfênoes éditions du poëme de Prier, et il appartient au duc de Portknd, qui possède aussi un autre portr^A du même poète, par le peintre écri* vain Jonathan Ridnardson.

Richardson est encore Fauteur d'un pOTtrait de Pope avec sou diien fav(»i Boume. La peinture de Richardson n'est pas si intéressante ^ue ses écrits sur les arts.

Près de ce portrait de Pope, qui appartient à lord Lyttelton, sont qvMsitre bustes en matière, prêtés par le môme lord et représentant Spenser, Shakespeare, Hilton (voici enfin Miltoa!) et Drydai% On a placé là ces quatre sculptures parce que Pope les avait eues en présent de Frédéric, prince de ClaUes.

Nous 4enons ni^inteimnt une ^ératkm d'artistes ai]^lais f qui confine à la grande école indigène , à l'école de R€)fnolds et de Gainsborough : Mkbael DaM^

Zek GALERIE DES PORTBAITS.

Charles l^rvas et même le célèbre sir James Thomhill, beau-père de Hogarth.

Il y a de Thornhill une peinture, une seule, trèsprécieuse , le portrait de Newton danè 8*1 vieillesse et « avec ses propres cheveux, »• dit le catalogue, car, dans le portrait de Kneller^ signé et daté 1680, ^»f Isaac Newton porte perruque, comme le vulgaire des mortels en ce temps-là. Ces deux Nev^on sont au même propriétaire, au comte de Portsmoûth.

Il y a encore un troisième Newton, à mi-corps et assis, par Vanderbank; appartenant à laRoyal Society *• Ce yande]1)ank a fait aussi un portrait de H&ndel le compositeur, en pied, appartenant au comte Howe ; — le poëte Thomas Tickell, ami d'Âddison; appartenant au Collège de la reine, à Oxford; — une comtesse de Tankerville (à lord de Tabley), datée de 1722; — le roi George II et la reine Caroline , sa femme , en pied ; au duc de Richmond; — une duclieçse de Portlaud, au duc de Portland, etc.

De Jervas sont le doyen Jonathan Swift, et la duchesse de Qùeensbury, dont la beauté fut vantée par Gay, Prior, Pope et Horace Walpole.

Je passe des George I et II, et leurs femmes et enfants, et bien d'autres célébrités comme c le héros de

1. La tête de Newton est trës-beUe , comme on le pense bien. Son visage est maigre et allongé; grand dessin des traits. Du cheTalier aventureux et du penseur , en même temps. l\ est très -simplement vêtu , en houppelande brune. Décidément les grands hommes , en tout pays, se passent de dentelles, de falbalas et de dorures.

2. La Rofal Society a envoyé plusieurs autres portraits de savants et d'écrivains illustres, entre autres un portrait de Thomas Hobbes, peint d'après nature en 1663 , par Gaspars. ^

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