Le catalogue du Louvre cite cette répétition
droite, de Teau, des terrains montueux, des édifices sévères; à gauche, de grands arbres. Beau fond de montagnes bleues. C'est très-simple et très-fort. 4 pieds 2 pouces de large sur 3 pieds. Enregistré par Jameson, Smith, Waagen, etc.
Un autre paysage, extrêmement poétique, d'une exécution tout à fait magistrale et d'une superbe couleur, n'est pas catalogué; mais il doit venir de la galerie de lord Yarborough^ qui a aussi envoyé Renaud et Armide, et une Sainte Famille, gravée dans Landon, t. II, pl. 29.
Cette Sainte Famille se rapproche du style de Raphaël. La Vierge est assise, de trois quarts à gauche, tenant l'Enfant nu; à ses pieds, le petit Jean, ouvrant les bras; en arrière, Joseph debout. Les figures sont presque de grandeur naturelle, et la toile a environ 6 pieds sur 3 et demi. Belles draperies, beau sentiment.
Guaspre Dughet , beau-frère , élève et imitateur de Nicolas Poussin, offre plusieurs bons paysages : une Vue de Tivoh, de la collection de lord Ashburnham, à lord Hertford; — une autre Vue italienne, à M. Holford; — et trois autres, au duc deNewcastle, à M. Harford et à lord Harry Vane.
Sur les tableaux de Claude, il y a eu fatahté ou négligence. Le catalogue en mentionne seize. On en trouve une demi-douzaine amoncelés dans un angle du dernier salon, près de Rembrandt et de van Dyck : ils ont
1. La nouvelle édition du catalogue mentionne, en efTet, un paysage à lord Yarborough.
des numéros trompeurs ! On cherche les autres, on cherche. Qui peut s'imaginer qu'on les ait relégués dans la Glock Gallery, où il y a d'ailleurs plusieurs chefs-d'œuvre égarés, trois Rembrandt, par exemple, et des Hobbema! A la fin, j'ai pourtant découvert là une demi-douzaine de Claude, dont celui du marquis de Westminster, celui de M. Thomas Baring, deux à lord Yarborough, un à lord Scarsdale, un à M. W. Moseley! C'était Le Brun, et non Claude, qu'il fallait mettre dans la Clock Gallery.
Deux des Claude les plus importants appartiennent au comte de Burlington. On peut, je pense, les estimer à environ 100 000 fr. chaque. L'un a au moins 9 pieds de large sur 5 de haut, l'autre au moins 7 pieds de haut sur 4 de large ! L'un représente un Parnasse, l'autre un Repos de la Sainte Famille.
Dans le Parnasse, à droite, au premier plan, un Fleuve est accoudé sur son urne. Tout le fond de ce côté est clair, avec de l'eau, des terrains perle, et, sur le ciel, des lignes de montagnes bleues ou blondes.
A gauche, au contraire^ tout est dans l'ombre. Au premier plan, des cygnes dans de l'eau, des cerfs et des biches dans des bocages. Au second plan, le terrain s'exhausse tout à coup, et, sur une éminence, décorée de grands arbres, Apollon touche de la lyre, entouré des Muses. Au-dessus d'eux, au sommet de la colline, un temple à colonnes. C'est très-grandiose; un peu froid. Je ne saurais dire de quel peintre italien sont les figures ; peut-être d'Allegrini.
Le Repos de la Sainte Famille n'est pas moins capital, mais il est également peu chaleureux. Cette froi-
deur vient sans doute beaucoup des figures, qui sont de Sassoferrato, et qui ont environ 8 pouces de haut, La Vierge est assise, tenant sur ses genoux l'Enfant nu, à qui deux anges présentent des cerises; en arrière, à droite, Joseph est accoudé, lisant. Grands arbres des deux côtés; au milieu, de l'eau, un petit bateau 3 puis un pont, puis des édifices, des terrains clairs, et des lignes bleues à l'horizon.
Les deux Claude prêtés par Windsor Castle sont bien plus attrayants et bien plus poétiques ; aussi l'un est-il intitulé : Poetical Landscape; l'autre, çt c'est peut-être de tous le plus lumineux et le plus fin de qualité, est une espèce de marine, un port de mer, avec des arbres. L'un et l'autre ont environ 3 pieds de large.
Le Paysage poétique est enveloppé d'ombres profondes, mais transparentes, sur tout le premier plan et sur la gauche : de l'eau, des vaches qui boivent ou qui paissent; de grands arbres^ et, plus loin, des ruines. Da côté droit, pleine lumière sur une ouverture de campagne sereine, avec de l'eau, un pont à un plan très-éloigné, des fonds simples et des lignes de montagnes qui se perdent dans le ciel.
Dans le Port de mer on voit, en avant sur la jetée, beaucoup de figurines, puis un phare, puis des navires, et au fond, à droite, une éminence. La gauche est couverte d'un groupe d'arbres derrière lesquels on distingue un édifice à colonnes. Belle harmonie; vrai soleil.
Lord Yarborough, outre ses deux Claude perdus dans la Glock Gallery, et dont l'un est aussi un Port de mer, en a envoyé un troisième qui est délicieux. C'est
une Danse de villageois sous des arbres, avec des fonds baignés de lumière. Les figures sont de Lauri, selon moi. Le tableau a près de 4 pieds de large sur plus de 2 en hauteur. Il a été peint à Rome pour le pape Urbain YIII, et il a fait partie de la collection du roi Louis XVI, où Le Bas Fa gravé, sous le titre de : la Récompense de village.
Une petite idylle, au comte de Dartmouth. 1 5 à 1 8 pouces de large sur 1 pied de haut. Des vaches qui viennent boire à une mare; un petit berger qui joue de la flûte, une petite bergère qui fait danser un chien. Au second plan, vers le miheu, un bouquet d'arbres; à droite, des fonds nacrés, de Feau, des courbes de montagnes sur le ciel. Extrêmement fin. Elfet de matinée. Forme ovale.
Un Coucher de soleil, à M. Edward Loyd. Le disque du soleil, là-bas, bien loin, va plonger en pleine mer. A une certaine distance, se dresse au-dessus des flots un fragment de roc percé en arcade, près duquel s'allonge une sorte d'îlot avec des arbres et deux figures dans Fombre. A gauche, plusieurs navires. Environ 1 pied et demi de haut sur 2 et demi de large.
L'Embarquement d'Ubalde, à M. W. Moseley, est le n° 168 du.' Livre de Vérité. Il a été peint en 1667 pom^ le signor Falconieri, dit le catalogue, et il a passé dans les collections du duc de Kent, du comte de Hardwicke et du comte de Grey. Il a été gravé par Canot, en 1744, et par Pond.
Le paysage à lord Scarsdale représente une Tour sur le Tibre ; celui à M. Baring, une Cote de mer, avec
figures, etc. Je n'ai pas vu un petit paysage, appartenant à M. W. Stirling, et dont M. 'Waagen, dans ses articles de la Revue universelle des Arts, vante « les teintes d'argent; » ni un paysage avec Psyché et r Amour, porté au catalogue comme ayant été peint en 1666 pour le « constable « Colonna, provenant des collections de lord Berwick et de M. Michael Zachary, et appartenant à M. P. Perkins.
Il y a aussi de superbes dessins de Claude, lavés au bistre. J'en ai aperçu quelques-uns sous les banquettes de la Clock Gallery. Peut-être à présent sont-ils accrochés aux lambris.
De peintres antérieurs à Poussin et à Claude, il n'y a que Clouet, appelé Jeanette, comme écrit le catalogue: un excellent portrait du roi de Navarre, père de Henri IV, à sir J. P. Boileau; — une Marguerite de Valois, à la Liverpool royal Institution; — et à lord Spencer, une Marie, reine d'Ecosse, et un François II enfant, que je n'ai point vus.
Des contemporains de Poussin et de Claude il y a :
Un Enfant prodigue, attribué au Valentin.
Deux Mignard : le Christ et la Samaritaine, au marquis de Westminster; — et un charmant portrait de la charmante Julie d'Angennes, encadré dans le cercle d'une symbohque guirlande de fleurs; au comte Spencer.
De Sébastien Bourdon : une belle scène des Actes de miséricorde, dans le style de Poussin; au comte de Yarborough ; — une Bacchanale, même style ; à la Liverpool royal Institution ; — et une petite Sainte Famille, ovale; à lord Hatherton.
De Le Brun : Centaures et Lapithes, au comte de Darnley ; — et Persée délivrant Andromède ; au comte de Yarborough. — Imitations, au troisième degré, de Poussin, qui imitait Raphaël, qui imitait les antiques.
De Jacques Courtois , le Bourguignon italianisé : deux Batailles, au comte de Derby.
D'un des Lenain : un petit tableau, assez commun, et qui ne donne guère idée du maître : cinq Enfants, dont Fun joue du flageolet, et l'autre du violon; à M. Matthew Uzielli.
De Jean-Baptiste Monnoyer qui se forma à Anvers et demeura vingt ans en Angleterre, où il mourut : deux tableaux de Pleurs, à lord Hatherton.
Maintenant, la génération qui ouvre le xvrn* siècle : Watteau et ses imitateurs Lancret et Pater.
Les Amusements champêtres, de Watteau, provenant des collections de Vaudreuil, de Montalot, et cardinal Pesch, ont été gravés par Audran. Ce tableau et son pendant, le Rendez-vous de chasse, primitivement dans le cabinet Racine du Jonquoy, et grayé par Aubert, furent achetés à la vente du cardinal Pesch 5000 écus romains (environ 30 000 fr. avec les frais), par M. Horsin-Déon, qui peu après les revendit 45 ou 50 000 fr., à M. de Morny \ qui en a revendu un seul, celui-ci, 40 à 50 000 fr.
Watteau a donc triplé en dix ans! et plus que triplé sans doute, car M. de Hertford revendrait ses Amusements champêtres au delà de 50 000 fr., après l'Exhi-
1. M. p. Hédouin se trompe en donnant le chiffre de 60 000, dans son catalogue de "Watteau {Mosaïque, par P. Hédouin, Valenciennes, 1856), p, 114.
bition de Manchester. La Fête de village, du cabinet de M. Saint, que j'ai revue, ces jours-ci, chez M. Baring, et qui ne fut payée que 1200 fr. à la vente publique, niais, je crois ^ 10 000 fr. de seconde main par M. Baring, se vendrait aujourd'hui 25 000 fr.
Ces chiffres sont curieux, et c'est pourquoi je les cite, bien que l'argent n'ait pas toujours une juste si- 'gnification dans les arts. Pour Watteau, cependant, soyez sûrs qu'il ne baissera point. Il a été, comme Hobbema et Cuyp, à des prix misérables ; mais, comme Hobbema et Cuyp, c'est un maître qui se classe et demeurera classé au premier rang.
Les Amusements champêtres sont, à l'Exhibition de Manchester, tout près de l' Arc-en-ciel de Rubens, et ils s'y tiennent très-fraternellement : le ton du paysage, le ciel, avec un soleil couchant qui perce à gauche entre les grands arbres, le ton délicieux de la chair des femmes, assises sur la verdure avec leurs robes aux couleurs chatoyantes, tout cela est, en effet, de la quaUté de Rubens.
Ce tableau a plus de 7 pieds de large sur plus de 4 pieds de haut.
Un second Watteau, Fête champêtre, excellent exemplaire du maître, appartient à M. F. Perkins.
C'est aussi M. de Hertford qui a envoyé un petit Lancret : le Repas à la fontaine, et un Pater : Fête champêtre; deux gracieuses peintures qu'on prendrait presque pour des Watteau; — et deux Greuze.
La Prière à l'Amour, que le catalogue, par une chaste réserve, nomme Offrande rurale {a rural Offem^), vient, comme les Amusements champêtres, de
la vente du cardinal Fesch, où lord Hertford directement l'a payée 6160 écns romains. Je conviens que c'est troj) cher, malgré le charme du tableau : avec les frais d'adjudication, de courtage, de transport, cela monte au moins à 40 000 fr.
Les prix des Greuze sont exagérés assurément , et ils baisseront. Car, après tout, Greuze n'est qu'un peintre de second ordre : son dessin est rond et court; son modelé est lourd et mou; il n'entend guère le clair-obscur : sa naïveté est un peu de l'affélerie ; ses mouvements sont, ou vulgaires, ou faussement dramatiques. Il n'a pas, hélas! l'esprit que lui eût souhaité son ami et prôneur, le spirituel et enthousiaste Diderot.
Cette Offrande rurale, cette Dévotion juvénile, cette Prière à l'Amour, comme on voudra l'appeler, a 6 pieds de haut sur 4 de large ; la toile est un peu vide, avec cette jeune fille agenouillée, beaucoup plus petite que nature. Mais c'est très-candide, très- doux, et pas du tout passionné. Malgré le sujet et la nudité, ça pourrait se mettre dans la chambre. d'une pensionnaire. Il y a beaucoup de Madeleines qui ne feraient pas si bien au-dessus d'un prie-Dieu. Il va sans dire que cette bonne dévote est un des tableaux qui a le plus de succès à Manchester.
Le second Greuze, au marquis de Hertford, est aussi une méditation amoureuse ; mais , au heu d'offrir des fleurs à un symbole de pierre, la jeune vierge tient à pleines mains un symbole vivant et chaleureux , deux colombes.
Que ce Greuze, avec ses airs bonhomme, était donc
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an'acréontiqiie! C'était Diderot qui sans cloute lui communiquait un peu de sa flamme.
La Pille aux Colombes est de grandeur naturelle, jusqu'aux genoux ; assise, tête de face, cheveux couleur paille, bras nus ; elle a un corsage et un jupon blancs, une écliarpe lilas violacé. Signé en bas : J.-B., ce qui est rare. C'est une œuvre d'affection, et, en effet, une de ses meilleures. Hauteur 3 pieds environ sur 2 pieds de large.
A M. R. S. Holford appartient une autre Fille à Colombe, en buste, bien fraîche et bien séduisante; — et à M. Edmund Fors'ter, une Fillette qui tient entre ses bras un petit chien de giron (a lap dog)^ comme les aimait Mme de Pompadour. Tableau provenant des collections Choiseul et Watson Taylor.
Chardin n'est point porté au catalogue ^; mais il y a pourtant deux Chardin :
Un délicieux petit tableau, large de 4 pouces et haut de 6, précieusement encadré dans une bordure sculptée Louis XV, et accroché entre des meubles du moyen âge , dans la halle centrale où sont les objets d'art de toute sorte. Je ne sais si on le connaît comme Chardin, mais il est de sa plus fine qualité : il représente un petit dessinateur, assis par terre et vu de dos , en habit d'un gris lilas adorable , et penché sur un carton, en face d'une académie d'homme nu, dessinée au crayon rouge sur un chiffon de papier collé au mur.
1. Boucher non plus, dans la première édition du catalogue; mais, d'après le second tirage, il paraîtrait qu'il y a quelque part une Madame de Pompadour , par Boucher.
Parmi le bric-à-brac de la Clock Gallery, j'ai entrevu aussi, pendu a un clou, — dans la peinture, — près d'un couvercle de pot, un Lapin mort^ qui m'a paru être de la cuisine de Chardin.
Ici finit la série des maîtres anciens. On a même fait rhonneur à la seule école française d'admettre, comme on voit, ses peintres du xvni' siècle, tandis que, pour toutes les autres écoles, on s'est arrêté à la fin du XYiw Mais c'est justice, car, en ce siècle-là, seule la France eut des peintres, et dont quelques-uns méritent place entre les maîtres.
L'Angleterre aussi cependant compte, à cette même époque, ses véritables artistes, que nous retrouverons à part.
Mais, chez les autres peuples, rien; et Reynolds avait raison, dans son Discours sur Gainsborough, en 1788, quand il osait c< prédire que les derniers peintres distingués de l'Italie , Pompcio Battoni et Raphaël Mengs (Allemand italianisé), dont les noms étaient célèbres alors, seraient bientôt placés au rang des Impériale, etc., dont la réputation, quoique pareillement illustre pendant leur vie, se trouvait déjà plongée dans l'oubU. »
On a pu remarquer, dans le cours de cette élude sur les peintres anciens réunis à Manchester, que la plupart des galeries formées sur le continent avaient fini tôt ou tard par Vimportation anglaise. Monarques et princes , soldats et prêtres, financiers et bourgeois,
1. Est-ce que par hazard ce Lapin mort serait le a Vead Rabhit » enregistré dans la nouvelle édition du catalogue comme Gérard 1>0Y l et appartenant à M. Robert Napier?
tout, après les grands artistes de TEurope, tout a tra~ Taillé pour l'Angleterre. Tous les trésors produits par le génie de Thomme sont venus aboutir à ce riche musée britannique , disséminé dans les palais de l'aristocratie insulaire.
La fantaisie de l'ancien marquis de Westminster, qui avait encadré parmi ses tableaux un billet de banque de 100 000 livres sterling, se trouve être le symbole profond et significatif de ce rare phénomène.
Ce que la France, au commencement de ce siècle, avait tenté de faire par les armes, l'Angleterre l'a fait par l'argent. C'est moins chanceux et très-civilisé.
Chez les anciens, ce fut Piome qui dépouilla de ses trésors d'art le monde. Chez les modernes, c'est Carthage.
De Holbein à van Dyck.
L'étude de la Galerie des portraits serait bien instructive à faire au point de vue des têtes et des physionomies de tant de personnages illustres, hommes et femmes, qui ont marqué dans l'histoire de l'Angleterre, par l'action ou par la pensée, par la politique, la guerre, les sciences et les lettres, par l'intrigue et la galanterie.
Et les costumes, quelle curiosité, depuis le xv^ siècle jusqu'à nos jours!
Mais nous ne pouvons ici que jeter un coup d'œil rapide, au point de vue de la peinture, sur cette longue rangée de figures qui vous regardent toutes à la fois, et dont les unes vous attirent et les autres vous repoussent. Nous ne les inspecterons même que par compagnies, ainsi qu'on fait d'un régiment à la parade, ayant soin toutefois d'extraire hors des lignes quelques excentriques plus originaux que les autres. Car il peut être intéressant pour les gens de lettres, non moins que pour les artistes, de savoir qu'il existe
des portraits authentiques de tel et tel personnage à mettre en scène dans une histoire, dans une pièce de théâtre, dans un roman, dans un tableau.
La France aussi devrait bien exposer une série de ses grands hommes et de ses grandes femmes. Elle n'a point, comme en Angleterre, de galeries particulières assez riches pour en tirer une exhibition de trésors; mais une exhibition de portraits, empruntés à Versailles, que je m'imagine être le Hampton Court de la France, aux musées de provinces, à divers établissements pubhcs et à des collections privées, serait possible sans doute.
Quelle fête nationale, que de voir à la file les hommes d'État, les philosophes, les poètes, les écrivains, les artistes, à qui la France doit sa brillante civihsation, depuis Rabelais, Jean Goujon, Sully, Descartes, Molière, jusqu'à Balzac, Lamennais, Arago, David d'Angers et Déranger.
Addison a dit assez plaisamment que « pour hre un livre avec plaisir, on aime à savoir d'abord si l'auteur était blond ou brun. » C'est une des épigraphes que M. Peter Cunningham a mises en tête de son catalogue des portraits anglais.
A Manchester, la série commence dès le xiv siècle, si le Wiclef (John Wyclyf), l'hérésiarque ^ envoyé par lord Denbigh, est authentique.
Du xv^ siècle, on voit près du roi Edouard IV (mort en 1483) sa favorite, Jane Shore. Ce curieux portrait, à mi-corps, offre tous les caractères d'une peinture