‹ Trésors da̕rt en AngleterreChapitre 23 sur 32 · HiUiard naquit à Exeler en 1547. Holbein mourut en · texte numérisé non relu

HiUiard naquit à Exeler en 1547. Holbein mourut en

Sous le règne d'Elisabeth arrivent de nouveaux peintres étrangers, entre autres l'Italien Federico Zuccliero* et le Brugeois Mark Garrard.

Zucchero a six portraits : le comte d'Essex (Robert Devereux), en pied ; au duc de Bedford ; — sir Walter Raleigh et lady Raleigh , pendants , à mi-corps ; à M. James Gibson Craig; — lady Arabella Stuart, en pied; au duc de Portland; — la reine Élisabeth, debout sur la carte d'Angleterre; à lord Dillon; — et un autre singulier portrait d'Elisabeth, en pied, et en costume de fantaisie, robe et coiffure à la mode persane. La reine vierge , Virgin Queen comme l'appellent les Anglais avait souvent de ces fantaisies-là, et bien d'autres plus étranges. Il faut croire que les reines vierges sont, comme les femmes dans un état intéressant, sujettes à des envies et à des caprices, a Cette peinture, dit Walpole, montre bien le caractère romantique d'Elisabeth : elle s'est fait peindre sur un fond de forêt, avec un cerf derrière elle, etc. » Ce tableau appartient à la galerie de Hampton Court.

De Mark Garrard, trois portraits, tous trois représentant la reine EUsabeth : avec un éventail à plumes blanches (à M. ToUemache); — avec un éventail à plumes de couleur (à lord Darnley) ; — dans un palanquin, se rendant, suivie d'un pompeux cortège, au château de son cousin germain, lord Hunsdon. Cette composition curieuse, dont tous les personnages sont des portraits historiques, a été gravée par Vertue. Elle appartient à M. Digby.

1. Né en 1543, mort en 1609. C'est en 157 4 qu'il vint en Angleterre.

DE HOLBEIN A VAN DYCK

Mais voici le trésor de la Galerie des portraits, et assurérîient un des objets inestimables de l'Exhibition : le fameux Chandos Shakespeare, qu'on appelle toujours ainsi parce qu'il a appartenu au duc de Chandos. C'est le seul portrait authentique du grand William ; on présume qu'il a été peint d'après nature par le camarade du poète, l'acteur Burbadge, qui jouait dans Richard III, et qui est connu pour avoir fait aussi de la peinture.

Shakespeare est en buste, de grandeur naturelle et vu de trois quarts. Son front chauve paraît démesurément haut. Sa tête est fine et mélancoUque, sans beaucoup d'expression d'ailleurs, dans cette peinture malheureusement très-ordinaire comme exécution. Je crois bien qu'elle a été un peu retouchée, surtout dans les fonds, ce qui lui donne de la rondeur et de la mollesse. Mais, telle qu'elle est, sa valeur est inappréciable.

Ce noble portrait, qui a servi de type à tous les autres et notamment à la statue en marbre de l'abbaye de Westminster, a été gravé par J. Houbraken, dans sa Galerie de portraits d'hommes illustres, Amsterdam 1743, et récemment par Samuel Cousins. Sa tradition paraît exactement établie comme suit : de Burbadge il passa à Joseph Taylor, que Shakespeare avait pris pour modèle de son Hamlet. A sa mort, en 4663, Joseph Taylor le laissa par testament à sir W. d'Avenant. Dix ans après, à la mort de sir William, il fut acheté par l'acteur Betterton, et, après la mort de Betterton, M. Robert Keck, de Inner Temple, en donna quarante guinées à mistress Barry, l'actrice, qui

le tenait de Betterton. De la collection de M. Keck, il passa aux mains de M. NicoU, de Minclieden House, Southgate ; la fille de M. NicoU et son héritière épousa James , marquis de Garnavon , puis duc de Ghandos. Par héritage de la femme du duc de Ghandos, Anna EUsa, la dernière duchesse, il passa au duc (Je Buckingham, et, à la vente du duc de Buckingham, à Stowe, en septembre 1848, il fut acheté par le comte d'Ellesmere, qui en a fait présent à la nation. Ce sont donc les administrateurs [trustées) de la Galerie nationale de portraits, qui Font prêté à l'Exhibition de Manchester ^

Autour de Shakespeare sont trois de ses compagnons de théâtre , les acteurs Burbadge , Nat Field et John Lowen ; les deux premiers appartenant à Dulwich Gollege, le troisième au musée dit Ashmolean; — Ben Jonson, au duc de Portland; — John Pletcher, l'auteur dramatique au comte de Glarendon ; — deux autres poètes, James Shirley et John Taylor, à la Bodleian Gallery; — le poète écossais, sir David Murray; tous par des peintres inconnus ; — et le premier admirateur déclaré de Shakespeare, sir John Suckling, en pied, et tenant une édition in-folio de son poêle chéri. On attribue trop hardiment ce portrait à van Dyck.

Je n'ai pas eu le bonheur de rencontrer le comtem-

1. Le catalogue de l'Exhibition de Manchester aurait bien dû donner cette tradition du portrait de Shakespeare et les autres documents qui s*y rapportent. Car ce portrait, quoique d'un peintre inconnu, est assurément aussi précieux que celui de Charles P"" par van Dyck.

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porain du grand poëte, le grand philosophe François Bacon, dont le catalogue^ enregistre cependant- nn portrait, appartenant au comte de Verulam, descendant du chancelier.

Après la période des Tudor, nouvelle génération de peintres étrangers, sous le règne de Jacques :

Paul van Somer^ neuf portraits, dont plusieurs remarquahles, par exemple lady Mandeville, en toilette de noces ; au duc de Manchester; — lord Falkland, le père du célèbre lord Falkland (Lucius Cary); portrait qui inspira à Walpole, dans le Château d'Otrante, l'épisode de la figure sortant de son cadre pour se promener ; — trois portraits de Henry, prince de Galles, fils aîné de Jacques I"; au duc de Portland, au comte Craven et au colonel North.

Daniel Mytens le vieux etCornelis Jansen (ou Janson van Ceulcn), tous deux nés en 1590, Fun à La Haye, l'autre à Amsterdam ^ tous deux peintres de Jacques P*" et ensuite de Charles P% excellents peintres tous deux et se rapprochant de Rubens et de van Dyck.

Six Daniel Mytens : sir Charles Cavendish,, père de William, comte, marquis et duc de Newcastle ; et sa femme, lady Ogle d'Ogle ; — la comtesse de Newcastle, première femme de William Cavendish ; signé en or :

1. Je ne «retrouve plus ce portrait de Bacon dans le second tirage du catalogue.

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