FAIT PAR LE COUTRE DE LADITE ÉGLISE
NE chappe de drap rouge, figuré par devant, de drap d’or vert figure; du don de M. le cardinal de Lorraine.
Trois chappes de drap d’or frisé, et les orfrois (l)de drap d’or figurés d’images de la Passion, et la bille (2) couverte des armoiries; du don dudit prélat.
Une chappe de drap d’or rouge, avec les orfrois fort longs aux armoiries de l’église (3); du don du cardinal Saint-Malot, dict Brissonnet (4), archevesque de Reims.
(1) Orfrois : broderie généralement assez large qui garnissait les bords de la chappe.
(2) Bille : on nommait ainsi une petite bande d’étolfe qui couvre l’agrafe de la chape , et va d’un bord à l’autre , en passant sur la poitrine de recclésiasti<]ue.
(5) Les armoiries de l’église de Reims. Il s’agit sans doute ici de celles du Chapitre. Nous les donnons un [leu plus loin.
(4) Guillaume Briçonnet , évêque de Saint-Malo , archevêque de Reims , puis de Narbonne , cardinal, surintendant des finances de France , mourut en 1514.
Une chappe de drap d’or rouge, tissu à Cypre (1), avec les orfrois à plusieurs images, et la bille couverte d’un escusson; du don du roy Charles VIF.
Une chappe de drap d’or cramoisi riche avec les orfrois de plusieurs liistoires; du don de Régnault de Carneto (2), arclievesque de Reims.
Une chappe de drap d’or lin frisé, bordé par bas de velours vert, les orfrois d’or à plusieurs images, en la bille de laquelle il y a une colombe; du don de Rilleau , chanoine de la Sainte-Chapelle à Paris et à Reims.
Deux chappes de drap d’or jaulne (3) frisé avec plusieurs orfrois de velours violet, semé de fleurs-de-lys d’or et de croissants (4); du don de Henri II du nom, roy de France.
Une chappe (5) de drap d’or cramoisi, semé de grandes fleurs d’or avec les orfrois fort larges , à double Apostres (6) et prophètes ; du don des Ursins (7), archevesque de Reims, avec ses armes à la bille.
Une chappe de velours rouge cramoisi , bordée par bas de bordure è cordons de fil d’or avec les orfrois semés de demis soleils ; à la bille , un soleil dans lequel est le nom de Jésus ; du don du cardinal de Lorraine.
Une autre chappe de velours cramoisi, de même façon, au dos de laquelle sont les armes du cardinal de Cresquy (8), évesque d’Amiens, qui l’a donnée.
(U Le lieu de la fabrique est indiciué. Ce point n’est pas sans importance pour l’histoire de l’industrie des tissus. L’écusson qui ornait cette chape était sans doute celui de France.
(2) Régnault de Carneto. Il s’agit ici de Régnault de Chartres , mort en 1444. C’est lui qui sacra Charles VU à Reims, en présence de la l’iicelle d’Oiléans. Il était chancelier de France et cardinal. Ce fut un bon citoyen et un homme d’état.
(3) Le lecteur va voir que l’industrie manufacturière est aussi avancée que de nos jours. Les fils d’or recevaient toutes les nuances que nous leur voyons de nos jours. Il sera question plus loin d’or rouge et d’or vert.
(4) Nous retrouvons encore ici les crois.sants que nous avons remarqués sur le reliquaire du saintsépulcre. Chose bizarre que ce souvenir d’amour aux pieds des autels , et que peuvent seuls expliquer les mœurs du xvi« siècle , de cette époque de désordre moral et de fanatisme religieux.
(o) Les doubles apôtres étaient deux figures d’apôtres placées l’une à côté de l’autre sur les orfrois. Nous donnons le dessin d’une chape ainsi ornee.
(6) Nous n’avons pas la [)rétention d’apprendre au lecteur ce que c’est qu’une chape, mais pour éviter toute confusion , nous croyons devoir rappeler qu’on nomme ainsi le vêtement que portent à l’office les chantres; c’est aussi le costume des évêques, des archevéïiues , des cardinaux; déployée, elle forme un vaste demi-cercle ; elle s’attache sur la poitrine avec, des agrafes dissimulées sous une bande d’étoffe ; au dos est un collet nommé chaperon.
(7) La famille des Ursins a donné deux archevêques au siège de Reims. Elle avait pour armes : bandé d’argent et de gueules de six pièces au chef d’argent, chargé d’une rose de gueules , bouton.nèe d’or , soutenu de même.
(8) Antoine de Créquy , évéque de Nantes , puis d’Amirns, chancelier de l’ordre de Saint-Michel,
Une chappe de velours rouge de mesme façon ; du don de Cosme de Clausse (1), évesque et comte de Chaalons.
Une chappe pareille à la susdite, sinon qu’au dos sont les armes de M. de Bourg (2), évesque de Laon, qui l’a donnée.
Une chappe de drap d’or sur satin rouge , avec les orfrois de velours violet semés de fleurs-de-lys d’or , la bille couverte des armoiries de Bourbon (3), évesque de Laon, qui l’a donnée.
Une autre chappe de toile d’or, parements de velours violets, semée de fleurs-de-lys d’or; du don du cardinal de Bourbon (4), évesque de Beauvais.
Une chappe de drap d’or rouge, bien ouvré, ayant les orfrois à doubles images , la bille couverte d’un escusson de la Passion; du don de Jacques Brebier , chanoine de Reims.
Une chappe pareille à la susdite; l’escusson des armes de Pisleu (5), évesque d’Amiens, qui l’a donnée.
Une chappe de toile d’or avec les orfrois de la Passion ; la bille couverte d’un escusson aux armoiries de l’église d’Amiens.
Une chappe de satin rouge, en feuillage de fil d’or avec les orfrois figurés en personnages et la bille couverte de trois armoiries; du don de M. Anger, évesque de Noyon (6).
Une chappe de toile d’or orangé, avec les orfrois figurés où il y a des apôtres, en la bille de laquelle est couverte d’un écusson dedans lequel il y a un lion; du don de Charles de Roussy (7), évesque de Soissons.
cardinal en t56S, mort en 1574. 11 avait pour armes le créquier et le cri si connu ; A Créquy le grand baron.
(t) Cosme Clausse , mort en 1624 , âgé de 76 ans. Il avait succédé à son frère Nicolas, et laissa la place à son neveu Henry.
(2) 11 faut peiit-êlre lire : de Bours. 11 y eut un évêque de Laon dont tel était le nom.
(5) 11 s’agit ici de Louis de Bourbon , légat du Saint-Siège , abbé de Saint-Denis , mort en 1356. 11 baptisa François 11, inbuma François le', et sacra Catherine de Médicis. 11 était cardinal et fut arcbevêque de Reims, de 1.336 à 1.358. Il était de Bourbon Vendôme et portait pour armes ; de France au bâton de gueules, périllé en bande , chargé de trois lionceaux de gueules.
(4) Ce cardinal de Boni bon est le roi de la Ligue, Charles X. Il mourut en 1590.
Nous n’avons pas l’intention de faire , dans nos notes sur les bienfaiteurs de l’église de Reims, le résumé de leur biographie. Nous voulons seulement indiquer la date de la donation. Ainsi le lecteur [tourra se faire une idée des etolTes de luxe fabriquées pour les églises dans chaque siècle.
(3) La famille de Pisseleu a donné un évêque au siège d’Amiens, au xvie siècle. Ses armes étaient d’argent à trois lions de gueules.
(6) Anger est un nom mal copié. 11 est probable que Desmolius veut parler de Jean de Hangest , évêque de Noyon, mort en 1523, ou de Jean de llangest , son successeur , mort en 1377. Les armes de cette maison sont : d’argent à la croix de gueules chargée de cinq coquilles d’or.
(7) Roussy est ici au lieu de Roucy. Les armes de Roucy étaient d’or au lion d’azur.
Une chappe de drap d’or argenté avec les orfrois, la bille d’icelle couverte des armoiries de Lenoncourt (1), cardinal et évesque de Chà- Ions , qui l’a donnée.
Une chappe de toile jaune, façon de toile d’or, avec les orfrois où sont les évangélistes , et la bille couverte d’un écusson où il y a un lion et aultres armoiries; du don de Monsieur Foucault de Bonneval, évesque de Soissons (2).
Trois chappes de toile d’argent, tissue de rouge, les orfrois de broderie de rouge brun; donné, pour le drap, par le roi Henry 111, et le surplus fait aux dépens de la fabrique.
Une chappe de toile d’or jaune pleine de fleurons brochés^ les orfrois de même matière, un passement d’or et de soye rouge; du don de Godefroy de Billy , évesque et duc de Laon (3).
Une chappe de drap d’or à fond rouge frizuré et les orfrois d’or : en eux, par tableaux, histoires de la Vierge, et sur le chaperon une adoration; du don de Roger, évesque de Senlis, en 4609.
Quatre chappes de satin de couleur incarnadin d’Espagne, relevé à bouquet et feuillage de fils d’or , les orfrois de drap d’or lamé , relevé de petits bouquets de diverses couleurs; du don des Altesses des Pays- Bas , en 4647 (4).
Une chappe de velours rouge cramoisi, semé de fleurons d’or, les orfrois et la bille ornés de fleurs-de-lys d’or; donnée par Simon Le Gras, évesque de Soissons (5^, en 4629.
Une autre chappe de velours cramoisi , semé de fleurons de même façon, avec les orfrois d’une autre chappe faite par la fabrique. Le velours a été donné par Monsieur Turet, escolastre , 4647.
Une chappe de drap d’argent, figuré par dessus, orfrois d’or à doubles images ; donnée par le cardinal de Lorraine.
(1) La maison de Lenoncourt a fourni deux évéqnes au siège de Chàlons; ils furent tous deux cardinaux; ils se nommaient, l’un Robert, l’autre Philippe. Leurs armes étaient ; d’argent à la croix engrelée de gueules.
(2) Foucault de Bonneval vivait vers 1550. 11 portait pour armes : d’azur au lion d’or, armé et lampassé de gueules.
(5) Geoffroy de Billy, grand-prieur de Saint-Denis en France, abbé de Saint-Vincent de Laon, puis évêque de Laon, morten 1612.
(4) Ces altesses des Pays-Bas sont l’archiduc Albert et l’archiduchesse Isabelle, dont nous avons parlé plus haut. Sans doute ce don a encore été motivé par suite de la translation des reliques de saint Albert. Ces rapports desarchirlucs avec la ville de Reims n’étaient peut-être qu’une réminiscence des intrigues de la cour d’Espagne sous la Ligue. Isabelle était par sa mère, Elisabeth de France, la dernière représentante de la maison de Valois , et c’était pour la faire monter sur le trône de France que l’Espagne avait prodigué son or et ses soldats.
(5) C’est lui qui sacra Louis XIV, le siège de Reims étant vacant.
Une chappe de drap d’argent , frizé à orfrois , figures de l’histoire de la passion de Notre-Seigneur ; donnée par madame Renée de Lorraine , abbesse de Saint-Pierre.
Deux cbappes de drap d’argent frizé, avec les orfrois d’or à plusieurs images; du don de Monsieur de Lenoncourt , archevesque et duc de Reims (1).
Deux cbappes de drap d’argent frizé, avec les orfrois à lleurs-de-lys ; données par Monsieur Remy , grand archidiacre, 4582.
Deux chappes de damas blanc figuré de fleurons , sans orfrois , faites par la fabrique, 1570.
Une chappe de toile d’or figuré d’argent , orfrois de velours rouge cramoisi enrichi de plusieurs fleurons à histoires, en ovalles d’or et d’argent; donnée par Rose (2), évesque de Senlis.
Une chappe de toile d’argent relevé de soye rouge, au lieu d’orfrois , deux passemens d’or, au dos de laquelle sont les armoiries de Hiérosme de Hennequin (3), évesque de Soissons, qui l’a donnée en 1605.
Deux chappes de toile d’argent figuré à fleurons d’or et d’argent et de velours rouge broehé, les orfrois de toile d’or et d’argent, avec deux ovales à chacun , au dos desquels sont les armes de Philippe du Bec (4), archevesque de Reims, qui les a données en 1607.
Quatre chappes de drap d’argent lamé, relevées de fleurs et bouquets de fil d’or, les orfrois d’or et de soie; du don de Louis XML 1641.
Une chappe de drap d’argent lamé, relevé et figuré de velours brun ; au dessous du chaperon, les armes de Benjamin Brichanteau (5), évesque de Laon , qui l’a donnée en 1614.
Une chappe de drap d’argent blanc lamé , relevé et broché de fils
(1) Robert de Lenoncourt, arclievêque de Reims, mort en 1352.
(2) Guillaume Rose, évêque de Senlis, né en 1542, mort en 1602, fut un des chefs de la Ligue, fit l’apologie de Jacques Clément, et fomenta la guerre civile de tousses efforts; Henri IV lui pardonna . mais en 1398, Rose recommença ses sermons fanatiques. On fut contraint de l’interdire. L’histoire doit flétrir son nom. Cet homme, par son inconduite privée et les fautes de sa vie publique, fit la honte du clergé de son siècle et contribua aux malheurs du pays.
(5) Les armes de la famille Hennequin sont ; vairé d’or et d’argent, au chef de gueules, chargé d'un lion passant d’argent.
(4) Philippe du Bec, évêque de Vannes, de Nantes, archevêque de Reims en 1 394, mourut en 1603. Ses armes étaient ; écartelé au l et 4, fuselé d’argent et de gueules ; de 2 et 3 fuselé d’argent et de synople; les faces d’argent chargées de six merlettes de gueules, 5, 2 et 1. Sur le tout, écartelé au 1 de gueules à la bande d’or, au 2 de gueules à la croix d’argent, au 3 de Bourgogne ancien, au 4 d’argent. Deux faces de gueules, et sur le tout d’azur à six annelets d’argent, 5, 2 et 1.
(3) Ses armes étaient ; à six besans d’argent, 3, 2 et 1. Il mourut en 1619 abbé de Sainte-Geneviève de Paris.
d’or; au dessous du chaperon, les armes de Réné du Pothier (1), évesque de Beauvais, qui a esté condamné par arrest du parlement, l’an
Une chappe de drap d’argent lamé, relevé et figuré de velours rouge ; au dessous du chaperon , les armes de M. le cardinal de la Rochefoucault (2), évesque de Senlis, qui l’a donnée en 4616,
Une chappe de drap d’argent lamé , relevé et hguré de velours vert , les orfrois de mesme étoffe; au dessous du chaperon les armoiries d’Augustin Pothier (3), évesque de Beauvais, qui l’a donnée en l’an 4620.
Une chappe de drap d’argent lamé, relevé de petites fleurettes d’or, les orfrois de mesme; donnée par M. Comartin (4), évesque d’Amiens.
Une chappe de tabis d’argent lamé à fleurons d’or, les orfrois de même avec le passement d’or ; donnée par Henry Clausse (5) , évesque de Châlons 4626.
Une chappe de drap d’argent , figuré de velours noir, les orfrois de même avec passement d’or et d’argent ; donnée par M. Sanguin (6) , évesque de Senlis. 4627.
Une chappe de drap d’argent , figuré de velours vert à fleurons d’or et d’argent, la bille et orfrois broderie d’or et d’argent avec ovales pleines de fleurs de soie; donnée par Philippe Brichanteau (7), évesque de Laon.
Une chappe de toile d’or à fond d’argent et vert; du don de M. Violart (8), évesque de Châlons en l’année 4648.
Quatre chappes de velours violet , semé de fleurs-de-lys, et la bille couverte des armoiries (9) du Chapitre; fournies par la fabrique.
Une chappe de drap d’or violet, la bille couverte des armes de l’église
(1) Pothier: Réné Potier, évàiue de Reauvais, mort en 1630, avait pour armes ; d’aznr à deux mains dextres d’or, au franc-quartier, échiqueté d’argent et d’azur. (Il y a ici une erreur de date.)
(2) François de la Rochefoucauld, premier cardinal de sa famille, abbé de Sainte-Geneviève, grandaumônier de France, mort en 1645, âgé de 88 ans. hes armes de la Rochefoucauld sont ; burelé d’argent et d’azur à trois chevrons de gueules sur le tout.
(5) Augustin Potier, frère de Rénè Potier ci dessus nommé, mourut en 1616. (11 y a ici aussi erreur de date.)
(4) François Lefèvre de Caumartin, conseiller-d’État. évêque d’Amien«, mourut en 1632.
(5) Henry Clausse fut nommé évêque vers 1623.
(6) 11 était de la famille des marquis de Livry.
(7) Philippe Brichanteau, mort vers 1632.
(8) Félix Vialart de Herse, né en 1603, mort en 1680, fut un prélat recommandable par sa tolérance, ses vertus, sa charité. 11 se fit aimer de ses diocésains catholiques et protestants.
(9) Les armoiries du Chapitre étaient une croix d’argent sur un fond d’azur et une lleur-de-lys dans chaque angle.
de Laon; donnée par Charles de Luxembourg (1), évesque de Laon.
Une chappe de drap d’or violet , avec les orfrois où sont les images des apostres, la bille de velours rouge; donnée par M. de Lenoncourt , évesque de Gbâlons.
Une cbappe de velours violet, semé de soleils d’or, la bille couverte de plusieurs lettres (2) ; donnée par Hirlandre (3) , évesque de Beauvais.
Une chappe de velours violet , semé de fleurs-de-lys avec les orfrois de velours rouge; du don de M, Fumé (4), évesque dudit lieu.
Une cbappe de velours violet, aussi semé de fleurs-de-lys, avec les parements faicts en rondeaux à fleurs où sont les images des apostres ; du don de M. Dorny (5), évesque de Bayonne.
Une chappe de velours violet, semé de fleurs-de-lys à fleurons, la bille portant un cbesveron rompu et trois estoilles d’or, un champ d’azur; du don de G. Noblin , chanoine-doyen de la dite église.
Une chappe de velours violet de mesme façon; donnée par Coulon, chanoine sous-chantre de la dicte église.
Deux chappes enrichies de soie violette, figures de plusieurs grands lions; données par M. Saint-Rigobert (6).
Deux chappes de velours violet , orfrois de toille d’argent figurée de gris, sur le dos desquelles il y a l’armoirie de feu M. le cardinal de Guise et du don d’icelui.
Une chappe de toile d’argent de soie violette et parement de toile d’argent ; du don de M. Boutiller (7), évesque de Boulogne. 1634.
Deux chappes de drap d’or vert avec les orfrois à doubles images , la bille couverte d’un écusson où est un lion blanc; donnée par Regis- Alexis Pastoureau, chanoine de l’église de Reims.
(1) Charles de Luxembourg fut sacré en 1475. Sa maison était une des plus anciennes de l’Europe; elle a fourni des empereurs.
(2) Ces lettres sont sans doute des chiffres, peut-être aussi de ces broderies imitant des caractères grecs que l’on nommait grammes au moyen-âge.
(5) llirlande. 11 s’agit ici sans doute de Guillaume de llillande, archidiacre de Reims, sacré évéque de Beauvais en 1444, mort en 1462.
(4) Fumé. Desmolins veut probablement parler ici de Nicolas Fumé, sacré évêque de Senlis en 1375, mort en 1392.
(5) Dormy, évêque de Bayonne, fl faut lire : êvêque de Boulogne. 11 s’agit ici de Claude-André bormy, évéque de Boulogne en 1367, ou de Claude Dormy, qui occupa le même siège en 1602.
(6) Les chapes de saint Rigobert étaient décrites , à ce que dit Marlot , dans un inventaire fait en 1470 et qu’il a vu ; les orfrois étaient de drap d’or et trés-habilement faits. Il est déplorable qu’on n’ait pas conservé au moins un échantillon de ces précieuses antiquités. Saint Rigobert est mort vers 745.
(7) Victor le Bouthillier fut sacré évé(|ue de Boulogne en 1628.
Une cliappe de drap d’or vert, avec les orfrois de velours violet, où sont plusieurs images des apostres, la bille couverte d’un écusson où sont deux lions; donnée par François de Cresquy (1), évesque de Terouaine.
Deux chappes de drap d’or vert, à chacune des billes desquelles est une croix donnée par feu Charles, cardinal de Lorraine.
Une chappe de toile verte d’or , en la bille de laquelle y a deux lions en champ d’or, et deux croix rouges en champ d’argent ; donnée par Godefroy (2), évesque d’Amiens.
Une chappe de toile d’or à champ vert ; du don de Valentin de Glay (3), évesque de Laon.
Quatre chappes de drap d’or à champ vert, avec orfrois en broderie d’or sur velours rouge ; du don de Gabriel Sainte-Marie (4) , archevesque de Reims.
Une chappe de gaze verte à fleurs d’or ; donnée en l’an 1630 par M. de Noyon, dit Baradas (5).
Une chappe de velours vert à orfrois de festons; donnée en l’an 1634.
Trois chappes de velours noir aux orfrois de toile d’or, à aucunes desquelles sont apposées les armes du cardinal de Lorraine.
Trois chappes de velours noir d’orfrois de satin blanc, auxquelles sont apposées les armes de M. Louis de Guise, qui lésa données en 1621.
Deux chappes de damas rouge, et les orfrois de toile de fil d’or, faites par la fabrique.
Deux chappes de damas rouge au capperon desquelles sont les images des apostres.
Une chappe de samy rouge semé de lions d’argent et estoilles, faicte d’une vieille chasuble (6).
(1) Trançois de Créquy fut évêque de Téroueiine dans te milieu du xvi' siècle.
(2) T,e prénom de Godefroy fut porté par trois évéques d’Amiens : l’un saint Godefroy, mourut en 5 104 ; le second , Godefroy d’Eu , mourut en 1253 ; le troisième , Godefroy de la Martlionie , fut sacré en 1379. Il est probable qu’il s’agit ici du dernier.
(3) Desmolins veut parler ici de Valentin Douglas , sacré en 1381 , mort en 1598.
(4) Gabriel de Sainte-Marie est le nom que prit Guillaume Gifford , archevêque de Reims, quand il devint cardinal. 11 mourut en 1629. C’était un prélat instruit. 11 composa divers ouvrages.
(3) Henri de Baradat fut sacré en 1626 et mourut en 1628.
(6) 11 est probable qu’il s’agit encore ici de quelques tissus dont l’origine se perdait dans la nuit des temps. Nous aurions voulu pouvoir multiplier les reproductions; mais tous ces précieux débris des anciens jours ont péri complètement. Dans le cours du mois de juillet 1842 . des fouilles furent faites dans la vieille église de Saint-Remi , sous les yeux de la commission d’archéologie de l’arrondissement de Reims. Dans une tombe antérieure au xic siècle , on trouva un fragment d’étoffe précieuse dont nous donnons le dessin. I! vient de bandelettes qui se croisaient sur la poitrine
Deux chappes de damas rouge à parement de toile d’or, faites aux frais de la fabrique.
Sept ehappes de camelot de laine rouge, faites par la fabrique.
Deux cbappes de damas rouge avec les orfrois de velours, ligure à fond de satin orangé.
Quatre cbappes de camelot rouge à orfrois, le damas à fond bleu. — Fab.
Deux cbappes de velours rouge, les orfrois ornés de fleurons de fil d’or.
Deux cbappes de damas rouge à parement de toile d’or, relevé de velours rouge.
Une cbappe de velours violet, fort usée; du don de Jo de Barro (1).
Deux cbappes, de damas vert, avec des petits orfrois donnés par M. de Gourtenay , archevesque de Reims.
Deux chappes de damas bleu céleste, les orfrois de samy rouge aux lions et oyseaux d’or.
Trois chappes de damas violet, à parements et orfrois de vieilles aultres cbappes que la fabrique a fait faire.
Quatres chappes de camelot de laine violette.
Trois chappes de damas bleu, les orfrois de velours à la turque, à fond j aulne.
Deux cbappes de damas violet , les orfrois d’un velours à la turque, à fond jaulne.
Deux cbappes de damas violet^ avec orfi’ois de velours, figure à fond de satin jaulne, faites par la fabrique.
Une cbappe de velours, figure violette.
Une cbappe de camocas blanc.
Une cbappe de damas blanc, à orfrois de velours rouge cramoisi.
Une cbappe de damas, blanc, à orfrois de velours rouge.
Quatre chappes de damas blanc, aux orfrois de velours figurés en fond de satin vert, faites par la fabrique.
Deux chappes de taby blanc à fleurons de soye de diverses couleurs, aux orfrois de drap d’or. — Fab.
du défunt. Ces bandelettes pouvaient avoir cinq centimètres de largeur et quatre décimètres de longueur. Elles sont bordées d’un liseré d’un millimètre. A côté des liserés sont des guirlandes de feuillage. Entre ces guirlandes on voit des figures d’animaux , et on distingue un lion et un aigle. Sur le fond sont des croix à quatre branches égales. On reconnaît le style bysantin.
(1) Ce nom est mal copié par Desmolins. Il est Impossible de rectifier son erreur , sans risquer d’en commettre une autre.
(2) Camocas : camelot. Etoffe originairement de poil de chameau et qui n’était plus qu’un drap , une étoffe de laine en 1669.
Deux chappes de damas blanc, à parements de toile d’argent relevés de velours rouge.
Une chappe de camocas vert semé de testes de cerf; du don du dit de Roye(l).
Deux chappes de damas vert, les orfrois d’autres vieilles chappes, faites par la fabrique.
Trois chappes de damas vert, avec orfrois de velours cramoisi.
Quatre chappes de camelot vert.
Deux chappes de damas vert (2).
(0 Guy de Hoye , arclievéfjue de Reims, moit en 1409, aimait les lettres et les protégeait. Il fonda le collège de Reims à Paris , et composa le Doctrinal de sapience, ouvrage plusieurs fois réimprimé.
(2) Le lecteur a vu dans tout ce qui précède la confirmation de ce que nous avions avancé dans le chapitre précédent, li a remarqué que les chapes sont données en grande partie par les rois , les archevêques de Reims , les évêques , leurs suffragants, et par les chanoines. La fabrique n’avait qu’à réparer et à entretenir. Cependant, de ses deniers et des dons et offrandes qu’elle recevait en argent, elle faisait de temps à autre des acquisitions destinées aux offices ordinaires et quotidiens.
11 est fâcheux pour l’histoire des costumes nationaux que rien ne nous fasse connaître la coupe de ces chapes faites à toutes les époques de noire histoire. Quelques-unes remontaient aux siècles où les vêtements ecclésiastiques différaient peu de ceux que l’on portait dans la vie privée.