‹ Trésors des Églises de ReimsChapitre 49 sur 78 · TOMBEAU ET CHASSE DE SAEÏÏ REMI · texte numérisé non relu

TOMBEAU ET CHASSE DE SAEÏÏ REMI

N nous reprocherait un grave oubli si nous ne parlions pas du tombeau de saint Remi : nous le ferons, parce que ce monument n’était pour ainsi dire qu’une grande chasse ornée, ainsi qu’on le verra, d’or, d’argent et de pierres bnes; nous le ferons, parce que la révolution ne l’a pas respecté comme immeuble , que le trésor public s’est enrichi de ses dépouilles; parce </'l ,| que le monument élevé à la mémoire de saint Remi était à lui seul un trésor pour l’abbaye, pour Reims,

pour son diocèse.

C’était au milieu du sanctuaire qu’il se trouvait. Quoique le saint apôtre eût choisi pour sa dernière demeure l’église de Saint-Timothée, on l’inhuma au milieu de la petite église de Saint-Christophe (T). Un

(t) SaiiU-Cliristophe n’était qu'une chapelle située au milieu tl un cimetière. Il n’y avait alors qu’un desservant; mais depuis l’inhumation de Saint-Remi, on attacha à l’église des prêtres séculiers qui furent chargés de veiller sur sa tombe. Plus tard on leur substitua des moines; et, à la fin, les Bénédictins furent installés à Saint-Remi, sous l’archevêque ïilpin. Il est inutile de dire que Saint- Christophe ne tarda pas à être démoli , et sur ses ruines on éleva une église digne de l’illustre trépassé dont elle abrita la tombe.

morceau d’étoffe , que nous avons décrit plus haut , étendu sur une modeste pierre, indiquait aux fidèles la place où il reposait.

En 635, le corps du saint fut exhumé (1) et placé dans une crypte creusée derrière le grand- autel. On laissa subsister au lieu de sa sépulture l’inscription suivante, qui la rappelait;

Hic corpus scmcli Bemigii primo fuit humatum in medio ecclesiolœ sancti Chrislophori in speluncd dupUci.

Une croix gravée en creux dans la pierre coupait cette épitaphe en quatre parties. Il semble en résulter qu’un double caveau avait reçu les dépouilles mortelles du saint.

Un peu plus tard, en 640, une chapelle dédiée à sainte Geneviève fut élevée sur cet emplacement. Quand on bâtit le jubé, il fallut déranger l’antique pierre tumulaire de saint Remi, et on la mit dans le chœur, près du jubé; on l’y vit jusqu’en 1793, devant la stalle du grand -prieur.

Le 18 octobre 852, Hincmar enleva le corps de la crypte dont j’ai parlé plus haut, et le plaça, en présence des évêques de la province, dans une châsse d’argent. Ce reliquaire fut déposé dans une autre crypte ou chapelle souterraine, qui paraît avoir été d’une structure admirable. Elle avait succédé à celle faite en 633, lors du premier agrandissement de l’église. Hincmar mit, ainsi que nous l’avons dit, dans un coffre d’ivoire une partie du drap de soie vermeille qui environnait le corps et le suaire qui couvrait le visage de saint Remi, et le fit porter dans le trésor de la cathédrale.

En 882, le prélat emporta à Epernay les reliques de saint Remi ; il craignait de les voir profaner par les Normands, qui ravageaient la France.

Foulques, successeur d’Hincmar, fit revenir la châsse du saint en 883, et la mit en dépôt à la cathédrale jusqu’au 29 décembre 900. Ce fut alors seulement que l’archevêque Hervé la fit reporter dans le monuïiient destiné à la recevoir.

Cette châsse était en bois, couverte de lames d’argent représentant les douze archevêques de Reims prédécesseurs d’Hincmar (2). Elle pesait vingt-quatre marcs ; elle fut enriehie par les soins d’Airard , abbé de Saint-Remi, mort en 1036, et du moine Eustache, mort en 1272.

(1) Lors de cette exhumation , on détacha du corps queliiues cheveux et un fragment du linge qui rentourait. On confia le tout à des reliquaires qui n’existent plus.

(-2) Piomulfe , saint Sonace , Leudegisile, Angelbert, Landon , saint Nivard , saint Rieul ou Hiol , saint lügohert , Abel ou Lbal , Tilpin ou Turpin , Vulfar et Ebon.

Le monument qui la renfermait était en bois couvert de lames d’or pur et incrusté de pierres précieuses. Nous décrirons plus loin ce qui en est parvenu jusqu’à la lin du siècle dernier.

Le dessin de ce mausolée se voyait sur une tapisserie donnée à Saint- Uemi par l’abbé Jean Canard, à la lin du xiv“ siècle (1). Cette curieuse tenture a disparu en 1793 , et avec elle la seule copie que nos devanciers aient jamais connue du monument élevé par Hincmar à son illustre prédécesseur.

En 1537, Robert de Lenoncourt (2), abbé de Saint-Remi, depuis cardinal et archevêque d’Embrun, lit faire le mausolée qui fut détruit il y a cinquante ans. Il s’élevait au-dessus de la crypte faite en 033, enrichie par Hincmar et depuis comblée.

Le nouveau tombeau, taillé comme un carré long, avait de 20 à 25 pieds de haut, 18 de long et 8 de large; il se composait de deux

étages ; celui d’en bas était plus long que celui d’en haut à peu près

d’un sixième; il était d’ordre corinthien; dix-sept colonnes de jaspe

rouge et blanc (3j soutenaient un entablement et une corniche de même

matière , élevés environ de 2 pieds.

Entre ces colonnes se trouvaient de chaque côté long cinq niches , et dans un des côtés étroits, fermant l’extrémité du mausolée, deux autres niches. La partie supérieure de ces niches était arrondie en demi-cercle et sculptée en coquille. Elles contenaient les douze pairs de France ; au-dessus de chacun d’eux étaient placées ses armoiries , enfermées dans des branches de laurier. D’un côté étaient cinq pairs laïques, et de l’autre cinq pairs ecclésiastiques.

Du côté étroit, où se trouvaient la onzième et la douzième niches , étaient le sixième pair laïque et le sixième pair ecclésiastique, l’évêque comte de Noyon et le comte de Toulouse.

Ces douze statues étaient faites d’une pierre blanche très -line, et couverte d’un vernis qui la faisait briller comme le marbre. Elles existent encore.

Les douze pairs étaient représentés avec les costumes dont ils étaient revêtus au jour du sacre.

L’archevêque duc de Reims portait la croix, l’évêque duc de Laon le sceptre, l’évêque comte de Beauvais le manteau royal, l’évêque comte de

(2) iXeveu de Robert de Lenoncourt archevêque de Reims.

(5) !1 paraît que ces colonnes existent encore. Elles ont reçu riiospitalité dans un jardin de Reims où elles sont en ce moment.

Cliâlons l’anneau, l’évêque comte de Noyon la ceinture, le duc de Bourgogne la couronne, le duc d’Aquitaine l’étendard, le duc de Normandie un second étendard, le comte de Flandre l’épée, le comte de Toulouse les éperons, le comte de Champagne l’enseigne militaire.

Le second étage, posé sur la table qui couronnait le premier, avait aussi quatre côtés ; la façade située à l’extrémité du monument con tenait aussi une niche plus grande que les autres, mais à peu près du même dessin; elle était surmontée d’une corniche portant les armes du cardinal de Lenoncourt, et renfermait un groupe de statues représentant saint Remi assisté de saint Thierry , et catéchisant Clovis ; le roi était à genoux et habillé comme on l’était à la fin du xv“ siècle ou au commencement du xvl^

Les deux côtés longs étaient ornés chacun de vingt-quatre tablettes d’argent représentant la vie de saint Remi. Elles étaient rangées sur deux lignes superposées l’une à l’autre ; chaque tablette était dans une petite arcade soutenue par des colonnes de marbre blanc ; la ligne supérieure était séparée de la ligne inférieure par une longue bande de marbre; de plus, deux autres bandes de marbre, placées dans chaque ligne et aboutissant perpendiculairement à celles dont on vient de parler , divisaient les tablettes quatre par quatre.

Au-dessus se trouvaient une corniche et un entablement non moins considérables que ceux de l’étage inférieur.

Sur cette corniche s’élevait une sorte de toit arrondi et très-bas ; au milieu de ce toit était un dôme couronné par une fleur-de-lys et soutenu par un double rang de petites colonnes de marbre et de jaspe ; il était étayé par d’élégants arcs-boutants en forme de feuillage.

Ce dôme couronnait six petites tablettes analogues à celles dont nous avons parlé. Il y en avait trois de chaque côté ; elles se cachaient à volonté derrière deux battants qui, réunis et fermés, formaient un demicercle égal à l’arcade qui contenait les tablettes.

La partie antérieure du monument , dont nous n’avons encore rien dit, regardait le grand-autel de l’église, dont une grille le séparait. Cette façade était plus élevée que les autres.

Au premier étage, de niveau avec les statues des pairs, était la porte du tombeau placée entre deux colonnes de porphyre.

Cette porte était couverte de lames d’or ; au milieu était une autre petite porte faite d’or pur, qui, en s’ouvrant, laissait voir l’intérieur du tombeau ; elle était incrustée de pierres précieuses et de médailles romaines et françaises en or. Au centre était un morceau de cristal de roche ciselé avec un art merveilleux ; on y avait gravé le baptême de

Jésus-Chrisl par saint Jean. Pour voir cet objet d’art, il fallait mettre une bougie allumée dans l’intérieur du tombeau , et sa lumière donnait au cristal la transparence nécessaire pour qu’on pût en admirer les détails.

Cette porte et ce précieux morceau de cristal venaient du monument élevé à saint Remi par Hincmar. Elle était entourée d’une bordure d’émail violet, sur laquelle on lisait ces vers ;

Hoc Übi , Remigi , fabricavi , magne, sepidchmm Hincmarus prœsul ductiis amore tui ,

Ut requiem Dominus tribuat mîlii, sancle , precalu Et dignis meritis, mivenerande, tuis.

On remarquait sur cette porte un anneau qui avait appartenu à François I". Ce prince l’avait laissé tomber au moment où il visitait le mausolée. Il l’offrit au saint et le fit attacher en sa présence.

Une agathe onix, entourée de saphirs, de grenats et de perles, donnée par Henri II , était aussi digne d’attention.

La grande porte qui renfermait cette petite fenêtre était ornée de perles orientales et d’agathes, placées de manière à représenter des fleurs, des lions, des aigles, des éléphants, des tourterelles et d’autres animaux (I). Elle était aussi enrichie d’un grand nombre de médailles d’or, de rubis, de saphirs, de diamants, de perles, de grenats et d’émeraudes.

Au milieu était une croix à larges bras , divisée par quatre rayons d’or, entre chacun desquels on voyait des dessins triangulaires.

Au second étage, de niveau avec les quarante-huit tablettes, était une autre porte aussi richement ornée que celle dont nous venons de parler.

Une corniche la surmontait et supportait un bas-relief renfermé dans un demi-cercle, et représentant le baptême de Clovis.

Un fronton triangulaire le couronnait, et enfin au-dessus s’élevaient les armes de François I", soutenues par deux salamandres.

Toutes les pierreries qui ornaient ce monument avaient été données par Hincmar et les rois de France.

Le monument était posé sur trois marches et renfermé dans une balustrade haute de quatre pieds, faite aux frais du cardinal Gualterio, dont elle portait les armes; il fut abbé commandataire de saint Remi de 1710 à 1728 (2 .

(O ^ilia que ad genus sexcenta aurariœ arlis et gemmarix opéra prœstantissima. {Galtia christiana , page 223 , tome 9.)

(2) Nous donnons le dessin de ce monument.

En 1647, la châsse faite par Hincmar fut remplacée par une autre que commanda Dom Oudart-Bourgeois , grand-prieur de Saint-Remi , tant à ses frais qu’à ceux des religieux. Elle fut l’ouvrage de Lépicier, maître orfèvre rémois (1).

Le nouveau reliquaire était d’argent massif et pesait deux cent quarante-six marcs de Reims. Il avait sept pieds de long, deux pieds deux pouces de large, et un pied dix pouces de haut. Je ne comprends pas dans cette hauteur celle d’un dôme qui avait un pied deux pouces de haut, et qui s’élevait au-dessus de la châsse.

Ce dôme était orné de fleurs-de-lys. Au milieu était un clocheton terminé par une double üeur-de-lys.

Ce monument était la reproduction du mausolée. On voyait autour de la châsse les statues de douze pairs de France placées dans des niches séparées par des colonnes torses ornées de feuillage. Au-dessus se trouvaient les faits et gestes de saint Remi , ciselés en demi-relief dans des encadrements formés de cornes d’abondance et de fleurons.

Au fronton du monument étaient placées les armes de l’abbaye, surmontées de celles de France et de Navarre.

La porte de la châsse représentait le baptême de Clovis , sur la façade à l’autre bout était gravé et sculpté le miracle de la Sainte-Ampoule. Ces deux côtés du reliquaire étincelaient de mille pierreries.

Léonor d’Etampes , archevêque de Reims en 4647, y fit renfermer les reliques de saint Remi, Procès-verbal fut dressé de cette opération ; on trouva autour du corps d’abord un drap de soie rouge , un linge , un double drap de lin, puis enfin , en contact avec le corps et adhérant à la peau , un autre drap de soie rouge. Sur le visage étaient deux voiles , tous deux de salin, l’un rond et bordé de broderies d’or. Le second était violet. D’autres suaires recouvraient la figure ; on distinguait encore la barbe et les dents. L’ensemble du corps et du visage était bien conservé ^2).

L’inscription suivante constata celte translation :

Anno salutis 1647 beatissimi Remigîi Francorum apostoli corpus inlegrum, jam olim ah Hincmaro archiprœsuU Remensi in locello argenieo cenditum , Oudardus Rourgeois iiujiis cœnobii, in longé diliorem et prœstantiorem , cum brandeis et pannis sericis iransferri curavit.

(1) Du bois qui composait la charpeiilo de la châsse qu’on détruisit , on fit des chapelets, des croix et d’autres ouvrages de dévotion qui furent vendus.

C-2) Son visage était tellement bien conservé , qu’on a pu en donner la description. Il avait le front haut et large , le nez aquilin, la barbe longue ; ses traits étaient beaux et réguliers.

Quand vint 4792 (4), la châsse avec ses pierreries fut envoyée à la Monnaie. Les reliques furent enveloppées dans un des suaires de soie rouge et dans un drap d’argent et inhumées dans le cimetière du quartier.

On les plaça sous le corps d’un soldat décédé le même jour à l’hospice, afin que leurs ossements finissent par se mêler et qu’on ne pût reconnaître ceux du saint.

En 4795 , on les rechercha. La confusion n’avait pas eu lieu, et le suaire de soie n’avait pas encore été corrompu par l’humidité. Les reliques furent reprises à la terre, et on les renferma dans un modeste reliquaire de hois doré.

Ensuite on les confia à un mausolée portatif (2) qui se montait sur quatre colonnes de bois noir. Sa place était au bas du sanctuaire. Plus tard on le posa dans la chapelle du rond-point.

Iinfin M. Ludinard de Vaucelles, ancien trésorier de France, employa une somme considérable à élever à saint Remi un mausolée digne de lui. Telle était au moins l’intention du fondateur. Elle fut trompée.

On éleva au centre du monument un cénotaphe qui renferma la châsse. 11 fut placé sous un dôme de bois porté par des colonnes de marbre. Entre elles on redressa les statues qui avaient survécu à la tourmente révolutionnaire (3).

Ce monument de mauvais goût ne s’harmonise ni dans ses détails ni dans son ensemble avec l’antique édilice qu’il devait orner et qu’il déshonore. Il est question d’y substituer un nouveau mausolée qui reproduirait celui qu’on devait à Robert de Lenoncourt.

M. le cardinal de Latil, archevêque de Reims, ht faire une châsse de cuivre argenté, ornée de douze ligures représentant les douze apôtres, et renferma les reliques du saint. Elle fut placée dans le monument que nous venons de décrire en peu de mots. Et là elle attend un asile digne de ce qui lui est confié (4).

La châsse de saint Remi figurait à toutes les processions générales faites

(1) Nous publierons à la fin du volume les piocés-verbaux qui consiatentla destruction de cette châsse.

(2) Ce mausolée fut donné par M. Üertin, curé de l’église. 11 venait de Saint-Pierre-les-Dames. On l’orna de quatre émaux enlevés aux châsses de l’église Saint-Timothée.

(5) Le 6 janvier 1807, l’empereur, étant à Varsovie, permit de placer l’aigle impériale sur le sommet du monument. Ce fait n’est pas sans intérêt historique. Le souvenir de saint Remi devait plaire â l'homme qui fondait un empire et rétablissait en France le culte caiholique. Saint Remi était un des patrons de la monarchie française , il avait droit à la vénération de l’homme ipii s’était fait empereur et roi.

(4) Nous donnons le dessin de cette châsse.

par le clergé de Reims. A certaines époques , elle sortait du mausolée pour être exposée à la vénération des fidèles. On la promenait afin d’obtenir des secours pour les besoins de l’église, des aumônes pour ceux qui souffraient (1). On la promenait encore dans quelques circonstances politiques, soit pour remercier Dieu d’un de ses bienfaits , soit pour en obtenir la lin d’un fléau. On la lit sortir de l’église lorsque Louis XI fit son traité d’alliance avec les Suisses, quand François F' se ligua avec Soliman II. Elle apparut maintes fois pendant nos guerres de religion, et notamment après la mort de Henri 111, afin d’obtenir du ciel un roi catholique et la paix du royaume. L’histoire minutieuse de cette châsse serait pour ainsi dire celle du royaume , et surtout celle de Reims.

Le lendemain du sacre , le roi allait <à Saint-Remi visiter la châsse du saint; il s’y rendait à cheval, et sa marche avait lieu avec le plus grand cérémonial. Comme cette cavalcade était un hommage rendu aux reliques du grand apôtre, nous croyons devoir en rapporter les détails ; nous les empruntons au récit du sacre de Louis XVI :

« Dès le matin , les régiments des gardes françaises et suisses se placèrent en haye et occupèrent les rues qui conduisent du palais à l’abbaye. Le cortège du roi se mit en route dans l’ordre suivant :

» Les grenadiers à cheval.

» Les deux compagnies des mousquetaires, les ofliciers en tête.

» Les chevau-légers de la garde.

» Les gardes de la prévôté de l’hôtel, à pied, deux à deux , avec le grand-prévôt de l’hôtel à leur tête et à cheval.

» Plusieurs gentilshommes vêtus de magnifiques costumes, et montés sur des chevaux richement harnachés.

» Trois chevaux du roi , couverts de caparaçons de velours bleu brodés en or et en argent, menés en main par des palfreniers de l’écurie royale.

» Douze pages à cheval, savoir : six de la chambre, trois de la grande écurie et trois de la petite.

» Les trompettes de la chambre.

» Les cent Suisses de la garde dans leurs habits de cérémonie, leur capitaine étant à cheval à leur tête.

» Plusieurs maréchaux de France et plusieurs chevaliers des ordres du roi à cheval.

M Le grand-écuyer de France à cheval devant Sa Majesté.

(I) L’inventaire nous apprend que quand on l’exposait, on la décorait d’une couronne d’argent enrichie de pierreries et de palmes aussi d’argent.

» Le roi vêtu d’un habit très-riche (1), et monté sur un cheval magnifiquement harnaché, dont les rênes sont tenues par deux écuyers.

» Quatre autres écuyers , à pied , autour du roi.

» Les deux capitaines des gardes à cheval aux côtés du roi.

» Les six gardes écossais marchant à pied sur les ailes.

» Derrière le grand-chamhellan, le premier gentilhomme de la chambre, le premier écuyer du roi.

» Les princes du sang ayant chacun auprès d’eux un de leurs premiers ofliciers.

» Les officiers des gardes-du-corps de quartier, marchant à la tête du guet des gardes.

» Les quatre compagnies des gardes-du-corps.

» Et enfin les gendarmes de la garde.

)' Après la messe, le roi alla faire sa prière près du tombeau de saint Remy. On lui fit voir la châsse et le reliquaire de la Sainte-Ampoule. »

Charles X , le lendemain de son sacre , alla comme ses devanciers visiter la châsse de saint Remi.

La vieille basilique recevra-t-elle encore dans son sein toutes les pompes de la monarchie? Nos rois viendront-ils encore prier l’ Eternel près du tombeau de l’homme qui fit la nation chrétienne? — Dieu, protecteur de cette France qui s’agite sans cesse et qu’il mène, peut seul le savoir.

(!) Cette marche était réglée parle cérémonial. Elle fut la même au sacre de Louis XV et à celui de Louis XIV. Louis XV était vêtu d’un habit de velours rubis brodé d’argent. Louis XIV portait une loque de velours noir chargée de plumes blanches et d’une aigrette de héron.

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