‹ Trésors des Églises de ReimsChapitre 63 sur 78 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

TBESORS DE DIVERSES ABBAYES Dü DIOEÉsE.

suint (lonl

UR les limites de notre diocèse, du côté de Verdun, avait été fondé le couvent de Montfaucon par le bienheureux Baudry, frère de sainte Bove, première abbesse de Saint-Pierre-les-Dames. Baudry mourut près de sa sœur. Mais les moines de Montfaucon Unirent par enlever ses reliques et les apportèrent à Saint-Laurent : c’était le nom de leur église. La châsse du bienheureux Baudry fut conduite à Verdun lors de l’invasion des Normands. De là , on la ramena à Montfaucon, où elle fut placée dans l’église Saint-Germain, qui avait été élevée à côté de celle de Saint-Laurent. Au ix®'' siècle, l’abbaye de Montfaucon n’était plus qu’une chai)ellc desservie par des cbanoînes.

Les reliques de saint Vivent , neuvième archevô([ue de Reims, d’abord conservées à Saint-Agricole, depuis Saint- Nicaise, furent déposées plus lard à Branx. L’église de cette commune, située sur les bords de la Meuse, devint collégiale ; on y mil des chanoines pour honorer le culte du on conservait les restes.

L’abbaye de Mouzon appartenait à l’ordre de Saint-Benoît. Les Bénédictins remplacèrent en 971 les chanoines qui jusqu’alors avaient desservi cette antique église , placée sous l’invocation de la bienheureuse Vierge Marie. On y conservait la châsse de saint Arnoulf. Saint Arnoulf était un pèlerin qui fut tué par des voleurs, on ne sait trop à quelle époque. Ces reliques, portées successivement à Gruières, dans le château des comtes de Vermandois sur la Meuse, et â Braux, linirent par être déposées à Mouzon vers 971.

En 1023, des voleurs enlevèrent une croix d’or (1) et une table d’autel en argent. Boson, deuxième abbé, fit faire une nouvelle croix avec l’or que lui donna l’empereur Henri 11 et celui qu’il tira d’un calice qu’avait offert Dode de Ritannie.

En 1025 , Boson fit faire , avec les aumônes des fidèles, une châsse d’argent qui reçut les restes de saint Victor, qui fut, dit-on, martyrisé â Mouzon même. Jusqu’alors une simple châsse de bois les avait contenus.

En 1065, Bernier , cinquième abbé, fit renfermer dans une châsse d’argent les reliques de saint Arnoulf; elles n’avaient eu jusqu’à cette époque qu’une châsse de bois.

Gui, sixième abbé, fit mettre dans un reliquaire d’argent [1069-1083] un bras du môme saint ; on lisait sur une lame de métal les vers suivants :

Marlijris Arnulfi radial manus inclijta signa; liane abbas Guida veslivit tegmine digna.

Les armes de Lambert d’Epargnemaille , trentième abbé, mort vers 1340, étaient ciselées sur un ciboire d’argent qui servait encore aux jours de grande fête en 1628.

Jean Oudin de Verpel , trente-neuvième abbé, mort en 1433 , avait donné à l’abbaye un calice de vermeil, deux burettes d’argent et un bassin de même métal, sur lesquels étaient gravées ses armes. Ils figurent dans un inventaire fait en 1628.

En 1503, on décora de colonnes de bronze le grand-autel de l’église, et l’année suivante, l’abbé Daguerie obtint pour lui et ses successeuis la permission de porter mitre.

L’abbaye de Mouzon fut, comme toutes ses sœurs, maintes et maintes fois détruite et pillée.

L’abbaye d’Épernay avait d’abord appartenu à des moines, puis à des chanoines séculiers , puis enfin â des chanoines réguliers. On y

(1) Cette croix et d’autres en argent provenaient des dons d’une comtesse Adélaïde.

observait la règle de Citeaux. Nous n’avons pas de renseignements à donner sur le trésor de cette maison , ni sur celui du couvent de Landèves, situé prés de Rethel, dont le premier abbé mourut en 1640.

Nous n’en dirons pas davantage de l’abbaye de Saint-Etienne , transférée de Soissons à Reims en 1617, ni dn couvent de Saint-Paul qui la précéda.

L’abbaye d’Igny fut fondée en 1126 , par Régnault Deprez , archevêque de Reims. (Vêtait la quatrième fille de Citeaux. On y voyait les tombes de plusieurs abbés ses successeurs et de quelques personnes des familles de Châtillon et de Nanteuil.

La chapelle du collège reçut deux candélabres qui venaient de cette abbaye. Ils représentent des anges de bronze portant des tiges de lys.

Ce qu’on admirait dans ce couvent, c’était une riche et vaste bibliothèque. 11 est inutile de dire qu’elle fut dispersée en 1793. Les bâtiments du couvent subsistent encore en partie et présentent un aspect assez imposant (1).

L’abbaye de Signy fut fondée vers 1135. line légende prétend cpie saint Rernard promit au comte de Ribaumont , de Château-Porcien , et à quelques autres seigneurs, autant de place dans le Paradis (ju’ils lui donneraient de terrain pour fonder un couvent. Qiiod vix credibile est , à sanctissimo abbate , làm inconsidemte dictum , disent les auteurs de la Gaule chrétienne. Ce qu’il y a de certain, c’est que la donation eut lieu, et on appela douze moines d’Igny pour habiter le nouveau monastère.

On y conservait les reliques du bienheureux Wilhem ou Guillaume, quatorzième abbé de Saint-Thierry , qui , après avoir renoncé à son abbaye, vint mourir à Signy; celles de saint Arnoulf, huitième abbé de Saint-Nicaise , mort vers 1050; et celles de saint Gérard, abbé de Florennes (2), mort vers 1060.

Gérard avait abandonné son abbaye; les moines le rappelèrent; et comme il refusait de se rendre à son poste, il fut excommunié. Gérard se décida alors à quitter Signy pour retourner à Florennes. Le pape leva alors l’excommunication qui pesait sur lui et lui permit de revenir à la retraite (ju’il s’était choisie. Il y fut inhumé, et des miracles nombreux eurent lieu sur sa tombe. La foule qui vint dés-Iors la visiter était si grande, qu’elle troublait les prières et les études des moines de Signy,

Quum icjitur , dit Marlot (tome 2, p. 876), tumulus ejus à populo frefiuentari cœpisset, renerabilis abbas D. Bernardin , cuin quibusdam fratrihus

(1) Celte aljl)aye était située prés d’Arcy-le-Poiisard.

(2) Diocèse de Liège.

(5) Ce fat le premier abbé de Signy ; d mourut en 1060.

ad eum accessit , cl quasi cwn vivo loqueretiir, dicebal : « Qiiid est Pater ! nos » de sanclitate vitœ et eonversationis tuus miniinè dubitamus. Quorsum iste mi- » raeula ! vis ne secularibus ad sepulchmm tuiini venieniibiis ciuielein hujus » nionasterii perturbari ! in noniine Jesu Christi prœcipimus tibi , qiiutenùs à » perpetraiione miraculorum désistas; alioquin corpus tmini extra monasteriuni » sepeliemus. » Ab illd auteni die et deinceps miracula fieri cessaverunt ne patres liberiori secularium accessit amplius perlubarentur .

Quoi qu’il en soit , Pierre, treiziéme abbé , lit renfermer, vers 1220, dans une châsse les reliques de saint Guillaume, de saint Arnouif et de saint Gérard.

La bibliothèque de Signy était importante. INous publions le dessin de deux tablettes d’ivoire ayant servi à relier un volume qui en faisait partie. Elles sont du xiv« ou du xv*’ siècle et d’un fini admirable, et représentent la sainte famille, le Calvaire, la Présentation, et deux personnages couronnés assis et causant.

Nous ne savons ce que contenait le trésor de l’abbaye de Chéry (Q ou Cbeery, fondée dans le xiP siècle.

Celle d’Elant , fondée à peu près à la même époque, était la sépulture des comtes de Rethel. Roger, son premier abbé, mort vers 1100, fut béatilié.

Nous ne dirons rien de la maison de Val-Roi, fondée en 1148.

L’abbaye de Ronne- fontaine , fondée en 1152, était célèbre par les reliques de saint Caprais (2), martyr, que l’on venait implorer en pèlerinage de toutes les contrées voisines (3).

Les renseignements nous manquent sur le trésor de l’abbaye du Val- Dieu, fondée vers 1130, et sur celui du monastère de Sept-Fontaines , créé près de Charleville vers 1135.

Nous ne sommes pas plus heureux en ce qui touche l’abbaye de Relval (4), fondée en 1133.

A Chaumont, maison fondée à peu près à la même époque, on conservait les reliques de saint Bertbaud et des meubles précieux, donnés par Gobert Coulin , vingt-cinquième et dernier abbé régulier , . mort vers

En 1589, les huguenots pillèrent celte abbaye, renversèrent les autels,

(1) Elle était siluée à cinq lieues de Sainte-Menehoiild, età six lieues de Verdun.

(2) Saint Caprais, né à Agen, eut la tête tranchée en 287, par ordre de Dacien, gouverneur de la (iaule tarragonaise.

(3) Les abbayes d’Igny, de Signy, de Cbeery, d’Elant, de Val-lloi et Bonne- Fontaine étaient de l’ordre de Citeanx.

(4) Elle était située dans les forêts de l’Argonne.

par rabl)c Claude Leroi

En 1623 , la communauté de Chaumont abandonna sa maison et en fonda une nouvelle près de Château-Porcien. Elle fuyait devant les vexations du seigneur d’Aubilly. A cette occasion , on écrivit sur la cheniinée de la salle abbatiale les vers suivants :

« Jadis le saint père Berthaud Chassait le diable d’ici haut (1);

Mais bien plus fort fut d’Aubilly ,

Qui chassa saint Berthaud d’ici.

11 faut bien garder le retour

Que saint Berthaud ne vienne un jour

Chasser d’Aubilly à son tour. »

iNous ne dirons rien de la maison de Longvé , située près de Bethel et fondée vers H50 (2).

(t) t.’abbaye de ubaiimont, comme son nom l’indique (Calviis mo}ix), était située sur iitie montagne.

(2) Les abbayes de Sept-Foutaines, Val-Dieu, Belval, Chaumont et Longvé eiaieiil de l’ordi e de l'ic montré.

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