TRÉSORS DES COUVERTS DE SAINT-BASLE ET DE IIAETVILLERS
j^ÉNÉDicTiNS nos chers mailres, vous possédiez dès 453 ces deux célèbres monastères. Tous deux placés sur de riants coteaux, ils attestaient (jue leurs fondateurs avaient voulu adoucir les ennuis de la vie régulière par les charmes toujours nouveaux d’une belle perspective. Saint Basle, bâti sur les hauteurs de Verzy, caché sous le frais feuillage des chênes séculaires , était le riant asile où les Bénédictins de Saint-Remi venaient chercher le repos et l’air pur qu’on trouvait sous le silencieux ombrage des forêts monastiques. Cette antique abbaye passe pour avoir été fondée par Suavegothe, deuxième femme de Thierry, premier roi d’Austrasie, et Leutchilde, leur lille.
Son trésor renfermait :
Dans une châsse de cuivre , la tête d’une des compagnes de sainte Ursule (1).
Dans un reliquaire en forme de pyramide, des cheveux de sainle Marie-Madeleine.
(1) Il est temps que nous parlions de sainle Ursule, dont le nom est revenu tant de fois dans tout ce qui précède. Celte illustre martyre passe pour être fille d’un roi breton. Elle fut massacrée près de
Dans deux autres reliquaires, deux ossements, l’un du bras de saint Léger (i), et l’autre de celui de saint Trésain.
Le bâton de saint basle , couvert de lames de cuivre.
La crosse de l’abbé en argent et pesant douze marcs (2).
On y montrait aussi un reliquaire d’airain, fixé sur un pied de même métal; c’était une boîte plate, imitant grossièrement une rose. Chaque feuille était une petite boîte renfermant une relique. Au milieu était, ainsi que le disait une inscription qui s’y lisait, un peu du fil qui servait à la sainte Vierge.
Les reliques de saint Basle (3) étaient, comme on le pense, conservées dans le monastère qui portait son nom.
Au commencement du xviC siècle, elles étaient renfermées dans une antique châsse de bois. Un suaire de toile de lin enveloppait ses ossements.
En d629, ils furent transférés dans une châsse d’argent qui se plaçait sur l’autel de l’église. Lors de cette translation , on substitua à la
Cologne, avec ses compagnes, à une époque tort peu précise, en 584 suivant les uns, en 433 suivant les autres. Quelques légendaires ont porté à 11,000 le nombre de ses compagnes ; généralement il est admis que ce chiffre est erroné. 11 parait qu’une de ces vierges se nommait Vndecimilla ; son nom se trouve dans les légendaires ; peut-être l’a-t-on pris pour un nombre. Suivant d’autres, les lettres XI. M. qui signifiaient onze martyrs, ont été traduits par les mots onze mille.
Quoiqu’il en soit, une des églises de Cologne sert pour ainsi dire de reliquaire aux restes des compagnes de sainte Ursule. Des cases vitrées, ayant environ 30 centimètres cubes, renferment chacune les reliques de l’une d’elles. Les murs de l’église sont couverts du haut en bas de ces cases. Dans une autre église de la même ville est ce qu’on appelle le charnier : c’est un tombeau long de deux mètres, haut d’un mètre, large d’autant ; il renferme aussi un grand nombre des mêmes reliques.
On conçoit dès-lors que Cologne a pu fournir des reliques de sainte Ursule et de ses compagnes à toute l’Europe.
Le reliquaire donné par Henri III représente sainte Ursule la couronne sur la tête, descendant le Rhin et venant fonder un couvent près de Cologne ; suivant la légende, c’est un ange qui les guide.
(1) Saint Léger est un des héros de notre histoire nationale. Ministre sous Clotaire III avec le fameux saint Eloi, il lutta avec énergie contre Ebroïn, qui le fit décapiter dans une forêt de l’Artois. Saint Léger laissa son nom au lieu où il périt ; il était évéque d’Autun.
(2) C’est ainsi qu’elle était en 1479, époque à laquelle Brice Bobille, cinquante-quatrième abbé, la redemandait à Humbert, son compétiteur, qui l’avait emportée.
(5) Saint Basle mourut vers 620 ; il vécut en ermite après avoir consacré sa vie à la prière et a l’étude. Le monastère fut d'abord situé au bas de la montagne à Verzy. Plus tard cette première maison [823] disparut et fil place à l’abbaye qu’on vit au milieu du bois jusqu’en 1792. La régie de saint Benoît y fut adoptée vers la fin du vi® siècle. Le monastère, ruiné à plusieurs reprises sous Charles-le-Cbauve et Charles-Martel, fut reconstruit sous l’archevêque Artalde [951-961] qui y appela les moines de Saint-Remi.
La maison fut encore pillée et détruite en partie par les troupes du duc de Lorraine, et rebâtie vers 1632.
En 1371, Gui, quarante-unième abbé, fut accusé devant l’archevêque d’avoir dissipé une partie du mobilier de l’église.
toile de lin un suaire de taffetas blanc ; mais on remit dans la nouvelle châsse cinq suaires de soie qui se trouvaient dans l'ancienne.
Nous empruntons à Cocquault la description des reliquaires de 1029, et nous le copions textuellement :