‹ Trésors des Églises de ReimsChapitre 67 sur 78 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Nous sommes arrivés à la fin de notre ouvrage, mais nous ne dirons pas nec plus ultra. Sans faire de grands efforts d’attention, le lecteur a pu saisir les lacunes que présente notre travail. Silence complet sur une foule de points, des noms de reliques au lieu de description de reliquaires, de simples désignations au lieu de riches et saisissants détails , voilà ce qu’il aura remarqué en maintes occasions. A l’impossible nul n’est tenu, et je ne parle ici que des impossibilités relatives. Ce que j’ai commencé , d’autres l’achèveront. Des mains plus heureuses rempliront les vides de mon plan.

Si j’ai pu donner une idée des beautés que renfermaient nos églises, si j’ai pu montrer les arts en honneur à Reims et consacrés dans nos

murs à la plus noble destination qu’ils puissent recevoir, au culte de

r Eternel, j’aurai rempli mon but.

Reims , ville d’industrie sous nos premiers rois , au moyen-âge,

aux jours de la renaissance, et dans les siècles modernes, doit être

de notre temps ce qu’elle était jadi^ : un foyer de lumières pour les contrées voisines , un centre de civilisation pour les provinces qui l’environnent.

Les meilleures lyres ne sont pas celles qui n’ont qu’une corde à faire vibrer. Les héros de l’histoire ne sont pas les hommes qui n’ont qu’une

idée, fût-elle immense. Les grandes cités ne sont pas celles où la \ie n’a qu’une forme, où la pensée n’a qu’un cadre. Pour qu’elles fleurissent et dominent une contrée , il faut que dans leur sein elles donnent place à toutes les existences que rêve le libre-arbilre , que chez elle le génie voie devant lui s’ouvrir les portes auxquelles il entend frapper. Il faut que toutes les âmes J3uissent y vivre à l’aise, que toutes les imaginations puissent s’y plaire, que personne n’y sente le besoin de s’expatrier. Regardez au nord ces communes de Flandre et de Brabant : les voyez-vous traverser les siècles la tête haute, fières et puissantes? L’industrie, source de leurs forces matérielles , a placé sur le trône, à ses côtés, le spiritualisme avec ses croyances et ses inspirations. Dans ces glorieuses cités, le savoir, les arts, le travail, sont frères tous ensemble et, se tenant par la main, ils marchent à un but commun , la plus grande gloire de la mèrepatrie.

Toute cité populeuse, forte des ressources que donne le commerce, toute cité riche de traditions et de monuments historiques qui ne suit pas ce noble exemple, manque à sa mission et ne comprend pas ce qu’elle peut , ce qu’elle doit faire.

Reims n’a pas traversé dix-huit siècles pour se résoudre à n’être qu’une de ces vastes enceintes où se font seulement entendre les sifflements des machines et le bruit monotone du marteau. Elle aussi saura mêler à l’auréole de sa gloire passée l’éclat de sa vie actuelle. Elle consacrera toute son énergie à défendre et à accroître cette industrie qui fait l’existence de ses enfants, mais elle n’oubliera pas que les arts embellissent la vie de l’âme et font la gloire des cités qui les protègent et les aiment. Elle comprendra que son premier devoir à cet égard est de sauver les reliques du passé, recueillir les témoignages dispersés de ses traditions.

Puissent nos recherches sur les trésors des églises de Reims avoir apporté quelques pierres au monument de l’histoire de notre vieille cité! puissent-elles au moins témoigner mon sincère attachement à la ville où j'ai trouvé une famille, des collègues et des amis !

PIÈCES A l’appui.

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