‹ Tribut à la chirurgie; ou, Mémoires sur divers sujets de cette scienceChapitre 28 sur 54 · ET SUR LES OPÉRATIONS QUI LEUR CONVIENNENT · texte numérisé non relu

ET SUR LES OPÉRATIONS QUI LEUR CONVIENNENT

La connaissance des anévrismes et des blessures des artères a fait depuis le commencement de ce siècle de remarquables progrès. Les lésions des gros troncs artériels ont surtout fixé l'attention des chirurgiens, soit au point de vue pathologique proprement dit, soit sous le rapport de la médecine opératoire. Il n'est pas d'artère profondément située qu'on n'ait osé mettre à découvert et lier. Un moment il semblait que la nature n'avait mis aucun obstacle à ce genre d'opération , et depuis l'époque où Abemethy s'avisa d'oblitérer l'artère iliaque externe , une sorte d'émulation s' emparant des chirurgiens, c'était à qui doterait la science d'une nouvelle observation destinée à démontrer la possibilité de lier les artères des régions splanchniques , sans danger pour la vie. Ces efforts, dans lesquels nous ne voulons reconnaître qu'un zèle honorable, ont-ils été toujours conformes aux règles d'une saine chirurgie? Nous n'hésitons pas à croire que, dans plusieurs cas, l'art s'est montré plus ambitieux que prudent, et qu'il est telles opérations inscrites avec éloge dans les annales de la pratique chirurgicale , qu'il eût mieux valu remplacer par des essais plus modestes, mais plus sûrs.

On s'est décidé, par exemple, à lier l'artère hypogastrique et même l'iliaque primitive, pour des anévrismesde la région fessière. N'eût-il pas été préférable de mettre à découvert dans leur portion saine les vaisseaux intéressés , au lieu d'aller rechercher jusque dans le petit bassin un tronc artériel qui, par la variabilité de sa longueur et de ses divisions, est peut-être de tous celui qui se prête le moins au succès d'une pareille opération ? Nous espérons démontrer par des preuves de divers genres , que la conduite que nous proposons est plus rationnelle que celle qu'on a suivie. D'heureuses coïncidences ont toutefois protégé la hardiesse des chirurgiens, et l'éclat d'un succès opératoire tel que celui de la ligature de l'artère hypogastrique a fait méconnaître les avantages qu'on aurait pu obtenir de l'oblitération directe des vaisseaux rétro-pelviens. Aujourd'hui que l'enthousiasme inspiré par des succès trop insolites pour être probants est un peu tombé, on reconnaîtra au moins que la ligature des artères fessière et ischiatique ne présente ni les difficultés ni les dangers que quelques chirurgiens ont cru devoir lui attribuer.

Les anévrismes spontanés ou traumatiques des vaisseaux de moyen calibre, ont été l'objet d'une moindre attention que les mabdies analogues des gros troncs ; on a surtout négligé l'étude des lésions des branches artérielles que leur profondeur ou leur distribution dérobent facilement â l'action des agents vulnérants. Sous ce double rapport , on peut dire que les altérations morbides ou les blessures dés artères fessière et ischiatique ont subi une sorte d'oubli relatif. Leur description est fort abrégée dans les traités généraux que possède la science. Quelques rares exemples, jugés dignes d'une mention plus spéciale à cause des opérations de haute chirurgie qui s'y sont rattachées, ont seuls fourni matière à des réflexions; les autres faits sont restés enfouis dans les journaux et les collections de mémoires , sans qu'on se soit encore préoccupé de leur valeur. Il nous a semblé utile de les réunir , et cette intention s'est fortifiée par la possibilité où des circonstances favorables nous ont placé, de fournir quelques faits nouveaux. Nous avons cru devoir ajouter aux réflexions qui en découlent, l'exposé de recherches anatomiques et de divers procédés opératoires destinés à faciliter la ligature des vaisseaux rétro-pelviens. Nous avons appliqué à l'étude des lésions qui seront décrites dans ce mé*

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moire, la méthode généralement suivie pour l'exposition des sujets spéciaux. On ne peut fixer sur eux une attention profitable qu'en groupant tous les faits qui s'y rapportent, à l'aide d'une synthèse monographique où viennent se réunir, sous un point de vue commun, les détails épars dans la science. Infructueux par leur dispersion , ces documents font éclore des vérités utiles quand on les associe en leur demandant leur signification.

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